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Aller au chevet des malades [Aditya]

Hotaru
Hotaru

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Dim 8 Déc 2019 - 16:50

Le bâtiment était imposant, et terrifiant par certains aspects. Toute cette masse, qui n'accueillait que des malades et des morts en puissance ... C'était effrayant, surtout pour celui qui n'avait jamais connu que la médecine traditionnelle et les maux que l'on n'expliquait que par la magie et l'âge, et jamais en termes vraiment rationnels. C'était le cas de Hotaru. Dans son village natal, jamais on n'aurait cherché à s'interroger sur le corps humain, à en comprendre le fonctionnement et à en étudier les mécanismes de façon à les réparer efficacement quand l'un d'eux venait à flancher. A la place, on se contentait d'administrer des herbes, des potions, des cataplasmes qui, s'ils se révélaient parfois efficaces, restaient cependant impuissants la plupart du temps face aux maux les plus graves. Rien de comparable, donc, à de la vraie médecine telle qu'elle pouvait être pratiquée entre les murs de l'hôpital de Kiri.

Qu'est-ce qui l'avait poussé à venir là ? Une certaine curiosité vis-à-vis d'une discipline qu'il ne connaissait pas, sans doute, et qui l'intéressait peut être plus que toute autre. Grand amoureux de la raison, se plaisant à adopter une attitude que l'on aurait pu qualifier de grossièrement philosophique, Hotaru ne pouvait que s'intéresser à la médecine. C'était, après tout, dans ses fondements les plus basiques et lorsqu'elle était bien pratiquée, la discipline parfaite pour allier raisonnement et pratique. Or, s'il se plaisait à la réflexion, Hotaru regrettait trop souvent qu'elle ne s'applique pas dans des situations concrètes. Il se demandait même parfois si toutes ces pensées qui se bousculaient en désordre dans son esprit n'étaient finalement pas vaines, et si l'empirisme n'était pas le pivot sur lequel tout devait reposer.

Il était donc venu pour se persuader du contraire. Ou plutôt, pour trouver une voie médiane. Raison et expérience pouvaient s'allier, de ça il était convaincu. Même, il était certain qu'elles se complétaient et se nourrissaient l'une et l'autre à la perfection, si on les équilibrait correctement. Apprendre à soigner les maladies au contact des patients, leur administrer de vrais remèdes, et pas ces fariboles superstitieuses qu'il avait vu tant de vieilles femmes manipuler avec un respect qui frôlait la religiosité, et qui n'en était que plus ridicule. Voilà ce qui l'intéressait.

Et puis, il avait entendu parler d'une forme de médecine tout à fait propre aux shinobis, à ceux qui savaient manipuler leur chakra. Cela aussi l'intriguait, et le rendait avide, d'un certain côté. Il se rêvait déjà en guérisseur universel des maux, en docteur de la terre. Un pouvoir bien pratique, et qui contrebalancerait parfaitement celui qui lui avait été donné par naissance, destructeur absolu, et qu'il n'aimait pas tant. Il était de ceux qui préféraient la construction à la destruction, la guérison à l'abandon. Même s'il savait faire usage de ses pouvoirs lorsque la situation l'exigeait ...

Toutes ces pensées avaient germé dans son esprit au fil de ses voyages à travers l'archipel, avant qu'il arrive à Kiri. Il les avait enrichies de quelques lectures sommaires, qui lui avaient permis de s'éveiller très superficiellement à l'art de la médecine, ou en tout cas de titiller son esprit. Il en était là, à présent. Baignant dans un environnement de saine émulation dans les rangs des shinobis de la Brume, vivant dans une cité qui semblait offrir tout le confort nécessaire à l'apprentissage de n'importe quelle science, qu'elle soit martiale ou annexe, il avait les cartes en main pour se lancer dans l'élargissement de ses compétences qu'il avait toujours souhaité.

Et la visite de l'hôpital lui semblait être une étape incontournable car, si la théorie avait attisé son désir, il s'agirait de faire face à la pratique pour voir si elle ne le rebuterait pas. Il pénétra dans l'hôpital, légèrement anxieux à l'idée de ce qu'il pourrait y trouver.

On ne l'arrêta pas quand il s'aventura, l'air un peu hésitant, vers les couloirs qui menaient aux chambres. Lui-même ne savait pas trop s'il avait le droit d'y aller, mais comme personne ne le lui interdit, il ne se brida pas. Il jetait des coups d'oeil discrets dans les chambres dont les portes restaient entrouvertes, passait sans rien tenter devant les portes fermées. Il était discret surtout par égard pour les blessés, dont il s'imaginait bien qu'ils n'aimeraient pas se voir observés comme des bêtes curieuses. Le dégoût qu'il craignait d'éprouver à la vue des différents maux qui s'étalaient sous ses yeux ne se manifesta pas aussi intensément qu'il l'aurait cru. Même, il s'étonna à déceler en lui une certaine fascination pour ces corps brisés, malmenés, étranges.

Il s'arrêta soudain devant la porte entrebâillée d'une chambre au bout du couloir. Il avait eu un choc en croyant reconnaître la personne qui l'occupait. Allongée sur son lit, ses longs cheveux de feu coulant le long de son corps comme une rivière de sang, une jeune femme à la beauté saisissante semblait plongée dans un profond sommeil. Hotaru devina qu'elle n'était pas morte, car sa couverture se soulevait lentement, au rythme de ses respirations. Il hésita un instant, puis, après s'être assuré que personne n'arrivait dans le couloir, il entra dans la chambre.

Il ne savait pas pourquoi il avait le sentiment de la connaître. Il ne lui avait jamais parlé, de ça il était certain. Il n'aurait certainement pas oublié une conversation avec une femme au visage si mémorable. Même endormie, elle était remarquablement belle. Un bandeau frappé aux armes du village était posé sur sa table de chevet. Une collègue ? Sans doute. Au bout du lit était accroché ce qui semblait être un relevé d'informations, sans doute établi par un guérisseur de l'hôpital. Hotaru le parcourut rapidement des yeux, à la recherche d'un nom. Il sourit légèrement lorsqu'il le trouva.

"Date Junko ..."

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Aditya
Aditya

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Dim 29 Déc 2019 - 16:29
Une goutte de sueur longea les traits concentrés d’Aditya, dont les mains s’afféraient à bander avec attention les plaies du jeune homme en face de lui, énième victime de l’effondrement d’une bâtisse en reconstruction, quelques heures plus tôt. La pulpe de son index glissait légèrement sur la peau de son bras frayé de divers tissus blanchâtres, égaux à celui qu’il venait de nouer. Une frêle aura bleutée vint s’emparer du bout de chacun de ses doigts alors qu’ils traçaient les contours illusoires d’un cercle parfait, suivant la rotation de son poignet ; un canevas qui sembla se complexifier au fur et à mesure de son ouvrage, jusqu’à ce qu’il ne prenne l’apparence d’un sceau duquel s’échappait la même aura, à la fois rassurante et chaleureuse.

Sa paume se pressa contre son genou, le poussant à se relever avec une aisance certaine malgré la fatigue languissante qui s’épreignait peu à peu de ses muscles, au fur et à mesure que les fuinjutsu qu’il avait tracé sur ses blessés ne réclament le chakra qui leur était du. Chacun puiserait dans ses réserves petit à petit jusqu’à ce qu’ils ne soient d’aucune utilité à leur porteur ; à ce moment-là, ils seraient remplacés, apposés sur d’autres plaies mourantes jusqu’à ce qu’il ne puisse le supporter. Chaque Irounin procédait ainsi en moment de crise, lorsqu’ils ne pouvaient se permettre de demeurer assez de temps auprès des malades alors que d’autres tambourinaient aux portes de l’hôpital. Pendant ces secondes glanées, il pourrait panser des plaies plus superficielles et guérir des patients dont les blessures n’engageaient ni leur vie, ni la perte de l’un de leurs membres. Une pratique efficace, en théorie.

Son regard, couvert d’un linceul d’épuisement, croisa celui d’Ogai, désormais plus proche d’un égal que le mentor qu’il était pour lui autrefois. Ils n’avaient pas besoin de mots pour s’accorder sur leurs pensées ; cette journée serait longue, elle aussi. L’effondrement du bâtiment n’était pas le seul pépin dont ils devraient s’inquiéter.

Les portes du bâtiment s'ouvrirent dans une cacophonie sourde, rapidement suivie d'éclats de voix affolés. Aditya vit la silhouette d'Ōgai se presser au cœur de la foule, sa démarche éternellement parée du sang froid qui l'habitait en tout temps. Le blond s'accorda un instant d'accalmie et délaissa un soupir. L'une de ses manches se glissa sous les mèches qui couvraient son front de leurs dorures, épongeant la fine couche de sueur froide qui s'y était déposée plus tôt. Son regard parcourut l'assemblée qui venait de recevoir ses soins, tentant de cerner un quelconque oubli qu'ils auraient laissé derrière eux... jusqu'à ce qu'une voix familière ne parvienne à ses oreilles, étouffée, sifflante. La peur teinta ses iris de ses couleurs miroitantes et son corps pivota de lui-même vers l'entrée de l'hôpital jusqu'à ce que ses yeux ne se posent sur la chevelure rougeoyante de leur détentrice... et sur le sang qui tâchait ses vêtements en abondance, bien trop présent pour qu'il ne soit celui d'un autre.

« Ne me touchez pas ! », gronda-t-elle dès l'instant où l'Irounin posa sa main sur son épaule.

À son tour, l'ascèse referma la distance qui les séparait aussi vite qu'il le put, ne la lâchant du regard que pour adresser une œillade entendue à Ōgai sur le chemin.

« Je m'en occupe.
Ne force pas trop. »

Après un bref hochement de tête, ses bras entourèrent enfin le corps de Junko, la pressant tout contre lui alors qu’il sentait ses jambes se dérober sous son poids, comme si elle s’abandonnait dans son étreinte à l’image d’un naufragé ayant enfin retrouvé son ancrage. L’une de ses mains vint soutenir sa taille tandis qu'il laissait son buste se nicher dans le cocon que formait son bras. L'odeur âpre du sang emplit ses narines, lui rappelant sans cesse à quel point ses vêtements, d'ordinaire aussi flamboyant qu'elle, pouvaient être poisseux désormais, couverts d'une hémoglobine qui tâchait son sari à son tour.

