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[Mission B] Contre-coup ! [PV Hada Susumu]

Hagiwara Kentaro
Hagiwara Kentaro

[Mission B] Contre-coup ! [PV Hada Susumu] Empty
Lun 8 Aoû 2022 - 18:03
Contre coup Suite à l'attaque des Inuzuka, il y a de nombreux dommages en ville. Il va falloir urgemment s'occuper de l'estimation des dommages et réparations des lieux importants.


  • Évaluer les dommages sur le pont et les bâtiments principaux
  • Recruter les artisans nécessaires aux réparations
  • Aider au maximum les artisans dans leurs travaux grâces aux arts ninjas
  • Faire votre rapport.


En cas de mission avec uniquement des soldats, ils sont exceptionnellement autorisés à sortir du village pour réaliser leur mission.


« Tout bonheur commence par un petit déjeuner tranquille. »
De Somerset Maugham, écrivain anglais.

« Non, papou ! Moi, pas envie de manger ça… »

Assise sur sa chaise haute, Ayumi affichait une mine boudeuse face à son assiette. Je me retins de pousser un profond soupir de désespoir. Je n’avais malheureusement pas eu le temps de faire les courses et ce que je proposais à ma fille ne lui convenait définitivement pas.

« Je suis désolé, Ayumi, mais je n’ai rien d’autre à te proposer pour le petit déjeuner. »

Je n’aurais pas dû avoir mon rejeton de trois ans aujourd’hui. Hélas, par un malheureux concours de circonstances, ma mère me l’avait déposé à l’aube avant de partir faire je ne sais quoi. En effet, la nourrice était tombée malade. Elle avait chargé son fils aîné de prévenir les familles des enfants qu’elle gardait. Bien mal lui en a pris ! Sa progéniture était connue pour être un alcoolique notoire depuis que son père avait quitté le foyer quelques années auparavant. Depuis, il écumait les bars et vivait au crochet de sa mère. De ce fait, le message n’était jamais arrivé jusqu’aux familles.

« Moi, je veux aller manger avec les copains chez nounou. Pas bon, le petit déjeuner chez toi, papa ! »

[Mission B] Contre-coup ! [PV Hada Susumu] 3kcu
Ayumi, trois ans, fille de Kentaro.

Je devais rester calme et ne surtout pas montrer à mon enfant à quel point j’étais dépassé par la situation. Hatsuka aurait su quoi faire. Pourquoi était-ce si difficile d’être père ? Pour certains, cela semblait si naturel. Pour d’autres, cela demandait beaucoup de travail et d’efforts. Je faisais partie de la deuxième catégorie. J’entrais même dans la classe des géniteurs de bas-étage, ceux qui étaient incapables de faire un pas sans se casser la gueule ou se manger un mur dans les dents à chaque fois qu’ils essayaient de faire au mieux. Pourtant, rien ne nous arrêtait : on continuait, inlassablement ! Le métier finirait bien par rentrer.

Mon regard se posa sur la tranche de pain couverte de confiture. Je comprenais qu’Ayumi n’est pas envie de la manger. La tartine était toute rabougrie et la marmelade - bien que préparée par ma mère - avait la texture d’un slime en convalescence. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Elle avait complètement raison : ce petit déjeuner était naze. Je n’avais pas envie de sortir faire des courses par un temps pareil. Durant la nuit, les nuages avaient largué sur la capitale des centaines de milliers de flocons : les rues étaient recouvertes d’un centimètre de poudreuse. De plus, il faisait un froid à faire pâlir de jalousie les pingouins du Père Noël.

« Nounou est malade, mon bébé. »

Ayumi me reprit en ronchonnant.

« Moi, pas un bébé, papa. »

« Pardon, ma puce. Je… Nounou ne peut pas s’occuper de tes copains et toi aujourd’hui. Elle a attrapé un vilain rhume… »

Je ne savais pas exactement ce qu’elle avait mais cette explication suffira amplement pour une petite fille de trois ans.

« … et le médecin lui a dit de se reposer. »

« Quand est-ce que nounou arrête de se reposer ? »

« Je ne sais pas, ma chérie. »

« Pourquoi tu ne sais pas ? »

« Je ne suis pas docteur. Je ne connais pas les remèdes pour… »

« C’est quoi « remèdes », papou ? »

« C’est un synonyme de « médicaments ». »

« C’est quoi « synonyme », papou ? »

Les questions ne finiront-elles jamais ?

« Un synonyme c’est un mot différent d’un autre mot mais ces deux mots veulent dire la même chose. Par exemple, médicaments et remèdes sont deux mots différents mais ils ont la même signification. »

Ayumi poussa un soupir et se prit la tête entre les mains.

« Toi utilises des mots compliqués pour ma tête, papou. Moi, j’ai mal dedans ma tête maintenant. »

Dans une autre vie, ma fille a dû être comédienne.

« Est-ce que tu veux boire un peu d’eau, ma puce ? »

Plusieurs coups retentirent contre la porte d’entrée. Je priais pour que cela soit un membre de famille - ou mieux, la nounou ! - qui venait récupérer la demoiselle. Ma progéniture poussa un petit cri et tendit les bras dans ma direction.

« Moi aussi je veux ouvrir la porte à notre invité. »

Ma fille m’impressionnera toujours. Elle avait de la suite dans les idées. Avant même que je puisse faire quoi que ce soit, elle avait sauté sur l’occasion pour échapper au petit déjeuner. Je la pris dans mes bras et nous allâmes ensemble voir qui pouvait bien nous rendre visite à une heure aussi matinale. Quelle ne fut ma surprise de voir un coursier de mon unité, un ordre de mission à la main. Cela ne pouvait pas plus mal tomber ! Je n’avais personne pour garder Ayumi aujourd’hui.

« Bonjour monsieur. Bonjour mademoiselle. »

Il me tendit le bout de papier.

« Ordre de mission prioritaire. »

Mon rejeton salua rapidement le messager et attrapa la feuille, bien décidé à regarder ce qu’il y avait à l’intérieur. Elle sera fortement déçue lorsqu’elle verra qu’elle ne contenait que des mots écrits à l’encre noire.

« Bonjour monsieur. Je vous remercie pour le déplacement. Est-ce que vous… »

L’une des petites mains d’Ayumi vint se poser sur ma joue. L’autre me tendit l’ordre de mission dans un geste de triomphe : il ne lui aura pas fallu longtemps pour l’ouvrir. Une petite mine satisfaite se dressait sur le visage de ma fille.

« Papou ! Quoi qu’il dit l’ordre de mission ? »

Je jetais un rapide coup d'œil au contenu de la missive. Ah. Ordre à effet immédiat. Il fallait s’y mettre tout de suite. Deux points noirs assombrissaient pourtant le tableau. En premier lieu, je n’avais personne à qui confier ma fille : je n’avais d’autres choix que de l’emmener avec moi. Heureusement pour nous, les objectifs de la mission se trouvaient au sein même de la capitale. En second lieu, c’était le nom de mon partenaire. Hada Susumu. Je n’avais aucune idée de qui était ce personnage. La peur de me faire juger par cet énergumène était grande… bien trop grande.

« Papou… toi fâchais parce qu’on n’a pas pu manger le petit déjeuner avant de partir pour la mission ? »

Le début de cette journée ne pouvait pas être pire pour mes nerfs. Contrairement à moi, Ayumi prenait ça avec philosophie. Son air ronchon avait disparu. Elle semblait même ravie de partir en mission avec moi. Dans sa tête, il ne pouvait en être autrement.

« Je… Non, ma puce. On trouvera le moyen de prendre le petit déjeuner. »

Si je n’en prenais pas, cela me concernait. Toutefois, il était hors de question que mon bébé (même si Ayumi détestait que je la surnomme ainsi) saute un repas. Mon regard se porta de nouveau sur le coursier.

« Veuillez m’excuser… Avez-vous déjà distribué un ordre de mission à… »

Je jetais un nouveau coup d'œil à ma missive.

« … Hada Susumu ? »

J’espérais bien prononcer son prénom.

« Non, pas encore. Souhaitez-vous que je lui fasse passer un message ? »

« Euh… oui, avec plaisir. Je… »

Je jetais un coup d'œil à la grosse horloge se trouvant dans l’entrée.

« Pourriez-vous lui dire que je lui donne rendez-vous à neuf heures et demie au Château Ambulant ? C’est un salon de thé dans le quartier marchand, pas loin du poste de garde qui se trouve sur la place dudit quartier. J’offre le petit déjeuner. »

La petite voix d’Ayumi se fit entendre.

« Moi aussi, je lui donne rendez-vous pour le petit-déjeuner ! »

Le contraire m’aurait étonné. J’ajoutais, d’un air gêné :

« Euh… Pourriez-vous également prévenir Hada Susumu que ma fille de trois ans sera avec moi… s’il vous plaît ? »

Devant le regard interloqué du coursier, je crus bon de préciser :

« Problème de nounou. Je ne peux malheureusement pas faire autrement. Je me chargerais d’expliquer le comment du pourquoi à mon partenaire de mission. »

Les préparatifs pour se rendre au Château Ambulant me parurent interminables. Ayumi avait beaucoup de mal à se concentrer tant l’excitation était présente. D’un côté, elle était heureuse d’avoir échappé au petit déjeuner que je lui avais préparé. D’un autre, elle ne cachait pas sa joie d’aller dans un salon de thé pour son premier repas de la journée. Elle m’expliqua d’ailleurs pourquoi c’était - selon elle - le meilleur endroit pour bien débuter une mission. Et oui ! Ma fille avait un avis sur absolument tout et n’hésitait d’ailleurs pas à le partager. Il paraît qu’elle tient ça de moi.

