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Fangs & claws | Raizen

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Sharrkan
Sharrkan

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Sam 23 Juil 2022 - 18:50
La noirceur de la nuit enveloppait le félin comme un linceul sombre. Loin de plonger dans les ténèbres, il en faisait partie ; se mouvant au même rythme que l'obscurité dansante du crépuscule. Presque invisible, son pelage était de même couleur qu'une nuit sans lune. Presque inaudible, ses pattes avançaient prudemment entre les feuilles mortes. Nyctalope, l'antonyme du jour était son royaume.

Et ce soir, le prédateur était en chasse.

Ce ne serait pas la nuque d'un lapin qui serait broyée par ses mâchoires ; ce ne serait pas du petit gibier qu'il traquerait. Ce soir, sa proie était toute désignée.

Ce n'était point dans son habitude de chasser de l'humain - mais celui-ci ferait exception. Il avait des comptes à régler avec cet homme, une revanche à prendre sur une amère défaite. Mais cette fois-ci, tout était différent. Il le connaissait mieux, il connaissait ses habitudes et ses réactions. Il savait qu'il viendrait ici ce soir ; puisqu'un seul mot de l'humain laissé dans sa tanière était suffisant pour l'appâter à l'extérieur.

Il avait l'avantage du terrain et de la nuit.

La panthère sauta avec élégance sur une des branches les plus basses, trouvant son chemin jusqu'au feuillage d'un grand arbre. Ses griffes acérées, plantées dans le bois pourtant épais du tronc, ne laissaient aucun doute sur leurs capacités face à de la chair, humaine ou non.

L'endroit était parfait. C'était ici qu'il attendrait sa proie, les sens aux aguets, plus immobile et silencieux que les feuilles qui l'entouraient - une embuscade. Et lorsque le moment serait idéal... il n'hésiterait pas à frapper.

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Meikyû Raizen
Meikyû Raizen

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Mar 26 Juil 2022 - 4:16

Présent à son terrain de prédilection, le Meikyû réfléchissait comme à son habitude, planifiant certains éléments en amont au meilleur de ses capacités. Habité de nombreux songes et réflexions, il était par moment possible de se questionner sur le nombre de consciences qui participaient à ses pensées. D’une quantité souvent innombrable, il arrivait tout de même à les organiser dans des boîtes construites pour le simple honneur de l’organisation de ses pensées et de sa vision.

Or, bien que concentrés, son esprit et celui de ses protecteurs demeuraient toutefois aussi éveillés qu’aiguisés. Responsabilité informelle nécessaire au regard de son rôle et de la préservation de l’équilibre, il était toutefois rare qu’être sur la défensive soit nécessaire. Pourtant, il lui arrivait parfois de capter des fréquences et une longueur d’onde plus ou moins néfaste ou menaçante. Rendant ainsi plus qu’apparents les objectifs de ses prédateurs, ils avaient généralement tous la même habitude.

Ils avançaient, s’approchant jusqu’à avoir l’impression de pouvoir faire ce que plusieurs avaient échoué par le passé. Parfois cachés et parfois apparents, ils étaient pourtant tous omniprésents, dévoilant leurs intentions ou leur regard dissonant tant en âme qu’en esprit. Or, tôt ou tard, ils finissaient tous par battre en retraite. Parfois, certains s’adonnaient à de tristes tentatives, à leurs risques et périls.

Pourtant, il était rare qu’il reçoive une sensation aussi différente et unique. Particulière, une aura se dégageait dans les ténèbres. Bien différent ce qu'il avait jadis ressenti par le passé, cette fréquence était beaucoup plus hostile et unique. Au-delà des bruits avoisinants de la nuitée dont il était accoutumé, le regard qu’il ressentait dans sa direction était aussi intense que particulier. Lui donnant l'impression d'être indomptable sur certains égards, c'était là un premier signe de danger. Perturbant sous certaines facettes, c’était notamment cet élément qui avait éveillé l’alarme du Meikyû qui n’avait pas bougé d’un seul poil.

Se contentant d’ouvrir les yeux, ses iris dorés se dévoilaient ainsi dans la nuitée tandis qu’une aura sourde commençait soudainement à se manifester.

Pour n’importe qui, rien n’était visible. Or, pour ceux qui pouvaient entrevoir au-delà des apparences on pouvait y voir quelque chose d’unique et soudain alors que la lueur de la lune trahissait des ombres mi-réelles, mi-fictives. Dévoilant pendant un moment, trois entités distinctes qui trahissaient l’extension du Meikyû, on pouvait presque y voir trois créatures de tailles différentes. Allant d’une taille colossale à une très fine taille, cette illusion visuelle était pourtant à l’image des trois entités qui l'habitaient.

Effrayant sous certains égards, des quatre, l'âme la plus à craindre n’était en aucun cas parmi celles qui l’accompagnaient. La plus dangereuse et sombre était nulle autre que la sienne... Et bien qu’il ne détectait pas la menace de ses yeux, il la ressentait et la percevait indirectement, l’affrontant ainsi de tout son être avant même de l’avoir réellement cerné, comme si une onde nouvelle venait pénétrer dans son domaine...

Rendant l’atmosphère quelque peu pesante, Raizen était suffisamment concentré pour prendre au sérieux ce qui arrivait, guettant avec attention ce qui provenait dans sa direction.

Il était prêt… Ils étaient prêts.

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Dernière édition par Meikyû Raizen le Mer 27 Juil 2022 - 19:20, édité 1 fois
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Sharrkan
Sharrkan

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Mer 27 Juil 2022 - 0:41
Immobile, invisible, il aurait bien pu se passer des secondes comme des heures avant que quelque chose de significatif ne change dans l'environnement éclairé par la faible lueur de la lune. Le félin n'avait pas besoin de voir pour savoir que le moment approchait ; tous ses sens poussés au paroxysme. Il entendit le craquement distinctif des brindilles se brisant sur le passage d'un être vivant approchant dans sa direction, avant de confirmer son identité par l'odorat - le moment approchait.

Meikyû Raizen, tu es venu enlacer ton propre crépuscule.

Plus que quelques secondes et les deux entités se retrouveraient face à face. Plus que quelques mètres. Plus que quelques pas. Muscles tendus, la panthère attendait le moment parfait pour bondir sur son adversaire.

L'homme entra dans son champ de vision mais l'animal ne bougea pas. Ils restèrent un instant comme ça, yeux dans les yeux ; pourtant ce n'était pas le regard doré de sa proie qui figea le prédateur. C'était cette sensation désagréable qu'il avait déjà ressentie dans une situation bien particulière, cette impression qui indiquait une autre présence, ou la présence de l'autre.

D'alter ego à alter ego.

Mais il était trop tard pour faire marche arrière. L'animal retroussa ses babines, dévoilant de puissants crocs reflétant le clair de lune. Un grognement sourd résonna dans la forêt silencieuse, vibrant depuis la cage thoracique du félin, menaçant. Déterminé, il avança à pas réguliers : ni précipités, ni avec crainte - mais avec assurance, sans quitter des yeux son adversaire pour une seule seconde.

Jusqu'à se retrouver à moins d'un mètre l'un de l'autre. Regard toujours soutenu, se toisant l'un l'autre - à cette distance, l'homme avait forcément reconnu les pupilles qui le fixaient avec intensité. Comment aurait-il pu ne pas les reconnaître, alors qu'il les avait croisées tant de fois ? Alors qu'elles lui appartenaient, à lui ?

Pourtant, ce serait cette erreur de jugement - cet excès de confiance qui signerait sa défaite.

Après s'être mutuellement jaugés et jugés pendant quelques secondes, le félin fut le premier à amorcer un mouvement, et pour le moins surprenant. Basculant son poids sur ses membres inférieurs uniquement, le panthère noire se dressa debout : comme un homme. Avec délicatesse, il vint poser ses énormes pattes avant sur les épaules de l'homme qui lui faisait face.

Il tenait l'ouverture qu'il cherchait depuis le début, celle qui lui assurerait la victoire. Lorsque l'animal lâcha le regard mordoré de son adversaire, ce fut pour ouvrir sa gueule d'un geste vif, dévoilant des dents tranchantes comme des rasoirs. Le point vital découvert de l'adversaire, sa trachée à portée, l'issue semblait pouvoir être résolue en un seul coup.

Pourtant, ce ne fut pas la gorge du Meikyû qui fut arrachée avec violence ; plutôt sa joue qui se vit recouverte d'un épais filet de bave par une langue râpeuse.

« Mreow. »

Si Raizen pouvait réellement percevoir au-delà des apparences, il n'aurait aucun problème à déceler une espèce de sourire narquois derrière l'apparence pourtant animale de Sharrkan.
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Dim 31 Juil 2022 - 2:37

Pris d’un élan de confrontation, le Meikyû et ses alters fixaient la proie qui venait de traverser leur champ de vision. Concentrés, ils observaient, la jaugeaient et la guettaient. Constatant ainsi qu’ils avaient affaire à une entité connue, tant dans son regard que dans son attrait, malgré les ténèbres qui parsemaient l’environnement, Raizen savait qu’il ne pouvait se tromper à ce sujet.

Observant par le fait même le déploiement des violents crocs, le grognement de l’Onyx ne représentait rien de bon. Lui donnant même l’impression d’avoir un déjà-vu, cette fois-ci, l’offensive était beaucoup plus passive et calme, comme si la créature avait appris à ne pas foncer la gueule ouverte vers sa proie.

Étirant un léger sourire devant le défi, les sens du Meikyû étaient totalement en alerte, bien qu’il demeurait immobile. Sondant la créature même à une distance minime, il la laissa dévoiler les attraits de son approche, la trouvant beaucoup plus calme et moins hostile qu’accoutumée. Que se passait-il ?

Tentant de percer à jour l’existence de la moindre dualité entre les deux âmes, l’espace d’un moment, Raizen se permit de se demander si une guerre interne justifiait cette approche aussi docile et dissonnante.

Puis, au dernier moment, alors que les sens du Meikyû commençaient à prendre le dessus, il ne broncha pas, déterminant étrangement qu’il y avait une absence de danger qui se traduisit par un épais filet de bave qui vint assaillir sa joue. Ne bronchant pas, en cet instant, il avait pris le risque de faire confiance, car ses sens le lui avaient dit. Pourtant, ses ancêtres étaient tous en pleine ébullition, prêt à tout moment à se manifester pour protéger leur hôte.

