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La brise aux murmures sacrés — ft. Aditya et Chihiro

Satô Kaya
Satô Kaya

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Mer 3 Juil 2019 - 22:28




L'amabilité, l'affabilité quasi célèstes

Tu t'étais violemment ramassée, ce jour là. Tes mauvaises habitudes perdurent et tu continues d'aller t'entraîner seule dans des endroits bien reculés. A vrai dire tu ne voulais avoir besoin de personne, jamais, pour progresser. Malheureusement pour toi, il est vrai que l'on avance plus difficilement seul. Souvent, tu partais un ou plusieurs jours dans des coins reculés du pays de l'eau, en pleine nature, dans le but de t'entraîner avec les moyens que tu trouverais à disposition sur place.

Jusqu'ici, tu t'en était plutôt bien sortie. Aujourd'hui, un peu moins. Tu avais peut-être visé un peu trop haut en tentant de te battre contre l'ours qui était venu te déranger dans ton sommeil. Tu t'en sortais avec les côtes marquées par les griffes de l'animal qui avaient traversé ta chair et provoqué une effusion de sang. C'était douloureux et assez profond, il te fallait rentrer à Kiri au plus vite afin de te soigner.

C'est donc avec peine que tu t'étais dirigée vers l'orée du village. Tu pestais intérieurement, rageant contre toi-même. Tu n'étais pas assez prudente, tu le savais mais tu voulais toujours te prouver que tu pouvais soulever des montagnes à toi toute seule. Évidemment c'était compliqué. Enfin, tu pouvais te présenter à l'entrée du village et le garde appela l'un de ses collègues dans le but de t'aider à parvenir jusqu'à l'hôpital général de Kiri. Tu remercies brièvement ton accompagnateur et tu lui signifies alors que tu vas pouvoir te débrouiller seule une fois dans l'hôpital.

En réalité, tu te contenta d'interpeller la première personne aux allures de médecin qui passait devant toi. En l'occurence, un homme, les cheveux dorés tombant jusqu'en bas de sa colonne vertébrale et les yeux d'un bleu azur saisissant. Tu lui fais un grand signe pour qu'il pose les yeux sur toi. Tu n'avais pas fière allure à ce moment, te tenant maladroitement la côte droite, les vêtements imprégnés de sang et l'odeur qui devait aller avec. Tu t'en excusais presque mais l'hôpital avait dû en voir de plus belles encore.

— Je crois que j'aurai besoin d'un peu d'aide s'il vous plait...

A peine as-tu terminé ta phrase que tu sens tes jambes se dérober sous ton poids. Ta tête se met à tourner en t'infligeant une migraine insupportable et puis tout à coup, plus rien. Le néant. C'est noir, totalement noir et tu te sens partir. Merde. Il fallait réellement que tu commences à envisager un autre type d'entraînement.



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Ishikawa Chihiro
Ishikawa Chihiro

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Jeu 4 Juil 2019 - 12:30
Ta bourrache semblait te toiser. Tu la fixais de ton regard de bleuet, tes doigts de lys allant la caresser avec douceur ; pas d’inquiétude, ils étaient recouverts de gants. Ses tiges et feuilles couvertes de poil étaient pareilles à une langue de bœuf.
Elle était resplendissante. S’élevant au-dessus des autres fleurs, même de tes très chères plantes carnivores. La borago officinalis était majestueuse. Mais plus solennelle elle était, plus grand était le changement à venir.
Cette fleur représentait ta mère. La brusquerie, la fermeté, l’énergie. Ta mère qui n’hésitait pas à te faire atteindre tes limites, qui t’obligeait même à les dépasser, qui pensait que l’amour ne servait à rien pour un ninja. Ses longs cheveux roux constamment attachés en queue-de-cheval, ses vêtements près de son corps, ses yeux de myosotis, son teint de lilas. Elle était gracieuse mais ne souhaitait pas l’admettre, était du genre à renier sa féminité pour l’efficacité – mais l’un n’empêche pas l’autre, mère. Elle te disait chaque jour de ta vie des « Tiens-toi droite, Chihiro », « Sois plus discrète, Chihiro », « N’écoute que nous, Chihiro ». Et tu obéissais : tu te tenais le dos droit, étais plus discrète, n’écoutais qu’eux.
Oh, bien sûr, tu aimais le village ! Sois claire là-dessus, veux-tu ? Il suffirait qu’on lise ces quelques lignes pour comprendre ce qu’il ne faut pas comprendre, soit que tu ferais n’importe quoi pour tes parents mais pas pour le village. Ce qui était faux, tu étais un ninja de Kiri et ta place était et serait toujours ici. Seulement… nous dirons que tes parents avaient plus d’influence sur toi.