Lorsque nos affaires furent prêtes, j’installais Ayumi dans son boubou. Je dus m’armer de patience pour lui expliquer que nous jouerons plus tard dans la neige. Je pris le sac contenant nos affaires et, après avoir bien vérifié que la porte d’entrée était fermée à clé, nous prîmes la direction du quartier marchand. Durant le trajet, ma fille commenta à peu près tout ce qu’elle voyait. Nous arrivâmes au Château Ambulant vers neuf heures vingt. Parfait. Je n’aurais pas apprécié être en retard. Une voix chaleureuse vint nous accueillir.

« Bonjour, monsieur. Bienvenue au Château Ambulant. Je suis Yüna, votre ser… Oh, monsieur Hagiwara. Je ne vous avais pas reconnu avec toutes ces couches de vêtements. »

[Mission B] Contre-coup ! [PV Hada Susumu] W1ib
Yüna, serveuse au salon de thé Le Château Ambulant.

Je répondis sur le même ton.

« Bonjour Yüna. Toujours aussi belle et chaleureuse. »

Ayumi ne se fit pas prier pour acter sa présence. L’une de ses petites mains vint s'agripper à mon épaule, tandis que l’autre saluait notre interlocutrice.

« Coucou Yuyu ! »

« Oh ! Je vois que vous n’êtes pas venu seul aujourd’hui. Bonjour Ayumi, bienvenue au Château Ambulant. »

« Nous sommes venus prendre le petit déjeuner. Serait-il possible d’avoir une table un peu à l’écart qui donne sur la cour intérieure, s’il te plait ? »

Je jetais un petit coup d'œil dans la salle. Je ne vis aucun uniforme. Ce regard n’échappa pas à l’oeil expérimenté de Yüna.

« Bien sûr. Vous attendez quelqu’un ? »

« Hum… J’ai donné rendez-vous à un certain Hada Susumu. J’ai reçu un nouvel ordre de mission ce matin-même et cet homme est - selon la missive - mon partenaire. Malheureusement, je ne l’ai encore jamais rencontré et… Je me suis dis que se donner rendez-vous autour d’un petit déjeuner pour parler des détails était plus sympathique ! »

« Papou ! Papou ! Mon ventre fait graou graou ! »

Je rougis. On allait finir par croire que je ne nourrissais pas ma fille. Je crus bon de donner une explication à Yüna.

« Sa nounou est malade… »

« Oh, ne vous inquiétez pas, monsieur Hagiwara. Vous n’avez pas à vous justifier. Je sais que vous faites ce que vous pouvez pour votre fille. Venez… Je vais vous installer. »

[Mission B] Contre-coup ! [PV Hada Susumu] D0q2
Cour intérieure du Château Ambulant.

Elle nous installa à l’écart, non loin de la cour intérieure. Bien que les portes donnant sur le patio soient ouvertes, il ne faisait pas froid. Il n’y avait aucun courant d’air. Cela faisait parti du charme et des mystères du Château Ambulant. Yüna nous apporta les cartes.

« Je viens de me renseigner et nous n’avons encore aucun client de ce nom dans l’établissement. »

Avec un clin d’oeil, elle ajouta :

« Dès qu’il se présente, je le dirige vers votre table. »

« Je vous remercie, mademoiselle Yüna. »

Je passais très vite une première commande. Le petit monstre qui m’accompagnait n’était pas très enclin à attendre plus longtemps pour se rassasier.

Résumé:

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Dernière édition par Hagiwara Kentaro le Mer 7 Sep 2022 - 18:09, édité 1 fois
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Hada Susumu
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Mer 10 Aoû 2022 - 15:25
L’hiver c’est chiant... Faut mettre cinquante couches pour éviter ce froid qui vous dresse les poils, qui du coup encombre vos mouvements. Comment je fais pour exhiber mon superbe corps moi après, hein ? Puis, si encore on gelait simplement dehors, ce serait bien, mais si on ne chauffe pas chez soi, on devient des esquimaux ! Je suis passé qu’une fois à Yuki no Kuni, je vous jure que ça a été vite fait. Le temps d’un petit contrat de mercenaire et hop, j’ai filé rapidement de cet enfer glacial. J’ai bien failli y perdre mes orteils là-bas. Moi je préfère la chaleur de Suna ! Le bon vieux désert, une chaleur qui fait flancher les plus faibles, un endroit où on peut fièrement montrer son corps, le faisant devenir sexy lorsqu’une fine couche de transpiration le recouvre. Bon bien entendu ça n’est attirant que si vous êtes sculpté, sinon l’effet fonctionne moins bien, voire produit un effet inverse.

Pas besoin d’en dire plus, on comprend bien que cet homme n’apprécie guère la saison, surtout en cette météo. La neige tombe, recouvrant déjà le sol de quelques centimètres. Dans ces moments, cet individu perd son enthousiasme, ne parvient plus à se divertir comme à son habitude, tombe dans la mélancolie et l’attente. Portant un large manteau bien chaud, ainsi que recouvert d’une couverture, il lance son par la fenêtre, regardant le temps passer. Alcool et femme ne l’attirent plus, la vie devient terne. Pourtant, ces deux-là peuvent réchauffer son corps si frileux, mais rien ne parvient de l’extirper de cet état. Du moins, il existe une solution. Là où la débauche est son quotidien, en cette période, il se peut que l’homme parvienne à devenir plus travailleur, ayant besoin de passer le temps. Il s’était alors rendu plutôt au Palais Impérial, recherchant des possibles missions à effectuer, signalant sa disponibilité auprès des autorités en charges des assignations. Il semble même qu’aujourd’hui soit le bon jour. Un homme habillé tel un coursier arrive devant la propriété, toquant à la porte et faisant passer sa voie à travers.

« Bonjour. J’ai un ordre de mission pour Hada Susumu. Ceci est urgent.

- J’arrive... »


Le misérable quitte son tableau de désespoir, arrivant lentement à la porte pour y accueillir le délivreur de nouvelles. En ouvrant la porte, un vent vient glacer les chevilles découvertes du soldat. Celui-ci en frisonne un grand coup, venant même éternuer sur le pauvre coursier.

« Oh pardon. Je gère assez mal le froid. Je prends rapidement l’ordre puis je referme.

- Uh... Attendez, j’ai un message en plus. De la part de votre compagnon, Hagiwara Kentaro, pour cette mission il vous demande de le rejoindre. L’adresse c’est...

- Atchaaaaaaa ! Désolé... Je vous avais prévenu. Bon on se dépêche, où je dois aller ?

- … Château Ambulant... Salon de thé... neuf heures et demie... Au revoir.

- Merci, bonne jour ATCHAAAA ! ...née à vous. »


Le transporteur de messages était déjà parti en courant, ne voulant pas subir plus longtemps les projections de salives de son interlocuteur.

Bon, plus qu’à me mettre au travail maintenant. Ça va me faire du bien de bouger un peu, je commençais à en avoir marre de rester cloîtrer chez moi. J’espère simplement que je ne vais pas éternuer toute la journée, puis encore moins choper un rhume de merde. Aller, je vais m’habiller bien chaudement, ça suffira.

De grosses chaussettes, cachées par de grandes bottes recouvrant une bonne partie des mollets. Un maillot au corps, puis un pull, puis une veste, puis un manteau à fourrure avec capuche pour finir. Le plus léger est le pantalon, assez ample pour venir recouvrir les bottes. Il paraît que mise à part le haut du corps et en dessous des genoux, l’homme ne soit pas si sensible au froid. Se croyant enfin prêt, il met un premier pied dehors, qu’il regrette rapidement. Malheureusement pour lui, il ne possède rien de plus chaud à se mettre, le forçant à devoir continuer à marcher dans le froid, jusqu’à atteindre le point de rendez-vous.

Pouah mais c’est inhumain. Quand je vois tous ces gens moins habillés, marcher comme si de rien n’était, ça me donne la chair de poule. Bref, je suis arrivé, je vais pouvoir enfin me réchauffer un peu.

« Bonjour, monsieur. Bienvenue au Château Ambulant. Je suis Yüna, votre serveuse. Que puis-je pour vous ?

- J’ai un rendez-vous avec un dénommé... Gentaro ? Hagimara Gentaro. Savez-où s’il est ici ?

- Hmm... Aucune personne de ce nom ne s’est présentée, mais un client sous le nom de Hagiwara Kentaro se trouve ici, attendant une personne, Hada Susumu. Est-ce vous-même ?

- Ha oui c’est bien moi.

- Bien suivez-moi alors s’il vous plaît. »


L’invité suit la demoiselle, qui finit par pointer du doigt la table où attendent deux autres personnes. Au départ, l’arrivant ne se pose pas plus de questions, faisant surtout attention au froid pouvant venir de la cour intérieure à côté. À mesure qu’il avance, il distingue mieux les silhouettes et les fixe, voyant bien un homme bien portant et mûr, contrairement à ce qui est juste à sa droite. Une enfant, un petit bout de chair humaine qui se délecte de quelques gourmandises en cette matinée. Sur le coup, l’homme tourne les talons, se disant que la serveuse s’est simplement trompée. Mais en la rattrapant, elle confirme bien que c’est bien à cette table qu’il est attendue. Il retourne donc en sa direction, en allant jusqu’au bout cette fois.

