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S'ils savaient

Kobayashi Kazunaga
Kobayashi Kazunaga

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Dim 17 Juil 2022 - 13:23


Dardant l’horizon de ses yeux grenat, Kazunaga s’arrêta puis se suspendît à un souvenir morose. Il se remémora la dernière fois qu’il avait pris le temps d’observer l’écume des vagues en foulant le sable du bord de mer, avec sa femme et ses deux premiers enfants qui couraient en riant. Sans doute était-ce la dernière fois qu’il avait pris le temps de s’arrêter, de gaspiller son temps, de vivre le moment présent. Hélas cette réminiscence appartenait au temps d’autrefois.
Elle n’était plus. Avec elle, tout s’était effondré. Tout n’était plus que fuite en avant.

Il s’était laissé surprendre par l’arrivée imminente d’un orage. Le crépuscule naissant sous l’averse, Kazunaga vit poindre des brumes opaques annonçant une nuit irrévérencieuse. C’est le clapotis de la pluie qui lui rappela l’écume des vagues et qui fit rejaillir ses précieux souvenirs, mais la réalité le rattrapa bien vite. Déjà les petits ruisseaux grondaient d’avoir été si bien nourris, les champs laissés en jachères où passaient les bêtes buvaient abondamment, et la terre noyée qu’il foulait faisait des bruits de vase à chaque pas et menaçait d’avaler les roues de sa cariole. Bivouaquer dans ces conditions n’avait rien d’une expérience savoureuse : si pour le Yukijine c’était une simple affaire d’adaptation, il craignait que pour son fils le problème soit plus délicat. L’humidité est une ennemie bien pire que le froid pour les godelureaux dormant à la belle étoile. Suffit qu’on l’interdise avec une bâche pour faire paroi, et elle se jette sur cette dernière en milliers de gouttelettes, puis coule, cherche les accès, s’instille partout où elle peut faire son travail de sape. Elle sabote vos nœuds, elle inonde les contours de votre petit endroit sec, et puis elle dessine autour de vous des rigoles, se transforme en petites cuves qui lui permettent de mieux passer sous terre pour qu’au petit matin elle remonte, chassée par les vers, pour vous injecter son froid mordant, alors qu’en bruine elle disperse sa rosée que l’hiver change en givre.
A côté de cette cancre pluie, la neige et le froid sont des amours.

Alors pas le choix. Il força l’allure pour trouver un abri pour la nuit. Le long du chemin, on trouvait des gîtes, des auberges et parfois des refuges. Il arrivait même que le paysan du coin prête ses écuries, auquel cas dormir sur des fétus de paille restait une expérience plus recommandable qu’agoniser sous l’ondée. Alors il continua d’accélérer, ses talons cherchant les ornières les plus stables sur le chemin parcouru. Les nasaux de son bœuf gonflèrent sous l’effort. Son fils, protégé sous la toile, laissa traîner deux prunelles curieuses pour observer son père affrontant les éléments, guidant son muflier en le tractant pour soulager son effort, et poussant derrière chaque fois que le sol avant un ventre trop mou, au risque de s’y embourber.

Quand enfin ils parvinrent à la première auberge, le mercenaire était sale et humide de la tête aux pieds. Ses cheveux d’ordinaire diaphanes avaient une teinte plus grise, argentée, souillée par la douche qu’il venait d’encaisser, laquelle n’avait pas manqué de s’associer aux éclaboussures du continent pour encrasser son corps. Au dehors, un large hangar prévu pour les bêtes et les charrettes lui permit de mettre son gibier au sec. Il défît les lanières qui le reliaient aux mandibules de la marchandise qu’il traînait derrière lui, puis s’enquît de trouver une large couverture pour le sécher. C’est là que son fils sortît, tout heureux d’être enfin arrivé. Le petit s’étira en écartant les bras, baillât et commença à mettre la main à la patte : il fallait encore décrotter les fers de l’animal et le brosser, puis remplir sa mangeoire et l’abreuver. En le regardant, une sorte de fascination secrète figea Kazunaga. A force de marcher contre vents et marées, son gamin commençait à devenir rustique et surtout, débrouillard. Ça faisait la fierté de son père. Il ne pipa mot, car il savait les risques de trop complimenter son héritier. Il se contenta de le laisser faire, et s’occupa de protéger ses marchandises.