Mais là n’était pas la question. La question était, à vrai dire, très simple : qu’allais-tu faire aujourd’hui ? Il fallait une action qui puisse élever ta famille, faire connaître son nom ; c’était là ton rôle en tant que fille modèle. Tu allais commencer petit ; enfin, reformulons. Tu allais commencer « petit ».
Tu allais commencer par l’hôpital. Tu y apportais régulièrement des herbes médicinales, au moins trois fois par semaine ; à force, on devait te connaître au guichet. Et tu comptais bien continuer jusqu’à y voir une opportunité, quelque chose qu’il ne fallait pas manquer. Tu étais ambitieuse grâce à – à cause de – tes parents, et tu savais que pour devenir quelqu’un de grand, il fallait faire des choses tout aussi grandes.
C’est pourquoi tu cessas de fixer ta bourrache annonciatrice de changement. Tu te redressas, retiras tes gants, t’habillas d’habits roses et noirs – tu portais bien entendu une robe. Lorsque tu ouvris la porte de ta chambre, la première chose que tu vis fut le regard affable de ta mère. Aussitôt, tu reculas d’un pas. Ta mère, affable ? il y avait un problème. Elle s’approcha.
« Chihiro… », commença-t-elle d’un ton qui se voulait sûrement rassurant.
Mais ça ne te rassurait pas.

« Mère… ? répondis-tu avec hésitation. Tes yeux virent les deux pots en verre dans ses mains. Vous avez une tâche à me confier ? »
Elle t’offrit un autre sourire, plus effrayant que le dernier tant il était doucereux.
« Oui. Une tâche… des plus importantes. Tiens, prends ça. » Elle te confia les pots. « Il y en a un troisième, débrouille-toi pour le porter. » Elle posa ses mains sur tes joues légèrement rondes. « Je veux que tu ailles à l’hôpital et que, comme d’habitude, tu proposes ton aide. » Son sourire s’effaça pour laisser place à un visage dur. « Tu n’as pas le droit à l’erreur. »
Tes sourcils se froncèrent et tes yeux s’écarquillèrent face à ce changement de ton si soudain. Tu appréciais pourtant bien plus sa dureté, qui était habituelle. Tu ne fis rien d’autre que hocher la tête ; avec difficulté, vu qu’elle te tenait la mâchoire.
« Bien.
— Bien, qui?
— Bien, Mère. »

Elle te lâcha, puis quitta ta chambre de sa grâce de Vénus.

Tu soupiras, déjà épuisée ; tu étais allée à l’hôpital hier, et tu pensais avoir droit à un jour loin de cette odeur que tu répugnais tant. Mais apparemment, non. Tu devais y retourner, aider comme d’habitude, et apporter plus de pots remplis d’herbes médicinales que nécessaire.
Nouveau soupir. Tu n’osais pas l’admettre, mais les frasques de ta mère t’épuisaient.
Tu ne sais comment, tu réussis à récupérer le troisième pot, que tu collas contre ton ventre, entre les deux autres – qui étaient dans chacune de tes mains. Tu sortis de chez toi, avec difficulté.
Direction l’hôpital ! Youpi…

Une fois arrivée, tu te dirigeas, comme à ton habitude, vers le guichet. Tu étais sur le point de donner ton nom et de dire que tu apportais des herbes médicinales lorsque quelque chose arriva. Tout d’abord, tu n’y fis pas attention ; ce n’était qu’un bruit, une légère nuisance sonore que tu pouvais ignorer assez facilement.
Ce fut l’odeur qui te fit te retourner. Ça puait le sang. Oh, bien sûr, nous étions dans un hôpital ; mais il était rare que l’on sente le sang dans les couloirs.
C’est pourquoi, lorsque tu te retournas, nul doute que tes yeux s’écarquillèrent face au spectacle qui s’offrait à toi. Une jeune femme brune, sur le sol, sûrement en train de tomber dans l’inconscience. Elle saignait à la côte droite, de ce que tu pouvais voir. Ton premier instinct fut de faire un pas vers elle, vivement ; puis, les paroles quotidiennes de ta mère te revinrent en mémoire.
« Tiens-toi droite, Chihiro. »
« Sois discrète, Chihiro. »
« Tu n’as pas le droit à l’erreur. »

Alors, tu te repris. Tu analysas la situation.

Elle saignait. Tu n’étais pas médecin, loin de là, mais si elle perdait trop de sang elle risquait de ne pas être dans un bon état – elle risquait même d’y passer. Peut-être qu’un agent coagulant ferait l’affaire, le temps que les médecins puissent s’occuper d’elle.
Aussi calmement que possible – bon sang, tes mains tremblaient ! –, tu ouvris un pot contenant de l’achillée millefeuille, une plante qui aidait à la coagulation du sang. Tu marchas rapidement jusqu’à la jeune femme effondrée, sourcils froncés et lèvres pincées. Pas très loin, ou peut-être très proche – tu avais soudainement du mal avec les distances – se trouvait un homme aux cheveux blonds et longs – si longs qu’ils atteignaient le creux de ses reins.
Tu t’agenouillas près de la brune en train de perdre connaissance sans cesser de le fixer.
« Vous êtes médecin ? J’ai peut-être de quoi l’aider. » Le temps pressant, tu n’attendis pas sa réponse. « Achillée millefeuille, plante aux propriétés coagulantes. Vous en aurez peut-être besoin. »
Voilà ton opportunité. Maintenant, il ne fallait pas la gâcher.