Mais qu’est-ce que c’est que cette connerie ? Pourquoi une gamine est là ? Mais qui emmène une gamine à un rendez-vous pour une mission ? J’en ai vu des choses, mais là c’est quand même une première. Bon... Je vais tranquillement poser mon cul et voir avec ce gars, pour comprendre la situation. Je vais essayer de la jouer façon comédie...

« Hey ! Je suis Hada Susumu. Tu dois être Gentaro non ? Enchanté. Et toi ma puce, que vient faire une grande fille ici, hein ? Tu sembles avoir un bon appétit dit donc ! Ça me donnerait presque envie d’en faire de même hahaha ! »
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Hagiwara Kentaro
Hagiwara Kentaro

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Mer 7 Sep 2022 - 18:17
« Il faut se débarrasser des casse-tête. On ne vit qu’une fois. »
De Charles Aznavour, chanteur et acteur français.

Alors que je surveillais du coin de l'œil Ayumi, j’embrassais du regard le reste de la salle… du moins, celle que notre position me permettait d’observer. Il n’y avait pas foule ce matin. Étrange. Cet établissement était bien plus vivant dans mes souvenirs. Les conjonctures actuelles pouvaient expliquer en partie le peu de clients : les révoltes, les guerres civiles, les soulèvements, et j’en passe ! Beaucoup trop par rapport à ce qu’un peuple pouvait supporter. Si certains avaient su tirer profit de ces sanglantes situations, le commun des mortels avait souffert. C’était un cercle vicieux sans fin.

Ces derniers temps, il m’arrivait souvent de me demander à quoi ça servait, tout ça. Il suffisait que je pose mon regard sur ma fille pour trouver une réponse à tous mes doutes. En tant que père, j’espérais pouvoir la protéger des horreurs de la vie, cherchant à construire inlassablement un avenir pour elle et les enfants de notre Empire, et plus largement de tous ces petits êtres vivants, peu importe l’endroit où ils vivaient. Ils n’avaient pas à pâtir des erreurs de leurs aînés. J’espérais sincèrement que la mission d’aujourd’hui nous permettrait d’aller dans ce sens. Une reconstruction pour un avenir meilleur, plus lumineux…

La clochette de la porte d’entrée se fit entendre. Un échange entre Yüna et une voix masculine se fit entendre. Ce n’était qu’un bruissement, des sons qui s’entrechoquaient. Impossible d’entendre le contenu exact de cette discussion. La vérité était que l’angoisse montait doucement mais sûrement au fur et à mesure que l’heure fatidique de la rencontre approchait. Je n’étais pas rassuré qu’un homme dont je ne connaissais que le nom et le prénom puisse rencontrer ma fille. Je savais que c’était un cas de force majeure. Mais, tout de même ! Heureusement pour moi, cette mission se déroulait au sein de la ville.

De loin, je vis Yüna indiquer notre table à un homme. Celui-ci s’approcha et se ravisa. Tant mieux, si c’était une erreur. Cet homme ne m’inspirait pas confiance. Voyons les choses en face. Que cela soit lui ou un autre… aucun d’entre eux ne m’inspiraient confiance quand il s’agissait de ma fille. Je prenais la situation bien trop à coeur. Ah… bah si, c’était vraiment mon compagnon pour la mission. La couche de vêtements qu’il portait en haut était vraiment impressionnante. Le coursier avait donc bien transmis les informations. Ah… non, pas toutes semblerait-il.

Je n’arrivais pas à savoir s’il savait ou non que ma fille serait là ce matin. Il était aimable, savait manier aisément les mots, cherchant certainement à établir dès le départ un climat de confiance. Ses yeux rouges étaient particuliers. Ils entraient en contradiction avec la jovialité de ses mots. Ayumi n’était absolument pas perturbée par la présence du nouveau venu. Bien au contraire. Elle n’en avait que faire de son regard rougeâtre, de ses vêtements et de la couleur de ses cheveux. Le contenu de son assiette lui importait bien plus que tout le reste. Pourtant, c’est elle qui engagea la conversation avec cet Hada Susumu.

« Coucou Mumu. »

Elle croqua avidement dans son petit pain au lait, après l’avoir trempé directement dans le pot de confiture. Mon rejeton reprit son discours, la bouche à moitié pleine :

« Papou te cherchait tout à l’heure. Même que tu n’étais pas encore là ! »

Je dus intervenir rapidement car, en voulant discuter avec notre invité, quelques morceaux de son petit-déjeuner s’échappèrent par inadvertance de sa bouche.

« Hop ! Attention, ma puce ! »​​

J’attrapais une serviette en papier et vins lui essuyer la bouche.

« Salutations sur toi, Susumu. »

Malgré les réserves que j’émettais au sujet de cet homme, je me devais de rester courtois et poli. Après tout, nous avions une mission d’un certain niveau à remplir ensemble.

« Je te remercie d’avoir accepté de nous rejoindre ici. »

Je lui tendis la carte du salon de thé.

« Je t’en prie, choisis ce qui te fait plaisir pour le petit déjeuner. C’est moi qui offre. »

« Moi aussi choisir ce qui me fais plaisir, papou ! »

Le contraire m’aurait étonné.

« Finis déjà ce que tu as dans ton assiette, ma puce. »

« Mais, papou ! »

« Hum… Oui ? »

« Moi, j’ai encore beaucoup de place dedans mon ventre. Tu veux voir comment il est tout mou encore ? »

Elle souleva son tee-shirt pour me montrer son bide, sûre d’elle.

« Pas besoin de soulever ton haut pour ça. »

Je lui tirais vers le bas pour le remettre en place. Ayumi afficha une petite mine boudeuse.

« Mais… papou ! Si toi fais ça, tu verras moins bien. »

Elle me fit lâcher son vêtement. Elle l’attrapa et le souleva à nouveau.

« Regarde ! Touche, papou ! Encore plein de place dedans mon ventre. »

Je retins un soupir. Aucune autorité, je vous jure. Je finis par obtempérer et dus lui promettre que je recommanderais du petit-déjeuner pour elle. Je commençais à regretter d’avoir emmené ma fille avec moi. Toutefois, à la vue du laps de temps que j’avais eu pour m’organiser, il était improbable, voire impossible, que je trouve quelqu’un qui veuille bien garder mon rejeton pour la journée. Il était impensable que je la confie à un inconnu, même si ce dernier avait le meilleur pédigrée du monde en gardiennage d’enfants. Je profitais que l’attention d’Ayumi soit de nouveau tournée vers le contenu de son assiette pour continuer ma conversation avec Susumu.

« Je te prie de me pardonner pour cette réunion… des plus incongrues. »

C’était le cas de le dire. Autant être franc dès le départ avec lui, en espérant qu’il fasse de même de son côté. Décidément, je n’arrivais pas à me détacher de ses yeux rouges. Peut-être que s’ils avaient été d’une autre couleur, j’aurais été moins angoissé par sa présence. Qui sait ? Comme beaucoup, j’avais appris dès le plus jeune âge qu’il ne fallait pas juger autrui sur son apparence. Toutefois, il fallait admettre qu’il était vraiment compliqué de passer à côté de son regard.

« Je tiens à te présenter mes excuses pour la présence d’Ayumi, ma fille, à notre entrevue. J’ai appris ce matin, très tôt, que sa nourrice était malade et qu’elle ne pouvait pas accueillir les enfants chez elle aujourd’hui. Malheureusement, aucun membre de ma famille n’est disponible pour me la garder. A cause de son jeune âge… »

« Moi, j’ai trois ans ! Regarde, Mumu… »

Elle dressa trois doigts de sa main gauche, tandis que les deux autres étaient refermés sur sa paume.

« …comme ça, trois ans ! »

Oh, putain. Contrairement à moi, Ayumi était au taquet. Comment était-ce possible de la gérer tout en menant à bien une mission pour le compte de l’Empire ? Je la laissais terminer avec Susumu. Je ne souhaitais pas qu’elle me fasse une crise en plein milieu du salon de thé. Je serais alors encore plus dépassé qu’actuellement. Je repris lorsque je fus sûr que mon rejeton n’eut plus rien à dire à notre compagnon de route.

« Ne pouvant la laisser seule à la maison et n’ayant malheureusement pu trouver une solution pour la faire garder, j’ai dû me résoudre à la prendre avec moi. Je n’ai pas encore de solution, mais… »

« Moi, je vais faire la mission avec papou et Mumu ! »

Je ne pus m’empêcher de rougir de honte devant l’enthousiasme d’Ayumi. Pour quel genre de père Susumu allait-il me prendre ? Pour un fou, très certainement. Comment est-ce que j’allais expliquer ça à ma mère ce soir ? Si je ne m’en prenais pas une aller-retour dans la gueule, c’est qu’un petit gardien protecteur m’aura accordé sa bénédiction.

« Ayumi, ma puce, on va mettre une règle en place. »

« Pourquoi, papou ? »

« Pour que la mission se passe bien. »

« Quoi, la règle, papou ? »

« Quand quelqu’un parle, on ne doit pas lui couper la parole. On le laisse finir de parler. »

« Moi, je ne coupe jamais la parole. »

« Euh… si. Ça fait déjà deux fois que tu me le fais. »

« Ah… pardon, papou ! Moi, je n’ai pas fait exprès. »

« Je le sais bien, ma puce. C’est important que chacun fasse attention et laisse à l’autre la place pour s’exprimer, tu comprends ? »

Elle hocha positivement de la tête.

« Mais, papou ! Si j’ai quelque chose à dire pendant que quelqu’un parle, comment je fais ? Parce que moi, je risque d’oublier si vous parlez trop. »

Je réfléchis quelques secondes.