« Je croyais que tu étais en mission au Palais...
On n'était pas les seuls sur le coup. »

Son regard se glissa au-delà de l’ombre de sa nuque, l’effleurant de quelques mèches blondes échappées de leur étau de tissu tandis qu’il guidait tendrement son visage contre lui, ses doigts entremêlés dans ses brins ardents. Ses paupières se plissèrent lorsque la courbe de son dos se déroba devant ses yeux, tentée de la même carnation pourpre qui trônait en maître sur son abdomen. Sa joue se glissa affectueusement contre la sienne pour murmurer quelques mots rassurants à son oreille alors que sa main quittait sa taille pour se presser contre la blessure sanguinolente qui perçait son échine. Sans tarder, elle y dessina les mêmes arabesques illusoires que plus tôt, parée d'une aura éthérée. Tu es en sécurité maintenant…

L'espace d'une seconde, Aditya sentit à son tour ses jambes se dérober sous le joug de la fatigue, d’autant plus renforcée par cet énième sceau auquel il avait alloué bien plus de chakra qu’à l’ordinaire. Son pied glissa sur le sol pour lui apporter l’appuis qu’il lui manquait alors qu'il se redressait légèrement. Une main s’était fermement emparée de son bras qui soutenait la jeune femme lors de sa chute ; Ōgai, encore une fois, qui lui adressait un regard entendu. L'air qui trônait sur le visage de l'ascèse s'apaisa lorsqu'il sentit que par ce geste, l'Irounin lui faisait don d'un peu de chakra pour le maintenir à flot. Alors, au travers des respirations erratiques de Junko, il lui adressa un sourire faible, mais profondément reconnaissant. Il avait visiblement compris qu'elle comptait à ses yeux et qu'il ne pourrait s'en défaire que lorsqu'elle serait saine et sauve, à raison.

« L'une des chambres doit être libre, emmène-la là-bas.
Merci. »

Sans tarder, il glissa l'un de ses bras sous ses genoux et la hissa à hauteur de son buste. Après qu'il ne se soit assuré qu'il n’aggravait en rien sa blessure en la tenant ainsi contre lui, ses pas fendirent le capharnaüm sourd qui tapissaient les murs de l'hôpital, au fur et à mesure qu'il s'enfonçait au cœur dans ces corridors familiers.


[...]


Plusieurs minutes s'étaient écoulées depuis qu'ils n'étaient tous deux entrer dans cette chambre vide, où le calme régnait encore malgré la cacophonie extérieure. Seules les respirations lourdes de la jeune femme perçaient le silence que tous deux avaient établis sans se concerter. La paume du blond demeurait apposée au-dessus du plexus solaire de la rougeoyante, englobée de ces lueurs tirant sur l’émeraude propres à l’Iroujutsu, refermant petit à petit les plaies qui fendaient son corps. Son regard remonta jusqu’à ses traits lors d’une œillade passagère, désormais dépourvu d'inquiétude.

« Comment te sens-tu ?
Sentir ses chairs se refermer est loin d’être agréable... mais je préfère ça à la sensation de les sentir se déchirer.
Tant mieux. »

Sa main quitta son abdomen quelques secondes avant que son corps de soulage le lit de son poids pour empoigner un carcan d’eau froide laissé à la disposition des malades, où trônait un linceul blanc usé par le temps. Ses doigts se pressèrent autour du tissu, tâchant d’en retirer le surplus d’eau qui l’imprégnait encore avant de revenir s’asseoir à ses côtés. Un sourire affectueux fendit ses lèvres lorsqu'il l'entendit délaisser un soupir de soulagement dès qu'il n'eut déposé le linge sur son front fiévreux.

« La fièvre devrait rester jusqu’à ce que ta blessure ne soit complètement soignée et que ton organisme n'ait assimilé l’information. D’ici là, essaye de te reposer. Tu en as besoin. »

Sans lui laisser l’occasion de répliquer qu’elle n’avait nul besoin de ce genre de choses, l’ascèse pressa ses lèvres contre le tissu recouvrant son front avant de se redresser à nouveau. Un simple coup d’œil vers elle le rassura quant à l’activité du sceau.

« Je ne serai pas loin.
Mhh.

Ce fut la seule réponse qu’il obtenu d’elle avant qu’elle ne se niche entre ses draps en lui tournant le dos ; un geste dont il ne se formalisa pas. L’expérience des combats en tant que gladiatrice lui avait inculquée de ne pas présenter un buste fragile à l’orée d’une porte laissée entrouverte, en cas d’attaque surprise. Elle aurait plus de temps pour réagir, moins pour s’inquiéter de ses blessures. Alors, avant de la quitter une nouvelle fois pour la laisser aux bras de Morphée, Aditya tâcha de remonter la couverture chaude qui recouvrait le lit jusqu’à ses épaules, afin que son organisme en repos n’use pas plus d’énergie à la réchauffer qu’il ne devrait en allouer à la remettre sur pied.

Finalement, ses pas firent échos au silence qu’il laissa derrière lui, éphémères et discrets.


[...]


Lorsqu'il revint au sein de cette chambre d'hôpital quelques temps plus tard, la cadence de sa marche fut bien plus lourde, bien qu'assurée. Ses sourcils se froncèrent avec fermeté lorsqu'il discerna une silhouette qui lui était tout à fait étrangère à l'intérieur de ces murs. Des cheveux de geai frôlant ses épaules, un corps longiligne et une voix sourde qui ne pouvait être que celle d'un homme qui lui demeurait inconnue, tant à lui qu'à l'ordre des médecins de Kiri, s'il en jugeait son accoutrement. Ses doigts se refermèrent sur la poignée de la porte qu'il entrouvrit d'avantage avant de le rejoindre, ne se stoppant que lorsqu'il fut à quelques enjambées de lui, dans son dos.

« Je peux savoir ce que vous êtes en train de faire ? », demanda-t-il d'une voix ferme, bien qu'elle ne laisse transparaître ni menace, ni délicatesse.

Aditya fendit la distance qui les séparait avec patience, remontant la manche de son sari encore tâché du sang de la jeune femme. Entre ses soins et son retour aux patients de plus tôt, il n'avait pas eu le loisir de se changer ; après tout, il était loin de se douter qu'il ferait là une rencontre nouvelle. Pour l'heure, tout ce qui l'intéressait était de savoir pour quelle raison cet étranger se tenait là... d'autant plus dans une chambre où reposait l'une des kunoichi envoyée en mission au Palais du Daimyo de l'Eau.

S'il avait de mauvaises intentions la concernant, l'homme ne pouvait avoir choisi pire moment ; l'ascèse ne lui laisserait pas toucher un seul de ses cheveux. Mais il était tout autant disposé à se montrer avenant envers lui, dans le cas où ses soupçons l'auraient induit en erreur.

Junko, en revanche, ne ferait pas preuve de la même clémence, à en juger par le regard acerbe qu'elle lança à leur vis-à-vis.




Dernière édition par Aditya le Ven 3 Jan 2020 - 19:07, édité 1 fois
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Hotaru
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Dim 29 Déc 2019 - 17:20

Hotaru se retourna brusquement, et alors il comprit. Il comprit pourquoi il avait eu l'impression de reconnaître la jeune fille allongée sur le lit. Il l'avait déjà vue. De même que cet homme élégant, aux longs cheveux d'or, qui venait d'entrer dans la chambre. C'était un soir d'été, ou une nuit. Lui se promenait sur les toits de Kiri. Il venait d'arriver, tout juste, et quel meilleur moyen de découvrir une nouvelle ville que depuis les hauteurs ? C'était là qu'il les avait vus, tendrement enlacés. Une étreinte comme celle-là ne pouvait tromper personne. Hotaru avait déjà vu l'amour, et l'avait côtoyé de près. Il savait à quoi il ressemblait, même quand il était naissant.

Junko était réveillée, et le regard qu'elle lui lançait n'était pas des plus sympathiques. Mais elle était belle, peut être plus encore quand elle était furieuse que lorsqu'elle dormait. Hotaru se retrouvait encerclé par les deux amants, et il réalisa seulement que la situation n'était pas à son avantage. Même, qu'elle était équivoque. Il se para donc de son habituel sourire léger et bienveillant, et s'efforça de clarifier le doute qui planait dans la chambrette:

"Pardonnez mon intrusion. Je n'avais aucune mauvaise intention. Bien sûr, je vous dirais la même chose si j'en avais eu. Simplement ... J'avais cru vous reconnaître dans l'entrebâillement de la porte."

Il s'était adressé à Junko, qui était tout de même la première concernée quand il s'agissait de sa propre sécurité. Elle haussa un sourcil, avec tout le dédain du monde, et lui répondit d'un ton sec:

"Et alors ? Vous avez réussi à décider si vous me connaissez ou non ?"

Hotaru tiqua, mais ne se départit pas de son sourire. Cette jeune fille semblait particulièrement vive quand il s'agissait de se piquer.

"Non, j'ai dû me tromper. Toutes mes excuses ..."

Le mensonge valait mieux. Il n'aurait fait qu'embarrasser ces deux-là, et lui-même par la même occasion, s'il avait dit la vérité. Il ne voulait pas interrompre un moment d'intimité qu'il imaginait tendre, aussi décida-t-il de s'éclipser. Mais il ne put s'empêcher de remarquer la tenue maculée de sang de l'homme qui venait de rentrer dans la chambre. Ce devait être un médecin de l'hôpital. Un frisson parcourut l'échine de Hotaru. Pas un frisson d'horreur, mais un frisson d'excitation. Ne tenait-il pas une occasion d'appréhender le monde de la médecine, par l'un de ses représentants ?

"Il vaut mieux que je m'éclipse. Mais je peux peut être prêter main forte, quelque part ? J'ai cru comprendre que l'hôpital était assez occupé. Et après tout ..."

D'un geste, il tira de sa poche son bandeau de shinobi frappé aux armes de Kiri, encore flambant neuf, et le noua à son bras gauche.

"C'est mon métier d'aider les gens."

Ces deux-là étaient aussi des soldats de Kiri, c'était évident. Des collègues, donc. Plus encore que ce qu'Hotaru pouvait imaginer. Il sourit à Aditya.

"Je m'appelle Hotaru. Je suis à votre disposition."