Dernière édition par Ishikawa Chihiro le Dim 14 Juil 2019 - 9:56, édité 2 fois
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Lun 8 Juil 2019 - 17:22
la brise aux murmures sacrés

ft. Satô Kaya & Ishikawa Chihiro


Été 203, Hôpital général, village de Kiri.


Entre l’ombre de deux mèches d’or, une onde émeraude s’étendait sur les plaies d’une silhouette encore marquée par les rondeurs de l’enfance, refermant brèches et lésions sur son passage méticuleux. De petits soupirs émerveillés franchirent les lèvres du bambin, rapidement épris d’une gêne mêlée de fascination. Ses yeux divaguaient sur les traits de son vis-à-vis, pleinement concentré dans sa tâche. Au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient, les pourtours de sa blessure s’effaçaient jusqu’à ne laisser derrière eux qu’une peau renouvelée et pleine de vie ; bientôt, cette mésaventure ne serait qu’un mauvais souvenir. La paume légèrement halée de l’adulte se posa sur son genou alors qu’il se redressait, avisant cette petite teigne d’une œillade.

« Tout est en ordre, tu peux rentrer chez toi. Mais fais attention à l’avenir. », glissa-t-il alors que sa main se perdait, l’espace d’un instant, dans les cheveux bruns de son patient du jour.

Tandis qu’Aditya adressait un signe de tête entendu à la mère de l’enfant qui l’avait accompagné en ces lieux, une voix perça le silence qui s’était installé dans son esprit. L’azur caché sous ses paupières se glissa sur les courbes de ses environs, jusqu’à ce qu’ils ne s’échouent sur le gabarit d’une jeune femme brune effondrée au sol, dont les vêtements étaient teintés d’une profonde couleur pourpre. Et alors qu’il la rejoignait, visiblement altéré par les meurtrissures qui fendait son flanc, une inconnue se joignit à son concours, les bras emportés par de larges bocaux. Ses sourcils se froncèrent lorsqu’il la vit apposer sur ses plaies une mixture des plus étranges, les mains tremblantes sous le joug du stress. Sa voix fit échos aux demandes de la blessée, quémandant son aide avec une pointe d’affolement.

Pour autant, ses pas ne se dérobèrent pas à ce sentiment partagé et demeurèrent portés par une fervente limpidité. Il s’agenouilla de nouveau, cette fois-ci en faisant face à la demoiselle et prêta une oreille attentive à ses dires. Ainsi, il s’agissait d’une préparation visant à faciliter la coagulation du sang, une denrée qui venait à se raréfiée avec les onguents dont disposait l’hôpital général. Etonnement, ces récipients lui étaient étrangement familiers ; il lui était arrivé d’emprunter quelques parcelles de leurs contenus, lorsqu’il lui fut nécessaire de temporiser les soins d’un patient à l’autre en temps de crise. Mais il délaissa ces réflexions aux frontières de sa pensée, à un temps où il aurait tout le loisir de s’y atteler.

Et tandis que son visage se parait d’une sempiternelle indifférence, la paume d’Aditya vint soulever les pans déchiffrés du vêtement que portait la brune, révélant l’étendue de la blessure en tout point semblable à un coup porté par un animal… ou bien un métamorphe. Ses doigts vinrent s’apposer aux côtés de la plaie avec une attention toute particulière, afin de juger de sa profondeur, et surtout, des artères touchées. Mais visiblement, cette jeune femme était chanceuse ; aucune d’entre elles n’avait été pourfendue, et si l’écoulement sanguin qui s’en échappait était des plus abondants, il n’était causé que par la crevasse qui s’était formé entre ses côtes.

L’un de ses bras se glissa avec douceur dans sa nuque, veillant à ne lui imposer aucun tracas tandis que l’autre vint soutenir l’arrière de ses genoux et qu’il ne se redresse d’un mouvement simple. En la tenant ainsi au creux de ses bras, il avisa un regard vers la rouquine et à ses nombreux pots de verre.

« Suis-moi. », déclara-t-il alors que sa silhouette se voilait dans l’ombre d’un couloir.


[…]


Lentement, son corps vint se reposer sur l'un des lits immaculés laissés à la disposition des patients, quittant ainsi l'étreinte de l'ascèse. Sans attendre, sa paume s'installa au-dessus de son abdomen, frôlant avec légèreté le mélange de plante qui s'y était installé. De l'autre main, il repoussa les pans de ses vêtements qui pourraient empêtrer ses soins avant que ses doigts ne forment un seul et unique signe qui laissait apparaître une lueur de jade aux contours de ses plaies. Petit à petit, certaines de ses effluves s'étendirent sur l'ensemble de son corps en provoquant sur leur passage un profond sentiment de quiétude qui, porté par la nature curative de son chakra, ne tarderait pas à éveiller la demoiselle endormie. Néanmoins, quelques paroles s'échappèrent de ses lèvres à l'attention de la rouquine.