« Et bien, partons du principe que si ça arrive, tu lèves la main pour nous laisser le temps de finir notre phrase, d’accord ? »

Je dus négocier pendant de longues minutes. Ayumi avait beaucoup de mal avec le concept « attendre ». Nous finîmes par nous mettre d’accord pour le procédé que j’avais exposé tantôt. Ma fille termina son assiette et, avant même que la serveuse vienne prendre une nouvelle commande, elle s’était installée sur une table à côté pour dessiner et lire. Fort bien. Nous allions être tranquilles pendant les vingt prochaines minutes.

« Pardonne-moi pour tout ce remue-ménage. »

La voix de Yüna se fit entendre.

« Puis-je prendre votre commande ? »

Ah… Finalement, non… Le temps, le temps ! Nous allions finir par lui courir après… comme le lapin blanc du Pays des Merveilles.

« Ah… euh… oui, oui, bien sûr ! Je t’en prie, Susumu. Prends ce que tu veux… »

Nous n’allions jamais nous en sortir à ce rythme-là. J’attrapais la carte du salon de thé et y jetais un coup d’oeil, tout en précisant une nouvelle fois à mon compagnon de mission :

​​« C’est moi qui régale ! »

J’attendis que le jeune homme commande, avant de faire part à la serveuse de ce que je souhaitais.

« Parfait ! C’est noté. Je vous amène ça d’ici une quinzaine de minutes, le temps que nos cuisiniers puissent préparer certains de vos mets. »

« Merci, Yüna. »

Elle débarrassa notre table de la vaisselle qui avait accueilli ce que nous avions déjà consommé. J’attendis qu’elle s’éloigne de notre position pour sortir une carte de la ville de mon sac à dos. Je pris le temps de l’étaler au milieu de la table.

« Je… Je suis désolé. Je vais prendre un peu les devants. J’admets volontiers que je n’avais pas imaginer notre première session de travail aussi chaotique. Je te demande pardon pour cela. »

Il ne fallait pas se leurrer. Les dégâts occasionnés par la révolte Inuzuka étaient conséquents dans certains lieux de la capitale. De plus, nous ne pouvions pas faire n’importe quoi avec les bâtiments officiels.

« Notre ordre de mission nous demande d’évaluer les dégâts sur le pont Araho et les bâtiments principaux. Je pense qu’il va falloir concentrer nos efforts sur… »

En même temps que je citais les lieux à voix haute, je les montrais sur le plan.

« …le palais impérial, le hall des héros et les camps d’entraînement. Je ne dispose pas de connaissances assez solides pour pouvoir évaluer les dégâts avec précision. Qu’en est-il pour toi ? »

Mon regard vint se poser sur mon interlocuteur. Non, vraiment. Ses yeux rouges… Ils étaient vraiment… Même la couleur bleue de sa chevelure me semblait « normale » à côté de ses globes oculaires. J’attendis qu’il me réponde avant de continuer.

« Dans tous les cas, il va falloir que nous nous procurions les plans des bâtiments et du pont Araho. Je pense que nous pourrons trouver ces derniers aux Archives. »

Je désignais une annexe au Palais impérial : je connaissais de vue quelques archivistes. J’espérais qu’ils accéderaient à notre requête dans un temps relativement court.

« Ils sont le meilleur moyen pour nous de se rendre compte de la réalité. »

Je finis par détourner le regard de mon interlocuteur. Non, décidément… je n’arrivais pas à dérouler mes idées avec logique et cohérence lorsque je le regardais. Il allait pourtant falloir que je m’habitue à ses yeux. Je tentais de me concentrer sur le plan de la ville.

« Cette mission est un vrai casse-tête. Nous allons devoir mobiliser des artisans, de préférence au sein de la capitale. Toutefois, nous ne pouvons pas prendre n’importe qui. De ce que je sais, durant cette révolte, un combat à éclater entre l’actuel empereur, Shinrin Hanzo, et l’ex-capitaine de l’unité coloniale, Inuzuka Seimeiten : le palais garde encore de nombreuses traces de cet affrontement. »

Je poussais un profond soupir.

« Il va y avoir pas mal de paperasse administrative. Très honnêtement, je pense que nous n’aurons pas assez de personnes qualifiées mobilisables au sein d’Urahi. Il va falloir que nous fassions appel aux artisans à l’extérieur de nos murs, dans un rayon raisonnable. L’hiver, tout est plus lent… Sans parler des matières premières. Il va falloir que nous fassions un état des stocks disponibles… »

Le silence flotta quelques instants dans les airs.

« Nous allons devoir lancer plusieurs chantiers en même temps. Pour une bonne organisation et une meilleure fluidité des travaux, il va falloir que nous montions un bureau éphémère qui centralisera toutes les données. »

Je me penchais sur la carte et indiquais un groupement de maisons se trouvant à distance un peu près égale de tous les bâtiments et du pont touchés par les objectifs de notre mission.

« Certaines de ces bicoques appartiennent à l’Empire, dont des hangars. Je crois que l’un d’entre eux est désaffecté. Il est idéalement situé pour organiser les réunions et dépêcher les informations sur les différents chantiers. »

Je relevais la tête dans sa direction, prenant bien garde d’éviter son regard.

« Que penses-tu de la situation ? »

Parfois, c’était très compliqué pour moi de laisser la main à mes compagnons de route. J’aimais ce genre de mission parce qu’il fallait réfléchir, établir des stratégies, faire jouer ses relations, mettre en œuvre des idées. Pourtant, il était important de tenir compte de l’avis de ses camarades.


Dernière édition par Hagiwara Kentaro le Mer 14 Déc 2022 - 12:12, édité 2 fois
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Hada Susumu
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Mer 21 Sep 2022 - 15:32
Qu’est-ce que c’est ce petit monstre sur patte ? Elle t’engloutit ça comme si elle n’avait pas mangé depuis un jour. Pourtant, elle a un peu de réserve, un peu grassouillette quoi. Sûrement la croissance qui fait qu’elle a besoin de manger. Sinon, elle est adorable, ça me donnerait presque envie d’avoir des enfa… Ha ouai non. Eurk… Elle en fout partout sur la table à parler en mangeant ! Heureusement que je ne suis pas plus près d’elle, j’aurais tout pris sur la gueule ! Tu es mignonne petite, mais de loin. Reste à distance.

Le père de l’enfant intervient, venant rattraper les morceaux pouvant s’échapper. Puis, tout en agissant en bon père, salut son invité à les rejoindre pour le petit-déjeuner. L’homme encore debout, remercier d’un signe de tête et se joint à la table tout en saisissant la carte qu’on lui tend. Celui-ci regarde attentivement ce qui est servi, montrant de la difficulté à pouvoir faire son choix du fait de son air réfléchi.

Manger qui me dit… Après la scène d’horreur que j’ai vue, j’aurais plutôt besoin d’un bon alcool pour l’oublier. Mais jouons le jeu. On prend place, on sourit, puis on regarde la carte en mimant la réflexion. Putain ce n’est pas non plus donné ici. J’espère que ça en vaut le coup. Heureusement que soldat c’est bien payé, mais quand même. On sent que les temps sont difficiles dans le pays. Quoi ? Tu me dis que sa gamine a encore envie de manger là ? Mais qu’est-ce qu’elle nous fait encore ?! Mais on vit où là ?! Et le père qui n’arrive à rien. Mais quelle idée de faire un enfant aussi ! Tu es soldat mec, ne t’arrête pas à la première venue, tu as des régiments de filles qui veulent de toi ! Bon, je ne sais pas encore ce que tu vaux physiquement, mais tu as un bon regard au naturel et des cheveux de feu, le contraire de moi. Ça doit en faire rêver plus d’une ! En tout cas, tu as l’air d’en baver… Je compatis…

Derrière ses pensées, il rit légèrement de la scène, pour éviter de trop se faire remarquer dans les lieux. Il se montre le plus amicale possible avec le duo en face de lui, afin que cette mission se passe le mieux possible, surtout le plus rapidement pour en finir avec le froid qui le congèle et cette situation des plus originale. Le roux vient s’excuser justement, donnant les raisons de la présence de sa progéniture.

Ouai mec ne t’inquiète pas, je me doute bien que c’est une urgence. En revanche, tu peux arrêter de plonger dans mon regard comme ça ? On va dire que c’est un peu gênant. Ce n’est ni le lieu, ni le moment. Ha tiens, le monstre se réveille.

« Ouah trois ans ! Tu es presque une grande fille ! »

Une petite phrase bateau pour montrer toujours un peu d’intérêt, une habitude que possède le Hada. Le parent continue son explication, encore une fois interrompu par la petite fille. L’heure est alors à l’intervention, pour mettre les choses au clair concernant les prochains temps du trio. Les deux soldats auront plusieurs échanges verbaux à effectuer durant la mission qu’on leur a attribuée. Il serait alors embêtant que l’enfant interrompe chacun d’entre eux, autant fixer les règles dès maintenant. Les choses durement négociées, puis la jeune créature ayant terminé son repas pour jouer dans son coin, les deux soldats se retrouvent dans un meilleur cadre pour discuter.

« Ne t’excuse pas autant. Je trouve déjà bien courageux de réussir à vivre avec un enfant. J’avoue que je n’aurais pas la même patience et j’aurais bien du mal à gérer les diverses situations qui peuvent survenir. »

Arrive alors la serveuse, venant prendre la commande. Pour contrer le froid, l’ex-mercenaire choisit une boisson chaude et un mets léger mais tout aussi réchauffant.