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Aditya
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Ven 3 Jan 2020 - 19:01
Le regard d’Aditya oscilla entre la silhouette de Junko et celle de l’inconnu tandis que leur échange subsistait, n’osant dire un mot. Pour l’heure, il se cantonnerait au silence et laisserait son attention glisser sur les paroles du jeune homme. La surprise qui avait empourpré son visage l’espace d’une seconde s’était absoute sous le flot de ses dires, remplacée par la bienveillance légère qui planait sur ses lèvres. Il manqua de fendre un sourire lorsque la répartie cinglante de l’écarlate remémora en lui bien d'autres moments équivoques ; pour une fois, il fut soulagé que sa colère ne soit pas dirigée envers lui. L’expérience lui avait appris à ne pas jouer les téméraires en sa compagnie lors d’instants comme celui-ci. Une chose était sûre, l’ébène apprendrait la même leçon aujourd’hui.

Ses iris éthérées retracèrent la courbe de son regard lorsqu’il le vit s’étendre sur sa silhouette et rouler sur ses vêtements, révélant à ses yeux avertis les tâches sanguines qui y trônaient encore. Était-ce la première fois qu'il était témoin d'une telle chose, ou était-il simplement décontenancé en réalisant qu'il appartenait aux ordres médicaux du village, malgré son apparence singulière ? Avant même qu'il ne puisse y trouver une réponse, toutes ses pensées et questionnements furent éclipsés par l'éclat métallique du bandeau enroulé autour de ces doigts fins, brandis avec une familiarité certaine. C'était là la seconde fois qu'on lui présentait les armoiries de la Brume lors d'une première rencontre. Pourtant, il pouvait sentir qu'à la différence de la rougeoyante, son vis-à-vis n'éprouvait aucune animosité à son égard, peut-être même un peu de fierté.

Ses pupilles s'écarquillèrent avec douceur lorsqu'il l'entendit se présenter sous le nom d'Hotaru, comme si un souvenir cherchait à s'éveiller à nouveau à sa conscience. L'espace d'un instant, les réminiscences des minutes passées sur le toit de cette maison close lui revinrent en mémoire. Décidément, lorsqu'il lui était donné l'occasion de rencontrer ses futurs élèves, il s'agissait toujours d'une manière aussi étrange l'une que les autres. Un soupir s'échappa de ses lèvres alors qu'il portait ses doigts dans le creux de sa nuque, enroulant autour de l'un d'eux le tissu qui les retenaient lâchement attachés.

« Hotaru, c'est bien ça ?, demanda-t-il en faisant glisser la bandelette, libérant les brins d'or enchevêtrés sans plus de cérémonie.
Tu le connais ?
Plus ou moins., répondit-il en replaçant son attention sur le brun. Entrer dans la chambre d'un patient en dehors des opportunités de visite, quel-qu’en soit la raison de cette curiosité qui vous aie poussé à le faire, n'est jamais une bonne idée. La plupart ont besoin de repos. Si vous tenez à apporter votre aide, elle serait la bienvenue. Cependant, j'aimerai tout autant que cette discussion se tienne en dehors de cette chambre, étant donné qu'elle doit récupérer de ses blessures. »

Son regard s'attarda sur la silhouette de Junko ; il fut soulagé, en un sens, de constater que la tension qui s'était éprise de ses épaules semblait s'être effacée au profit d'une incompréhension certaine. Pendant plusieurs secondes, l'ascèse se mura dans un silence insondable alors même que son attention était revenue se loger sur leur vis-à-vis commun, se contentant de détailler ses traits dans un silence rassurant. Quelques années devaient les séparer, peut-être moins s'il en jugeait la jeunesse équivoque qui marquait son visage et l'air chaleureux qui l'accompagnait, désireux d'aider son prochain. Ses bras vinrent se croiser sur son torse alors que ses paupières recouvrirent ses prunelles, l'espace d'un instant.

« Vous avez été assigné à l'équipe numéro quatre de la Brume, je ne me trompe pas ? », Aditya rouvrit ses yeux en glissant un geste en direction de la jeune femme, comme s'il souhaitait la présenter. « Il semblerait que je sois votre mentor désigné. Quant à Junko, il s'agit de votre co-équipière. »

Un soupir las fendit le silence qui suivit les paroles du blond. S'il se doutait que le souvenir de cette soirée d'été où il lui avait annoncé l'arrivée probables d'autres personnes au sein de leur escouade était aussi vivifiant pour elle qu'il ne l'était dans son esprit, il n'était pas aussi certain qu'elle apprécie cela pour autant.

« Magnifique. », lâcha-t-elle sur un ton des plus sarcastiques.




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Hotaru
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Ven 3 Jan 2020 - 19:24

La surprise n'était pas mal, dans son genre. Le hasard était parfois bien malin ... Hotaru laissa son regard passer d'Aditya à Junko, sans rien dire d'abord. La première pensée qui lui vint à l'esprit fut qu'il allait sans doute passer quelques moments à tenir la chandelle. Il se garda bien de faire quelque commentaire que ce soit à ce propos. Il croyait deviner que sa nouvelle coéquipière n'était pas exactement du genre à bien prendre les piques, même si elle n'était pas la dernière lorsqu'il s'agissait d'en jeter ... Et Aditya ... Eh bien, il valait sans doute mieux faire une bonne première impression. De toute façon, il aurait été lui-même très gêné de dire ce genre de chose, devant deux personnes qu'il ne connaissait même pas de surcroît.

Il se contenta donc d'un sourire, qui voulait tout dire et rien à la fois. Il s'inclina légèrement en direction d'Aditya, d'abord.

"Très heureux de faire votre connaissance. J'ai hâte de profiter de vos enseignements."

C'était vrai. Il venait de comprendre que, si Aditya était un médecin et son sensei, il avait tiré le gros lot. Il aurait le parfait mentor pour s'éveiller aux arts médicaux. La chance semblait le favoriser. Il se tourna ensuite vers Junko, et s'inclina à nouveau devant elle.

"Je m'en remets à vous pour me guider, alors."

La jeune femme arqua un sourcil.

"Si tu as besoin d'un guide, tu t'es trompé d'endroit, mon bonhomme. On apprend à se battre ici, pas à retrouver son chemin. Tu crois peut être que j'ai eu ça en me trompant de route ?"

Elle dévoila sa blessure fraîchement pansée en repoussant un pan de sa couverture. Hotaru ne frémit pas, et soutint la vision de la plaie.

"Non, bien sûr. Désolé ..."

Il eut droit pour toute réponse à un regard froid. Elle n'allait vraiment pas être commode, cette Junko. Mais il sourit néanmoins. S'il ne pouvait prétendre tout savoir des hommes, il savait cependant qu'une façade farouche ne dissimulait qu'un verso plus tendre. Les animaux faisaient pareil, après tout. Les chats feulaient devant l'inconnu, simplement parce qu'ils avaient peur.

Hotaru se retourna vers Aditya.

"Je vous remercie de me prendre sous votre aile. Je ferai en sorte de me montrer utile, et d'apprendre vite. D'ailleurs, si je peux aider à quelque chose ici ..."

Il renouvelait sa demande avec une pointe de timidité, car il n'était plus certain, à présent, de la tournure que prenait la discussion. L'avait-on vraiment chassé de la chambre, ou faisait-il maintenant parti des bienvenus au chevet de Junko ? A en juger par l'expression de la jeune femme, il aurait été bien présomptueux de penser que c'était le cas ...

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Ven 3 Jan 2020 - 21:12
Aditya observa l’échange pour le moins échauffé qui tenait place entre ses, désormais, deux élèves sans les interrompre à nouveau, préférant le silence aux dires vains. Junko était loin de se montrer aimable à son égard, comme ce à quoi il s’attendait de sa part. Obtenir sa confiance était un travail de longue haleine, et seul le temps pourrait juger si « Hotaru » pourrait s’en montrer digne. Les premiers entraînements en équipe s’annonçaient florissant si elle lui réservait la même arrogance que ses mots ne laissaient transparaître désormais, d’autant plus s’il se montrait aussi prévenant face à l’impact de ses mots au quotidien. Il avisa le jeune homme avec le même air posé avant de rejoindre à nouveau la discussion.

« Moi de même. », ses bras se délièrent pour laisser ses doigts frôler les contours sylvestres de la porte dans son dos. Sa voix se fit plus douce lorsqu’il perçu l’once de timidité qui avaient teinté les dernières paroles de l’éphèbe, comme s’il cherchait à le rassurer sur ses intentions. « Comme je l’ai dit, Junko a besoin de repos. Après toi., glissa-t-il en désignant le couloir d'un geste de la main.
J’apprécie ta sollicitude, mais supporter la présence de mon nouveau partenaire est tout à fait dans mes cordes. »

Le regard d’Aditya demeura quelques instants sur le visage de la demoiselle, avec cette même expression indéchiffrable qui y trônait d’ordinaire, à l’exception de l’ombre de tendresse qui balayait désormais ses iris. Lentement, il s’approcha d’elle sans pour autant s’asseoir à ses côtés ou la toucher ; l’attention qui berçait son attitude envers elle valait bien toute l’intimité du monde, quand bien même celle qu’il partageait n’allait pas au-delà d’une confiance partagée et d’une étreinte. Dans son langage, il s’agissait là de bien plus que d’autres ne s’accorderaient à porter à ce genre de choses. Il se contenta de se tenir à quelques pas d’elle, et de lui glisser quelques mots avant de rejoindre Hotaru au-delà de ces murs.

« Tu n’as rien à craindre de lui. Repose-toi, personne ne viendra t’importuner. »

Pendant un long moment, la rougeoyante soutint son regard, comme si elle y cherchait les traces d'un mensonge inexistant ou qu'elle jaugeait chacun de ses mots. Sans un mot, elle saisit à nouveau la couverture dont elle avait dépossédé sa silhouette de son confort et se glissa au sein de sa douceur, tournant à nouveau le dos à l'ascèse. Un sourire éphémère fendit ses lèvres, éclipsé par le bruit de ses pas qui enjoignaient la marche du brun.

Avec une délicatesse habituelle, le blond referma la porte après son passage, traçant du bout du doigt les détours d'un sceau sur le bois. Une fois cela fait, il se tourna vers l'intéressé en débutant sa marche le long de l'allée principale qui les mènerait à nouveau auprès des malades et estropiés.