-Il était pas trop tôt…

Venant calmement caresser la crinière de l’hybride, le Meikyû avait un large sourire sur ses lèvres alors qu’il comprenait dorénavant beaucoup mieux la dynamique bien différente de la créature. Sharrkan semblait avoir fait la paix avec son alter, un élément des plus rassurants et excitant.

-Je dois avouer être rassuré et heureux de te voir sous cette forme. Maintenant que tu n'essayes pas de me déchirer en mille morceau, je peux te dire que ton pelage est soigneux et apaisant. Comment as-tu fait et depuis combien de temps y arrives-tu ? Tu m'as caché tes progrès on dirait bien...

Se permettant de donner de l’affection physique à la forme hybride de l’argenté en le flattant, le Meikyû se demandait de quelle manière Sharrkan comptait baptiser son unicité avec la créature complète qu’il représentait dorénavant.

-Comment dois-je maintenant te surnommer sous cette forme ? L’Onyx, l’Argenté ou avez-vous convenu d’un nom commun ?

Souriant devant un tel succès, il était très rare de voir quelqu’un surmonter ses démons, les affronter pour ensuite prendre l’ascendant sur ceux-ci. Pourtant, Sharrkan semblait avoir réussi là ou plusieurs avaient échoué.

-Et plus important, sais-tu parler sous cette forme ou plutôt, sais-tu l’utiliser pleinement ?

Ayant croisé quelques Yasei pendant son enfance, Raizen ne pouvait s’empêcher de se demander si parler demeurait inné ou si ce n’était pas plutôt quelque chose qui s'apprenait. Autrement, le phénomène de synchronicité était pertinent étant donné qu’assumer une forme totaleétait une chose, mais la maîtriser en était une autre. Que ce soit sa forme hybride ou ses aptitudes de Yasei, Raizen avait hâte d’en apprendre davantage sur l’évolution du Kazejin.

Le Félin a donc accepté sa véritable nature... pas mal, pas mal du tout même...
Félin? J'aurais plutôt dit une chimère aussi sombre que la nuit, mais aussi calme que le jour... Il faut se méfier des apparences.
Je me demande s'il a assimilé l'essence totale de sa nature...


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Sharrkan
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Lun 1 Aoû 2022 - 13:38
Comme l'avait soupçonné Sharrkan, le Meikyû n'avait pas bougé lorsque le félin s'était approché de lui. Même lorsqu'il s'était approché très près, montrant les crocs, ayant tenté de le déchiqueter réellement quelques semaines auparavant.

Il n'avait pas bronché, pas détourné le regard. Lui faisait-il confiance à ce point ? Ou avait-il senti que quelque chose avait changé depuis leur dernière rencontre sous cette forme ? Depuis que leurs âmes s'étaient rencontrées sur le plan parallèle... plus rien ne l'étonnait. Il ne serait même pas choqué s'il apprenait que depuis ce jour-là, Raizen pouvait capter ses pensées ; longueur d'ondes, tout ça.

Sharrkan était néanmoins un peu frustré de ne pas avoir réussi à lui faire peur - tout en étant rassuré de ne pas avoir reçu une technique de haut niveau dans les dents.

Cependant... Il n'avait pas prévu d'être... caressé. S'il n'y avait rien d'étonnant à flatter un gros chat, il restait un humain sous la fourrure et fut d'abord surpris, hébété même d'un tel geste ; ce qui ne l'empêcha pas, une fois la stupéfaction passée, d'appuyer sa joue contre la main de Raizen.

Sharrkan profita quelques instants de ce contact avant que la culpabilité ne prenne le dessus. Reculant de quelques pas, le Kazejin reprit forme humaine sous les yeux du Corbeau, profitant des ténèbres pour enfiler un short qu'il avait apporté pour l'occasion.

« Juste Sharrkan. Mais tu peux aussi m'appeler "mon amour" ou "mon trésor" si tu veux quelque chose de plus intime. J'accepte aussi "l'Homme le plus beau et le plus charismatique de tout le Yuukan", même si c'est un peu long. »

Démontrant que son nouveau statut d'hybride ne lui enlevait pas son sens des priorités, l'argenté laissa échapper un rire. Mais il revint rapidement à une expression plus sérieuse pour répondre aux interrogations du Meikyû.

« Je l'ai cru pendant longtemps mais en réalité, il n'y a jamais eu un "lui" et un "moi" : il n'y avait que moi et une partie de moi-même que j'essayais de refouler. Plus je tentais de la combattre et moins j'arrivais à la contrôler. »

Lâcher prise. Comme la fois où ils avaient tenté de s'introduire dans son esprit, l'expérience était devenue plus facile à partir du moment où Sharrkan avait accepté de se laisser porter au lieu de tenter de maîtriser quelque chose qu'il ne connaissait absolument pas.

« C'est devenu de plus en plus facile en même temps que j'acceptais cette facette. Je devais juste... faire la paix avec moi-même. Et c'est en partie grâce à toi. »

Raizen avait été le moteur depuis le début. Il était celui qui avait découvert sa condition ; qui l'avait épaulé tout au long de son chemin sur la découverte de son âme et de son héritage. Malgré la manœuvre hasardeuse et potentiellement dangereuse, il l'avait guidé. Il y avait eu d'autres rencontres, d'autres prises de conscience et beaucoup de travail qui l'avaient accompagné sur ce chemin... Mais le Meikyû restait son plus fidèle allié. Depuis tout ce temps, l'argenté avait été impatient de lui montrer le résultat de ses efforts.

« Je ne sais pas si je la maîtrise pleinement mais c'est assez instinctif, un peu comme... marcher ou courir en fait. Je n'arrive même pas à me dire que c'est nouveau, c'est presque comme retourner à un endroit qui t'était familier il y a longtemps, tu vois ? Tu as l'impression d'avoir oublié mais quand tu y es, tu retrouves rapidement ton chemin et tes vieilles habitudes. »

La sensation était assez difficile à décrire. Il l'avait probablement connue il y a très longtemps, même s'il ne s'en souvenait plus. Mais il n'avait pas besoin d'y réfléchir, tout se faisait naturellement ; comme plier ou déplier ses doigts, il lui suffisait de le vouloir pour le faire.

« Et je crois que je peux parler sous cette forme mais je n'ai jamais essayé, je suis un peu timide. Imagine, si je me mets à miauler ? »

Sharrkan sourit, dévoilant des canines qui avaient retrouvé une taille humaine.

« Nya. »
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Meikyû Raizen
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Lun 8 Aoû 2022 - 3:37

Ricanant d’un rire sincère face à la remarque de l’argenté quant à son surnom, il ne pouvait s’empêcher d’émettre une certaine réaction devant la surprise de sa réponse. Connaissant assez bien le fauve ténébreux, il lui arrivait toutefois lui-même d’être surpris par certaines de ses réponses. Agréable sous bien des facettes, il semblait que certains éléments pouvaient même échapper au regard du corbeau. Toutefois, c’était notamment ce genre d’inconnu qui rendait leur relation aussi soudée et unique.

-Je te comprends. Bien souvent, nous pensons affronter des entités alors qu’au final, nous sommes surtout face à l’Agglomération de nos ténèbres sous forme d’une chimère incontrôlable.

Détendu, Sharrkan semblait avoir lâché prise sur une facette de sa personne, plus ou moins comme l’avait jadis fait Raizen sous une forme totalement différente. Après tout, Raizen avait dû accepter la personnification de ses ancêtres en lui, pas forcément une partie de lui-même.

-Tu n’as pas à me remercier pour cela, je n’ai fait qu’être présent pour toi au même titre que tu l’aurais été pour moi, bien que je l’ai plus fait dans le but de t’aider qu’à des fins de réciprocité.

Important, le Meikyû était une personne assez altruiste sur certains égards, surtout avec les gens qu’il appréciait et estimait. Ayant apris à connaître l’argenté sous ses nombreuses qualités et défauts, il était important pour lui d’être présent lors de ces épisodes de détresses, car ils n’étaient pas toujours faciles. Certains succombaient même ou perdaient la raison, ne trouvant aucun point d’ancrage vers lequel se recentrer.

-Si cela se trouve, ça fait assez longtemps que tu adoptes cette forme et c’est pour cette même raison qu’elle te semble assez instinctive. Sinon, je dirais qu’elle est peut-être même innée au point d’en être spirituelle.

Soufflant ses quelques paroles avec une légèreté certain, il fixait le Kazejine, tentant de l’aider et de le guider dans sa réflexion. Pourtant, Raizen cachait quelque chose ou plutôt, il avait déjà de nombreuses questions en tête qu’il attendait patiemment de diriger vers Sharrkan au moment opportun.

-Dans tous les cas, si je me fie à notre première rencontre sous cette forme, je dirais plutôt que tu rugis et ne miaule pas, mais peut-être que mon audition me faisait défaut.

Lui faisant un clin d’oeil alors qu’il contenait un certain rire moqueur, il fit soudainement basculer l’atmosphère en posant cette fameuse question qui le démangeait…

-As-tu pris le temps de sonder les souvenirs que tu avais sous cette forme ou es-tu capable de te souvenir de tout ton vécu sous ta forme hybride ?

Banale pour certains, cette question était pleine de sens. S’il était vrai qu’il avait renié cette facette de lui-même, il était plus qu’intéressant d’en comprendre ce que ses plus purs instincts avaient cherché à accomplir ou fuir lors de ses premières transformations. Riche en sens, c’était là un des questionnements du Meikyû pour lequel il voyait une piste de compréhension pour Sharrkan. Après tout, c’était un moyen d’amorcer le terrain vers sa seconde question, mais surtout pour Sharrkan d’y comprendre davantage cet instinct qui l’habitait. Saurait-il mettre un mot dessus?

-Si tu te sens à l’aise à me le partager, quelle était cette facette que refoulait l’homme le plus beau et charismatique de tout le Yuukan ?

Se prêtant au jeu du Fauve, sa question était pourtant d’un sérieux déconcertant, tout comme son regard concentré. Pourtant, Raizen ne tentait pas de lire Sharrkan au-delà de ce que celui-ci désirait révélé contrairement à son habitude. Il se contentait plutôt d’observer les fluctuations de longueur d’onde qui lui était donnée de percevoir, car par moment, il fallait faire confiance à autrui pour partager certains éléments sans pour autant tenter soi-même d’y trouver la réponse en même temps. C’était là pour lui un signe de confiance qu’il accordait en réponse à celle que lui accordait le Kazejine d’Argent.