« Très bien Gentaro. Je vais vous commander ce thé de Suna, bien épicé, puis une crêpe bien chaude au sirop d’érable s’il-vous-plaît. »

Tandis que la serveuse repart en signalant le temps d’attente, l’homme roux sort de son sac une carte de la capitale, prêt à commencer le sujet principal de cette réunion. Celui-ci redonne le premier objectif qui doit être accompli, l’évaluation des dégâts sur les structures. Malheureusement, il semble que ni l’un ni l’autre ne puisse aider à cette évaluation.

« Hmm j’ai bien suivi la construction de ma maison, mais non, je n’ai aucune connaissance mobilisable pour reconnaître précisément les dégâts. Je peux bien voir des fissures comme tout le monde, mais définir ce qu’il faut réaliser en réparation après, seul un artisan expert pourra nous le dire. »

J’ai la tête d’un pro en bâtiment ? Je suis soldat et ancien mercenaire, pas mec de chantier. Mais attend il recommence ce p’tit coquin là. Arrête de me regarder comme ça ! On dirait que tu cherches à me choper là ! Je vais faire comme si je n’avais rien vu et continuer à l’écouter. Il a l’air de bien gérer la chose, autant lui laisser ça en main.

Le père continue d’étudier le sujet, de définir des possibilités de marche à suivre, de donner son avis sur chacun des points qu’il évoque. Son compère l’écoute, ne réagit pas plus que ça, sentant comment l’homme est investit dans la mission. Du moins, cela est ce qu’il fait croire. Derrière, son cerveau est éteint, submergé par le nombre d’information fourni en si peu de temps. Il commençait à avoir mal de tête à mesure que le monologue continuait. Intérieurement donc, il dort, attendant que cela se termine. Ce qui arrive lorsqu’une demande d’avis se fait.

« Qu’est ce que je peux dire de plus ? Tu as l’air d’avoir déjà très bien réfléchi à tout. Puis, je ne vais pas te mentir, je suis surtout un homme d’action. Je te fais confiance, vu tout ce que tu as pu me dire. Je suivrais tes indications, mais bien entendu, je ne vais pas te laisser toute la gestion. Pour ce qui est de réunir des gens et gérer des ressources, je suis assez bon. »

Il se permet juste de rajouter une idée, pour notamment dans le fait de chercher ceux qui aideront à la restauration des bâtiments.

« Pour le Palais et le Hall, on pourrait retrouver ceux qui les ont bâtis, au vu de l’âge de ceux-ci. Ce devrait être possible de faire appel à la même équipe pour qu’il puisse évaluer et les réparer éventuellement. Pour le pont, cela risque d’être plus compliqué, étant un vestige de l’ancienne cité. Mais certainement qu’on trouverait des hommes capables de nous aider. Nous sommes une grande nation, solidaires, encore plus dans les mauvais moments. »

Il essaie de susciter un peu d’émotion avec ces derniers mots. Manière de montrer qu’il croit en Hi, qu’il est loyal et investit. Attendant la réponse de son partenaire, il entend arriver la serveuse avec la commande faite précédemment. Une petite pause dans la conversation, pour retirer la carte et la rendre à son propriétaire, puis accueillir les plats et les boissons.

« Voilà pour vous messieurs. On vous souhaitant de vous régaler.

- Merci à vous. Merci également à toi, mon cher, pour cette invitation. En espérant que nous ferons du bon travail ensemble. »


Un sourire se dresse tout en finissant ses paroles. Enfin, celui qui est sensible au froid s’empresse de prendre une bouchée chaude de sa crêpe. Il sent la température monter dans sa bouche, puis couler dans son œsophage. On peut sentir le bonheur sur son visage, la joie de vivre ce moment.
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Hagiwara Kentaro
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Mer 14 Déc 2022 - 12:17
« La limite idéale vers laquelle tend la nouvelle organisation du travail est celle où le travail se bornerait à cette seule forme de l’action : l’initiative. »
De Jean Fourastié, économiste français.

Je n’arrivais pas à cerner correctement mon interlocuteur. Il dégageait une certaine énergie. Je ne saurais dire si celle-ci était bonne ou mauvaise. Peut-être était-ce moi qui me faisais des idées… La vérité, c’est que j’étais vexé qu’il prononce mal mon prénom. Gentaro. Pfffff… Est-ce que j’avais une tête de Gentaro ? Non ! Absolument pas ! Gentaro… Susumu ne semblait pourtant pas pris du nez. Gentaro… Ca faisait Kentaro, mais avec un petit coup dans le nez… Est-ce que mon compagnon de mission avait un petit coup dans le nez ? Non… S’il avait bu avant de venir, il n’aurait pas pu aligner autant de mots en une seule conversation.

Je savais comment je fonctionnais. Je n’arrivais pas maîtriser aussi bien que je le souhaiterais mes émotions. Celles-ci empiétaient généralement sur mon discernement. Hatsuka n’arrêtait pas de me réprimander à ce propos. En effet, si je disais directement aux gens le fond de ma pensée, je n’aurais pas à tergiverser aussi longtemps avec mon moi intérieur. Les malentendus seraient alors complètement dissipés et mes émotions ne prendraient pas autant de place. Je me faisais monter la moutarde au nez tout seul, comme un grand.

Bien que je sache pertinemment bien que ma défunte femme avait raison, je n’arrivais pas à sortir le fond de ma pensée. Je ne tenais pas à me prendre la tête de bon matin avec Susumu. Pourquoi fallait-il que je parte du principe qu’il prendrait la mouche si je lui faisais une réflexion à ce propos ? Et pourquoi pas ? Aaaaaaaah… Franchement, le relationnel… c’était… c’était loin d’être mon point fort. Si j’arrivais à communiquer sans difficulté, je tremblais à l’idée de l’image que l’autre pouvait me renvoyer de moi-même. C’était très égocentrique comme réflexion.

Je secouais vivement la tête pour retenir dans l’instant présent. La mission. Je devais penser à la mission. J’espérais également que l’on fasse du bon travail ensemble. La présence de ma fille ne semblait pas le déranger. A moins qu’il soit meilleur acteur que moi et qu’il fasse bonne impression. Heureusement pour moi, Ayumi était très concentrée sur ses dessins. La main de Yüna vint se poser sur mon épaule. Celle-ci me fit sursauter. Perdu dans mes pensées, je ne l’avais pas vue approcher.

« Pardonnez-moi, monsieur Hagiwara. Je ne souhaitais pas vous faire peur. »

Yüna ne fit aucun commentaire sur le fait que j’étais parti bien loin dans mes pensées. Elle avait simplement manifesté sa présence pour me faire part d’un message.

« La suite de votre commande arrivera dans quelques minutes. »

Mes paupières applaudirent, le temps que mes neurones se connectent à nouveau entre eux. Mes yeux se posèrent alors sur les plats que la serveuse venait de poser sur notre table.

« Ah… euh… oui, oui ! Pardon. Merci beaucoup, Yüna. »

« Je vous en prie. »

Elle disparut pour accueillir de nouveaux clients. Comme le disait le dicton, les chiens ne font pas des chats. Ou peut-être l’inverse. Je ne savais plus dans quel sens il fallait le formuler. Peu importe. Tout ça pour dire qu’Ayumi tenait sa gloutonnerie de moi. J’avais déjà englouti une certaine quantité de nourriture avant que Susumu n’arrive. Je comptais bien en ingurgiter tout autant, voir plus. Le petit déjeuner, c’était sacré… Comme chaque repas. Je ne pouvais cacher le fait que j’aimais manger. Sans doute un peu trop. Si j’étais amené à nier cette évidence, personne ne me prendrait au sérieux. Je lançais un joyeux :

« Bon appétit ! »

Les trois assiettes devant moi furent vite terminées. Je ne pus cacher ma déception. Elle pouvait se lire sans mal sur mon visage. J’empilais la vaisselle, en espérant que Yüna arrive rapidement avec la suite. Mon ventre me signifia à grands coups de grognements que mon corps avait encore besoin de carburant. Je devins rouge comme une tomate trop mûre. Ayumi leva les yeux au ciel, comme pour signifier sa désapprobation face à la situation. Elle reporta rapidement son attention sur son dessin. Je la remerciais intérieurement de ne pas avoir fait de commentaire. J’avais déjà envie de m’enterrer six pieds sous terre. Je n’osais même pas regarder Susumu tant j’avais honte. Je tentais maladroitement de changer de sujet.

« Pour optimiser notre temps, je pense qu’il va falloir nous partager les tâches. »

Je sortis un crayon de papier, une gomme et un calepin de mon sac. Tout en notant au fur et à mesure les idées qui me venaient à l’esprit, je fis des commentaires à voix haute, plus pour moi que pour Susumu.

« Alors… il va falloir aller aux archives pour les plans… Oui… Et puis aussi à la chambre du commerce pour les matières premières… Hum… Non… Il faudra faire ça en dernier… Il va falloir faire l’état des stocks avant… Je ne sais pas trop à qui m’adresser… Il doit bien avoir un intendant qui gère ça… Ou un poste équivalent quelque part… La chambre du commerce pourra nous renseigner sur ça… Enfin, je l’espère… La guilde des artisans devrait pouvoir nous fournir des détails sur la disponibilité actuelle des artisans… »

Je levais quelques instants le regard de mon calepin. Mes yeux vinrent se poser sur Susumu. Je ne dis rien pendant quelques secondes, réfléchissant silencieusement à nos objectifs.

« Ah oui ! »

Mon attention se reporta sur ma prise de notes.