« J'imagine que c'est toi qui amène ces bocaux chaque jour à l'hôpital, je me trompe ? », glissa-t-il en déposant ses iris sur la jeune femme à laquelle il s'adressait.



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Satô Kaya
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Dim 14 Juil 2019 - 21:29
Perdue dans l’obscurité, tu tentes de trouver un appui dans le tourbillon immatériel dans lequel tu te trouves. Tu as l’impression de te noyer, de perdre peu à peu chacun de tes repères. Et puis, la lumière. Une lueur, faible mais présente. Elle grossit, scintille plus fort alors que tu tends les bras dans l’espoir de l’atteindre. Des voix parviennent jusqu’à toi mais il t’est impossible de repérer précisément leur provenance. Et puis, enfin cette lumière t’entoure et te sors de ce semblant de cauchemar dans lequel tu sombrais.

***

Tes paupières s’affolent alors que la lumière de la pièce t’aveugle sans pitié. Quelques secondes suffisent à ce que ta vue s’accoutume à cette luminosité. Un plafond, blanc éclatant. Tu fronces les sourcils. Où es-tu ? Tu veux te relever brusquement mais ton propre corps ne semble pas du même avis. Tu tournes légèrement la tête sur ta gauche, un homme aux cheveux d’or semble veiller sur toi. Il s’adresse à la jeune fille rousse à ses côtés. Tu remarques finalement que tu ne ressens quasiment plus aucune douleur à l’endroit de ta blessure. Les mains de l’homme avaient parcouru ton flanc droit et tu comprends enfin. Evidemment, il est médecin. Tu avais dû t’effondrer dans les couloirs au moment où ta conscience te quittait. Ton angoisse se calme alors, mais une question te turlupine. Qui était l’enfant près de lui ? Elle devait faire partie de l’hôpital, elle n’aurait pas eu le droit d’être là pendant les soins. Et puis la phrase que tu avais entendu dans ton semi-coma te revient. Il semblerait qu’elle fournisse l’hôpital en plantes médicinales. Maintenant que tu y pensais, l’odeur qui émanait de tes soins confirmait cette hypothèse. Tu devais visiblement une fière chandelle à ces deux shinobis.

Alors enfin, tu fais signe à celui qui semble être le médecin que tu es réveillée. Tu lui adresses un sourire reconnaissant en essayant tant bien que mal de t’asseoir sur le rebord du lit d’hôpital sur lequel tu te trouvais. Ta côte droite te fait encore légèrement souffrir mais la douleur est minime comparée à celle avec laquelle tu es arrivée à l’hôpital. De toute manière, ce n’était que le revers de la médaille dont l’avers avait été ton imprudence plus tôt dans la journée. Tu méritais d’en pâtir un minimum, il fallait que tu en tires une leçon. Ton regard se porte ensuite sur la jeune rouquine qui semble se faire discrète dans l’ombre du médecin. Elle avait beau se faire petite, elle avait des connaissances certaines en ce qui concernait les plantes et leurs propriétés chimiques.

— Vous devriez faire de cette jeune fille votre fournisseur manifeste ! Ces denrées sont précieuses et il serait dommage de les laisser s’éteindre dehors quand l’hôpital en aurait sans aucun doute bien besoin.

Tu t’étais longtemps intéressée à ce genre de plantes, toi aussi. Seulement ton intérêt pour la chimie avait laissé place en grandissant à une passion pour le sabre qui ne te permettait pas de te consacrer à quoi que ce soit d’autre. Lorsque tu ne t’entraînais pas, tu étais tout simplement épuisée, incapable de faire fonctionner à nouveau ton encéphale. Alors peu à peu, tu avais cessé de lire sur ce sujet. Cela ne t’empêchait pas de faire attention aux plantes que tu pouvais trouver lors de missions par exemple, certaines t’avaient permis de te nourrir ou de calmer des blessures superficielles. Cependant tes connaissances restaient probablement limitées comparé aux deux ninjas qui te faisaient face.

Et puis tu te rends compte que tu n’as pas prononcé un seul mot de remerciement. Ingrate. T’adressant plus particulièrement au médecin aux gestes doux et maîtrisés, ton faciès dévoile un semblant de gêne.