Quel était donc l'alter de l'homme qui prenait autant de fierté en sa beauté et son charisme? Qu'est qui nourrissait son alter-ego ?
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Sharrkan
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Jeu 25 Aoû 2022 - 15:08
Le fauve s'y attendait : Raizen avait beaucoup de questions à lui poser, de suppositions et d'hypothèses. Il le soupçonnait même d'être dans la retenue, au moins pour le moment. Il ne serait peut-être pas prêt à y répondre ou n'aurait même pas les réponses à toutes ses interrogations, mais il était d'accord d'essayer pour Raizen, la seule personne à qui il pourrait révéler tout ça. Mais plutôt que répondre à ses interrogations une par une, Sharrkan jugea qu'il était plus pertinent de reprendre l'histoire depuis le début et de l'informer des nouvelles informations qu'il avait reçues ; l'origine de tout ceci.

« Comme tu le sais, j'ai envoyé une lettre à ma mère pour lui parler de tout ça et lui demander des explications. J'ai reçu sa réponse pendant ton absence. D'ailleurs, elle te transmet ses salutations. »

Il rit. Évidemment, il ne pouvait pas oublier la rencontre entre ces deux-là et même s'il ne connaissait toujours pas le sujet de leur conversation, Sharrkan avait cru comprendre que Raizen avait fait bonne impression.

Prenant une grande inspiration, l'argenté commença le récit de l'histoire - son histoire.

« Mon arrière-arrière-grand-mère était une Yasei, une panthère comme moi. Elle a eu une fille avec mon arrière-arrière-grand-père mais elle est décédée rapidement après ; son mari s'est remarié immédiatement et a eu d'autres enfants, et comme le gène est resté endormi toutes ces générations, son existence a quasiment été oubliée. »

Sharrkan ferma les yeux.

« Mais je l'ai vue. Dans mes rêves, même parfois éveillé. C'était une aventurière, une exploratrice, elle était sauvage. Elle n'était pas faite pour rester à la maison sous le joug d'un mari. Avant de s'enfermer définitivement dans cette vie, après son accouchement... elle est partie en voyage à Yuki no Kuni. Elle est morte en escaladant la plus haute montagne du pays. »

Tout ceci, il l'avait appris dans la lettre de sa mère. Il n'aurait pu l'imaginer avant.

« Il y a beaucoup de questions restées sans réponse. Pourquoi est-elle allée là-haut ? Est-ce qu'elle s'est perdue, se retrouvant coincée dans un endroit ? Est-ce qu'elle cherchait quelque chose ? Est-ce qu'elle essayait de redescendre... ou d'aller plus haut ? »

Cette fable, il l'avait entendue à mainte reprises - sans se douter une seule seconde qu'elle concernait une personne réelle, son ancêtre.

« C'était une légende que me racontait ma mère quand j'étais petit. Je ne savais pas que c'était une histoire vraie jusqu'à ce que tout ceci refasse surface. Mais je me suis toujours dit que, peu importe ses motivations... elle savait qu'elle n'en reviendrait jamais. Qu'elle avait fait la paix avec tout ça. »

Malgré le récit profondément triste sur la vie de son aïeule, Sharrkan sourit.

« Peut-être que c'est pour ça qu'elle est venue me trouver. Elle savait que le froid des plus hauts sommets de Yuki no Kuni ne serait pas de taille face à moi. »

C'était avec tendresse que le Kazejin parlait de son ancêtre qu'il n'avait pourtant jamais connue. Il y avait quelque chose de libérateur de parler d'elle, comme un soulagement porté par plusieurs générations ; comme si la vérité était enfin rétablie sur la personne exceptionnelle qu'elle était, après avoir passé des décennies à enterrer son souvenir.

Finissant ce chapitre, il revint à sa propre histoire, l'explication de ces talents cachés.

« Quand j'ai commencé à manifester mon chakra, le Shakuton et ma seconde nature se sont battus pour mon énergie. Je n'arrivais pas à suivre, spécialement le côté Yasei que je ne maîtrisais pas et que personne dans mon clan n'était capable de m'apprendre à canaliser. Les Anciens de ce moment-là ont fait le choix de sceller cette partie de mon âme pour que je puisse me concentrer sur la Chaleur et que je devienne un fier guerrier du clan. »

Il sourit, mais cette fois jaune. Bien que Sharrkan était profondément attaché à son clan, il avait eu quelques fois des événements de rébellion contre l'autorité en place, en témoignage de son désaccord avec leurs mesures et décisions. L'exil à Kumo n'avait été que la fois de trop.

« Ils sont donc allés demander de l'aide à des spécialistes - des Meikyû, évidemment. Le sceau était prévu pour se briser seul lorsque j'aurais acquis la puissance nécessaire pour contenir cette facette. Tout était mental, finalement. Mais je n'étais pas au courant, car une prise de conscience prématurée aurait pu fragiliser le sceau et me mettre en danger. »

Qui d'autre que les Meikyû, dans l'étendue de Kaze, auraient été mieux placés pour conseiller sur du Fuinjutsu ? L'argenté observa la réaction de Raizen ; leurs histoires étaient peut-être liées depuis plus longtemps qu'ils ne pourraient le croire.

« Pendant tout ce temps... si j'avais demandé de l'aide à mes proches dès le départ, j'aurais pu comprendre beaucoup plus rapidement ce qui m'arrivait. Mais j'ai préféré tout faire seul, croyant même que j'étais possédé. »

Sa tendance à dramatiser les choses, ou à vouloir absolument se débrouiller seul jusqu'à ne plus avoir le choix, l'avaient conduit au point où il en était aujourd'hui.

« Donc... c'était plus qu'une facette que je refoulais, c'était une des deux natures de mon chakra qui était apparue soudainement. Je m'étais mis en tête depuis le début que c'était quelque chose de néfaste, d'intrusif, d'extérieur à moi-même ; je n'arrivais même pas à l'imaginer sous une autre perspective. Je ne voulais pas l'accepter, je combattais, pensant que c'était une menace. Mais aussi un problème que je devais régler seul... peut-être même honteux. »

La lune se découvrit, illuminant le visage du métamorphe de sa clarté blême, révélant un sourire narquois.

« Évidemment, ce n'était pas un problème que je pouvais fuir physiquement alors j'étais un peu embêté. »
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Sam 3 Sep 2022 - 0:08


Attentif à ce que Sharrkan lui communiquait, Raizen pouvait ressentir une certaine tournure dans le contexte et la situation alors que l’Argenté avait un ton beaucoup plus sérieux, voire quasi solennel.

Se mettant en totale disposition pour l’écouter, les iris du corbeau examinaient calmement ceux du fauve et de son histoire, écoutant, vivant et ressentant chacune des brides du cheminement.

Lui relatant par le fait même les réponses obtenues par sa mère, mais aussi les salutations de celle-ci, Raizen glissa soigneusement sa main dans sa propre chevelure avant de lâcher simplement :

-Ah, tu lui passeras aussi le bonjour de ma part.

Ne décrivant pourtant aucune gêne contrairement à d’habitude, il était beaucoup trop absorbé parce que lui partageait Sharrkan. Y décrivant ainsi une communication dans le monde des rêves, le tout généra un battement asynchrone au niveau des poumons du Meikyû. Se sentant indirectement concerné, lui-même avait commencé à entrer en communication avec son 6e sens à travers ses rêves, un lieu dans lequel il arrivait à plonger dans son subconscient pour communiquer avec d’autres aspects de sa personne et de ses ancêtres.

Or, Sharrkan allait bien au-delà. Il arrivait à contempler l’essence même et par le fait même l’histoire d’une autre personne qui lui était liée. Triste histoire, la mention de Yuki no Kuni était aussi intrigante que pertinente. L’homme d’argent qui avait toujours été lié de près et de loin à Kumo et Kaze arrivait à laisser planer son esprit jusqu’à une contrée lointaine pour le moment encore inconnue du Meikyû…

Lui arrachant quelques frissons alors que le récit continuait, la mention des énergies paradoxales et antagonistes résonnait clairement avec sa personne. Percevant ainsi la solitude qu’il ressentait concernant le fait qu’il était confié à lui-même pour canaliser ses propres aptitudes, la mention du scellement vint surprendre un Meikyû qui était pourtant généralement plusieurs pas en avance. Pourquoi n'avait-il jamais perçu cela ?

Comprenant de mieux en mieux la transformation qu’avait subie Sharrkan, au-delà du sceau qu’il détenait, c’était un sceau mental qui l’avait lié à sa situation du passé, un élément aussi intrigant que pertinent. Après tout, comment pouvait-on se libérer d’un sceau si l’on avait des appréhensions ou une crainte quelconque ?

Demeurant silencieux sur la fin, alors que la lune se dévoilait pour venir les illuminer, une larme silencieuse coulait le long d’une des joues du Meikyû, un élément dont il ne remarqua aucunement.

Pris d’émotions qu’il arrivait généralement à maîtriser, allant totalement à l’opposé de ce qu’il dévoilait, un sourire vint rompre l'aspect triste qui se lisait sur son faciès alors qu’il résonnait totalement avec les propos du manipulateur de chaleur, peut-être un peu trop même.

-Je comprends à quel point ça n’a pas dû être facile, surtout lorsqu’on commence à voir des éléments que nous ne pouvions voir par le passé. Les pouvoirs, surtout ceux qui divergent de ceux que l’on connaît ou plutôt ceux que l’on refoule peuvent être effrayants. Par contre, c’est encore pire lorsqu’ils se rebellent puisqu’on tente un peu trop de les esquiver au point d’aliéner une facette de sa personne.

Passant calmement sa main dans la crinière de l’argenté pour lui apporter du réconfort, mais surtout lui partager de l’affection, il brisa ainsi le statu quo :

-Je suis désolé d’apprendre que tu as vécu tout cela et que tu as été seul pour affronter une telle situation pendant longtemps. Tu as sûrement pu le voir, mais j’ai vécu quelque chose de similaire lors de la chute de Kumo. C’est à ce moment que j’ai découvert mon alter ego ou plutôt cette partie de moi que je semblais renier. Je peux donc comprendre à quel point ça n’a pas dû être facile et à quel point tu as dû te sentir seul.

Se remémorant cette chute, aussi brutale que violente, il en avait encore des frissons à ce jour.