Quand enfin ils eurent terminé, ils se dirigèrent vers l’auberge. L’averse continuait sa chanson, tambourinant sur le bois et les tuiles, frappant aux fenêtres et aux volets. Ils entrèrent et se dévêtirent, négocièrent une chambre et un repas auprès de l’aubergiste, passèrent commande et aussitôt s’éclipsèrent durant une bonne heure afin de s’installer et de se débarrasser de la souillure qui continuait d’encrasser leurs corps. Le petit se lava le premier ; pendant ce temps, son père s’affaira à faire quelques allers-retours jusqu’à sa cariole pour stocker les plus précieuses marchandises dans la chambre, et étendît les vêtements imbibés d’humidité. Lorsqu’il inversa sa place avec son fils, il profita de la chaleur qui s’instilla à travers son épiderme et cette simple sensation vint chasser les angoisses et la mauvaise expérience : ça lui picota le bout des doigts, mais il poussa un soupir de soulagement en se laissant griser par le confort que la nuit lui promettait.
Quand il sortît, son fils avait déjà préparé les lits. Ou plutôt, les futon. Il avait sorti les shikibuton de leurs compartiments, installant ces gros matelas l’un à côté de l’autre sur le parterre de tatamis, et puis il avait placé coussins et couvertures dessus. Pour le simple plaisir de redécouvrir le contact molletonné de la literie, Kazunaga se vautra dedans et resta là, un instant, son fils sautant sur le second futon pour exercer ses jambes.

Enfin, ils descendirent. Le fumet doux de la volaille cuisinée et des épices réchauffées mélangées à l’huile lui ouvrit l’appétit. Il s’attabla et déjà l’idée de pouvoir se repaître le fit saliver. Lui et son fils découvrirent alors la même sensation de volupté, de douceur exquise, de fascination pour l’instant.

La table était ronde, grande et déjà toutes sortes de mets froids attendaient que des mains viennent les chercher. L’aubergiste n’avait en fait qu’une table à servir, et tous les invités se présentaient à l’endroit qu’ils voulaient : pour l’intimité, on pouvait repasser, mais pour le côté pratique et convivial, c’était un avantage considérable. Sans le savoir, Kazunaga avait en fait choisi une auberge assez réputée pour séjourner. Des invités de prestige s’étaient attablés de l’autre côté par rapport à lui et son fils : il ne tarda pas à comprendre qu’ils l’avaient évalué selon son accoutrement. Pas besoin d’être du coin pour savoir qui était du cru, et qui était étranger. On le comprenait aisément à la pâleur des uns ou des autres, ainsi qu’aux modes vestimentaires.

Alors, naturellement, il se trouva juste à côté de cette mystérieuse inconnue. Il ne tarda pas à se tourner vers elle, par politesse. Son fils penchait déjà la tête pour mieux la voir, sourire au bec, content de partager ce moment avec tout le monde.

« Kazunaga, enchanté. Voici mon fils, Tôsen. »

Et oui. Tôsen, deuxième du nom.

Spoiler:
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Chiwa Aimi
Chiwa Aimi

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Sam 31 Déc 2022 - 11:57
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S'ils savaient...
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Qui aurait cru aujourd’hui qu’une iwajin telle qu’Aimi arpentait les terres de feu avec autant d’aisance ? Elle se rappelait encore quelques années auparavant ce qu’on lui avait dit : les tensions entre les deux nations rendaient tout périple risqué et dangereux. Pourtant, qu’est-ce qu’elle avait rêvé de pouvoir fusionner avec la nature de Hi, de pouvoir plonger son âme et son être dans les fins fonds de la forêt bordant Urari et connue pour sa densité et sa diversité.