« Je me nomme Aditya. Tu peux tout aussi bien me tutoyer si tu le veux, je n'y vois aucun inconvénient. », déclara-t-il en adressant un regard au-travers de certaines chambres afin de s'assurer qu'aucun patient ne manque de quoi que ce soit. « J'espère que rester ici ne te gênera pas, il me faut m'acquitter de mes devoirs envers l'hôpital pour le reste de l'après-midi. L'une des bâtisses en reconstruction s'est effondrée sur la place principale du village. Certains civils et charpentiers ont été blessés dans son effondrement, comme tu as du le remarquer en entrant ici. »

Quelques instants plus tard, l'ascèse pava leur chemin jusqu'à l'orée d'une pièce laissée ouverte à leur intention, où plusieurs silhouettes trônaient à l'intérieure ; celles d'un homme d'âge mur tenant une enfant semblant être à peine âgée d'onze ans entre ses bras, l'un d'eux semblant être fait de bois. Une vieillarde présidait à leur côtés, pressant un linge contre l'une de ses cuisses d'où dégoulinait quelques filets sanguins. Dès lors que le blond les rejoignis, son regard s'échoua sur le bras que l'enfant retenait entre ses doigts dont l'articulation semblait être disloquée, ses petits yeux bordés des couleurs chaleureuses que les larmes avaient laissées derrière elle. Il adressa un signe de tête respectueux à chacun d'entre eux, s'arma d'un des tabourets de bois qui trônaient près de l'entrée et s'assied sur l'un d'eux, face au lit où tous demeuraient assis.

« L'écoulement du sang s'est-il arrêté ?, demanda-t-il à la vieille femme.
Oui, on dirait... »

Aditya avisa Hotaru d'un regard.

« Sais-tu comment nettoyer une plaie ? Si tel est le cas, occupe-toi de la sienne, s'il te plaît. Si tu as des questions, n'hésites pas à les poser. », après cela, il reporta son attention sur le duo face à lui. « Qu'est-il arrivé à ta fille, Iōzen ?
Elle et sa grand-mère m'ont rendu visite sur le chantier avant qu'il ne s'effondre. Elle était en train de s'amuser avec d'autres enfants lorsque l'un de ses bras s'est retrouvé coincé sous une charpente. On a dû le soulever avec des bénévoles quand on s'en est rendu compte mais... ça a pris du temps. »

Le blond détailla les coupures diverses qui parsemaient le corps de l'adulte avant de recentrer son regard sur le bras de l'enfant.

« Je vois. Peux-tu la poser au sol ? »

Le dénommé Iōzen acquiesça, abaissant le corps de la fillette devant le blond, dont les quelques brins d'or ayant fait fi de la barrière de ses épaules vinrent chatouiller sa silhouette lorsqu'il se pencha vers elle, attentif. La paume de sa main vint courir sur sa peau boursouflée en veillant à ne pas lui causer plus de douleur qu'elle n'en avait déjà expérimenté. Son silence la poussa à s'exprimer, visiblement plus qu'inquiète pour l'état de son bras.

« Je vais avoir un bras en bois comme papa ? »

Aditya l'avisa une seconde, laissant fleurir un sourire rassurant sur ses lèvres.

« Pas nécessairement. Ton bras est cassé et l'articulation dessoudée, mais le chakra devrait suffire à lui seul pour lui rendre son état. Tourne-toi. », glissa-t-il en pivotant avec douceur le corps de l'enfant, de sorte à ce que son épaule lui fasse face.

Lentement, ses paumes se posèrent toutes deux sur le membre de l'enfant, et peu à peu, les prémices d'une aura émeraude s'emparèrent d'elles, miroitant d'autant plus la profondeur de sa couleur que la quantité de chakra qu'il allouait au soin n'augmentait, jusqu'à ce qu'elle n'enrobe son bras en totalité. Le blond avisa un coup d’œil vers Hotaru, brièvement.

« Comment s'en sort-il ? », demanda-t-il à l'attention de la vieillarde qu'il savait prône aux taquineries.



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Dernière édition par Aditya le Lun 20 Jan 2020 - 18:45, édité 1 fois
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Hotaru
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Sam 4 Jan 2020 - 0:59

Hotaru écouta ce qu'Aditya lui disait tout en le suivant dans le couloir. Il apprenait son nom, ce qui était déjà bien. Un nom simple, court, comme le sien. Il le retiendrai facilement. Il n'était pas très doué avec les noms, en règle générale. Il préférerait le tutoiement. Il aimait bien se sentir l'égal de quelqu'un, quand il lui parlait. Et puis, le vouvoiement, ça avait quelque chose de formel qui le repoussait. C'était bien pour mettre de la distance avec quelqu'un, mais il n'était pas sûr que la distance soit la meilleure arme pour une bonne cohésion d'équipe. Il engrangea également les informations concernant les gens dont ils allaient s'occuper. L'incident semblait assez grave, mais Aditya gardait son calme. C'était rassurant, d'un certain côté, et assez évident: inutile de paniquer quand il y avait déjà suffisamment de dégâts.

C'est en ayant assimilé tout ça que Hotaru suivit son sensei dans la salle de consultation. Il ne frémit pas à la vue des blessés. La vision n'était pas vraiment agréable, mais il la soutint. Il avait vu pire. Et il verrait pire, de ça il était certain. Il adressa aux trois patients un sourire cordial. S'il n'avait que les bases les plus basiques en matière de médecine, n'ayant jamais eu l'occasion de se confronter ne serait-ce qu'à un livre théorique, il pouvait au moins apporter un premier réconfort à ces gens avec un sourire. C'était rassurant, un sourire. Quand on en voyait un, on se disait que rien ne pouvait aller mal. Que tout allait bien, maintenant.

Sur ordre de son sensei, il s'approcha de la dame âgée sans se départir de son sourire.

"Bonjour, madame.

-Dis donc, en voilà des jolis yeux. Ca donnerait presque envie de se blesser exprès pour les revoir.

-Oh, je vous assure qu'ils n'en valent pas la peine. Voyons cette plaie. Si vous voulez bien ..."

Il prit le chiffon avec lequel la vieille femme couvrait sa blessure, et le retira délicatement de la peau.

"Aïe !

-Pardon."

Pas étonnant qu'elle ait eu mal, pensa-t-il. La blessure ne saignait plus, en effet. Mais elle n'était pas jolie à voir. Un nettoyage était bel et bien de mise. La chair était à vif, la peau ayant été arrachée à plusieurs endroits. Probablement une sérieuse éraflure due à une mauvaise chute, ou quelque chose de cette farine-là. Hotaru balaya la pièce du regard. Sur la table de chevet, à sa gauche, il y avait toute une batterie de produits et le matériel de première nécessité. C'était tout ce dont il avait besoin. Ne maîtrisant pas l'Iroujutsu, il aurait été incapable de traiter la plaie avec du chakra seulement.

Il prit une petite bouteille étiquetée "Alcool fort" et un gros chiffon propre. D'un geste, il imbiba le tissu du liquide. Il releva ses yeux gais vers la vieille femme, qui semblait anxieuse.

"Ca va faire mal, c'est ça ?

-J'en ai bien peur. Mais c'est nécessaire."

Elle poussa un grognement.

"Prête ?"

Elle acquiesça d'un signe de tête. Hotaru appliqua alors le tissu humide sur la plaie, par petits à-coups. A chaque fois que le chiffon rentrait en contact avec les chairs blessées, il sentait la jambe de la vieille femme se tendre. Mais elle ne protesta pas. Elle ne gémit même pas.

C'est alors qu'Aditya leur prêta attention. A sa question, la grand-mère répondit:

"Il est pas tendre avec une vieille comme moi, pour sûr ! Mais il paraît que c'est nécessaire, alors ... Et pis, il a de beaux yeux, ça me suffit pour tenir."

Hotaru sourit, amusé.

"Merci."

Il lança un regard d'excuse à l'adresse d'Aditya. Il ne connaissait aucune autre méthode de nettoyer une plaie, qui se serait faite sans douleur. Une fois qu'il eut fini de passer son chiffon humecté d'alcool, il prit un petit pot d'eau claire. Formant un puits de sa main, il fit couleur à plusieurs reprises de l'eau sur la blessure, pour en éliminer les dernières traces de corps étrangers. Elle semblait déjà plus nette. Une fois ceci fait, il la recouvrit d'un nouveau linge propre.

"Et voilà."

Et, son sourire toujours collé aux lèvres, il se tourna vers Aditya, dans l'attente de nouvelles instructions, ou de critiques. Après tout, il n'avait jamais travaillé comme soignant. Même si sa patiente semblait soulagée, rien ne lui disait qu'il avait effectué sa tâche correctement ...

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Aditya
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Lun 20 Jan 2020 - 19:27
Un fin sourire amusé glissa sur les lèvres de l’ascèse lorsqu’il entendit les dires de la vieille femme qui, assurément, ne manquait jamais de panache même dans les situations les plus compliquées. Alors qu’il ne se retourne vers l’enfant qu’il tenait presque dans les bras, il lui adressa tout de même quelques mots à son tour ;

« Je vois. Si ses yeux vous plaisent tant, peut-être devrions-nous l’engager. Mais je crains que cela ne nous force à vous voir blessée bien plus souvent. », glissa-t-il sur un ton taquin, bordé tout de même d’une certaine retenue naturelle.

Le rire de la matriarche fit échos à ses paroles, poussant même la fille d’Iōzen à mêler son amusement au sien, si bien qu’elle en oubliait les soins qui lui étaient apportés dans l’instant présent ; le rire avait cela de magique qu’il effaçait les peines du cœur et du corps, ne serait-ce qu’un instant. Pour des enfants, dont les esprits avaient toujours la sinueuse tendance à extrapoler tout ce qui se présentait à leur regard, que ce soit un évènement heureux ou désagréable, se dérober à la réalité pouvait parfois permettre des instants d’accalmie. Et présentement, il en fut de même : il pouvait sentir les muscles de son épaule, qu’elle avait maintenu contractée inconsciemment par la peur, s’alléger d’un poids illusoire, la couleur de ses joues revenir à leur pourpre habituel et ses lèvres se fendre d’un sourire chaleureux si fortement qu’elle commençait à son tour à charrier sa grand-mère sur un sujet tel que celui-ci. Aditya espérait qu’Hotaru n’avait aucun mal à être le centre d’attention ; car en cet instant, cela lui permettait de venir en aide à la petite de la plus fluide des manières.