-Sache toutefois que quoiqu’il arrive, chaque personne a une part de ténèbres, qu’elle soit assumée ou refoulée, tout comme chaque personne à une part de lumière. L’équilibre y est souvent mis au défi en fonction des individus, de leur passé et de leur vécu, mais dans tous les cas, tu n’es en effet pas seul à devoir affronter et cheminer tout cela, bien que seul toi détiens la clé vers ta libération.

Fixant les iris de l’Onyx et de son alter, la sincérité qui se lisait dans son timbre de voix était beaucoup plus soutenue que d’habitude, comme s’il vivait chacune des paroles qu’il prononçait.

Accentuant par le fait même graduellement la longueur d’onde sur laquelle ils planaient, l’espace d’un instant, la main de Raizen perdu contact avec Sharrkan avant de renouer un contact qui se solda d’un éclair complice.

Se sentant littéralement transporté, l’instant béni par la lune semblait transcender le temps. Invisible à autrui, c’était la deuxième fois qu’une transcendance de l’âme semblait vouloir se manifester alors que les deux individus semblaient naviguer sur une longueur d’onde similaire. Raizen pouvait le sentir. Or, ce schéma semblait encore diffus ou du moins à ses balbutiements comme s’il était indirectement en attente que l’Onyx accepte de dévoiler cette nouvelle facette de lui.

-En ce moment, détiens-tu encore ce sceau et surtout, quelle est cette facette de ta personne que tu désirais refouler Sharrkan? Penses-tu pouvoir me la partager ?

Résonnant d’un écho, si Raizen n'arrivait pas encore à percevoir totalement l’alter de Sharrkan dans cette résonance, Sharrkan lui pouvait voir le Meikyû et les prémisses de son alter… Beaucoup plus sombre et dangereux, il se tenait aux côtés du Meikyû tel un jumeau et semblait prononcer les mêmes paroles que celui-ci, une vision auquel Sharrkan avait le loisir de voir ou non, en fonction de sa synchronicité avec son alter et son désir d’ouverture.

L’Argenté était-il prêt à dévoiler la facette de son Onyx ou était-ce encore trop tôt?

Lui tendant une main, Raizen attendait son approbation.




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Sharrkan
Sharrkan

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Sam 17 Sep 2022 - 1:01
Finissant son long monologue - pour une fois que les rôles étaient inversés -, l'argenté reporta son attention sur le Meikyû, souhaitant voir et entendre ses réactions. Les deux Kazejins étaient habitués à avoir la lune comme hôte pour leurs conversations, mais lorsque cette dernière leur accorda ses rayons, Sharrkan fut surpris de voir une larme sur la joue de Raizen. Un flash traversa son esprit, son image se surperposant à ce qu'il voyait. Un souvenir où, également éclairés par le clair de lune, il avait vu le Corbeau pleurer pour la première fois.

Attirés comme deux pôles inverses, laissant croire que la séparation physique était difficile, la main du Meikyû retrouva la crinière d'argent qu'il n'avait quitté que quelques minutes plus tôt. Profitant de ce rapprochement, Sharrkan rattrapa cette larme avec son pouce avant qu'elle ne quitte sa joue pour s'écraser au sol.

« On dit que si la première larme vient de l'œil droit elle est liée à la joie, si c'est de l'œil gauche c'est de la douleur. Je ne sais pas si c'est vrai... Mais c'est la deuxième fois que tu pleures pour moi. »

Souriant, légèrement bouleversé, Sharrkan réalisa tout le chemin qu'ils avaient parcouru ; la chance dont il était béni pour que Raizen accepte de lui montrer ce côté plus fragile de ses émotions. C'était une vision dont il était probablement le seul bénéficiaire et à cette pensée, les rayons de la lune lui semblèrent un peu plus ardent.

La plupart des gens qui le connaissaient en tant que Raïkage le trouvaient probablement froid, détaché, insensible ; Sharrkan avait pensé la même chose de lui, au début. Il s'était rapidement aperçu qu'il y avait plus derrière cette muraille, mais avait dû travailler avec acharnement pour réussir à en gratter la surface. Enfin, il touchait du doigt ce cœur enfermé dans une cage de métal.

Avant que le moment n'évolue vers autre chose, la conversation se recentra sur son récit. Le Kazejin prit un moment pour réfléchir à ce qu'il venait d'entendre, testant les théories dans son esprit, avant de donner sa conclusion. Il voyait très bien d'où venait Raizen et pourquoi il avait proposé ça ; tout était lié à ce qu'il lui avait montré de son histoire. Néanmoins, sa réalité différait légèrement.

« Je comprends pourquoi tu dis ça, mais cette "facette" ne représente rien de caché. Ce n'est pas une métaphore ou une représentation de mes ténèbres. Au final, ce n'est tout simplement que mon héritage. Tout est plus... animal, instinctif. Comme si, comme les animaux, j'avais accès à la mémoire de mon espèce. Je suppose que c'est ça que je voyais : des souvenirs de mon ancêtre. »

Le fauve marqua une pause, laissant le temps à son interlocuteur de saisir la portée de ses paroles.

« C'est vrai que j'ai aussi cru au début que cette forme était une matérialisation de mes émotions négatives : elle a surgit juste après les évènements avec le Dieu du Désert... j'ai donc pensé que c'était ma colère, ma douleur ou quelque chose de sombre qui s'était créé de cette tragédie - c'était faux. »

Ses premières hypothèses s'étaient révélées fausses - tout n'était qu'un quiproquo.

« Mais il m'a fallut un bon moment pour réaliser que tout ceci ne m'avait rendu que plus fort, assez fort pour surpasser le sceau de façon inconsciente. Quelque chose s'est bien brisé en moi à ce moment-là, mais ce n'était pas ce que j'avais cru ; juste mes chaînes. »

Parfois, une fenêtre de lumière apparaissait dans les ténèbres - comme des fleurs profitant des cendres d'un incendie pour éclore.

« Ton cheminement personnel m'a aidé et si nous avons fait face aux mêmes difficultés, ce que j'ai obtenu n'est pas comparable à tes entités. Au début, j'essayais tellement de la réprimer qu'elle se manifestait sous une forme d'instinct pur, détachée de toute la raison que je refusais d'y associer. J'étais totalement désynchronisé de cette forme et on pouvait croire qu'elle était indépendante de moi, mais ce n'est pas le cas ; en tout cas, ça ne l'est plus. »

D'une certaine façon, Sharrkan était en même temps victime et coupable de tout ce qui avait découlé de cet éveil. Il n'avait que lui-même à blâmer pour avoir rejeté ses émotions, menant à ces explosions successives ; tout en étant toujours le premier blessé. Mais maintenant que tout rentrait dans l'ordre et qu'il avait retrouvé le contrôle, il pouvait se tourner vers l'avenir avec un sourire sur son visage.

« Que je sois sous cette forme ou sous l'autre, tu as toujours Sharrkan devant toi. La même personne, la même personnalité, les mêmes pensées, la même affection que je te porte. Tout n'est qu'une question de forme matérielle. »

Souriant, l'argenté se permit même une démonstration. Passant une main sur son visage, ce fut avec certains traits félins qu'il accrocha à nouveau le regard du Meikyû. La structure de son visage était partiellement changée, ses yeux étaient changés, son nez, ses dents. Certaines mèches de ses cheveux avaient délaissé leur pâleur d'albâtre pour emprunter la couleur sombre de son pelage animal.

« De la même façon que tu m'as perçu il y a quelques minutes malgré l'apparence animale, je pense que tu n'auras pas de difficultés à saisir ce que je veux dire. Après tout, tu es capable de voir par delà les apparences, non ? »

C'est donc avec son sarcasme signature que le fauve confirma son identité. Mais l'argenté reprit rapidement ses traits humains, étant encore moins à l'aise sous cette forme ; une forme hybride, monstrueuse, probablement moins appréciable à l'œil que son apparence humaine ou totalement animale.

« J'espère que tu n'es pas déçu que l'explication soit moins métaphorique que ce que tu attendais... Je n'ai pas de sombre secret à te révéler et je pense que tu connais déjà les côtés les plus sombres de ma personnalité. »

Il l'avait en tout cas vu dans la plupart de ses vices ; ses excès de colère, les profondeurs de sa peine, ses fuites lorsqu'une situation lui paraissait inconfortable, son manque de courage parfois.

« Je te laisse voir pour le sceau, même si la logique voudrait qu'il soit brisé vu que je peux utiliser totalement ma deuxième forme - et je suppose que tu l'aurais trouvé ce soir-là... Tu peux aussi regarder ma longueur d'âme, pour confirmer tout ce que je viens de te dire... Après tout, je ne partage que mes ressentis mais peut-être que je me plante sur toute la ligne. »

Fermant les yeux, l'argenté présenta ses deux paumes ouvertes au Meikyû, signifiant symboliquement qu'il lui faisait confiance sur tous les aspects. Que ce soit lui ou son alter plus sombre qui s'en charge.

« Prends ce que tu veux. »

Je te donne tout.
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Meikyû Raizen
Meikyû Raizen

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Jeu 13 Oct 2022 - 6:41

Faisant ce constat en même temps que Sharrkan prononçait ses paroles, Raizen trouvait ces dires intéressants. Or, la joie et la douleur ne suffisaient pas à décrire l’essence même de cette larme. N’étant pas du genre à pleurer ni même à dévoiler ses émotions, cette turbulence en était beaucoup plus unique et innée.

Pourtant, en aucun cas il ne désirait se dérober de cet instant de faiblesse dont il acceptait de partager avec l’argenté, et ce avec raison.

Étrangement, cet état d’esprit était aussi curieux qu’intéressant alors que le derme de sa peau se retrouvait caresser des moindres frictions se manifestant dans l’air. Douce comme plus soutenue, si l’on pouvait croire qu’il était à fleur de peau, ses sens s’en trouvaient plutôt décuplés, comme s’il ouvrait dorénavant sa vision vers un cadre qui était distant du sien, mais qui ne lui était pas totalement étranger.

Établissant ainsi le contraste apparent entre Sharrkan et lui, contrairement à sa personne, le fauve allait droit au but. Naviguant au-delà des métaphores et des symbolismes cachés, il était tout ce qui avait de plus vrai et brut. Honnête, le Kazejine était de ceux qui connaissaient leurs ténèbres, mais aussi leurs lumières, n’hésitant ainsi en aucun cas à la manifester sans appel pour le moindre secret.