« … Va falloir faire une demande pour le hangar… Je ne sais pas à qui appartient exactement le hangar… L’administration de l’Empire et moi, ça fait deux… Je pense que le mieux est de nous adresser directement au bureau administratif de l’une des unités… Ils sauront quoi faire… »

Yüna arriva avec le reste de ma commande. Mon regard s’illumina dès qu’elle posa les assiettes devant moi. Quant à la serveuse, la surprise put se lire dans ses yeux quand elle remarqua la pile d’assiettes vides. Une nouvelle fois, je rougis. Je tentais de me justifier.

« Ah… Euh… J’avais très très faim… Et… Euh… »

Yüna me sourit chaleureusement.

« Ne vous en faites donc pas. Ça fait plaisir de voir que vous avez de l’appétit. »

Le contraire m’aurait étonné. Après tout, les estomacs dans mon genre, c’était plutôt du pain béni pour eux. Elle prit les assiettes vides et nous laissa à nos occupations. Je ne me fis pas prier et commençais à engloutir le contenu du contenant se trouvant devant moi. Je voulus parler mais ma bouche étant déjà occupée à mâchouiller, je me retrouvais avec un air un peu con sur le visage à observer Susumu. Il allait falloir que je choisisse : manger ou parler, telle était la question existentielle du moment. Je finis par avaler tout rond ce que j’avais à moitié mastiqué.

« Euh… Pardon ! Je… »

Décidément, ma peau allait finir par se confondre avec ma chevelure si je continuais à rougir ainsi. Tactique de détournement d’attention ! Vite !

« Comme c’est l’unité territoriale qui nous a délégué cette mission, je pense qu’il faudrait s’adresser à eux pour avoir accès à un bâtiment. Si ce n’est pas celui que je t’ai montré tantôt, l’unité aura les moyens - je l’espère - de nous débloquer l’accès à un autre édifice. »

Mon regard alla de Susumu à mon assiette et de mon assiette à Susumu. Mon ventre gargouilla à nouveau. Pfffff… Franchement ! Si tous les organes de mon corps se liguaient contre moi, ça servait à rien que j’établisse des stratégies de détournement de l’attention puisqu’ils auront toujours le dernier mot. Je finis par attraper mon assiette et vidais rapidement son contenu, manquant de m'étouffer au passage.

« De quelle unité fais-tu parti ? Appartenant à l’unité de recherches, je me vois mal aller demander quelque chose à l’unité territoriale. Néanmoins, si tu préfères t’occuper des plans aux archives, je m’occuperai volontiers des démarches auprès de l’administration territoriale. »

Je bus quelques gorgées de café.

« Qu’est-ce que tu préfères faire ? »

Je posais l’assiette vide sur ma droite et en pris une autre.

« Il faudrait également que l’un d’entre nous s’occupe de passer à la guilde des artisans, et l’autre à la chambre de commerce. Je ne sais pas s’il faut prendre rendez-vous pour obtenir les listes dont nous avons besoin. Si c’est le cas, plus tôt nous passerons, plus tôt nous aurons les informations… »

Je croquais avidement dans la crêpe que j’avais pris à pleines mains. Aaaaaah ! Que ça faisait du bien de manger.

« Le mieux est que celui qui s’occupe des archives passe à la guilde des artisans, tandis que celui qui se charge de notre quartier général fasse le point sur les matières premières à notre disposition. Le premier pourra déjà faire des comparaisons entre les noms présents sur les documents et la liste fournie par la guilde. Le second pourra se rendre compte si le bâtiment demandé sera suffisant ou non pour stocker les matériaux. »

La crêpe ne fit pas long feu. Le contenu des plats fut terminé en quelques minutes. Entre ma dernière tirade et la fin du dernier plat, je ne fis aucun commentaire. Ce n’est qu’en posant mes baguettes, un sourire de contentement sur le visage, que je repris la parole.

« Aaaaaah ! J’ai bien mangé ! C’était un bon repas pour commencer la mission du bon pied ! »

Un petit ronflement vint ponctuer la fin de ma phrase. Ayumi s’était endormie. Fort bien. Ce sera plus facile pour le début de mission. La connaissant, si elle avait été éveillée, elle aurait fait des commentaires sur absolument tout.

« Lorsque nous aurons rassemblé les informations nécessaires au bon déroulement de notre mission, je pense qu’on pourra se retrouver pour faire le point. A la vue de la charge de travail, je pense que nos objectifs respectifs nous prendront la journée… Que dirais-tu de venir chez moi ce soir ? Je prépare à manger. »

Je crus bon de me justifier.

« Avec la petite, je ne vais malheureusement pas pouvoir être n’importe où. Si je fais à manger pour deux, il y en aura forcément pour trois. Une fois couchée, ça sera plus facile pour moi de me concentrer sur la récolte journalière de renseignements… Euh… Oui, je parle de ma fille… hein… Je ne compte pas bosser en étant couché… »

Oui. Non. Il valait mieux que je me taise. Précisions inutiles, bonjour. Mais qu’est-ce qui m’avait pris de dire ça ? Je me mis à le fixer, attendant une réponse de sa part. Je me calais volontiers sur ses envies. Qu’il choisisse donc ce qu’il souhaite faire, je me chargerais du reste.

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Hada Susumu
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Jeu 29 Déc 2022 - 10:45
Hmm ! C’est une merveille cette crêpe ! Bien chaude, bien savoureuse. Je me sens nettement mieux après une seule bouchée, comme si l’hiver n’était pas si rude finalement. Ouai, je suis d’attaque maintenant ! Je vais plier cette mission rapidement, puis aller m’amuser comme un fou après. Annonce mesdames, le petit soldat est prêt à reprendre du service ! Bon, d’abord je me concentre sur le rouquin. Où en est-il ? Hmm ? Où sont passées les gourmandises des assiettes ? Pourquoi sont-elles vides ? La serveuse vient à peine de nous quitter et je viens de finir ma bouchée… Attends… Il les a englouties ? C’est quoi ce duo père-fille…

Waaaa !? C’est son ventre qui crie comme ça ? Putain, on dirait Mibô qui grogne contre les ennemis ! Au moins, on peut dire son enfant est bien le sien, il n’y a pas à dire… Regarde-le, à détourner l’attention en prenant son calepin puis commencer à réfléchir à voix haute. Tu es cramé mec, arrête de faire genre ! Hmm ? Pourquoi tu me fixes ? Tu veux finir ma crêpe, c’est ça ? Désolé, mais je compte bien la terminer. Tiens, voilà la suite que ton estomac réclamait tant. Tu m’étonnes que le commerce fonctionne bien ici, si des mecs comme lui débarquent, le chiffre d’affaires doit être énorme. Bon, il faut dire que c’est bon, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut abuser ! Les bonnes choses ça se savourent. On ne se jette pas sur de la bonne cuisine, comme si c’était un plat de basse-cour. Voilà que ça me donne envie de lancer ma propre taverne. Je lui ferais des plats à la hauteur de son appétit, sans que ce soit un plat raffiné. On dirait qu’il ne mange pas chez lui. Ha ! Je crois comprendre… Le pauvre, enfin les pauvres même… Sa femme doit être une mauvaise cuisinière, du coup ils en profitent ici pour se nourrir correctement. Malheureux que vous êtes, je compatis…


L’homme n’avait rien exposé sur ses pensées devant son interlocuteur, mis à part les dernières. Un air de pitié pour le père et la fille peut se lire sur son visage. Pendant ce temps, le paternel continue ses réflexions, tout en prenant plusieurs bouchées de ses plats, se vidant en quelques secondes dès lors que la main vient attraper le contenu. Il vient questionner aussi l’Hada, lui demandant ses préférences, mais aussi la quelconque appartenance à une unité spéciale parmi l’armée. Un uppercut mental direct qui ne laisse pas de marbre le lancier. Les souvenirs de son plan qui a été un échec, tandis qu’il s’était préparé la veille, pour prendre part à la réunion de recrutement de l’unité territoriale. Si seulement il n’avait pas fait comme à son habitude, « profiter de la vie », comme il aime si bien dire. Se relevant mentalement de ce coup, ses yeux s’ouvrent bien grand, lorsqu’il se rend compte que le commanditaire est l’unité territoriale pour cette mission.

Mais attend ! Si je réussis cette mission, pourrais-je avoir la chance de rejoindre l’unité territoriale ? Je pense bien ouai ! Purée, voilà ma nouvelle chance. Je ne vais pas louper ce coup-ci, alors en avant mon Susumu, on a une place de rêve à avoir dans cette unité.

Le Gladiateur est remis d’aplomb pour la seconde fois. Déterminé, il fait glisser son assiette de sa crêpe, entamé d’une bouchée prise à la fourchette, à son partenaire.

« Tiens, prends des forces mon ami. Il doit bien te rester une petite place pour cette pauvre petite crêpe, » lui dit-il avec un grand sourire joyeux.

« Je m’occupe de l’unité territoriale et de la chambre de commerce. J’avoue n’avoir aucune unité pour le moment, mais j’ai des vues sur celle-ci, donc ça m’intéresserait de m’en approcher pour me faire une idée de ce qui peut m’attendre. Ça me serait d’une grande aide, » précise-t-il, avec un regard rempli de motivation.

« Pour ce qui est de l’invitation, j’accepte. Nous pourrons échanger sur la mission, puis ça me changera d’être seul chez moi comme ça. »

L’Hada accepte sans rien redire, sans se plaindre, malgré tous ses commentaires intérieurs fait jusqu’à maintenant. Il faut dire que seule la réussite compte à ses yeux maintenant. Il sait qu’il faut savoir faire des sacrifices et souffrir quelques fois, pour gagner plus à la fin. Il peut bien supporter la présence de ces deux monstres goinfres pour ce travail.