Ses pupilles écarlates enregistraient tout ce qu’elle voyait, à chaque pas qu’elle offrait au monde sylvestre qui s'adonnait sur des kilomètres entiers. Les oiseaux qui bectaient l’écorce d’arbres sûrement très vieux, des diverses plantes et fleurs qu’elle essayait de ne pas écraser, puis des champignons de toutes les couleurs qui offraient un contraste à la verdure ambiante. Ses oreilles s’enchantaient des feuilles d’arbres qui se frottaient les unes aux autres grâce au vent, les petits ruisseaux qui s’infiltraient à chaque ouverture, rejoignant la première rivière à leur rencontre.

Armée de sa petite sacoche et de son livre de plantes, Aimi avait bien l’intention de rentrer à la capitale en ayant beaucoup appris. Alors qu’une main maintenait le dos de son encyclopédie de fortune, l’autre cherchait d’un œil avisé ce qui pourrait ressembler à ce qu’elle cherchait. L'apothicaire avait fait en sorte de classer la flore en fonction du climat et des lieux où on pourrait les débusquer.

S’enfonçant dans la pénombre, la kunoichi dépendait que de ses sens pour pouvoir s’orienter et ne pas se perdre, chose assez difficile si la nuit tombait. S'accroupissant aux premiers champignons qu’elle convoitait, elle approcha sa main à la base et tira comme conseillé en évitant de toucher le chapeau rougeâtre qui en faisait une rareté dangereuse. Elle le rangea aussitôt dans sa sacoche et continue d’avancer accroupie. Sa peau glissait sur la mousse humide des arbres, sociabilisant avec la nature.

Aimi ne savait pas combien de temps elle s’aventura, mais se rendit rapidement compte que le crépuscule menaçait de la plonger dans une obscurité certaine. Ce fut à cet instant qu’elle se décida à s’arrêter pour aujourd’hui. Cependant, mère nature en avait décidé autrement et comptait bien immortaliser les souvenirs de la Chiwa en pleurant de sa longue journée. Quelques gouttes tombèrent sur ses joues, faisant soupirer de mécontentement la rubiconde. Non pas qu’elle n’aimait pas la pluie, mais cela n’allait pas l’aider à retrouver son chemin vers l’extérieur. Elle décida alors de suivre son instinct et de se lancer à la poursuite de sa liberté.

Ce fut trempée de la tête aux pieds, les cheveux collant sa peau et le souffle coupé, qu’elle tomba nez à nez avec une auberge qu’elle n’avait même pas vu à l’allée. Observant de gauche à droite, elle se demanda même si ce n’était pas un simple mirage.

Seulement, ses sens olfactifs et le bruit ambiant lui firent comprendre que non. Peut-être que c’était un signe, peut-être qu’Aimi avait besoin de rester pour le moment éloigné de ses devoirs et de ses responsabilités. Ce fut sur cette douce idée qu' elle entreprit de s'immiscer à l’intérieur de la bâtisse. Des regards curieux se posèrent sur elle, des pupilles qui pouvaient la reconnaître s’ils avaient un minimum de passion pour la lecture des actualités, mais elle s’en fichait.
Elle s’approcha de ce qui semblait être l’hôte et demanda un toit et un couvert la nuit. Il l’avait reconnue, ça se voyait à son regard et à ses épaules tendues. Avait-il peur qu’un incident diplomatique ou tout autre se passe au sein de son gagne-pain ?

Acceptée pourtant sans difficulté, la jeune femme le remercia de quelques billets, l’invitant à rester discret sur son identité et prit congé dans ses appartements pour se sécher et se laver. La rouquine laissa ses longs cheveux détachés, chose assez rare pour une kunoichi qui devait toujours être prête à en découdre.

