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Contes d'un jeune héritier, préambule — « Par la force des choses »

Sanekage
Sanekage

Contes d'un jeune héritier, préambule — « Par la force des choses » Empty
Mer 19 Jan 2022 - 0:29
À l'aube de la légende d'un héritier plus si jeune que ça,
la nuit se fit théâtre des souvenirs.


En déplacement dans l'une des nombreuses petites bourgades aussi reculées qu'oubliées du Pays du Feu, Kamui avait pu bénéficier du gîte et du couvert auprès d'un couple de personnes âgées, lui louant la chambre de leur fils parti engrosser les rangs de l'Empire. Éreinté, il s'était pourtant interdit de céder au sommeil et s'était agenouillé auprès de l'unique table trônant au centre de la petite chambre, pour y griffonner son rapport.

Depuis quelques semaines à peine, il avait rejoint les rangs d'une armée qui lui était entièrement étrangère. Les habitants de Hi lui avaient toujours inspiré une immense peine, mais jamais il n'avait songé endosser le rôle de soldat pour défendre de ses propres mains leurs intérêts.

Par la force des choses, il y avait été contraint.

Son rapport, il l'entama donc avec une lassitude palpable. Il agissait de bon coeur, mais n'appréciait guère d'être ainsi éloigné de la véritable raison de sa présence au beau milieu de la tempête de sang et de malheur qu'était Hi. Il voulait en finir au plus vite, se laver les mains de cette casquette d'agent d'un Empire en lequel il ne voyait pas encore le bien fondé pour enfin pouvoir reprendre son pèlerinage. Retourner à Hayashi. Purifier le monde des horreurs qu'un certain homme enchapeauté avait déchaînées, par la puissance de sa ferveur renouvelée.

Son pinceau s'écrasa sur la surface du papier, échappant à sa délicate poigne, répandant une trainée d'encre de jais en roulant.

Autour de lui, la chambre s'était discrètement métamorphosée. Le sol poussiéreux s'était transformé en lattes de bois propres et vernies, couvert d'un tapis au coloris omineux. Ses yeux cherchèrent la porte de bois rustique qui lui faisait face, mais elle avait été remplacée par des panneaux coulissants en papier de riz, ornés de fresques paisibles et douloureusement familières.

La table qu'il avait quittée des yeux n'était plus. À la place, un coussin gisait au devant de sa personne, sur lequel reposait un sabre qu'il avait pourtant démonté, pour en conserver la lame gravée, cachée dans le shirasaya qui jamais ne le quittait.

Hagard, Fujiwara Ryūtarō Kamui s'empara de l'arme, qu'il dégaina doucement à hauteur de ses yeux pour mieux en observer la lame. L'acier obscur reluit sous ses mirettes injectées de sang, fixées sur les deux symboles qui avaient remplacé l'inscription qu'il avait maintes fois lues, durant la petite vingtaine d'années qui s'était écoulée.



(kashaku)
« remords »




« Qu'est-ce que cela signifie ?.. »

Une question fort légitime, au regard du fait qu'il se trouvait littéralement dans sa chambre, au beau milieu du fort des Fujiwara qui se trouvait à plusieurs dizaines de lunes de marche du patelin où il avait décidé de faire halte. Le katana héraldique de sa famille était remonté, et l'attendait à l'exact emplacement qu'il avait jadis occupé lorsque l'on exigea de lui qu'il s'éventre en l'utilisant. Même son vieux kosode usé avait été remplacé par les habits qu'il avait portés ce jour là.

Les manches blanches de son haori étaient, elles, maculées du sang qu'il avait naguère versé. Les réminiscences tragiques de la seule et unique vie qu'il avait jamais prise... par la force des choses.

« Alors, que feras-tu ? souffla une voix étrangère, par-dessus son épaule. »



???


Une enfant, habillée d'un yukata vert olive, d'une écharpe de fourrure feu et d'un masque à l'effigie animale, se tenait quelques pas derrière lui. Par sa présence, elle validait tous les soupçons du moine : il était en pleine hallucination.

« Ô Lumière Cardinale... entama l'ascète, qui se préparait à entonner l'hommage à l'Est pour libérer son esprit de ce qui l'embrumait.
Cet endroit te fait si peur que ça ? »

Coupé dans son élan, l'exilé se tut, et toisa à nouveau l'illustre inconnue qui s'était faufilée dans ses songes. Il ne l'avait jamais vue, et les traits que laissait deviner son demi-masque ne lui étaient aucunement familiers. Il était tenté de l'ignorer, or quelque chose l'en empêchait — son aura, mystique, ne lui inspirait aucune hostilité. Sa présence au beau milieu de cette pièce qui avait été le théâtre de nombre de ses cauchemars donnait à cette désagréable expérience une atmosphère de rétrospection méditative.

Pour une fois, il n'était pas transi d'effroi. Il était curieux, mélancolique... et empli de détermination.

« Tu ne fuis plus ? demanda l'enfant masquée.
Je ne fuis pas.
Alors, agis, conclut-elle, grave. »

S'exécutant, Kamui s'empara de l'épée qui l'attendait depuis deux décennies. Ses poings se refermèrent sur le manche de l'arme, sa pointe acérée tournée vers son abdomen. Il resta figé ainsi quelques instants, le fer caressant l'étoffe précieuse des nobles atours que lui avait gracieusement offert le songe. Puis, il l'enfonça avec violence, d'un geste plein d'anticipation et de rage.