Dans une discrétion palpable, ses mains coururent sur le haut de sa clavicule, enfermant les abords de son épaule entre son pouce et son index tandis que l’une d’elle redescendait le long du coude : et d’un seul coup, un craquement sourd, mais mesuré, signifiant que l’articulation avait été replacée sans problème. L’enfant laissa un cri s’échapper de ses lèvres, plus par surprise que véritable douleur. Le blond pouvait aisément lire l’incompréhension sur son visage alors qu’elle portait à son tour ses paumes sur son membre, constatant par elle-même que si un léger désagrément subsistait, le profond malaise qui l’habitait plus tôt n’était plus. Elle lui accorda un signe de tête timide, avant de se retourner vers sa grand-mère, dont le regard bienveillant la couvait en tout temps.

Aditya profita de cet instant pour accorder une œillade à la blessure de la vieille femme, que le jeune homme avait semblé traiter d’une manière plus que correcte, pour une première fois. Alors que l’aura émeraude qui entourait sa main s’intensifia, témoignant de l’afflux de chakra curatif que l’ascèse allouait à la reconstruction osseuse de l’enfant, il adressa pourtant quelques mots à celui qui semblait être son nouvel élève.

« Vois-tu le pot qui se trouve derrière toi, sur l’une des chaises ? Il contient des plantes médicinales, utilisées en cataplasmes pour les plaies. Elles permettent d’accélérer la cicatrisation des blessures ; nous en avons souvent recourt pour temporiser nos soins lorsque le nombre de patient se montre trop important. J’aimerai que tu en dépose une couche épaisse sur sa cuisse, avant de la recouvrir comme tu l’as fait. N’utilise pas tout le contenu, cependant., cette-fois-ci, son regard s’échoua sur les traits vieillis par l’âge de la matriarche. Cette mixture a une odeur assez prononcée, mais vous vous sentirez mieux après cela, ne vous inquiétez pas. »

À la vue du sourire entendu qu’elle leur adressa à tout deux, le blond devina qu’elle avait décelé là les raisons d'un tel choix ; et tandis qu'l poursuivait son ouvrage auprès de la fillette, ton le bras était presque totalement reconstitué, il maintenu son attention sur les faits et gestes d'Hotaru, afin de s'assurer que tout se déroulait comme il le fallait. Quelques instants plus tard, Aditya se redressa, et avec son geste disparurent les reflets miroitants qui couvraient ses paumes. Il déclara quelques mots à l'enfant, après avoir décelé que la tâcha attribuée au jeune homme était désormais terminé.

« Ton bras est guéri, désormais. Veille seulement à ne pas l’abîmer à nouveau. », son regard se déposa sur les deux adultes avant qu'il ne reprenne. « Quelqu'un d'autre viendra vous rendre visite pour soigner définitivement votre blessure à la cuisse, ainsi que tes coupures, Iōzen. D'ici là, n'hésitez pas à faire signe à qui que ce soit si quelque chose ne va pas. »

D'un geste de la tête, il invita le brun à le suivre dans l'un des couloirs de l'hôpital, après avoir salué les trois êtres qui trônaient encore dans la chambre délaissée.


[...]


Les prunelles d'Aditya se dérobèrent à nouveau à la vue de cette nouvelle salle, au cœur de laquelle il laissa Hotaru le précéder de sa présence. À l'exception d'une silhouette endormie, aux abords de la table centrale, le silence apaisant qui y régnait n'était bafoué que par les pas et dialogues discrets de ses confrères qui allaient et venaient dans ce qu'il pourrait s'apparenter d'une salle de repos. Un havre de paix pour eux, Irounins, où toute sorte de mets étaient laissés à leur disposition afin de renflouer leurs réserves de chakra, vidées par les soins qu'ils avaient octroyés. C'était là précieusement l'état du blond, qui semblait tiraillé par une certaine fatigue au-delà de la dignité que sa présence s'affairait à maintenir. D'un mudrā unique, il rompit le lien de chakra le liant à plusieurs sceaux qu'il avait délassé sur les membres de blessés, bien plus tôt, sachant qu'après un tel laps de temps, seule une peau exemptée de meurtrissures n'aurait pu être révélée par les soins ; et ce faisant, il avait absout sa propre consommation de chakra, source même du poids qui tiraillait ses épaules.

Calmement, ses pas le guidèrent jusqu'à l'arrière de la pièce où trônait théière encore bouillante, au milieu de quelques fruits et autres modestes encas. D’un geste entretenu par l’habitude, ses doigts entourèrent la hanse de l’objet tandis qu’il versait son contenu dans une tasse en osier vert avec attention. Au-travers des mèches d’or qui encadraient son visage, Aditya adressa un regard à l’enfant des lucioles, passager, afin de ne pas perdre de vue l’écoulement brûlant du thé.

« En veux-tu ? », demanda-t-il poliment, sur un ton des plus posés. Dans le cas où il accepterait, une tasse égale à la sienne se trouverait là pour lui aussi, à sa disposition.

L'ascèse s'adossa contre le comptoir de fortune sur lequel les mets étaient déposés, dans un geste aérien. Ses doigts vinrent enfermer le haut de sa tasse délicatement avant que son regard n'avise l'entrée de la pièce, concentré.

« Navré, mais je crains ne pouvoir prendre en charge d'autres patients tant que mes réserves de chakra ne se soient remises. », avoua-t-il.

Aditya laissa un silence s'installer entre eux, laissant tant le temps à son comparse de se repaître de quelque nourriture ou de saisir à son tour le thé qui l'attendait si toutefois il l'avait désiré. Ce n'est qu'après s'être délecté d'une gorgée de son propre breuvage que le blond ne délaissa un soupir contenu, et ne darde la silhouette longiligne d’Hotaru de ses iris éthérées.

« Puis-je te demander ce qui t'as poussé à apporter ton aide aujourd'hui ? »

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Hotaru
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Lun 20 Jan 2020 - 22:31

Hotaru se saisit du pot. Il n'était pas difficile à repérer, et surtout à reconnaître: il émanait en effet de lui une odeur assez fétide. Mais le jeune homme était habitué à ce genre de préparations. Dans son village, c'était tout ce qu'on avait comme remède un tant soit peu efficace. C'était ça ou des prières futiles. Hotaru s'imaginait bien qu'ici, on réservait ce genre de cataplasmes à des blessures légères, comme celle de la vieille femme. Il avait le souvenir douloureux de meurtrissures profondes que l'on avait essayé de soigner avec de simples pommades comme celle-ci ... La médecine, là d'où il venait, avait vraiment un train de retard. Il ne lui avait pas fallu arriver à Kiri pour s'en rendre compte.

Il trempa deux doigts dans la pommade, et reporta son regard vers la patiente.

"Encore un peu de patience, et ça sera fini.

-Y'a pas de mal mon garçon. C'est pas désagréable pour une vieille comme moi d'être choyée par des p'tits jeunes comme vous."

Hotaru sourit. Il était content que sa patiente reste calme, malgré les circonstances, qui pouvaient être assez effrayantes. Mais il fallait dire qu'il flottait une atmosphère de bonhommie dans la pièce. Il commença à étaler la pommade, consciencieusement, formant d'abord une première couche fine qu'il renforça d'un deuxième plâtrage. Avec ça, la vieille femme en aurait sans doute suffisamment à la fois pour guérir superficiellement et pour attirer les moucherons pendant un moment.

"Avec ça, vous devriez commencer à cicatriser. Enfin, il paraît."

Il lui adressa un sourire malicieux, qu'elle lui rendit sous la forme d'un clin d'oeil. Tous deux savaient très bien, maintenant, que Hotaru n'était là qu'en qualité de "technicien": il n'avait pas les compétences médicales d'Aditya, et n'aurait pu dire à qui que ce soit à quoi servait l'onguent qu'il venait d'appliquer si on ne le lui avait pas expliqué avant. Le jeune homme se releva, et s'apprêta à suivre son mentor hors de la pièce.

"Alors à bientôt, n'est-ce pas ?"

Hotaru, légèrement surpris, resta un instant en suspend. Mais il finit par sourire, et, saisissant doucement la main de la vieille femme, il appliqua un léger baiser. Avec un clin d'oeil, il lui glissa:

"Le plus tard sera le mieux, hm ?"

Et il sortit, sur les talons d'Aditya.

La prochaine salle qu'ils visitèrent était vide de patients, et il n'y avait pas besoin d'être un génie pour deviner qu'il s'agissait de la salle de repos du personnel de l'hôpital. Mis à part eux deux, il n'y avait qu'un homme, qui se reposait. Ils pourraient parler tranquillement. Hotaru accepta d'un signe de la tête le thé qu'on lui proposait, et prit son gobelet chaud entre les mains. Un léger sourire toujours figé sur le visage, il balaya les excuses de son maître d'un signe de la main.

"Pas de problème. J'imagine bien que ce que j'ai pu apporter comme soin à cette vieille dame n'est pas vraiment comparable, en terme de dépense d'énergie, à ce qu'un vrai Irounin doit fournir. Et puis, je ne suis pas assez naïf pour m'imaginer que tous les patients de l'hôpital souffrent de blessures aussi mineures."

Il eut un léger rire qui sonnait faux. Il avait bien vu les brancards que l'on transportait, entendu quelques cris étouffés dans les couloirs. Même sa nouvelle coéquipière, Date Junko, avait l'air d'avoir souffert de blessures bien plus graves que celles de la petite famille dont ils venaient de s'occuper. La médecine ne se résumait pas à appliquer des pommades et à laver des plaies. Hotaru le savait pertinemment. Et ce n'était pas pour lui un motif de découragement.

Aussi la question d'Aditya parut-elle naturelle. Même, il aurait étonné qu'il ne la lui pose pas. Et il avait déjà sa réponse un peu préparée.

"C'est une bonne question, et pour être tout à fait honnête je ne suis pas certain de connaître la réponse. Je suis venu à l'hôpital parce que je voulais voir à quoi ça pouvait ressembler, un établissement comme celui-ci. Là d'où je viens, on ne pratique qu'une médecine traditionnelle de village, qui n'a de médecine que le nom, croyez-moi. Et puis, j'étais aussi poussé par une autre curiosité. La médecine m'intéresse. Au-delà du fait d'apporter du réconfort aux gens, je veux dire, ce qui est une noble mission, certes, mais qui ne suffirait sans doute pas à me convaincre pleinement. Il y a une dimension supplémentaire à cette science qui m'attire particulièrement. Une sorte d'application de raisonnements logiques, une concrétisation de tous les travers que l'esprit peut laisser éclore. Et pour un but bénéfique, a priori."