Son livre avait été protégé autant que possible, mais quelques pages avaient pris l’eau. Alors elle n’attendit pas pour descendre et s’installer au plus près du feu, autour de cette table bien trop grande et ronde à son goût. Notamment, parce qu’elle lui rappelait celle où elle avait siégé quelque temps auparavant pour le sommet de la coalition.

S’installant, elle ouvrit son livre aux pages les plus touchées, constatant que les dessins brouillons s’étaient légèrement effacés. Elle feuilleta donc celui-ci délicatement, attendant le souper et s’abreuvant de la chaleur autour d’elle. Se perdant dans ses profondes pensées, elle ne fit pas attention aux présences autour d’elle. Ici, elle avait l’impression d’être dans un autre monde, loin de la réalité, c’était presque enivrant.

Ce fut d’ailleurs l’homme à sa droite qui décida de briser la cage dans laquelle elle s’était enfermée. Sa tête se releva machinalement, tandis qu’elle posa son regard sanguin vers cette voix grave et froide qu’elle n’oublierait pas de sitôt. Ses pupilles croisèrent des iris similaires aux siennes, mais qui semblaient avoir vécu de bien plus grandes expériences, et pas seulement joyeuses.

La kunoichi fut tout d’abord surprise qu’on lui adressa la parole. Elle n’était pas habituée aux auberges qui mettaient en avant la convivialité et repoussaient l’intimité de ses clients. Elle ne savait pas non plus comment elle devait se présenter, devrait-elle mettre en avant son haut grade et sa renommée ? Devait-elle se faire discrète et distante ? Non, elle n’était rien de tout cela, si elle devait se présenter en ce soir pluvieux et orageux, c’était en restant elle-même.
Timidement, mais chaleureusement, la kunoichi inclina légèrement sa tête avant de leur adresser un petit sourire. Elle répondit donc avec douceur.


« Enchantée Kazunaga et… Tôsen. Je m’appelle Aimi.»

Pour quelqu’un comme la rubiconde qui combattait corps et âme depuis un long moment la menace qu’était l’Homme au Chapeau, entendre son prénom avait été pour le peu déconcertant. L’Eiseinin afficha son doux sourire, ne souhaitant pas le faire se sentir mal à l’aise face à cette hésitation de quelques instants. L’homme avait un physique assez particulier, au point d’attiser la curiosité de la jeune femme, qui se demandait si celui-ci avait déjà rencontré le soleil. En effet, sa pâleur lui rappelait celle des cadavres résidant dans la morgue d’Iwa. À la différence que celui-ci parlait et était plus vivant. D’ailleurs, le jeune garçon à ses côtés lui ressemblait aussi beaucoup : ils avaient sûrement un lien de parenté.

La Taisho décala légèrement son ouvrage et attrapa d’une main habile un bol tendu. Elle tenta d'ignorer par ailleurs, certains regards inquisiteurs qui pouvaient la mettre mal à l'aise. Son contenant respirait la chaleur et la saveur de la forêt. Sûrement une sorte de potage aux champignons bien épais et goûteux. Le tout était accompagné d’une viande blanche braisée et d’un accompagnement aux saveurs relevées. Elle se pencha légèrement en avant, usant de ses doigts agiles pour faire glisser quelques mèches écarlates qui tombaient. Elle inspira alors légèrement pour s’abreuver de cette odeur réconfortante.


« Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas sentie comme le chez-moi de mon enfance…»

Glissa la jeune kunoichi de manière assez audible pour que ses voisins l’entendent.

« Est-ce la pluie qui vous a aussi mené ici ? »

Demanda dans un premier temps l’iwajin. Sans savoir pourquoi, elle avait envie d’en savoir plus sur eux. Comment commencer au mieux par comprendre la raison de leur présence ici ? Aimi croyait au destin et était certaine qu’ils n’avaient pas croisé son chemin par hasard. La soirée promettait d’être de tous les goûts, comme cette tablée d’ailleurs.