Loin d’être de ceux qui se masquaient le visage ou qui déclinaient une facette d’eux averse à leur vraie personne, il était de ceux qui s’étaient affranchis des ses propres chaines dont il avait un jour été un bourreau. Brisant ainsi les moindres limitations dont il pouvait s’imposer, ce récit était aussi unique qu’inspirant, étirant ainsi de nouveaux frissons au Meikyû.

Ouvrant sa vision, mais aussi son empathie sur un domaine distinct, bien que sa perception évoluait au gré de leurs discussions, le charisme que déployait Sharrkan était suffisamment puissant pour inspirer chaque atome de son corps de l’objet de sa réponse future.

L’aptitude de voir au-delà des apparences lui ayant été enseignée et désignée, pour une des rares fois, il se surprenait à la voir prendre une forme nouvelle alors que parfois voir au-delà des apparences n’était pas nécessaire, pas quand l’essence brute de l’individu devant lui était entière. Une force dont très peu pouvaient se vanter d’avoir, Sharrkan était aussi riche dans sa forme brute que d'excellents poètes dans leur forme métaphorique. À l’antipode de sa personne sur bien des éléments, le Kazejin était absent de secrets pour lui alors que Raizen était aussi mystérieux que la lune. Représentant un parfait contraste entre la lueur de la lune qui perçait les ombres de la nuit afin de briller d’un éclat unique, il ne pouvait qu’être sur une longueur d’onde complice à ces paroles.

-Au contraire, je suis loin d’être déçu puisque tu me permets d’en apprendre davantage en tant qu’individu, mais aussi sur ta personne même si tu as toujours été très transparent et ouvert avec moi à ce sujet.

Souriant légèrement, il ajouta :

-J’admire ce que tu représentes, dans tes forces comme dans tes faiblesses et ce, dans ta plus simple expression absente de toute métaphore.

L’observant calmement alors qu’il pensait toutes les paroles qu’il prononçait, le Meikyû ajouta :

-À vrai dire, je n’ai même pas besoin de vérifier ce que tu me dis pour savoir que tu dis vrai. Aussi étrange soit-il, je peux le ressentir sans réellement comprendre pourquoi.

Plus qu’un pressentiment, les nombreux poils sur sa peau étaient hérissés, comme s’ils étaient magnétisés par la vérité constante que lui annonçait le fauve.

-Tu ne m’as jamais menti, sauf peut-être les fois où tu tentais de te convaincre de quelque chose durant lequel je dirais même que tu te mentais aussi à toi-même.

Échappant un léger rire en repensant à leur époque au sein du Fukkatsu, le Meikyû se contenta calmement d’attirer le jeune homme dans sa direction afin de l’enlacer soigneusement. Signe d’affection particulière, il était rare que le Meikyû s’adonne à ce genre de moments d’affection. N’étant pas forcément la personne la plus tactile, il s’exprimait et communiquait beaucoup à travers ses mots. Or, lorsque ses actions accompagnaient ceux-ci, le tout ne faisait que relever l’intensité de ce qu’il désirait exprimer sous ses fresques poétiques.

-Il y a de cela quelque temps, j’ai élaboré une théorie selon laquelle deux entités pouvaient entrer en synchronisation afin de se compléter, mais aussi de partager temporairement une complicité suffisamment puissante pour en ressortir un résultat exponentiel en fonction de leurs efforts conjoints.

Ne sachant pas forcément où il allait en venir, le Meikyû prenait son temps, prolongeant calmement le contact alors qu’il lui reletait ces quelques mots à voix basse.

-Aujourd’hui, j’ai l’impression de pouvoir confirmer que cette théorie est une réalité. J’ai l’impression de saisir sans aucune hésitation ce que tu désires me communiquer…

Aucune hésitation ne se lisait chez le Corbeau. Lui qui avait tendance à voir au-delà des apparences et à se méfier, il se retrouvait bercer d’une sérénité presque naïve alors qu’il percevait au plus profond de lui ce que Sharrkan lui disait depuis le début.

Ainsi, alors que le contact se prolongeait et que ces paroles amplifiaient leur synchronisation, son rythme cardiaque se calqua soudainement au sien jusqu’à ce qu’il ait l’impression de visualiser en plein jour le fauve sous ces multiples visages sans pour autant être une autre entité.

Atteignant un point culminant, Raizen n’avait étrangement pas besoin de voir et d’analyser la longueur d’onde du félin. Il la vivait en temps réel alors que le temps et l’espace semblaient s’arrêter autour de cette délicate étreinte.

Contemplant ainsi Sharrkan dans sa plus simple et pure expression, il lui retournait un sourire, comme s’il n’avait pour une fois aucunement besoin de parler pour qu’ils se comprennent et s’expriment, car dans la simplicité tout aussi complexe et développée du fauve, il y trouvait une richesse et pureté tout aussi intéressante.

En contrepartie, Sharrkan pouvait voir un Meikyû qui d’un côté avait le visage illuminé tandis que de l’autre une ombre demeurait. Pourtant, un sourire lui était adressé des deux côtés, comme si les deux facettes assez distinctes et métaphoriques désignaient leur affection unique pour le fauve, lui qui occupait une place jamais visitée jusqu’à présent, pas même de Raizen lui-même.

-Quelle que soit ta forme, mon affection à ton égard ne changera pas, car tu demeures la même personne et tu représentes le seul et unique Sharrkan à tout moment.

Car que ce soit dans la vie comme dans la mort et indirectement une représentation parfaite des deux antipodes que représentait Raizen, Sharrkan occupait une place unique pour Raizen, une place qui jusqu’à présent n’avait jamais été occupée jusqu’à ce qu’elle prenne forme à travers le temps. Bien qu’il ne lui exprimait pas forcément toujours de la manière dont il le désirait pour de nombreux motifs, notamment afin de le protéger dans les circonstances actuelles, il ne pouvait nier le fait qu’ils surfait tous les deux sur la même longueur d'onde, un instant où les mots n'étaient pas nécessaire pour communiquer leurs pensées, leurs réflexions, les angoisses, leurs craintes, mais aussi leurs espérances et visions respectives.

Ainsi, il glissa soigneusement ses mains dans les siennes. Toutefois, son but n’était aucunement de vérifier ces dires, c’était plutôt une manière de lui témoigner sa présence, sa confiance, son affection et lui témoigner sous ce bref moment de résonance qu’il appréciait leur complicité plus qu’il ne le démontrait de son comportement habituellement froid. Ainsi, au-delà de la résonance, le moment devint quelque chose de plus profond …

C’était un moment unique : Une Transcendance

En ce jour, si Sharrkan avait décidé d'être un livre ouvert, Raizen l'était tout autant alors que l'espace d'un instant, leur âme ne faisait qu'un, ouvrant ainsi leurs livres respectifs dans une dimension tierce dont ils étaient surement les seuls hôtes et dont les piliers étaient bâtis sur les fondements même de leur lien.
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Sharrkan
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Sam 22 Oct 2022 - 3:04



Silencieusement, Sharrkan se laissa attirer dans cette étreinte. Doucement, il noua ses bras derrière le dos du Raikage, tentant de calmer les battements de son cœur qui avaient gagné une cadence infernale. Cages thoraciques écrasées l'une contre l'autre ; il était impossible que ce rythme irrégulier passe inaperçu aux yeux du Corbeau. Presque peau contre peau, il n'y avait aucun endroit où se cacher. Souffle court, palpitations, son épiderme semblait léché par des flammes ; mais malgré cette torture apparente, l'argenté se délectait de l'instant.

Sentant le souffle régulier de Raizen caresser sa nuque, Sharrkan se laissa finalement porter par le moment. Il enfouit son nez dans le creux du cou du Meikyû, appréciant ce parfum qui lui était si familier - qui sentait littéralement comme la maison.

S'il était rappelé par les Dieux en cet instant précis, l'argenté ne remarquerait probablement pas le changement entre le moment présent et son entrée au paradis.

Mais son souffle resta bloqué dans sa gorge alors que la voix de Raizen brisa le silence. Son murmure était si bas qu'aucune autre âme de la forêt n'aurait pu entendre ses mots ; mais il n'avait pas besoin de parler plus fort, car ses lèvres étaient dangereusement proches de l'oreille du fauve. Ce dernier ne put réprimer le frisson qui rampa le long de sa colonne vertébrale, dressant les cheveux sur sa nuque.

Son cœur reprit son rythme chaotique, remplissant le silence laissé derrière par les mots de Raizen. Murmurant à son tour, il souffla :

« Comme... des âmes-sœurs... ? »

L'argenté avait réagi sans réfléchir, trahissant un peu plus ce que ses réactions tentaient de hurler. Il ne remarqua même pas que ses doigts s'étaient crispés dans leur étreinte, s'accrochant un peu plus désespérément au tissu qui couvrait le dos de Raizen.

Pourtant, devant cette affirmation sur l'affection qu'il lui portait, Sharrkan su que c'était le moment d'être audacieux - maintenant ou peut-être jamais.

« Est-ce qu'elle ne changera pas peu importe ce que je te dirai ? »

Cette fois-ci, sa poitrine menaçait littéralement d'exploser. Même dans la bataille, même aux supposées portes de la mort, il n'avait jamais ressenti une telle adrénaline. N'étant pas prêt à délaisser cette étreinte tout de suite, ni à lui faire face, le fauve serra un peu plus fort le Meikyû.

Quelque chose se produisit alors ; à la limite de l'irréel, une douce chaleur, baignée d'une douce lumière, l'entoura délicatement. Ce n'était pas du Shakuton - en réalité, ça ne venait même pas de lui. C'était quelque chose qui venait de Raizen. Son aura ? La matérialisation de cette synchronisation ? Une affirmation de l'Univers ?

Il ne pouvait pas le savoir, mais son effet fut immédiat. Son rythme cardiaque retrouva des constantes stables, comme un écho parfait de celui de Raizen, sa poitrine fut libérée du poids qui l'oppressait. Plus rien n'existait ; rien d'autre qu'eux deux.

La réalisation qui suivit s'imposa d'elle-même.

« Je n'ai pas besoin de le dire. Tu le sais déjà. »

Il inspira.