Il eut un petit rire gêné, et se passa machinalement la main dans les cheveux pour évacuer une certaine pudeur.

"C'est un peu ridicule, sans doute, dit comme ça, mais bon ... J'imagine que c'est assez vrai de la vérité, si ça me vient spontanément. Pour être tout à fait honnête, j'aimerais devenir un Irounin. Je possède déjà des capacités plus qu'intéressantes, pour un soldat, mais elles ne me conviennent pas tout à fait, en l'état. Je veux pouvoir soigner les gens."

Ne pas seulement être une arme de destruction massive sur un champ de bataille. Voilà une de ses véritables ambitions. Ses pouvoirs d'annihilation l'avaient hanté toute sa jeunesse, et continuaient de le faire, même s'il avait réussi à calmer un peu ces démons. Pour les contrebalancer, il se voulait devenir un guérisseur également. Un être destructeur et réparateur tout à la fois. "Exactement l'inverse de lui", pensa-t-il. Car il était certain que Hachi n'avait pas pris ce chemin-là.

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Aditya
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Mer 22 Jan 2020 - 14:13
Aditya maintient son regard sur les traits de l'enfant des lucioles, accompagné de son attention la plus sincère au rythme limpide avec lequel ses paroles emplissaient peu à peu l'espace de cette salle de repos. Lorsqu'il souligna le certain retard médical dont il avait été témoin par le passé, il ne put que se reconnaître, ne serait-ce qu'en partie, dans ces propos ; lui aussi, avant même que la mère de Reikan n'éveille ses sens à la maîtrise du chakra curatif, aurait été incapable de ne serait-ce imaginer qu'une telle chose était possible. Néanmoins, à la différence du jeune homme, il n'avait jamais considéré cela comme une fatalité, ni comme une tare : les choses étaient ainsi faites.

« Cela n’est pas si difficile à croire., déclara-t-il en faisant référence à la médecine « archaïque » dont parlait le brun. Mais c’est souvent le seul moyen d’en venir à quelque chose ; bien plus souvent qu'on ne le pense, les plantes se révèlent porteuses de plus de secrets et de surprises qu’elles ne pourraient le laisser croire. Comme toi, avant que je ne rejoigne les ordres de la Brume, les membres de mon village natal et moi-même nous contentions d’onguents de ce genre ; parfois cela suffisait, parfois ça ne l'était pas. »

Les prunelles de l'ascèse revinrent se loger au creux des remous herbeux de son thé avec un air absent, toujours attentif au reste des paroles de son comparse. Mais lorsqu'il évoqua les raisons qui le poussaient à vouloir devenir un Irounin, il ne put retenir un discret soupir et se délecter d'une nouvelle gorgée. Il espérait sincèrement que cela allait au-delà d'une simple lubie de sa part, qui, elle, serait rapidement effacée par les leçons que l'expérience lui conférerait. Aussi, ce ne fut que lorsqu'Hotaru eut terminé qu'il se permit de reprendre à nouveau le flambeau de la parole, sur un ton posé.

« Pour ce qui est de ton désir de devenir un ninja médecin, je me dois d’être franc avec toi. C’est un long procédé, parfois difficile. Bon nombre de personnes se pressent aux portes de l’hôpital avec autant de bonnes intentions que les tiennes, mais devant leur échec à porter un contrôle total sur leur chakra, la plupart abandonnent. »

D'un geste mesuré, Aditya défit sa tasse de l'empire légère de ses doigts afin de la laisser reposer sur le comptoir dans son dos, de sorte qu'il puisse toujours s'en emparer s'il le désirait, et avant tout, sans se tordre le dos. Il avisa le jeune homme et tendit la main en sa direction, légèrement en-dessous de son avant-bras, partiellement recouvert par l'une des manches de sa chemise ample – puis-je ?

« Vois-tu, si l’on demande à un Irounin de maîtriser parfaitement son flux, c’est pour une raison bien précise. S’il est vrai que notre chakra permet de panser les blessures ou reformer des os, il ne reste fondamentalement que ce qu’il est. », souligna-t-il entourant délicatement ses doigts autour de l’avant-bras d’Hotaru, chassant au passage le tissu qui faisait obstacle à son geste ; et dès lors que cela fut fait, une très légère aura bleutée sembla épouser les formes de sa main, comme un doux bout de ciel. « Si l’on venait à ne pas calibrer à l’exactitude même le taux de concentration que nous devons lui donner, ce chakra se transformera en arme. Il créera d’autant plus de blessures et de maux qu’il n’aurait voulu en soigner, tout simplement parce que c’est là sa nature ; le chakra a donné aux hommes le pouvoir de régner sur leurs semblables. D’être capable d’autant de prouesses que de simples civils n’auraient pu entrevoir la chance d’avoir. Celui des médecins ninjas ne fait pas exception. Tout comme les autres, nous avons la particularité de pouvoir l’utiliser pour blesser autrui, jusqu’à pouvoir pulvériser des organes, déchiqueter des muscles ou fendre tendons, nerfs et ligaments avec une facilité déconcertante, précisément à cause de notre contrôle pointilleux. La frontière entre soigner une plaie et l’aggraver est si floue qu’une seule erreur de jugement suffirait à la franchir. »

Graduellement, Hotaru pouvait observer l'aura s'intensifier et déclamer haut et fort les couleurs chatoyantes d'un ciel d'été dégagé d'ombre nuageuses, jusqu'à cet instant précis où la beauté de ses abords ne fut plus en mesure de camoufler ce qui se cachait réellement derrière elle. Peu à peu, la surface de sa peau se cisaillait de manière totalement aléatoire, comme si un scalpel l'avait survolée en y laissant derrière lui les coupures évidentes de son passage. Elles n'étaient ni profondes, ni trop importantes ; à peine suffisantes pour laisser s'écouler de fins filets de sang au creux de la paume du blond.

« Exactement comme ceci. », murmura-t-il en plantant ses iris azurées dans les siennes, sous couvert d'un calme certain.

Sans qu'il ne laisse l'occasion au brun de se dégager de son emprise si jamais il l'avait tenté, Aditya laissa son chakra se teinter de reflets émeraude ; et peu à peu, le sang s'arrêta de couler. Quant aux plaies, elles cessèrent de se multiplier sur sa peau. Bien au contraire, elles semblaient se résorber au rythme de leurs respirations, jusqu'à ne laisser derrière elle qu'un tableau vierge de toute meurtrissures.

« C’est pour cela que nous n’avons aucune sollicitude envers ceux qui ne parviennent pas à un tel résultat. Épargner leur ego ne vaudrait jamais le prix des vies qu’ils risqueraient de mettre en danger. »

Le blond délaissa enfin le bras de l’enfant des lucioles, avec la même attention qu’il accordait à tous ses patients. Son regard se défit de sa silhouette pour arpenter la pièce et ses détails ; et finalement, il sembla s’accrocher sur les courbes de parchemins scellés d’une cordelette, à quelques pas de leur position. Sans tarder, il s’en rapprocha et se munit d’un exemplaire qu’il savait vierge de toute encre : ceux laissés ici, dans la salle de repos, étaient dédiés à l’entraînement des nouveaux disciples, une relique laissée du passage de Kobane Harumi sur les terres de la Brume.

« Cependant, cela ne veut pas dire que nous ne les encourageons pas à poursuivre leurs efforts. », calmement, ses pas le guidèrent à nouveau auprès d’Hotaru et, lorsqu’il lui fit face, Aditya lui tendit finalement l’objet. « Aussi, si tu souhaites réellement faire partie de ces ordres, je ne peux que t’enjoindre à suivre cette voie, d’autant plus qu’en tant que possible futur membre de mon équipe, je serai plus à même de te guider lors de ton apprentissage. Tout ce que je souhaites, c’est que tu comprennes l’importance que ce choix revêt. Cela va plus loin qu’un désir d’aider les autres ; tu finiras par sacrifier ta vie au profit des vivants. Les premières années de ton engagement n’en seront que le début, et sache que je me réserverais le droit de stopper ton apprentissage si je décèle un quelconque laxisme à ce sujet. L’existence d’autrui n’est pas une chose avec laquelle on peut se permettre de jouer impunément. »

Après s’être assuré que le brun s’était muni du parchemin, l’ascèse reprit sa place à ses côtés et s’empara à nouveau de la tasse encore fumante qui l’y attendait.

« Si ces conditions ne vont, et que tu comprends ne serait-ce qu’un peu les enjeux que cette décision engendrera, je t’invite à ouvrir ce rouleau. Tu n’auras qu’une instruction, celle de tenter d’y écrire à l’aide seule de ton chakra. »

Cela faisait bien longtemps qu’il ne s’était pas lui-même prêté à cet exercice ; une époque qui remontait à ses propres premiers apprentissages de la médecine auprès de dame Kobane, un médecin itinérant dont il avait eu la chance de recevoir les enseignements. Si, à sa différence, elle avait tâché de prévenir ses élèves d’à quel point cet exercice pouvait se révéler extrêmement ardu, Aditya n’en fit rien, précisément dans le but de déterminer si Hotaru était bel et bien conscient de la difficulté qui se présentait à lui. L’Iroujutsu était, avec la maîtrise des sceaux, l’un des arts les plus complexes du monde ninja ; le fait qu’ils se marient parfaitement n’étaient en cela en rien surprenant. Cela n’était pas à prendre à la légère.

Inscrire des formes ou des idéogrammes à l’aide de son flux requérait un contrôle presque aussi précis que celui qu’on demandait aux aspirants pour traiter des blessures mineures, à l’image de celles qui avaient parsemé son avant-bras quelques instants plus tôt. S’il en accordait trop, le parchemin se percerait ; pire, il serait consumé par l’affinité primaire de son porteur. À l’inverse, si trop peu lui était donné, il serait incapable d’écrire quoi que ce soit à sa surface.

Le blond devinait qu’il ne parviendrait pas à remplir totalement l’exercice du premier coup. Ce qui l’intéressait, avant tout, était de voir comment il abordait le problème plus que sa réussite.