— Et merci, j’aurai été bien mal en point sans votre aide…


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Ishikawa Chihiro
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Jeu 22 Aoû 2019 - 17:20
Contrairement à ce que beaucoup pensaient, tes pots ne contenaient pas que des plantes en parfait état ; non, tu avais également des mixtures, des préparations qui – pour être honnête – ressemblaient à de la bouillie. À une bouillie d’épinards, plus précisément. Et tu avais un de ces bocaux avec toi : un bocal rempli de « bouillie » d’achillée millefeuille, une plante aux propriétés coagulantes.
Et tu paniquais. Tu paniquais avec ta bouillie à côté de toi, les mains tremblantes, les yeux affolés, la voix pressée ; tu te demandais, dans un coin de ta tête, si ta mère n’était pas devin. Car quel était le pourcentage de chance pour que tu ais juste ce qu’il fallait pour la demoiselle effondrée face à toi ? Ta mère avait, comme toujours, préparé les choses pour toi : maintenant, il ne fallait pas que tu te rates.
Et c’était cela, qui te stressait ; enfin, en plus du fait qu’une jeune femme perdait son sang face à toi et que tu n’avais jamais vu celui des autres couler. Toujours le tien, mais c’était autre chose. Et puis, la situation en elle-même était différente. Tu saignais suite aux coups de ta mère, suite à vos combats où tu perdais toujours ; là, cette jeune femme s’était sans doute battue contre Kami-savait-quoi, et avait perdu de son si précieux liquide rougeoyant suite à cela.

Remettant consciencieusement une mèche rousse derrière ton oreille, tu croisas les mains comme pour une prière et inspiras profondément ; alors, tu expiras, les yeux rivés sur le visage de la jeune femme. Tes mains tremblaient toujours ; mais moins qu’avant. Elles étaient assez stables pour te permettre d’ouvrir avec une fermeté presque professionnelle – si habituelle – le couvercle du pot de bouillie. L’une de tes mains, celle qui ne tenait pas le bocal, alla ensuite se diriger dans la nouvelle ouverture créée. Lorsque tes doigts touchèrent la bouillie froide, tu frissonnas. Tu ressortis alors ta main du récipient ; les doigts couverts de la mixture d’achillée millefeuille – censée guérir les cœurs brisés –, tu t’empressas de l’appliquer avec le plus de douceur possible sur les plaies de la brune désormais inconsciente. Une fois après avoir pris le geste en main, tu tournas les yeux vers l’homme aux longs cheveux blonds. Tu lui demandas avec panique et empressement s’il était médecin, n’oubliant pas de clamer que tu avais de quoi aider la victime allongée sur le sol. Tu en profitas pour expliquer les propriétés de l’achillée millefeuille.
Et il s’approcha avec une grâce qui manqua de te laisser muette. Ce fut comme si votre sauveur, à toi et cette jeune femme, était arrivé. Il s’était agenouillé près de toi, semblant concentré ; tu cessas d’étaler la mixture sur les plaies lorsqu’il approcha sa main. Alors, tu retiras vivement la tienne, comme si vos peaux risquaient de se brûler mutuellement au moindre contact. Il fit alors ce que tu aurais aimé appeler… des trucs de médecin. Car tu ne faisais qu’apporter des plantes médicinales ; tes parents et toi n’étiez pas médecins ; il t’était alors difficile de comprendre ce qu’il cherchait en palpant le corps de la brune, et encore plus difficile de ne pas lui demander pourquoi il faisait une telle chose. Tu ne souhaitais pas le déconcentrer.
Et tel un prince de contes, il glissa ses bras, l’un sous la nuque de la blessée, l’autre à l’arrière de ses genoux ; il porta la princesse endormie comme si elle ne pesait rien, comme si elle était aussi légère qu’une plume. Il te lança un regard ; puis, de sa voix assurément et posément douce, il te dit de le suivre.

Tu restas un instant les bras ballants, toujours agenouillée au sol, à le fixer avec de grands yeux et la bouche entrouverte ; sans vraiment comprendre quoi que ce soit. Ton cerveau semblait avoir cessé de fonctionner. Tu n’avais plus les paroles de ta mère en tête ; plus de « Tiens-toi droite, Chihiro. », « Sois discrète, Chihiro. », « Tu n’as pas le droit à l’erreur. »
Et j’ose te le dire maintenant, à ce moment si important de ta vie morne et fade : tu as le droit à l’erreur. Kami, tu n’es qu’une adolescente ! Ne devrais-tu pas désobéir aux règles, plutôt que de les suivre ? Cesse d’être discrète, crie ta rage comme tu as toujours eu envie de le faire (comme tu n’as jamais osé le faire) ! Tiens-toi droite, par contre, ou tu finiras bossue.
Dans ce cas, suis ce blond si gracieux, suis ce médecin aux doigts habiles, suis cet homme qui te l’a demandé. Alors, tu sus ce que tu devais faire.

Vivement, tu te redressas et pris tes bocaux dans tes mains ; l’un d’eux réussit à se caler entre tes seins, et ç’avait beau être désagréable, ainsi tu pouvais le porter efficacement. Tu en avais oublié tes doigts couverts de bouillie.
Tu courus pour le rejoindre, et le suivis dans les couloirs de l’hôpital.