« Depuis longtemps. Peut-être même avant moi ? »

Un léger rire candide lui échappa, contrastant totalement avec les émotions intenses qui le noyaient quelques secondes auparavant. Maintenant qu'il était calme, la vérité s'imposait à lui, confiante, comme si elle avait toujours été présente. Comme si depuis toujours, il avançait les yeux fermés alors qu'il lui suffisait de les ouvrir pour comprendre l'Univers lui-même.

« Je m'étais promis de ne jamais te le dire... Mais j'ai sous-estimé tes facultés à deviner toutes mes pensées et émotions. Pourtant, tu es la personne que j'estime le plus. »

Relâchant son étreinte, c'est avec sérénité qu'il constata que la synchronisation était toujours présente.

« Mais ça va bien au-delà de ça. Raizen, je ne sais pas comment l'expliquer. »

Il y avait parfois des choses que même les mots ne pouvaient pas expliquer avec justesse, mais il n'avait pas besoin d'expliquer quoi que ce soit. Leur connexion laissait ses sentiments mis totalement à nu, sans aucune place pour se cacher. Mais devant cette absence de refuge, était-il encore nécessaire de retenir ces mots, cette vague d'émotions qui le submergeait ? Ces mots non-dits qui restaient bloqués dans sa gorge chaque fois qu'il croisait le regard du Meikyû, jusqu'à la suffocation ? Il n'y avait plus aucune raison de les réprimer.

« Mon monde a explosé au moment où tu y es entré. Pas comme une fin, mais comme une naissance, comme celle des galaxies. Tu m'as montré ce que ça faisait d'avoir des objectifs, de travailler pour les achever et d'en être fier. Tu m'as appris à être altruiste, tout en m'assurant que c'était acceptable d'être égoïste. Tu m'as fait prendre conscience de mes défauts tout en les valorisant, tu as mis en lumière mes meilleures qualités. Tu m'as appris à m'ouvrir au monde, à voir les choses de plusieurs points de vue. Tu m'as guidé, tu m'as fait grandir, et j'aime la personne que je suis devenue depuis que je suis à tes côtés. Pour la première fois, j'ai l'impression d'être moi et pas la personne qu'on attend que je sois. »

Sans peurs, sans craintes, Sharrkan exposa la vérité que Raizen semblait déjà avoir comprise, sa propre vérité. Mais l'annoncer à voix haute et avec assurance avait un effet incroyable sur ce lien si puissant qu'il en devenait presque tangible.

« Mais ce n'est pas seulement du respect, de l'admiration ou de la reconnaissance que j'ai pour toi. Ce n'est pas le dévouement que j'aurais pour un mentor. Ce n'est pas de l'envie de marcher dans tes pas ou de profiter de ta lumière, parce que j'accepterais même de vivre dans l'ombre le restant de mes jours si ça signifiait pouvoir rester à tes côtés. Je brûlerais la terre entière si ça me permettait de te protéger de tout ce qui pourrait te vouloir du mal. Je mourrais des centaines de fois, puis je marcherais pieds nus sur les braises de l'Enfer juste pour te voir une dernière fois. Mon esprit est apaisé quand tu es là, mais ma peau entière s'embrase à chacun de tes contacts. »

Il prit ses mains dans les siennes, illustrant ses propos... mais à son plus grand étonnement, il ne se produisit pas la réaction habituelle ; probablement parce que tout son être était déjà en feu. D'un feu qui brûle, mais sans blesser, apaisant, réconfortant.

« Ce n'est pas non plus seulement pour ce que tu m'apportes, mais aussi pour ce que tu es ; tu es la personne avec l'esprit le plus intéressant que je connaisse. Tu as une façon de voir le monde qui me fascine et tu pourrais m'expliquer des théories sur les sujets les plus nuls possibles sans que je perde un seul de tes mots. Tu fais croire à tout le monde que tu es quelqu'un de froid, tout en ayant une empathie et un dévouement incroyable pour ceux qui te sont chers. Et j'adore découvrir chaque facette de ta personne, même celles que tu penses qu'elles ne sont pas faites pour être aimées. »

Délicatement, il déposa un baiser sur chacune de ses mains, goûtant sa peau de ses lèvres. Il chérissait l'intégralité de sa personne : le physique, le psychique, le spirituel.

« Tu es ma maison, mon refuge. Tu penses être fait d'ombre, mais tu es l'étoile qui brille le plus fort dans mon ciel. Tu m'as condamné, Raizen, mais je ne veux pas être sauvé. »

Pour la première fois depuis qu'il avait commencé son monologue, Sharrkan releva la tête. Il chercha le regard doré qu'il avait exploré si souvent, espérant seulement ne pas y voir du dégoût ou du mépris.

« Alors s'il te plaît, quelle que soit ta réaction... ne me demande pas de partir. »

Let me die first or I will die twice.
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Meikyû Raizen
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Sam 29 Oct 2022 - 14:51



La naissance d’âmes sœurs était généralement un terme dystopique, mélangé bien souvent avec un certain degré de naïveté et de pureté. Pourtant, en cet instant, le tout n’avait rien d’illusoire ou de fantastique.

Née d'une réalité profonde que représentait l’instant, la transcendance annonçait plus qu’un moment de liaison, c’était la naissance d’une prise de conscience entre deux âmes sincères et jumelles.

Allant au-delà de tout ce qu’il aurait pu imaginer, le maître des esprits s’en trouvait bouleversé sur chaque once de son derme. Parcouru d’une chaleur pour laquelle il n’avait aucune réponse en dehors d’une réaction complice, un délicat sourire s’étira sur la même note que celui de l’argenté alors que le moment ne faisait que s’amplifier.

Représentant à son tour un parfait contraste entre son comportement habituel et cette soudaine joie qui parcourait l’ensemble de son entité, pour l’une des rares fois, Raizen se sentait entier. Frôlant presque l’hystérie, chaque parole le percutait comme si elles étaient véhiculées à bout pourtant de son cœur.

Fragile, voire à fleur de peau, l’ombre se sentait léché par les flammes vives et intenses d’un brasier. Pourtant seules les ailes du phoenix que représentait le fauve l’accompagnaient dans cet instant chaleureux.

Lui qui représentait un parfait équilibre et pilier entre la vie et la mort se retrouvait plein de vie, une plénitude qu’il n’avait jusqu’alors jamais ressentie alors que des larmes fondaient dès qu’elles quittaient leur socle.

S’évaporant telle une douce brume de bonheur par l’instant enflammé qu’ils partageaient, s’il était à court de mots pour une fois, Raizen n’était pour autant aucunement à court d’émotions. Se laissant ainsi bercer par les réponses naturelles des échos de son coeur et de son âme, il glissa quelques mots :

-Je n’ai jamais réellement voulu te brusquer, mais sache que j’ai toujours ressenti au plus profond de mon être les émotions que tu avais pour mon égard, les bonnes comme les mauvaises.

Partageant ce moment d’un regard complice, chaque parole que prononçait le maître des sceaux se retrouvait gravée dans ses iris, leur permettant ainsi de revivre certains des moments saillants et marquants qu’ils avaient vécu ensemble d’un simple regard.

-Dans la tristesse comme dans la joie, sache que malgré mon apparence parfois impassible que je n’ai jamais été de marbre vis à vis de ce que tu ressentais et vivais. Au plus profond de moi, j’en ai ressenti chaque parcelle, parfois même lorsque je ne comprenais pas.

Car l’écho des sentiments d’une âme sœur percutait toujours avec fougue et vigueur.

-J’ai énormément appris en te côtoyant, plus que parfois on peut le croire ou le sous-entendre. Très tôt j’ai appris à voir au-delà des apparences. Cependant, quel que soit mon niveau d'observation et de perception, tu m’as appris mieux que quiconque à vivre. Que ce soit mes peines, mes joies ou ma tristesse, tu m’as appris ce qu’était d’exprimer nos pensées, nos inquiétudes et nos angoisses, me permettant ainsi peu à peu de sortir d’un cocon de marbre et d’anxiété dans lequel j’ai jadis été plongé. Tu m’as aussi appris à faire confiance et à savoir me reposer sur des épaules qui ne sont pas les miennes.

Contrastant soudainement avec l’énergie de Sharrkan, cette fois-ci, une tempête d’une douceur certaine se dévoilait autour de cet instant gravé par la résonance des deux âmes complices.

-Tu m’as déjà dit t’en vouloir de ne pas avoir été présent à certains instants difficiles que je t’ai montrés. À vrai dire, je ne sais plus si tu me l’as dit ou si je le ressens. Pourtant à travers tous ces instants, l’image de ton faciès me rappelle le moment où j’ai su me relever. Moment où je me suis senti accompagné, que ce soit de ton air de défi aux premiers abords à ton visage mi-inquiet, mi-courageux alors que tu venais me délivrer des inconnues du déchainement divin auquel nous faisions face.

Marquant une pause, Raizen trébucha sur ses paroles pour une des rares fois alors que le maître des mots vivait pleinement certaines émotions.

-J’ai longtemps vécu et évolué seul. J’ai longtemps progressé et développé l’essence même de ma personne et la totalité de mes compétences dans mon coin, à l’abri des regards, des jugements et des perceptions. Alors que plusieurs développaient des relations parfois fortes en émotions négatives, parfois fortes en émotion positive ou un mélange des deux, je me suis pourtant toujours refusé d’envisager cette possibilité.

Que ce soit par responsabilité, par désir de protection pour ce qui lui était cher ou simplement, car son monde était pour le moment incomplet, Raizen n’avait jamais cru cela possible pour sa personne, ne comprenant pas toujours la sensation de manque qui pouvait s’attacher à sa personne.

-Pourtant, j’ai toujours senti un vide s’attacher à moi, quels que soient les angles de progression et peu importe à quel point j’allais loin. J’ai toujours ressenti ce vide jusqu’à ce que nous apprenions à nous connaître.

Car, ce n’est qu’au moment où deux âmes jumelles évoluaient de manière synchrone qu’elles pouvaient bel et bien commencer à s’épanouir.

-Aujourd’hui, ce n’est pas pour rien que tu as évolué jusqu’à occuper une place importante dans ma vie.

Sa prose usuelle se trouvait dorénavant traduite et d’une fluidité qui ne connaissait pour seul jumeau ses émotions.

Vide comblé, il en profitait pour personnifier ses émotions du meilleur de ses capacités.