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Hotaru
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Mer 22 Jan 2020 - 23:00

Hotaru était bien conscient de tout le lot de dangers et de responsabilités qui allaient avec la pratique de la médecine. Il l'avait été dès la première fois où il avait vu un des membres de son village natal mourir des suites d'un mauvais traitement. Dès lors, chacune de ces morts répétées n'avait été qu'une douloureuse façon de se répéter inlassablement que le savoir médical était un des plus fondamentaux, parce qu'il est vital, et que sa mauvaise pratique entraînait la mort, et pas la vie, que tout bon médecin se devait de chercher. Il savait quel était le prix. Quels étaient les enjeux. Tout cela, il l'avait déjà vu. Et sa visite à l'hôpital de Kiri, ce jour-là, n'avait été qu'une confirmation de ce qu'il savait déjà: les choses n'étaient pas différentes dans le premier village de l'archipel que dans sa petite bourgade natale. Là aussi, les gens mouraient à cause de blessures, de maladies trop graves. Là aussi, on avait besoin de docteurs. Et il était bien résolu à en devenir un.

Tout en appréhendant le rouleau qu'Aditya lui présentait maintenant, il eut un léger sourire. L'entraînement commençait déjà. Ce n'était pas plus mal. C'était même pour le mieux. Il aimait l'efficacité d'Aditya, d'une part, et d'autre part la façon dont il avait été pris au sérieux. Malgré les avertissements qu'il avait pu lui donner, ce qui pouvait ressembler à des obstacles qu'il aurait souhaité dresser sur le chemin de son élève, il avait entendu la requête de Hotaru, et procédait déjà à sa réalisation. Après tout, il n'y avait sans doute rien de mal à commencer dès à présent son apprentissage, s'il devait durer si longtemps.

Hotaru caressa légèrement la surface du parchemin du bout de ses longs doigts fins. La page vierge ne lui inspirait qu'un défi. Un obstacle final à franchir. Une manière de vérifier sa progression, à mesure qu'il assimilerait des connaissances dans le domaine de la médecine. Ce serait sa jauge d'expérience, en quelque sorte. La preuve de son savoir. Un sourire frémissant d'excitation creva son visage.

"Merci pour ces avertissements. Mais ils sont superflus. Je sais parfaitement de quoi il en retourne, quand on pratique la médecine."

Les légers chatouillis qu'il ressentait encore à l'endroit de son bras qu'Aditya avait consciencieusement découpé en surface lui rappelaient l'enseignement de son maître. Mais il était déterminé, et il n'était surtout pas inconscient.

"J'ai vu de mes yeux ce qu'apporte la médecine quand elle n'est pas pratiquée correctement. Je sais quel est le poids qui pèse sur les épaules d'un docteur, et je sais aussi que toute la connaissance du monde ne sera jamais suffisante pour lui permettre de faire à coup sûr le meilleur choix sans jamais risquer de se tromper. Je ne suis pas l'homme le plus sûr de lui qui soit, et loin de là, même. Et ce sera sans doute un problème, au début au moins. Mais je suis déterminé, et je crois que mon expérience passée m'a montré que ma détermination me permettait de surmonter ce genre d'obstacle."

Il adressa un léger sourire à Aditya, du genre qui pouvait paraître confiant. Confiant, il ne l'était certainement pas. S'il y avait bien une chose dont il était sûr, c'était justement de ne pas être sûr. Mais il avait la conviction étrange et irrationnelle que c'était justement le fait d'avoir conscience de son incertitude qui le rendait plus fort.

Il reporta son attention sur le morceau de parchemin vierge, et retroussa ses manches.

"Quant à cet exercice, il est fait pour évaluer ma progression, j'imagine ? Et bien, c'est peut être un peu présomptueux, mais je pense pouvoir dire que je ne pars pas exactement de zéro. Alors, voyons ce dont je suis capable ..."

Il apposa deux doigts sur le parchemin, et se tut. Quelle dose de chakra infuser dans ses doigts pour laisser une marque dans le parchemin ? Et que tracer ? Cette seconde question était sans doute moins importante que la première, et il l'écarta, se disant que sa main bougerait bien d'elle-même pour tracer ce qu'elle voudrait. Quant à la quantité de chakra ...

Il ferma les yeux, et laissa sa main glisser. Il ne sentait plus vraiment le contact du parchemin sous sa peau, et n'aurait su dire s'il réussissait l'exercice. Il modulait seulement la quantité de chakra qu'il insufflait dans le parchemin à mesure que son tracer se développait. La médecine était une science, après tout, tout comme la manipulation du chakra. Et toute science appelle à des expériences pour se perfectionner. Cet exercice n'était qu'une expérience parmi tant d'autres que l'on pouvait imaginer ...

Il rouvrit les yeux. Et le résultat ... n'était pas exactement satisfaisant. Par endroits, le parchemin avait simplement brûlé. Il était facile d'imaginer que c'était dû à la nature si singulière du chakra de Hotaru. A d'autres endroits, épargnés par la calcination, il était simplement resté blanc. Et, par touches très petites, mais bien visibles, des marques noires, qui semblaient acceptables, barraient la candeur de la page. Le caractère tracé restait néanmoins illisible, tant à cause des élisions que des brûlures du parchemin. Hotaru eut un petit rire gêné.

"Désolé, je l'ai un peu abîmé ... Vous permettez que je le garde ? Pour m'entraîner, et avoir un modèle de référence. Bien sûr, si c'est nécessaire je vous le rendrai ..."

Il ne s'avançait jamais à penser que l'on pouvait automatiquement accéder à ses demandes. Il avait toujours ce recul un peu déplacé qui le poussait à admettre que ses demandes étaient une gêne, en premier lieu, pour ceux qui les entendaient. Il aimait rendre service. Faire le bonheur d'autrui n'était pour lui qu'une autre source de bien. Mais il n'imaginait jamais que cela puisse aller dans les deux sens. Comme s'il avait trop été déçu du monde pour encore croire qu'il était naturellement bon ...

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Aditya
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Dim 26 Jan 2020 - 1:44
Au-delà de la fumée qui s’échappait par intermittence de sa tasse de thé, Aditya apportait un grand soin à observer les mouvements du jeune homme à ses côtés, peu après qu’il ne se soit emparé du parchemin qu’il lui avait tendu précédemment, si bien que le sourire qui fendit son visage ne lui fût pas étranger. Tout chez lui retranscrivaient l’attente inlassable de parvenir à des résultats, mais bordé de cette retenue lui dictant de ne pas en faire trop, de ne pas se laisser aller. Peut-être voulait-il faire bonne impression devant lui, que ce soit à cause de son statut de mentor aux arts ninjas que celui des arts médicaux qu’il venait d’endosser à l’instant – mais quoi qu’il en fût, c’était inutile pour l’ascèse. Il était conscient qu’un avis sur une personne et sur son caractère ne se forgeait pas en une seule rencontre. Alors, lorsque les mots d’Hotaru lui parvinrent, il détourna les yeux et laissa la chaleur de son breuvage raviver ses muscles endoloris.

« C’est une bonne chose que tu y sois déjà familier. », répondit-il en captant le regard de son vis-à-vis lorsqu’il lui adressa un sourire. Son attention se replaça sur le rouleau lorsqu’il le mentionna à nouveau. « Pas exactement, mais ça n’est pas incompatible. »

Bien assez tôt, le blond se mura à nouveau dans le silence en appréciant le vide qu'il imposait avec lui ; reposant, et teinté d'effluves herbeuses. Du coin de l’œil, il observa la manière dont Hotaru déroulait le parchemin avec attention sur le comptoir contre lequel ils étaient tous deux adossés quelques instants plus tôt. La concentration qui fendaient ses sourcils ainsi que les traits de son visage était indéniable ; il ne put voir que cela, pendant une poignée seconde, avant que l'apaisement l'emporte et qu'une faible aura ne peigne ses doigts de ses couleurs. Si plusieurs fois depuis le début de leur discussion, le jeune homme avait montré un certain engouement pour ses propres capacités – une confiance à peine effacée par cette même retenue qu’il prouvait en tout temps – Aditya espérait que cela ne s’agissait pas de paroles en l’air, mais qu’elles étaient bel et bien fondées.

Alors, lentement, au rythme des gestes mêlés d’incertitude qu’Hotaru laissait filer sur le grain, ses iris éthérés suivaient les brûlures qui longeaient les courbes dessinées par ses doigts, qui, parfois, semblaient si fortes qu’elles percèrent leur tableau, rongèrent ses bordures calcinées. Lorsqu’elles dérobaient leur présence, c’était souvent au profit d’une légère ombre charbonneuse qui tapissaient le reste de son œuvre ; heureusement pour le brun, l’ascèse était assez minutieux pour différencier ces tracés des véritables inscriptions noirâtres laissées par son chakra. Bien qu’elles soient irrégulières et parfois absentes, leur nombre demeurait sans nul doute une preuve que le nouveau membre de son équipe était on-ne-peut-plus à même de maîtriser son chakra, ne serait-ce que pour ses prémisses. Il lui faudrait de l’entraînement ; comme tous, cela était certain. Néanmoins, il partait d’ores et déjà avec assez d’expérience dans ce domaine, ce qui était loin d’être négligeable. Alors qu’il n’était qu’à mi-chemin de son tracé, Aditya s’adressa à lui.

« Katon ? », souffla-t-il en relevant son regard sur le brun, un sourcil arqué.

Lorsqu'il le vit rouvrir les yeux et que l'encre se mêla à nouveau à l'azur, le blond en déduit que son œuvre avait pris fin ; et d'une œillade avisant le parchemin, le rire gêné d'Hotaru lui parvint – une chose qui ne manqua pas de laisser un sourire amusé prendre place sur ses lèvres, bien que discret.

« Bien sûr que tu le peux ; il est dédié à ton apprentissage, après tout. Un parchemin usé n’a que peu d’intérêt, en l'état. », poursuivit-il. « Néanmoins, je te conseille de t'emparer d'un second exemplaire, dans le cas où le premier ne brûle. Sais-tu comment procéder à un clonage d'objet ? Cela te serait utile si tu venais à manquer de support. »

Pendant quelques instants, l'ascèse laissa à nouveau le silence reprendre ses droits au cœur de l'espace qui séparait ces deux silhouettes. Graduellement, la tasse de thé se vidait, jusqu'à ce qu'elle ne trouve repos sur le sommet de ce comptoir de fortune. Aditya détailla brièvement l'expression du jeune homme avant de reprendre la parole : cette fois-ci, pour un sujet aux abords plus « pratiques ».