[…]

Tous ses gestes semblaient destinés à être gracieux. Tu observais avec une fascination que tu peinais à dissimuler les mains de l’homme s’installer au-dessus de l’abdomen de la brune (peut-être chanceuse, en fin de compte ?), repousser les pans de ses vêtements ; puis, faire apparaître une couleur jade en direction des plaies. Tu passas derrière-lui pour aller à sa gauche, toujours un peu derrière-lui, comme si tu souhaitais te cacher ; tu n’étais pas du genre timide ou peu assurée, non ! Disons juste qu’il t’impressionnait presque autant que Père, et que tu te faisais petite face à lui. Néanmoins, il n’avait pas ce parfum de tyrannie ; le sien était plus doux, d’une manière assurée et posée ; il était l’opposé de Père.
Déposant les pots au sol, là où ils ne devraient déranger que toi (c’est-à-dire qu’ils étaient à tes pieds), tu reportas ton attention sur le visage du médecin, plutôt que sur ses mains.
Il venait de te parler, déposant ses iris sur toi, te demandant si c’était bien toi, celle qui amenait chaque jour ces bocaux. Tu n’eus le courage d’affronter son regard ; il te faisait bien trop penser à celui clair de ton père. À la place, tu regardas lesdits récipients. Tu acquiesças sans dire un mot, plaquant une mèche folle contre ton crâne ; tu avais oublié la bouillie sur tes doigts, et t’en étalas sur le cuir chevelu. Mais tu n’en avais cure : tu étais bien trop intimidée par sa majestuosité ; bien que tu aurais pu vouloir te faire plus présentable, ce ne fut pas le cas. Pas cette fois. Car il n’avait pas ce parfum tyrannique. Parce qu’il te mettait à l’aise, qu’il te rassurait d’une manière que tu n’arrivais pas complètement à décrire.
Tu acquiesças donc, plus silencieuse que tu ne l’avais jamais été ; le nez baissé vers tes pieds. Ta main droite agrippa ton poignet gauche ; tu te repliais doucement mais sûrement sur toi-même. Dis-moi, pourquoi te fais-tu si minuscule face à lui ? Toi qui pourrais tenter de le séduire – ça n’avait pas beaucoup de chances de marcher, mais tu pouvais toujours essayer –, de faire la belle ou encore la mignonne, la taquine ou encore l’ingénue. Et pourtant ; pourtant, tu n’en ressentais pas l’envie. Tu ne ressentais pas le besoin de le manipuler, de le charmer, d’agripper son haut pour l’attirer jusqu’à toi, de laisser vos lèvres se frôler. Sans doute ne te laisserait-il pas faire si tu tentais toutes ces choses ; mais qu’importe, car tu ne souhaitais pas ces choses-là.

Tu ne sortis de tes pensées manipulatrices qu’en entendant une troisième voix ; une voix que tu n’avais jamais entendue, une voix féminine. Ta tête se releva légèrement puis se tourna vers le lit où se reposait la jeune femme. Elle parla ; dit que le médecin – l’hôpital – devrait faire de toi son – leur – « fournisseur manifeste ». Ton cœur s’accéléra face à ce que tu considéras comme des paroles gonflant ton ego. Sans toi, nul doute que le monde continuerait de tourner. Néanmoins… n’insinuait-elle pas que sans toi, justement, les herbes n’arriveraient pas jusqu’à l’hôpital et resteraient perdues à jamais dans la nature ? Il fallait dire que tout amour des plantes t’avait rendue – tu aimais le penser ainsi – experte en la matière ; ou, si pas tout à fait experte, au moins assez connaisseuse sur le sujet pour pouvoir aider. C’était amplement suffisant. C’était l’une des rares choses que t’avaient demandé tes parents et que tu avais réussie.
Lorsqu’elle remercia le médecin, ta main agrippa ton poignet un peu plus fortement ; malgré tout, il semblât que tu ne servais à rien. Tes efforts pour la soigner avaient-ils été vains ? La mixture préparée n’avait pas eu un grand rôle, il fallait l’avouer : les mains du médecin, elles, avaient été les principales actrices de cette pièce. Que dirait ta mère, si elle te voyait ? T’offrirait-elle un regard déçu, bras croisés et sourcils plissés ? Et ton père ? Oh, rien que de penser à lui, ta silhouette se ratatinait, ta tête se cachait dans tes épaules, tu fixais le mur avec stupeur et tremblements. Ses longs cheveux sombres, ses yeux bien trop clairs, sa posture droite et fière… tout chez lui puait la tyrannie. Et lui, alors ? Qu’aurait-il dit ou fait en voyant que tes efforts semblaient avoir été vains ? Sans doute t’aurait-il offert châtiment pire que la violence physique : l’ignorance. Oui, ignorer, là était son mantra.