« Très bien, séparons-nous ici alors. Bon courage de ton côté, pour tes tâches, mais aussi pour ta fille. J’arrive chez toi, dès que j’ai tout ce qu’il nous faut. Note-moi l’adresse sur un morceau de papier de ton bloc note. »

Dès lors qu’il possède l’adresse, le Sunajin d’origine se presse pour sortir, animé par un feu si fort que même sa sensibilité au froid est surpassée.
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Hagiwara Kentaro
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Sam 11 Fév 2023 - 19:18
« Le savoir humain sera rayé des archives du monde avant que nous ayons le dernier mot d’un moucheron. »
De Jean Henri Fabre, entomologiste français.

Salon de thé, le Château Ambulant : réunion stratégique avec Hada Susumu.

Cette détermination dans le regard de Susumu ne trompait personne. C’était bien la première fois que je voyais une telle flamme dans ses yeux depuis le début de notre conversation. Je ne connaissais pas tous les tenants et les aboutissants de ce changement soudain, mais cet enthousiasme m’enleva un grand poids des épaules. J’avais eu peur de tomber sur un abruti fini… ou encore pire ! Que mon compagnon de route n’en ait que faire de cette mission. Il est vrai que ses objectifs n’étaient pas des plus folichons, mais ils nous permettaient de marquer des points auprès de nos unités respectives. Enfin, de sa future unité puisqu’il ne l’avait pas encore intégré.

« Ooooh ! »

Mes yeux s’illuminèrent devant la crêpe qu’il me tendait. Susumu savait comment me parler… ou du moins, il savait comment manier l’art et la manière vis-à-vis de mon estomac.

« Tu… Tu es certain de ne pas vouloir la finir ? Tu n’as presque rien mangé. »

Mon côté paternel ressortait peut-être un peu trop. Mon camarade était un grand garçon. La lueur qui brillait dans son regard répondit à ma question. Toute sa motivation était accaparée par la mise en place de notre plan d’action. Je ne me fis donc pas plus prier que cela pour récupérer la crêpe.

« Merci à toi ! »

Il ne me fallut pas bien longtemps pour régler le sort de ce met, ma foi, fort délicieux. Susumu profita de ma bouche pleine pour choisir ce qu’il souhaitait faire pour remplir sa part du marché. Entre deux becquées, je lui fis part de mon approbation quant à son choix.

« Avec plaisir. Je te laisse donc l’unité territoriale et la chambre de commerce. Quant à moi, je m’occupe des Archives et de la Guilde des Artisans. »

Quand il fut temps de se quitter, nous réglâmes les derniers détails pour nos retrouvailles en soirée. À la demande de mon acolyte, j’inscrivis sur un morceau de papier mon adresse personnelle. Je lui tendis, tout en lui souhaitant bonne chance pour l’accomplissement de ses objectifs. Concernant ses propos sur ma fille, je lui fis savoir :

« Je te remercie pour ta sollicitude. Nous devrions nous en sortir. J’espère trouver une solution pour les prochains jours. J’ai bien conscience que sa présence est compliquée pour la bonne mise en œuvre de notre mission. Je te suis reconnaissant pour ta patience et ta compréhension. »

Lorsqu’il fut parti, je pris le temps de réunir toute la vaisselle restante et les détritus au centre de la table. Je m’attelais ensuite au rangement des affaires d’Ayumi. Celle-ci dormait à poings fermés. Elle se mit d’ailleurs à ronchonner dès que je voulus la rhabiller.

« Ma puce, le petit-déjeuner est terminé. Nous allons faire notre partie de la mission. »

« Où, Mumu ? Où ? »

« Il est parti. »

Elle se mit à pleurer.

« Mais moi, je ne lui ai pas dit au revoir. »

« Ne pleure pas, ma chérie. Susumu revient nous voir à la maison ce soir. »

Elle sécha immédiatement ses larmes de crocodile, satisfaite à l’idée de revoir le troisième membre de notre trio dans la soirée. Une fois Ayumi prête à partir, je m’habillais également. Je positionnais mon enfant dans son boubou, sur mon dos. Je pris nos affaires et me dirigeais vers la caisse pour payer nos consommations. Une fois la note réglée, je saluais Yüna et l’une de ses collègues et sortis en compagnie de ma fille. J’étais fatigué par avance du crapahutage que nous allions devoir effectuer pour remplir à bien mes objectifs.

Palais impérial, salle des archives : obtention des plans et d’informations complémentaires.


Je me rendis d’abord au palais impérial. Une annexe de celui-ci était consacrée aux Archives. En de rares occasions, Akio et Hiro, mes grands-pères, avaient accepté que je les accompagne aux Archives. Pour diverses raisons, ils avaient eu besoin des copies de certains documents pour leurs affaires. Je ne pensais pas, qu’un jour, mes pas m’y conduiraient pour toute autre chose que la firme familiale. Lorsque je pénétrais dans les locaux, une odeur de vieux papiers m’agressa le nez. Ayumi ne sembla pas plus dérangée que cela par les effluves de ces lieux. Elle était bien trop occupée à regarder l’impressionnante architecture.

Je me présentais à l’accueil. Je fis une moue désapprobatrice en remarquant qu’aucun des hôtes d’accueil n’était pour l’instant disponible. Encore pire. Il y avait encore trois personnes qui attendaient leur tour. Bien. Il allait falloir prendre notre mal en patience. À ma grande surprise, ma fille fut très calme. Elle passa les trente-cinq minutes suivantes à commenter tout ce qui nous entourait. C’était la première fois qu’elle entrait dans un tel bâtiment. Curieuse de nature, elle voulait absolument tout savoir. Lorsque ce fut notre tour, l’un des employés se trouvant derrière le comptoir me hella d’un signe de la main. Ayumi se tut instantanément et se mit à regarder notre interlocuteur avec méfiance.

[Mission B] Contre-coup ! [PV Hada Susumu] 0ady
Légende : Yamaguchi Mitsuo, assistant-archiviste en formation.

« Bonjour et bienvenue aux Archives Impériales. Je suis Yamaguchi Mitsuo, assistant-archiviste en formation. Que puis-je faire pour vous aider ? »

Ayumi lui adressa un timide petit signe de la main.

« Salutations sur vous. Je suis Kentaro. Hagiwara Kentaro. Et voici ma fille, Ayumi. Je me permets de solliciter votre aide aujourd’hui pour une mission attribuée par l’unité territoriale. »

Mitsuo ouvrit de grands yeux. Il est vrai que je formais un curieux duo avec ma progéniture. Un sourire gêné vint se figer sur mon visage.

« Je… Je suis vraiment désolé. Sa nourrice est malade et je n’ai eu d’autres choix que de l’emmener, le temps que je puisse trouver une solution. »

Je tendis à l’agent administratif mon ordre de mission. Il le prit délicatement entre ses doigts fins et la lut rapidement en silence. J’en profitais pour exposer ma demande.

« Avant d’entreprendre les travaux, je souhaiterais pouvoir consulter les plans des bâtiments officiels suivants : le palais impérial, le pont Araho, le hall des Héros et les camps d’entraînement. N’étant pas un habitué de ces sujets, je ne sais pas exactement ce que contiennent les archives à propos de ces lieux. Dans la mesure du possible, je souhaiterais également avoir accès aux documents relatifs à la construction de ces édifices. »

Mitsuo me tendit un document à compléter, une plume et de l’encre.

« Je vous prie de remplir ce formulaire administratif pendant que je remplis celui concernant votre demande. Je vous saurais gré d’être le plus précis possible pour que, lorsque l’archiviste en charge de votre requête se retrouvera avec nos deux formulaires entre les mains, il puisse préparer au mieux votre demande. »

Certaines questions étaient très précises. Encore une fois, je fus très surpris de voir à quel point Ayumi était calme. Pendant tout le temps de la procédure, elle se contenta de regarder Mitsuo. Ce dernier n’était pas très à l’aise face au regard de ma progéniture. Il ne croisa jamais son regard. Il profita de cet instant pour faire une copie écrite de mon ordre de mission et me le rendit. Une fois la documentation remplie, je rendis le tout à mon interlocuteur. Celui-ci prit connaissance de mes réponses. Il posa quelques questions pour apporter des précisions à certaines informations déjà présentes sur le document. Il finit par demander :

« Souhaitez-vous une copie de tous les documents demandés ? »

« Oui. Dans la mesure du possible. Toutefois, le plus important, pour moi, ce sont les copies des plans. Si d’autres actes originaux sont consultables, je pourrais tout aussi bien prendre des notes… Quoi que… Tout dépend de la nature de l’acte… »

« Je comprends. »

Mitsuo cocha quelques cases sur son document. Il me fit également signer un règlement intérieur concernant les règles appliquées et applicables aux Archives impériales.

« Je vous remercie pour votre coopération. Votre demande va être adressée à un archiviste compétent dans le domaine visé par votre requête. Votre sollicitation des archives découlant d’une mission attribuée par l’unité territoriale, vous êtes prioritaires sur les doléances émises par des particuliers. Actuellement, le temps d’attente pour la réalisation de votre réclamation est estimé à une heure. »

Ayumi commençait à s’agiter dans mon dos. Mitsuo en avait bien conscience.