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Kobayashi Kazunaga
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Mar 3 Jan 2023 - 18:41


Le petit Tôsen concéda le sourire naïf et innocent que seul un enfant peut offrir au plaisir des gens : il baignait dans ce visage-là un air de bienveillance pure, aussi désintéressée que peut l’être le printemps lorsqu’il disperse malgré lui les germes de la renaissance. Il suffisait de le regarder, ce petit bout d’homme, pour comprendre que le Yuukan avait un destin et que le secret de son fragile âge d’or serait déposé tendrement dans le creux de la main de tous ses enfants, comme la plume sacrée d’un oiseau de prophétie.
Tôsen aimait la vie, et la vie l’aimait aussi.

Son père lui secoua les cheveux en posant la main sur sa tête, dévoilant un attachement réel au fruit de l’amour perdu. Voir son enfant sourire était un baume au cœur dont l’efficacité était nettement supérieure à tous les remèdes du monde : en plus de le guérir, le bonheur de son enfant était doux. Le présenter comme son fils, ce petit gaillard, nourrissait la fierté de l’homme. Lors il abdiquait devant l’instant de grâce, même lorsque son esprit s’attardait au doux songe des pièces sonnantes et trébuchantes.
Car dès que la dame se présenta sous le nom d’Aimi, elle confirma sans le savoir les doutes qui persistaient en lui et ouvrit un chemin vers son cœur, non pour le conquérir mais pour le poignarder.
Je sais. Chiwa Aimi. Une tête à vingt millions.

Une chance pour elle qu’en ce jour, son fils était là, trop proche pour qu’il se risque à un assassinat.

« Plus le voyage est pénible et éprouvant, et plus ce genre de moment nous semble délicat et empli d’une nostalgie chaleureuse. C’est en quelque sorte la loi des contraires, et il faut croire qu’on ne savoure le doux nectar de la vie que lorsque celle-ci nous confronte à ses heures sombres. Rien ne vaut un bon foyer lorsque le corps est tout affaibli et courbaturé. »

Il eut un sourire devant les yeux interloqués de son fils.

« Navré, je m’égare. Oui, nous nous sommes arrêtés ici eu égard à l’averse. D’ordinaire, nous préférons bivouaquer pour voyager plus vite et nous accoutumer à la rusticité du parcours. On se languit trop vite de la douceur d’un foyer lorsqu’on navigue d’auberges en auberges ; à ce titre il est souvent préférable de les éviter. »

Arrivèrent derechef les premiers plats de volaille baignant dans leur jus, ainsi que quelques condiments rôtis dont le parfum dégageait des effluves inspirant l’appétit et le désir de goûter à tout. Le vin commença à couler dans les verres et le mouvement de la vaisselle débuta son concert de bois et de porcelaine. Kazunaga servît d’abord son fils avant de remplir son assiette, et bientôt les auges furent pleines de saveurs.
Baguettes en main, il observa les différentes propositions de légumes rôtis avant de poursuivre la conversation.

« Qu’est-ce qui vous amène par ici, du coup ? »
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Chiwa Aimi
Chiwa Aimi

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Mar 3 Jan 2023 - 19:35
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Il n’y avait qu’à contempler un sourire aussi pur qu’innocent pour oublier ce teint livide qui ornait son faciès d’enfant. C’était en contemplant ce visage plein d’espoir que la force gagnait la kunoichi pour affronter les tourments qui la hantait. La douce ne pouvait que s’éprendre de l’affection que portait ce Kazunaga alors qu’il venait ébouriffer ses cheveux.

La rubiconde était loin de se soucier du danger qui pourrait la frapper à tout moment, elle vivait au jour le jour. Elle savait qu’un jour, la faucheuse viendra l’accueillir dans ses bras voilés de noir, mais elle savait aussi que ce n’était pas encore son heure. L’Eiseinin ne craignait donc pas de se présenter à un inconnu. Bien aimable et aimant, il ne semblait d’ailleurs pas dangereux. Une âme égarée, comme elle l’était en ce profond bosquet.