« Je m’excuse de ne pas avoir été d’une grande aide. »

Ces mots quittèrent tes lèvres rosées, tandis que tes yeux de bleuet glissaient sur la brune puis le blond. Tu n’étais pas du genre à t’excuser, sauf avec tes parents ; et justement, tu avais pensé à eux. La brune ne te rappelait personne, mais le blond, si l’on enlevait sa senteur d’assurée douceur, te faisait penser à Père. Père et son parfum de tyrannie. Pourquoi était-il présent ? Pourquoi, lorsque tu clignais des yeux pour cacher tes iris tremblants, tu le voyais à la place du blond ; mais surtout, pourquoi perdais-tu le contrôle juste parce que l’on ne t’avait pas félicitée ? Était-ce parce que tu n’étais qu’une adolescente frêle qui se faisait passer pour un tigre féroce ? une adolescente victime de sa propre famille ; sûrement.

« Excusez-moi, la prochaine fois je me rendrai plus utile ! »

Tu t’inclinas vivement, mains sur les cuisses, cascade rousse devant le visage. Tes doigts couverts de restes de bouillie se touchaient.
Puis cela te frappa : ils ne connaissaient pas ton nom. Devais-tu le leur donner ? Après tout, tu avais raté ton opportunité, n’étais qu’un échec, celui de tes parents. S’ils avaient ton nom, ils pourraient remonter jusqu’à ta famille, et tes géniteurs t’en voudraient sûrement à vie pour cela. Toi, trop inquiète ? Jamais !
Après de longues secondes inclinée, tu te redressas lentement et gardas la tête baissée ; des mèches de cheveux rebelles étaient restées devant ton si joli minois. Tu osas néanmoins lancer un regard à la brune ; elle aussi te rassurait. Enfin… en quelque sorte. Elle n’avait pas la même aura que le médecin, mais elle semblait… sympathique ? Oh, et voilà que tu commençais à penser du bien des gens ! Quel croque-mitaine tu faisais.
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Aditya
Aditya

La brise aux murmures sacrés — ft. Aditya et Chihiro Empty
Sam 28 Sep 2019 - 21:22
Ses paupières se plissèrent lorsqu’il aperçut le discret hochement de tête de la rouquine, empreint d’une certaine pudeur, peut-être même de crainte. Ses petites mains, tâchées par le contenu des pots déposés au sol, venaient teinter les mèches recouvrant son front, comme si elle cherchait à s’effacer, à se ratatiner. L’ascèse aurait tout aussi bien pu attendre autant qu’il aurait voulu pour croiser son regard ; elle ne semblait pas déterminée à s'arracher à la contemplation de ses pieds. Les traits de son visage s’apaisèrent, revenant à leur nature avenante.

Ses iris revinrent se poser sur l’endormie de Morphée et glissant sa main dans son dos lorsqu’elle tentait de se relever avec lenteur afin de s’assurer que ses mouvements ne soient pas trop brusques à l’orée de cette nouvelle blessure ; bien qu’elle se résorberait seule grâce à son chakra, rien ne servait de l’aggraver inutilement. Un fin sourire naquit sur ses lèvres lorsque les paroles de la brune résonnèrent dans le silence, tandis que son index traçait un schéma illusoire sur son flanc, imprégnant sa peau d’un symbole qu’un œil avisé saurait reconnaître comme étant le fruit du Fuinjutsu. Et alors qu’il formulait un mudrā singulier, celui-ci prit la relève de sa paume et entreprit de fournir à ses plaies tout le chakra nécessaire à leur disparition. D’une œillade, il avisa la réaction de la rouquine à ses dires. Son visage demeurait fermé, comme teinté de la profonde réflexion qui habitait son esprit, retranscrite au travers de l’absence de ses gestes. Sa voix se joignit à celle de sa patiente pour intimer son accord d’une voix assurée et paisible ;

« Vous avez sûrement raison. »

Finalement, la rouquine laissa s’échapper quelques paroles à son tour – des excuses, mortifiée. Au fond de lui, Aditya se demandait quel traitement elle avait bien pu recevoir pour dévaloriser ainsi ses propres actions, et pour n’oser croiser leur regard que lorsqu’elle demandait leur pardon. Et lorsqu’il la vit s’incliner, se blâmant tant par elle-même, ses paupières se plissèrent un peu plus. Sa silhouette se détourna d’elle, rejoignant de quelques pas un meuble sur lequel était posé un bassin remplit d’eau – devenue tiède, désormais, depuis l’aurore où l’on l’avait déposé – et d’un linge blanc, terni par l’usage. Ses paumes s’y engouffrèrent, tenant en leur creux ce fameux tissu, l’imbibant puis le séchant avec délicatesse. Lorsque les dernières rémanences d’humidité s’échappèrent de ses fibres, l’ascèse revint auprès du lit, se tenant face à la jeune femme dont les brins roux dissimulaient ses yeux à sa vue. Et alors, avec une lenteur trahissant toute la douceur de ses gestes, ses doigts vinrent se lier aux siens, relevant sa paume en direction du plafond.