-À la base, je voulais attendre que tout cela soit fini, toute cette guerre et ces nombreuses menaces qui planent sur nous. J’ai donc malgré moi adopté une certaine distance tout en essayant de te communiquer certains éléments de manière cryptée. C’était pour moi ma manière de te témoigner mon affection sans pour autant que cela puisse être utilisé contre toi ou contre nous étant donné les responsabilités qui m’incombent et le danger dans lequel je mets tous mes proches.

Car, s’il y avait bien un élément vrai, c’était bien que protéger ce qui lui était cher demeurait d’une importance capitale, aussi froid pouvait-il paraître.

-Je te demande donc de me pardonner cet égoïsme qui n’a toujours eu pour objectif ton bien et ta protection. Je te demande pardon d’avance pour cette révélation qui gardera une part de secret jusqu’à ce que je puisse manifester la réalité dans laquelle elle brillera de tous ses feux.

Car, s’il y avait bien un élément qui pouvait éveiller les ténèbres du Meikyû, c’était bien la présence d’un élément tentant d’affecter son âme, que ce soit la sienne ou celle de sa sœur…

-Je te demande aussi pardon d’avoir tardé à t’exprimer ces éléments plus clairement alors que tu t’ouvrais à moi, sans filtre ni mystère.

Car, même pour le messager subsistait des éléments qui n’avaient pour le moment jamais parcouru ses lèvres. Ainsi, à défaut de les faire apparaître, il se permit de se connecter à son âme soeur, espérant ainsi lui communiquer de manière concrète l’objet de ses pensées.

Ainsi, en cet instant électrisant, il scella d’un geste et de ses paroles transcendantes un élément qu’il désirait communiquer, car si ce phénomène était dangereux, c’était pourtant une force infinie.

-Je t’aime Sharrkan

You’ve always wanted to be my shadow, yet i’ve always considered you to be my one and only sun





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Sharrkan
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Dim 11 Déc 2022 - 0:52



Les mots le transpercèrent.

Tranchants, brûlants, étourdissants.

Jamais il n'aurait imaginé que ces paroles puissent franchir les lèvres du Meikyû ; dans ses rêves les plus fous, les plus farfelus, éveillés comme assoupis... Jamais. Il ne pouvait s'y autoriser - il y avait une limite à ne pas franchir lorsque l'on convoitait l'inatteignable. Le cœur était un organe fragile, pouvant se briser sur de simples pensées.

La folie l'avait-elle gagnée pour de bon ? Le désirait-il tellement, que ses oreilles lui jouaient des tours ?

Pourtant, ces mots, Sharrkan les avait entendus. Il les avait lus sur les lèvres de Raizen, il les avait vus dans ses yeux. Il les avait sentis sur son épiderme.

Je t'aime.

Ces mots qui ne trouvèrent pour réponse que les sons de la nuit et de la forêt.

Les secondes s'étiraient - mais l'homme d'argent était figé.

Le silence des lieux était un contraste tranchant avec la tempête qui animait intérieurement le Kazejin ; car dans son esprit, rien n'était stoïque. N'ayant jamais anticipé cette situation, en état de choc, il ne savait pas comment réagir. Tellement d'émotions se bousculaient dans sa tête, dans son cœur, qu'il ne savait pas la quelle choisir - exprimer. Rire ? Pleurer ? Hurler ? ... s'enfuir ?

Contrairement au passé, il écarta bien vite cette dernière option. S'il y avait un moment où il devait faire preuve de courage, c'était maintenant, même si contempler ce qu'il désirait depuis si longtemps pouvait être terrifiant. Malgré les secondes qui s'écoulaient, Raizen n'avait toujours pas ajouté "comme un ami", "comme un frère".

We looked at each other a little too long to be "just friends".

Peut-être que maintenant, il avait le droit d'y croire. Malgré l'émotion qui avait pris la liberté de couler sur son visage, c'est avec un sourire sincère que Sharrkan répondit.

« Haha... vraiment ? »

Aucune trace de sarcasme dans son intonation. Seulement, un besoin de confirmation, une dernière fois.

L'argenté réalisa à ce moment qu'il tenait toujours les mains de Raizen dans les siennes. Il garda la première, se rapprochant. Il relâcha la deuxième ; posant la sienne sur la joue du Meikyû, caressant sa pommette du bout de ses doigts.

« Tant que nous serons shinobis, nous aurons constamment une épée au-dessus de la tête. Attendre la fin des conflits... signifierait attendre la fin de tout. »

Sharrkan leva les yeux, plongeant dans ce regard doré qu'il chérissait tant, comme il l'avait fait des milliers de fois auparavant. Sa voix n'était plus qu'un murmure.

« Et je préfère affronter les dangers, quels qu'ils soient, qu'attendre une minute de plus... »
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Meikyû Raizen
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Ven 30 Déc 2022 - 23:16


Ne pouvant s’empêcher d’étirer un sourire face à la réaction de Sharrkan, Raizen demeurait plongé dans le moment, comme si chacune de ses paroles résonnait d’autant plus avec sa personne. Plongeant ainsi ses iris dans les siens sans pour autant se préoccuper de la moindre épée de Damoclès, à l’instant, le moment était alimenté d’une émotion vive et unique.

Inséparable et indestructible, la résonance qui s’opérait s’annonçait électrisante et synchrone. Pourtant, aussi prévoyant soit-il, jamais il n’aurait pu imaginer l’envergure de la sensation qui en découla. Le marquant d’un puissant frisson, une chaleur pigmenta avec aise son derme hâlé alors que leurs lèvres se découvraient pour la première fois depuis qu’il ressentait ces émotions.

Aimantée, seul le contrôle lié à l’espérance d’une nouvelle étreinte servait d’arbitre dans cette passion éclectique. Divagant, l’espace d’un instant, Raizen en perdait même le contrôle, s’évanouissant dans une destinée qui lui avait semblé lointaine, voire impossible.

Pourtant, avec justesse, les mots de Sharrkan énonçaient les faits : attendre la fin des conflits signifierait attendre la fin de tout. Attendre sous-entendait donc ne jamais voir le début, car les rayons ardents que dégageait l’argenté représentaient pour lui un nouveau départ : celui de l’amour véritable et vrai : le commencement.

Ainsi, dans les ténèbres avec pour seule témoin la lune, Raizen venait d’effectuer pour une des rares fois, un acte égoïste. Mettant ainsi de l’avant ses propres désirs et ses propres émotions, il ne regrettait rien, au contraire. Ayant un effet libérateur, il renouait ainsi peu à peu avec son contrôle usuel alors qu’il naviguait pour la première fois dans un contexte où il ressentait le véritable amour, le vrai.

Comblant ainsi ce vide que personne n’avait su combler, il récoltait les fruits de s’être saisi de cette réalité alors que sa main soutenait la joue de l’onyx. seul ses battements accompagnaient le rythme du moment.

N’étant pas du genre à craindre le moindre élément, il était toutefois libéré des chimères qui hantaient récemment ses pensées et réflexions. Torturé par l’idée de ne jamais vivre un tel moment avant longtemps, il avait décidé de le créer à l’instant. Aussi imparfait et dangereux soit l’instant, c’était pourtant ce qui rendait ce phénomène aussi réel et magnifique. Puissant et résistant à toute épreuve, la rencontre de deux âmes sœurs ne se contrôlait pas, elle se vivait.

Ébranlant par le fait même le moindre obstacle visant à séparer l’inséparable, le Meikyû quittait dorénavant l’ombre de sa solitude pour oser là où plusieurs n’osaient. Se saisissant dès lors de son désir le plus sincère, sa main défiait dorénavant les lois de la nature, s’appropriant son soleil dans tout son éclat.

-Affrontons les ensembles dans ce cas

Car l’ombre n’existait pas vraiment sans sa lumière au même titre que les astres brillaient de tout leur feu par les ténèbres octroyées par l’espace. De la même manière que Raizen connaissait les astres sous lesquels brillait Sharrkan, de la même manière celui-ci connaissait les ténèbres qui gravitaient autour de l’homme aux mille sceaux et secrets.

-Les motifs pour lesquels je combat ont toujours été très intrinsèques. Sans pour autant être totalement altruiste, j’ai toujours fait ce qui me semblait convenable en fonction de ce que je désirais.

Marquant une pause alors qu’il murmurait ses quelques paroles, il ajouta :

-Aujourd’hui, j’ai maintenant une raison de combattre qui dépasse la sphère de contrôle que j’ai habituellement et je suis content que tu en sois la fondation ou plutôt mon partenaire…

Souriant, à son partenaire en crime, il ne pouvait s’empêcher d’accentuer ce moment de tension en communiquant par ses gestes, parfois par ses paroles, parfois par des regards, mais toujours à travers son âme.

Criminel sous bien des aspects, Raizen se donnait un motif qui dépassait celui de l’étiquette que plusieurs lui attribuaient.

Complice, sa main gauche vint dès lors chercher celle de Sharrkan alors que ses doigts glissaient gentiment entre les siens. L’embarquant ainsi dans une valse qui avait tous les attraits du chaos naissant, il le renversa calmement sur le côté alors qu’il prenait l’ascendant, le tenant deux fois plutôt qu’une.

The words are falling out
This air is getting so thin
Go down, go down, go down


Dans cette chute contrôlée, seule la confiance immuable demeurait alors qu’il approchait son faciès pour faire de nouveau face à celui qui avait volé son souffle de vie.

You've taken my breath from me
Now I want to breathe


-Écrivons le reste de cette histoire ensemble…

So let’s breath chaos together
As from chaos is born everything
Which makes you and I now, us


-Notre histoire...

Ouvrant un nouveau chapitre dans le livre de la vie, seul un canevas vide les attendait d’une plume dont leurs mains communes étaient l’auteur. Cette histoire était intitulée…
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Sharrkan
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Jeu 12 Jan 2023 - 3:44

Conjurant par le regard, réclamant par le toucher, suppliant par la pensée - réprimant ses désirs, l'argenté n'osait pas franchir ces minuscules derniers centimètres qui privaient leurs lèvres de contact. Se délectant, malgré tout, de la douce torture qu'il s'imposait. Il avait fait le premier pas ce soir, alors il laisserait Raizen faire le dernier ;

Détruire l'infini qui les séparaient.

Si près, que le souffle du Meikyû caressait ses lèvres à chacune de ses expirations - comme une promesse, le fantôme d'un baiser encore non survenu, imitant l'étreinte sans la brûlure.

A fool fated to fall and burn.