La lame explosa en une myriade de copeaux miroitants, voletant et dansant tout autour de lui comme s'ils étaient transportés par le zéphyr farceur. Il n'avait pas été blessé, mais on lui avait retiré l'occasion d'au moins avoir un aperçu du châtiment qu'il avait lâchement fui naguère.

« Tu ne peux pas réécrire le passé, Kamui. »

La môme s'engouffra dans la petite bulle que délimitait la valse des morceaux de sabre, pour s'agenouiller à ses côtés.

« Tu es encore une petite salamandre de feu, héritier. Tu endures, te régénères, survis. Mais tu te laisses encore entraîner par ce qui est plus grand que toi, poursuivit la mystérieuse fillette. »

Autour d'eux, à mesure que les paroles de l'étrangère s'écoulaient, les éclats miroitants reflétaient l'enfance du jeune héritier. Dans chaque morceau se jouait une anecdote de sa prime jeunesse. Anodines, marquantes, amusantes, tristes — elles se succédaient et s'entremêlaient, si bien que Kamui ne comprenait guère à quel effet elles lui étaient montrées.

Puis, d'autres paysages se faufilèrent dans les reflets métalliques, fugaces. Le pseudo-Wara se leva, tourna sur lui-même frénétiquement pour essayer de suivre les scènes du regard à s'en donner le tournis. Il se laissa emporter par l'élan des visions, tant et si bien qu'il écrasa sur son séant avec fracas. La petite fille, elle, n'avait pas bougé ; elle l'observait avec un petit sourire entendu, satisfait.

La révélation lui vint enfin. Tous les souvenirs qui le cernaient et se jouaient de lui l'avaient entraîné, tout comme il l'avait été tout au long de ces diverses pérégrinations. Kamui avait toujours poursuivi ou fui quelque chose, quelqu'un ; par la force des choses, il était happé dans le courant de la vie des personnages qu'il incarnait successivement.

Il était un pantin du destin, et son passage au sein de l'ordre des moines n'y avait rien changé. Il s'en était remis à la foi, à la bienveillance de nouveaux frères, à l'assommant entraînement qu'il dût endurer des années durant pour devenir digne de la bénédiction de la Lumière Cardinale. Pire encore, depuis lors, il était devenu l'ombre d'un autre, pour tenir une promesse faite à un mort — ce qui l'avait propulsé dans les rangs d'une armée qui ne représentait rien à ses yeux auparavant.

À plus de trente ans, Kamui n'avait pas vraiment commencé à vivre. Il était encore, d'une certaine façon, le jeune héritier qui se faisait violence pour rester sur l'étroit sentier que lui avait tracé son illustre père. Sa fuite ne constituait qu'un écart de cette voie, qui était restée son unique repère dans la confuse broussaille qu'était la vie.


« Prendre conscience,
c'est transformer le voile qui recouvre la lumière
en miroir.
»


Sur ces mots proférés par l'enfant, les pans de la réalité se déformèrent. La chambre s'étendait, se déchirait, tandis qu'une vague de froid parcourait l'échine de Kamui. Par réflexe, il se retourna subitement ; sous ses yeux, la fenêtre de la chambre qu'il louait se tenait, entrouverte. Le choc de son retour au présent le saisit de stupeur, quelques instants. Regardant frénétiquement autour de lui, il ne décelait plus la moindre trace de sa vision. Il se leva, se saisit de son shirasaya et l'ouvrit pour vérifier que la lame y reposait toujours, ce qui fut sans surprise le cas.

Ses pas le menèrent à la fenêtre, qu'il avait pourtant fermée avant de s'asseoir plusieurs minutes, qui semblèrent être des heures, plus tôt. Il l'ouvrit entièrement pour s'exposer à l'air frais des nuits automnales du Pays du Feu, histoire de se remettre les idées en place. Son regard fut toutefois attiré par du mouvement, à la lisière du bois qui encerclait le petit village où il faisait étape.

Dans les buissons, un petit animal venait de s'engouffrer. S'il en fit peu de cas, de prime abord, il fut surpris de voir la bête sortir la tête des fourrés pour le toiser.




S'il ne pût identifier l'animal à cette distance, il lui sembla étrangement familier. Un sentiment qui, s'il l'intriguait, ne fut pas suffisant pour occulter la fatigue qui alourdissait ses jambes et pesait sur son esprit. Après ce qu'il venait de vivre, il avait besoin d'un peu de sommeil — dénué de songes, cette fois-ci, si possible. Alors, il laissa le petit animal vaquer à ses occupations et ferma résolument la fenêtre. Une conclusion à cette étrange nuit, qu'il finit en se laissant tomber sur son futon comme une masse, s'endormant sur le coup.

Pour autant, et il ne s'en doutait alors guère, cette expérience n'était guère que l'entame d'un long recueil de contes. Les siens, ceux de Kamui — ceux d'un jeune héritier, qui s'éveillait à l'aube de la vie qu'il aurait fait le choix de vivre.


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