« A la vue de votre situation actuelle, je vais vous installer directement dans l’une de nos salles de consultation individuelle. L’archiviste en charge de votre demande viendra vous rejoindre directement dans la pièce où je vous installerai. »

Mitsuo mit les documents dans une enveloppe et la ferma. Sur celle-ci, il indiqua le nom du destinataire : Sugawara Nakame. Il tendit l’étui à un coursier qui, une fois le précieux colis en main, disparut dans les dédales du bâtiment. Il attrapa ensuite une clé sous le comptoir et, tout en m’invitant à lui emboîter le pas d’un signe de la main, il me fit savoir :

« Je vous prie de me suivre. »

Il nous logea dans un bureau intitulé : salle de consultation n°27. Mitsuo nous salua et disparut avant même que je puisse le remercier pour quoi que ce soit. J’observais rapidement le lieu où il venait de nous introduire. Dans un coin trônait un petit poêle à bois : ce dernier maintenait une température agréable dans la pièce. Au centre de celle-ci se tenait une grande table en bois. Quelques chaises se couraient après. Je déshabillais Ayumi et je vins l’installer sur une couverture, près du poêle. Je sortis quelques-uns de ses livres et, après m’être à mon tour dévêtu, je vins me poser à côté d’elle. Je n’avais d’autres choix que de prendre mon mal en patience. Nous profitâmes de ce temps en tête-à-tête pour lire ensemble. Plusieurs fois le rire de ma fille retentit entre ces quatre murs tant elle trouvait drôle la façon dont je faisais la voix des personnages de l’histoire que nous étions en train de raconter.

Je perdis la notion du temps. Lorsque nous étions entrés dans cette salle, le temps s’était… arrêté. Du moins, l’illusion était parfaite. Presque réelle. Coupés du monde entre ces quatre murs de pierre, c’était comme si la vie elle-même avait continué sans nous, nous laissant alors un peu de répit, un peu plus de temps tous les deux entre ciel et terre. Un coup sec, franc et puissant vint alors rompre ma contemplation d’Ayumi. Celle-ci était en train de dessiner. Elle leva à peine les yeux en direction des nouveaux arrivants. Elle les gratifia tout de même d’un :

« Bonjour ! »

Mais, pour l’heure, son dessin était mille fois plus intéressant que tout le reste. Pour ma part, je me levais et vins me placer devant la femme d’âge mûr. Celle-ci se présenta immédiatement tout en tendant sa main dans ma direction pour me saluer.

« Monsieur… »

Elle fit un petit signe de tête en direction d’Ayumi.

« Demoiselle… »

Elle eut un petit grognement en guise de réponse. J’en profitais pour attraper la patte de la femme et lui serrais. Elle avait une sacrée poigne. Pas de doute. C’était elle qui avait frappé avant d’entrer.

« Je m’appelle Sugawara Nakame. Je suis l’archiviste en charge de votre requête. »

[Mission B] Contre-coup ! [PV Hada Susumu] Rcg4
Légende : Sugawara Nakame, archiviste travaillant pour les Archives impériales.

Derrière elle se trouvait un jeune homme frêle. Celui-ci tenait de nombreux documents dans ses mains. Il semblait si fluet qu’un seul papier de plus aurait pu le faire choir sur le sol. Nakame le présenta comme son assistant… Enfin, pas tout à fait.

« Je vous présente Nakanishi Hideki, mon homme à tout faire ! »

[Mission B] Contre-coup ! [PV Hada Susumu] 68d3
Légende : Nakanishi Hideki, assistant et « homme à tout faire » de Sugawara Nakame.

Hideki foudroya Nakame du regard.

« Vraiment ? Tu exagères. Je t’ai dit que j’étais désolé pour tout à l’heure. »

Il reporta son attention sur moi.

« Veuillez m’excuser pour ce désagrément. Demoiselle Sugawara et moi-même avons eu un… désaccord tout à l’heure. Depuis, elle me fait tourner en bourrique. Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis son homme à tout faire. Je suis son assistant. »

Il déposa les documents sur la table. Nakame l’ignorait royalement. Elle reprit son discours comme si Hideki n’était jamais intervenu dans la conversation. L’assistant quitta la pièce en silence, exaspéré par le comportement de sa supérieure.

« Suite à votre requête, nous avons mis à profit le temps qui nous était imparti pour réunir les documents demandés. Vous trouverez sur cette table les plans originaux des bâtiments publics demandés, ainsi que leurs copies, exception faite des camps d’entraînement. Une demande a été faite auprès de notre atelier de copistes. L’original a été immédiatement apporté à frère Daisuke. Vous pourrez récupérer la copie demain, en fin d’après-midi. Souhaitez-vous comparer les copies aux originaux ? »

Décidément, elle allait droit au but. Pas le temps pour les distractions.

« Je vous fais entièrement confiance. Je connais les protocoles usités aux Archives Impériales. L’assiduité du personnel de cette institution ne laisse aucune place aux erreurs. En revanche, la consultation de documents relatifs aux chantiers me sera bénéfique. »

« Les Archives impériales peuvent en effet répondre à votre demande… mais de manière partielle uniquement. »

Hideki revint à ce moment-là avec un chariot sur lequel étaient disposées plusieurs épaisses liasses de papier. Nakame lui fit signe de reprendre les plans originaux et de disposer les nouveaux documents sur la table.

« Vous n’êtes pas sans savoir que la capitale - et plus globalement l’Empire du Feu - a été touchée par de nombreux conflits ces dernières années. Entre les pillages, les vols en tout genre, les incendies et les différentes destructions, les archives n’ont pas été épargnées. À mon grand désarroi, les Archives impériales ont à déplorer de considérables pertes. Les dossiers que vous allez consulter ne font pas exception à la règle. »

Nakame et moi passâmes les heures suivantes à étudier les documents relatifs au chantier. Je relevais de nombreuses informations grâce aux mines d’or que représentaient les devis et les bons de commandes. Je fus capable de dresser une liste approximative d’artisans et de fournisseurs de matières premières. La carte d’approvisionnement faite à partir des données contenues dans les dossiers fut des plus sommaires, mais elle sera un bon point de départ pour la suite de notre mission.

Hideki et Ayumi s’entendirent tout de suite très bien. Le jeune homme fut d’une précieuse aide. Ayumi eut toute son attention durant mon entretien avec Nakame. Toutefois, il se faisait déjà tard et ma fille finit par venir se réfugier dans mes bras en ronchonnant. La faim se faisait sentir. Autant chez elle que chez moi. Nakame nous proposa de partager leur repas dans la salle de repos. Sa froideur ne serait-elle qu’apparente ? Ils n’avaient posé aucune question quant à sa présence et s’en étaient tout naturellement accommodés. Au cours de ce repas, l’archiviste et son assistant partagèrent de façon informelle des informations avec moi. De précieuses informations que je n’aurais pas pu trouver dans les documents.

« Vous savez, bien que l’Empire du Feu possède de nombreux artisans de talent, il vous sera très difficile de recréer les mêmes équipes… Que cela soit avec les artisans encore vivants… ou avec les descendants de ceux qui ne sont plus de ce monde. »

« Ah ? Pourquoi cela ? »

« Ce ne sont que des rumeurs… »

« Des rumeurs, certes, mais des rumeurs persistantes ! »

« Aucune n’a pu être vérifiée dans sa totalité. »

« Peu importe. Les rumeurs se basent toujours sur des faits réels. Il n’en tiendra qu’à vous de démêler le vrai du faux une fois sur le terrain. Sachez que de rudes tensions se font ressentir entre les différents artisans. Au sein d’une même profession, certaines familles peuvent s’entredéchirer. »

« Pour quelles raisons ? »

« Question légitime. Réponse incertaine. Je ne pense pas qu’il n’y ait qu’une seule bonne réponse. Pour les artisans, ce n’est pas le travail qui manque. Les destructions n’ont pas touché que les archives… Il y a beaucoup à faire pour reconstruire le pays. »

« De mon point de vue, les conflits ont ébranlé la structure même de l’Empire. Aujourd’hui, votre mission concerne les bâtiments officiels, mais… beaucoup ont perdu. Trop perdu. Certains se sont relevés. D’autres pas. L’amertume et l’injustice rôdent et n’attendent qu’un faux pas de votre part pour se montrer au grand jour. »

« Il va falloir vous montrer ingénieux, soldat. »

Hum… Il n’y a pas qu’avec les artisans que j’allais devoir me montrer ingénieux. Nakame comme Hideki allaient bien plus loin que leurs prérogatives en tenant de tels propos. Serait-il audacieux de ma part que certains membres de leur famille se soient retrouvés contraints de fermer boutique ? Je ne pouvais nier l’existence de ces rumeurs. Pourtant, je pouvais sentir dans leurs propos qu’ils n’étaient pas étrangers à tout ça… Qu’ils avaient dû côtoyer de bien trop près cette amertume et cette injustice.

« Je vous remercie pour votre aide et les informations que notre collaboration m’a permis de récolter. Je prends note de vos… »

Il allait bien falloir choisir mes mots.

« … préoccupations concernant les artisans. J’en ferais part à mon collègue de mission et, dans la mesure du possible, nous tiendrons compte des… situations de chacun. »

Oulah, je m’avançais peut-être beaucoup. Cela clôtura néanmoins le sujet. Le repas se finit sans encombre. Je récupérais les plans et mes notes puis, après avoir promis de repasser demain en fin d’après-midi pour la copie du plan manquant, je pris congé de Nakame et Hideki. Il était temps pour Ayumi et moi de se rendre à la guilde des artisans. J’espérais que Susumu s’en sortait de son côté.

Résumé:
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