Restait à savoir qui se soumettrait en premier à l'appel du vide ; qui serait le premier à faire le saut de l'ange, prêt à tout sacrifier pour toucher le soleil.

Even on wings of wax, I would fly towards you.

Desiderata similaires, Raizen fut le premier à céder son âme à la flamme, mettant un point final à l'agonie qui les tourmentait tout deux, brisant enfin la fine couche de verre qui les retenait prisonniers.

Derrière la tendresse et la douceur du geste se cachait un certain sentiment d'urgence, d'impatience réciproque. Derrière la retenue imposée pour ne pas effrayer l'autre, se pressentait un léger degré de fébrilité, de fièvre ; d'avidité.

Ils se quittaient l'espace d'une respiration, d'une parole murmurée contre les lèvres de l'autre, cherchant à rattraper les secondes qu'ils avaient manquées jusqu'à ce moment. Aimantés, il semblait que rompre le contact était une possibilité trop douloureuse pour être envisagée.

Consumant, consumé, l'argenté se laissa entraîner dans la valse que voulait mener le Meikyû. Main droite prisonnière, il ne lui restait que la gauche pour ne pas perdre l'équilibre, pour ne pas sombrer de façon propre comme figurée ; la plaçant derrière la nuque du Maître des Sceaux, l'attirant un peu plus encore dans sa direction.

Posant son front contre le sien, plutôt que ses lèvres, Sharrkan afficha un sourire joueur - obligeant Raizen à patienter, l'empêchant de prendre ce qu'il était venu chercher.

« Il me semble que tu as changé d'avis sur mes aptitudes... Non ? »

Malgré la nuit et la pénombre, l'hybride n'avait aucune peine à plonger dans les prunelles dorées qui le fixaient avec une intensité nouvelle, sachant pertinemment qu'il n'aurait pas la capacité de lui résister très longtemps.
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Lun 30 Jan 2023 - 3:10

Plongeant dans le moment, la chute était inévitable alors que son corps battait au rythme de l’appréhension et de l’excitation. Comme deux anges déchus, leurs ailes n'étaient plus, plongeant ainsi dans les abîmes du moment.

Se faisant consumer et dévorer par la promesse du moment, l’entrée en enfer se manifestait par une torture provenant des lippes de l’argenté. Se faisant soudainement distante, elle marquait l’instant d’un doux euphémisme. À l’instant, seul le rictus nacré du maître des sceaux faisait écho aux ailes de cire que semblait momentanément avoir déployées l’onyx.

Le torturant ainsi dans cet ultime et unique moment, ce soudain revirement de situation était aussi déstabilisant qu’entrainant…

Magnétisant, si ses mots avaient pour but de renverser le pouvoir, l’argenté savait pourtant que Raizen avait plus d’un tour dans son sac et surtout, il avait toujours le dernier mot…

-Tiens, je croyais que tu pensais avoir trop bu et oublierais cette discussion.

Lui servant le prélude de l’idée qui venait de lui traverser l’esprit, à son tour, Raizen comptait lui offrir un échantillon de sa propre médecine :

-Peut-être avais-je trop bu et ne pensais pas ce que je disais…

S’approchant ensuite de son oreille , il susurra quelques mots :

-Mais j’étais encore suffisamment lucide pour préciser que cela ne comptait que pour Kaze…

Détruisant par le fait même les égides de cires, la chute freinée fut aussitôt rattrapée alors qu’il s’approchait pour sceller sa réplique :

-Dans tous les cas, je ne pouvais pas vraiment juger la dernière fois non? Par contre, je pense bien que ce soit dorénavant le bon moment même si dans les faits…

Il n'avait jamais douté des compétences de Sharrkan à ce sujet. Pourtant, il se contenta de sourire à nouveau, terminant sa phase:

-Personne ne peut vraiment nous juger.

Not even Gods
Nor Us
Because we are now chaos from which there are no rules


Comblant la mince distance qui les séparait alors que leur souffle commençait respectivement à se mélanger à nouveau, Raizen posa une douce morsure à ses lèvres, rompant la moindre distance, retenue et la moindre chaîne. Or, malgré ce geste passionnel, le plus important du message était visible dans ses prunelles dorées magnétisantes qui laissaient transparaître une promesse :

May our chaos burn
‘Til Eternity…



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Sam 18 Fév 2023 - 18:41
S'il fallait plusieurs verres de liqueur pour faire perdre au fauve son sens de la répartie, il en était de même pour quelques chastes baisers - aussi enflammés soient-ils.

« Cela veut dire que tu me dis des choses méchantes quand tu penses que je ne m'en souviendrais pas ? »

Retrouvant contenance, c'est en étirant un large sourire que Sharrkan répondit du tac au tac. La joute verbale était le sport de prédilection des deux Kazejins, peu importe la situation semblait-il. Et même si la bataille était de loin plus intéressante et plaisante que la victoire elle-même, aucun des deux n'était prêt à baisser sa garde ; contrastant considérablement avec leur gestuelle, qui elle, les laissait exposer et explorer leurs faiblesses.

« Oh, tu as l'alcool mauvais ? Je suppose que c'est bon à savoir maintenant... »

Usant de ses charmes, l'hybride était même prêt aux coups bas pour obtenir ce qu'il souhaitait. Libérant sa main droite, il remonta le bras de Raizen avec une caresse. Voix suave et paupières mi-closes, il regagna l'ascendant sur son adversaire.

« Personnellement, l'alcool me rend plutôt... audacieux. Et étrangement, j'ai l'impression d'avoir déjà descendu quelques verres, mon esprit est embrumé... »

Finissant sa phrase dans un murmure, l'argenté fut surpris de sentir une morsure saisir sa lèvre inférieure. Que ce fut pour le faire taire après avoir poussé sa taquinerie trop loin, ou pour réclamer l'accès à un baiser plus intense encore, les dents du Maître des Sceaux firent ployer Sharrkan à leur volonté. Le son qui s'échappa de ses lèvres meurtries, à son insu, fut suffisant pour laisser son auteur embarrassé.

Lançant un regard accusateur au coupable, sourcils froncés et joues empourprées, le fauve rétorqua.

« Tu joues un jeu dangereux, Meikyû Raizen. »

Sa main gauche n'ayant pas bougé de la nuque du Kazejin, les doigts de l'argenté glissèrent entre les mèches de cheveux bruns, jouant subtilement avec les terminaisons nerveuses du cuir chevelu de Raizen. Il remonta jusqu'à l'arrière de son crâne ; où sa prise se fit soudainement plus ferme. Agrippant ses cheveux par leurs racines dans une poigne ferme, c'est pourtant avec délicatesse qu'il obligea le Raikage à basculer sa tête en arrière.

Néanmoins, à cause de quelques malheureux centimètres, Sharrkan fut obligé de se hisser sur la pointe des pieds pour pouvoir rester à hauteur de son visage. Accentuant, par la force des choses, la pression de son corps sur le sien. Autorisant faiblement le contact avec ses lèvres, c'est tout contre qu'il murmura :

« Ne commence pas ce que tu ne peux pas finir. »

Avertissement ou défi, il laissait le soin au Meikyû d'en déterminer la signification. Sa bouche glissa sur sa mâchoire, en définissant les contours par des baisers - avant de descendre dans son cou.

« N'oublie pas que mes canines sont plus aiguisées que les tiennes... »

Les dents de l'argenté effleurèrent la pomme d'Adam de Raizen, avant de se presser avec un peu plus d'impatience contre la zone tendre du muscle...
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Lun 6 Mar 2023 - 6:51

Transcendé par les éclairs d’une rivalité naissante, le rythme cardiaque du maître des sceaux s’accélérait au fur et à mesure que le fauve l’amenait dans une danse aussi enflammée qu’endiablée.

Diablotin de la tentation, l’homme au terme hâlé manipulait aussi bien les mots que la gestuelle. Accompagnant chacune de ses paroles par une provocation digne de ce nom, chaque fois, le Meikyû ne pouvait s’empêcher de voir son rictus s’accroître peu à peu.

Ayant trouvé chaussure à son pied, chaque fibre de sa chevelure vivait le moment à répétition, comme si chaque parcelle de son corps vibrait sous cet appel au défi.

Le laissant ainsi prendre l’ascendant sans étrangement témoigner de la moindre résistance, son cou pourtant musclé semblait inviter les canines dangereuses du Sharrkan aux mots joueurs. Absent de toute crainte, voire complice des méfaits perpétrés à son égard, seul un sourire accompagné de quelques mots vint briser cette dynamique.

Enivré sans une seule parcelle d’alcool, l’aura du Meikyu semblait se nourrir de cette soudaine défiance. Admirateur participant, l’auteur du moment avait été temporairement prisonnier de sa propre histoire, mais uniquement pour mieux écrire la suite alors que de sa plume aiguisée, les lippes du Meikyu annonçaient calmement le nom du second chapitre :

-Do not bite more than you can chew…

Terminant ses quelques paroles alors que la musculature de son cou semblait soudainement s’être raidie, celle-ci faisait soudainement pression contre les canines aiguisées de l’argenté. Frôlant la blessure, c’est dans cet instant d’hésitation que sa main se fraya un chemin. Parcourant calmement les muscles saillants de son partenaire. D’une douceur meurtrière, sa main se retrouva calmement sur sa poitrine, rompant temporairement leur proximité d’un retour brutal à la réalité, mais temporaire.

-À ce rythme, on est clairement au-delà de l’audace, on parlerait plutôt de défiance…

Délaissant soudainement son buste alors qu’il s’y était clairement arrêté pour y lire son rythme cardiaque, Raizen brisait morceau par morceau l’élan de courage par lequel le fauve s’était permis de tenter de le renverser. Remontant sa main jusqu’à son cou, contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre, il s’arrêta plutôt à sa mâchoire, le tournant d’un angle lui permettant de garantir un contact visuel plus soutenu avec lui.

Douce, mais présente, sa poigne n’avait rien d’encombrante. Représentation d’une eau dormante, il attirait soigneusement le regard de l’audacieux vers un sourire complice : celui du maître de la situation.

-Tu parles trop, Sharrkan.


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Ven 24 Mar 2023 - 1:41






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Jeu 20 Avr 2023 - 6:54



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Lun 8 Mai 2023 - 2:31




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Lun 22 Mai 2023 - 0:00


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Sam 3 Juin 2023 - 0:29




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Lun 19 Juin 2023 - 0:52





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Dim 25 Juin 2023 - 1:20




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