« As-tu d'autres interrogations ? Je serai bientôt missionné pour me rendre au Pays des Neiges ; aussi, je ne serais pas présent au village avant quelques semaines, peut-être même jusqu'au début de l'automne. Comme je ne doute que nous nous reverrons d'ici à mon départ, j'aimerai autant te laisser en sachant que rien ne te manqueras pendant mon absence, alors n'hésites pas à me parler de quoi que ce soit. »

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Hotaru
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Dim 26 Jan 2020 - 11:53

Hotaru replia le rouleau, et le glissa dans une poche de son pantalon.

"Merci. Je devrais bien arriver à le cloner."

Léger sourire. Il but une nouvelle gorgée de thé. La journée avait déjà été assez riche en événements, et en émotions. Mais il n'en était pas mécontent. C'était même une bonne chose. Il était venu à l'hôpital en quête de questions plus que de réponses, car c'était bien un environnement nouveau qu'il découvrait. Il voulait s'assurer que son intérêt, sa "vocation", se confirmerait même au contact de la réalité la plus pragmatique, la moins attrayante, la plus effrayante. Il n'avait pas été déçu. Même, sa rencontre avec son nouveau mentor n'avait fait que renforcer sa détermination. Il comprenait à présent qu'il y avait à Kiri une sorte d'élite, qui pouvait lui assurer une formation dans des domaines marginaux du savoir, qui l'intéressaient maintenant plus que les quelques bribes de connaissances qu'il avait retirées de sa vie dans un îlot reculé.

Hotaru s'accorda un moment de réflexion avant de répondre à la question d'Aditya.

"Non, je crois que je n'en ai pas d'autres pour l'instant. Aucune qui mériterait une réponse trop rapide aujourd'hui, en tout cas. Je veux apprendre la théorie, maintenant que j'ai vu de quoi avait l'air la pratique. Je crois que je n'arriverai nulle part sans feuilleter quelques livres, et je crois justement savoir que la bibliothèque du Complexe pourrait m'aider sur ce point-là. Alors, j'imagine que votre départ à Yuki n'est pas une mauvaise chose."

A nouveau il sourit, un peu plus gêné, cette fois-ci. Mais lorsqu'il reprit la parole, ce fut avec une sourde détermination dans la voix.

"Quand vous reviendrez, je serai prêt. J'aurai lu tout ce qu'il y a à lire pour acquérir les bases."

Il était pressé. Peut être trop. Il n'aurait su le dire lui-même, sans le recul que nécessite ce genre d'introspection. Mais cette précipitation lui donnait l'énergie et l'engouement nécessaires à l'apprentissage passionné.

"Oh, au fait, vous vous demandiez quelle était ma nature de chakra tout à l'heure."

Il leva la main au niveau de son visage. Alors, il se produisit quelque chose d'étrange. C'était comme si la chair fondait. Elle coulait le long des doigts, et les doigts coulaient avec. Et dans le même temps, tout devenait bouillonnait, rougeâtre, reluisant de colère et d'appétit. En un instant, la main entière était devenue lave. Et tout aussi rapidement, elle retourna à son état de chair.

"Pas vraiment du Katon, n'est-ce pas ?"

Et cette fois, le sourire qui fendait son visage était un sourire malicieux.

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Aditya
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Dim 26 Jan 2020 - 13:23
D'un bref hochement de tête, Aditya rejoignis les paroles du brun. Entendre qu'il tâcherait de profiter du temps qui lui était offert pour parfaire ses connaissances théoriques ne pouvait qu'être quelque chose qu'il respectait : il montrait déjà là une certaine érudition. Certains auraient pu simplement se contenter de patienter jusqu'à son retour en pensant qu'il ne pouvait être que le seul à être à même de prodiguer ces enseignements ; cela aurait indéniablement été du temps perdu, ainsi qu'une erreur de sa part. Les livres détenaient tout autant de savoir sur les mystères du monde.

Mais s'il devait en juger les fibres de caractères dont il avait été témoin aujourd'hui, cela ne l'étonnait pas venant d'Hotaru – ou tout du moins, venant de la version du jeune homme qu'il avait choisi de présenter à lui. Peut-être cachait-il d’autres traits qui lui demeuraient inconnus, après tout, ce n'était là que leur première entrevue : dans ce cas, la gêne qu’il semblait ressentir lorsqu’il demandait quo que ce soit était certainement le dernier en date, s’il en avisait le sourire qu’il lui lança. Peut-être était-il simplement de nature embarrassée ; cela ne le gênait pas. L'ascèse n'était pas de ceux qui prenaient plaisir à profiter de la candeur d'autrui pour ses propres intérêts.

« C’est une bonne chose. Tout ce que je te demanderais, c’est de ne pas t’essayer à la pratique en mon absence ; au cas où quelque chose ne se passe pas comme prévu. », ajouta-t-il.

Les iris s'éprirent d'une lueur intriguée lorsqu'il remit à nouveau la question de son affinité sur le tapis ; et bientôt, l'éclat rougeoyant d'une lave en fusion se retranscrit dans leur lueur azur, trahissant les doutes qu'il avait pu avoir à ce sujet. Si d'’ordinaire, ces parchemins ne réagissaient qu’aux composants de la roue des éléments, partagés entre tous, ils faisaient exception à ce genre de chakra. Celui de ninjas n'en disposant d'aucune, à la différence de pouvoir changer leur corps en celui de leurs affinités ; néanmoins il devait bien avouer que c'était là la première fois qu'il était témoin d’une assimilation liée à un kekkei genkai. L'espace d'un instant, le souvenir du corps électrifié de Sabaru lui revint en mémoire, au lendemain de la Résonance. Lorsqu'il se défit de cette rémanence, la main d'Hotaru était revenue à la normale ; faite de chair et de sang.

« …Un assimilateur, je vois. Cela n'est pas exactement du Katon, en effet. », glissa-t-il sur un ton amusé. « Aurais-tu un quelconque lien avec le clan Borukan du Pays de la Terre ? Ils sont passés maître dans le maniement de la lave, bien que ce ne soit qu’en arme seulement, à ta différence. »

Aditya délaissa un regard au sourire malicieux qui trônait sur les lèvres de son comparse, visiblement plus que satisfait à l'idée d'avoir démontré ses talents ; il pouvait l'être, d'une certaine façon. C'était là une variation des plus intéressantes, dont le blond devrait s'assurer plus tard qu'Hotaru était à même de l'utiliser en combat double. Détenir une intense puissance de frappe était une chose, avoir la présence d'esprit d'épargner ses alliés en était une autre. À cette pensée, il ne put que se souvenir des actions de sa propre mentor, aux portes des geôles Yuki lors du coup d'État, qui ne manqua pas de lui arracher un soupir las et désespéré. Après tout, il avait été celui qui avait dû se charger de soigner ces contrecoups. Kaya est peut-être l'exception à la règle.

Après s'être exempté de ces pensées, l'ascèse releva un regard vers le brun, s'assurant qu'il n'ait pas prit ce souffle pour lui.

« Je ne vais pas te retenir ici plus longtemps si nous en avons fini sur le sujet ; il me faut encore aller constater l'état de certains patients, même sans chakra. Sauras-tu retrouver la sortie seul ? », glissa-t-il sur un ton avenant.

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Dim 26 Jan 2020 - 15:41

Hotaru n'avait jamais entendu parler des Borukan. Peut être avait-il croisé le nom distraitement, au hasard de ses lectures, mais il l'avait oublié. En tout cas, il n'avait pas fait le lien entre les capacités de ce clan-là, si éloigné de sa terre natale, et les siennes propres. Et pour cause: il n'y avait aucun lieu de penser qu'il devait à cette noble famille une quelconque origine de sa nature si singulière. Il y avait une mer entre eux et lui, et des années, des décennies, sinon des siècles d'écart. Ils n'étaient pas du même monde, tout simplement. Et ses pouvoirs lui étaient arrivés sans que jamais aucun Borukan se soit insinué dans son arbre généalogique. C'était un fait. Aussi ne répondit-il à la question d'Aditya que par un hochement de tête négatif.

Mais il était temps de se quitter. Naturellement, il comprenait les raisons qui poussaient Aditya à mettre fin à l'entrevue, et il n'allait pas le retenir.

"Bien sûr, je vous ai déjà trop retenu. Pardonnez-moi. Je devrais réussir à retrouver mon chemin, oui."

Il reposa sa tasse de thé, maintenant vide. La journée n'avait pas été perdue, c'était certain. Avant de sortir de la salle, il se retourna vers Aditya, un nouveau sourire étirant son visage.

"Merci pour tout, en tout cas. J'ai hâte de commencer à travailler au sein de votre équipe."

Mais il ne se dirigea pas tout de suite vers la sortie de l'hôpital. Il retraversa quelques couloirs, pour revenir à son point de départ. A nouveau, la porte était entrouverte. Et il en franchit le seuil avec une discrétion de loup.

"Si vous continuez à vous glisser dans ma chambre comme ça, je vais être obligée d'appliquer la méthode forte."

Hotaru sourit légèrement. Il avait voulu ne pas réveiller sa nouvelle coéquipière, mais elle ne dormait apparemment pas.

"Pardonnez-moi. Je voulais seulement vous dire au revoir avant de partir."

Elle plongea son regard d'ambre froid sur lui. C'était comme si elle le passait au scanner. Et en retour, il la dévisagea de ses iris bleus.

"Il vous a fait soigner des gens ?

-Oui.

-Blessures graves ?

-Non, pas du tout.

-Alors vous n'avez rien vu encore.

-Assurément. Mais je n'attends que ça."

Elle fronça légèrement les sourcils. Elle n'était pas sûre de l'apprécier. Il l'agaçait un peu, à vrai dire. Mais quelque chose en lui l'intriguait.

Elle se pencha et prit sur sa table de chevet une petite statuette en bois, finement sculptée pour représenter un aigle. Elle la tendit à Hotaru.

"Prenez ça."

Le jeune homme était pris au dépourvu, et il hésita d'abord.

"Prenez, je vous dis. Considérez ça comme ... je ne sais pas, un cadeau de bienvenue. C'est un cadeau qu'on m'a fait, et maintenant je veux vous le donner."

Il y eut un instant de flottement, puis Hotaru sourit. Il se saisit délicatement de la statuette, l'appréhendant avec toute la préciosité qu'elle méritait.

"Merci. J'en prendrait grand soin.

-J'espère bien."

Il sourit. Et il crut bien déceler en retour un sourire dans ses yeux d'or.

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