Tour à tour, la caresse du linge vint se glisser sur sa peau, emmenant avec elle tâches et résidus de ses concoctions, couvée du regard par l’ascèse qui veillait à ce qu’aucun de ses mouvements ne soit rêche, ou blessant. Son index recroquevillé vint relever le menton de la demoiselle sereinement, rencontrant pour la première fois ses iris dont la couleur égalait celle qui trônait au creux de ses paupières, au travers de quelques mèches d’or. Sa main vint guider le tissu sur son visage, remontant jusqu’aux brins roux recouverts de sa mixture botanique, s’évertuant à en retirer les mêmes sédiments. Et au fil de ses soins, son regard se perdit dans le vide, fixant ses propres gestes alors que sa voix s’élevait entre lui et l’inconnue sur le ton de la confidence.

« En tant que médecins, notre mission est de soigner le plus de patients que nous le pouvons, grâce à notre chakra. C’est une manière efficace de refermer des blessures, de replacer et réparer des muscles, des os. », ses doigts s’échouèrent sur l’un des côtés du visage de la demoiselle, dégageant quelques mèches de ses cheveux de son regard. « Cependant, nous ne sommes que des hommes, qui fatiguent au gré de l’aide qu’ils apportent. Nos réserves se vident, jusqu’à ce qu’à un moment donné, nous ne soyons plus en mesure d’utiliser nos capacités pour venir en aide à autrui. D’ordinaire, un autre vient nous remplacer, le temps que nous puissions reprendre notre travail. Mais dans les temps de crise, nous ne pouvons pas nous permettre une telle chose. »

Une nouvelle pigmentation fut effacée par ce linge, dissimulée derrière sa chevelure. Sa peau frôla la sienne avec une tendresse égale à celle qui avait teinté ses mouvements plus tôt, tandis qu’il poursuivait ses dires sur le même ton posé.

« Dans ces moments-là, nous devons trouver un moyen de revenir à une médecine plus traditionnelle, plus lente, et moins effective. Ou bien nous pouvons choisir de stopper l’avancée d’une blessure à l’aide d’un onguent, et de se focaliser sur les patients dont les maux sont d’une telle gravité qu’ils requièrent notre attention de manière immédiate. Des mixtures comme les tiennes. »

Le linge, désormais couvert d’écume verdâtre, roula sur ses mèches rousses une dernière fois, tandis que les gestes du blond trouvaient une fin, s’échappant du visage de la jeune femme désormais exemptée de toute souillure médicinale. Avec une lenteur déconcertante, Aditya vint dépouiller ses propres mains de tâches similaires, son regard ayant quitté les traits de sa vis-à-vis pour rejoindre ses paumes. Cette fois-ci, ses paroles ne reprirent pas, laissant un silence lourd de sous-entendus s’instaurer entre eux, tant pour lui laisser le temps de comprendre ses paroles que d’en réaliser le sens.

Ce ne fut que lorsque ses doigts furent aussi immaculé que le visage de l’inconnue que sa voix s’éleva une nouvelle fois, son ton toujours inchangé ; comme s’il souhaitait apaiser des maux dont il n’avait aucune connaissance.

« Sache que tes pots ont sauvé bien plus de vie que tu ne pourrais en avoir conscience, à tel point que leur contenu est devenu essentiel pour nous, lors d’évènements tel que le cataclysme provoqué par le Dieu de l’Eau. »

Son regard revint se ficher au creux de ses prunelles alors qu’il froissait le linge entre ses doigts, avec une telle ferveur qu’il semblait pouvoir lire en elle comme un livre ouvert, témoignage de la sincérité des paroles qu’il venait de prononcer.

« Je n’étais pas à l’hôpital à ce moment-là, mais sur le front ; pourtant, mes collègues n’ont cessé de me questionner à propos de la personne qui les apportait, pensant que j’en connaîtrais la réponse. », il laissa un bref moment de flottement s’installer alors qu'il révélait une chose qu'elle devait déjà connaître – son implication dans l’événement en tant que « Héros de Mizu » – avant de reprendre le flot de ses paroles, sans une fois rompre leur échange de regard. « Si je t’ai demandé si c’était de toi dont il s’agissait, ce n’était pas pour te faire un quelconque reproche, mais pour te remercier, au nom des personnes dont nous n’avons pas eu à sacrifier les blessures pour venir en aide aux plus gravement touchés. »

Ses yeux demeurèrent quelques secondes de plus sur son visage, comme pour ancrer ses mots dans le silence avant que son attention ne revienne sur la brune. Dépassée, il semblait qu’elle s’était de nouveau abandonnée au sommeil. Et de cela, Aditya s’en contenta ; ses blessures guériraient bien plus vite, si elle laissait son corps faire ce qu’il savait faire de mieux. Se réparer, revenir à lui, vivre.

Ses genoux ployèrent devant la jeune femme, s’asseyant sur les draps nacrés. Ainsi, il devait certainement égaler la taille de sa vis-à-vis, rendant leur échange plus agréable pour celle-ci – peut-être la dépassait-il encore de quelques centimètres, une dizaine, tout au plus, néanmoins cela ne changeait rien.

« Comment t’appelles-tu ? », demanda-t-il en désignant le tabouret de liège qui trônait aux côtés du lit.



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