Sans surprise, il l’avait entendu marmonner dans la fumée de son bouillon. Sans étonnement, il lui répondit. Après tout, c’était lui qui avait engagé la conversation. Cette petite tirade qui semblait l’emporter mot après mot, emmena Aimi dans de brefs songes dans lesquelles elle se souvenait lorsqu’elle rentrait chez son père après une journée à se battre contre Yanosa par exemple. Exténuée, blessée, elle revenait toujours là où la chaleur et le souper l’attendaient -sans parler des petites remontrances- mais qui faisaient tout le charme d’un foyer comme elle les aimait.

Le jeune Tôsen semblait ne pas comprendre les dires de son aîné, ce qui fit sourire franchement Aimi.

Il ne s’égarait pas tant que cela selon Aimi. Ou du moins, s’il s’était perdu, c’était bien dans ce coin oublié et mystérieux. Il lui confirma la raison de cet arrêt exceptionnel et lui apprit alors qu’il voyageait souvent avec l’enfant et qu’il était rare de les trouver dans un tel endroit. S’habituer aux temps les plus difficiles permettait de ne pas souffrir d’un manque. Aimi en faisait d’ailleurs les frais.


« Je comprends tout à fait ce que vous dites… Ou du moins, je le ressens… Cette sensation de pouvoir savourer un moment bien mérité, après une dure journée de labeur… Ce moment où son corps et son âme sont récompensés d’avoir survécu à une journée… Cela fait bien longtemps que je ne les côtoie plus vraiment… Et cela me manque parfois, mais finit par s'y faire... »

Plus de parents pour l’accueillir à bras ouverts, plus de maison qui protégeait des démons la pourchassant. Simplement un bureau, dans un hôpital avec des gens qui avaient besoin d’elle pour survivre : cela lui suffisait amplement. Pourtant, pouvoir être servie comme venait de lui faire le chef de cette auberge, lui donnait du baume au cœur. Aimi ne pouvait s’empêcher de humer les effluves remplissant la pièce principale du gîte, armée d’un sourire plus que satisfait de ce qu’elle découvrait.

La Chiwa hésitait même à s’adonner à une gorgée de ce vin que l’hôte présentait comme l’un des meilleurs du coin. Cependant, elle attendit pour le moment, notamment, car ce fut à son tour d’être questionnée. Tandis qu’elle finissait de se servir en légumes avant de lui répondre, elle attrapa habilement son vieux livre avant de le placer sur la table, entre les deux plats.


« Ça !»

Déclara la rouquine, adressant un fin sourire à son voisin de tablée. De ses fins doigts, elle tourna quelques pages, laissant entrevoir des dessins de fleurs, de plantes, de légumes ou de fruits. Les contours étaient brouillons, mais assez précis pour reconnaître les différentes œuvres. On pouvait y lire des inscriptions qui accompagnaient le tout.

« Je passais ma journée dans la forêt à étoffer ma connaissance lorsque la pluie m’a surprise. Et en cherchant mon chemin, je suis tombée sur cette auberge. Peut-être que c’était un signe, peut-être que j’avais besoin de m’égarer un peu pour mieux me retrouver…»

Termina-t-elle par exprimer, faisant un léger clin d'œil aux mots récités précédemment par Kazunaga.

« Je comprends donc que vous voyagez depuis longtemps ? Me confieriez-vous les contrées qui vous ont le plus marqué, Tôsen et vous ? Ou que vous conseilleriez à l’érudite que je suis ? »

Ses baguettes en position, elle attrapa quelques légumes et les apporta à la bouche. Légèrement fondant, certains croquants, le tout bien aromatisé, il n’y avait rien à dire de plus : ses yeux brillants de gourmandise suffisaient à s’exprimer à sa place. Son regard se porta de nouveau vers le mystérieux homme, attendant une réponse lyrique de sa part.


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