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Crossroads of a Gloufighter

Hayai C. Taishi
Hayai C. Taishi

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Jeu 9 Déc 2021 - 5:14

« … »

L’Hayai se posa la main derrière la tête pesamment, cet éternel signal d’embarras. Pourtant il n’aurait pas dû l’être. Pourtant il l’était quand même.

« … C’est elle ? »

Le dindon lui tournait le dos, des bras plumeux croisés sur son immense poitrail. Taishi songea que Glouba avait beaucoup augmenté en dimension depuis le début de leur… Partenariat. Car c’étaient ce qu’ils étaient. Leur relation n’avait jamais été celle d’un maître et d’un pactisant. Ils étaient des frères, d’une certaine manière. Le dindon avait toujours été là pour lui, quand il avait été le plus seul de sa vie.

Mais aujourd’hui, l’équilibre de l’équation changeait. La valeur entre les deux côtés divergeait. Glouba le savait. Taishi aussi.

« C’est elle. »

Glouba souffla, comme si ce n’était qu’une évidence rappelée. Un long silence s’amena, tranchant mais serein dans la pénombre.

« … Comment en es-tu si certain ? Il y a en a eu d’autres. »

Taishi considéra la question. Il y a de ces choses qu’on ne peut pas expliquer mais qu’on croit tout de même. Tellement de ces choses, à bien y penser.

« … L’amour est une force directrice de ce monde. Elle rend le monde meilleur. Elle ne devrait pas être unique à une personne. Si on ne peut aimer qu’une personne, comment peut-on propager cette force ? Mais on peut aimer de différentes manières. Aimer un ami. Un frère. Une âme commune. »

Il baissa les yeux.

« L’amour change, évolue, dévolue. Elle prend toutes sortes de formes. Je ne regrette pas l’amour que j’ai ressenti pour les gens que j’ai rencontré dans ma vie. Elles ont fait de moi qui je suis. Elles m’ont mené jusqu’à elle. »

Il souffla, expirant l’air frais.

« Sans Sanadare, je ne serais jamais devenu shinobi. Ma vie aurait été complètement différente. Mais au-délà, elle m’a poussé à faire des choix, et à grandir dans leurs ombres. Elle m’a appris la rébellion, pas uniquement contre les lois, mais également le destin. »

Des chemins pleins de douleur, mais aussi d’espoir.

« Katsuko… M’a donné une voie. C’est une dette que je n’ai jamais pu rembourser. Elle m’a montré la vraie persévérance. Et… Qu’on ne peut vivre sans liberté. »

Et elle n’avait jamais rien demandé en retour. Elle était ainsi.

« Elles m’ont donné tellement plus que je ne pouvais le faire en retour. »

Et c’est ce qui faisaient d’elles des âmes sœurs. Et pour longtemps, Taishi avait crû que c’était ce dont il avait besoin, et ça avait été le cas.

« Elle… Elle me donne une place dans ce monde. Pas juste pour vivre, mais pour la vie elle-même. Je donnerais ma vie pour elle, mais elle me donne envie de faire quelque chose d’encore plus difficile. De continuer à vivre. D’accepter qui je suis. Elle… M’accepte comme je suis, qualités comme défauts. »

Il eut un mince sourire.

« C’est elle, et je pense que je le savais depuis bien longtemps. Mais il a fallu tout ce temps, tout ce chemin, pour me préparer à être… digne d’elle. À être un allié. Un partenaire. Un ami. Et à vainement vouloir être encore davantage. »

Taishi hocha de la tête, comme s’il se parlait à lui-même, ce qui était essentiellement le cas.

« Je l’aime. Je ne sais pas si j’y étais destiné ou non. Si je suis la meilleure personne pour elle. Mais elle me donne envie d’essayer. À chaque instant de ma vie. »

Un long silence, puis le dindon soupira, ébouriffant ses plumes un court instant.

« Tu parles comme un amoureux transi. Tu es bien la dernière personne que j’aurais imaginé devenir ainsi un jour. »

L’Éclair Vert d’Iwa eut un petit rire.

« … Je suppose que tu n’as pas tort. »

« Et ça n’a probablement rien à voir avec le fait que c’est une des plus belles femmes du continent. »

Taishi roula des yeux, mais savait que Glouba déconnait. Plus ou moins. Il décida de ne pas répliquer, et le dindon secoua la tête.

« … En autant que je suis concerné, elle mérite mieux que toi. Mais si elle venait à vouloir d’un minable comme toi… Je suis prêt à le tolérer. »

L’Hayai se cueillit le visage dans sa paume, mais souriait en dessous. Il oubliait parfois que son interlocuteur avait un égo encore plus gros que son postérieur.

« Hum… Merci je suppose. »

L’atmosphère sembla changer au bout de quelques instants, et Taishi perdit progressivement son sourire. Il connaissait bien Glouba. Mieux que quiconque. Les mots suivant de l’obèse casqué le confirmèrent.

« Depuis notre association, nous avons vécu un tas de choses, hein ? Le massacre de Yugure. La chute de Kumo. Yonbi. On a blessé le foutu Chapelier. Tu es passé d’un pathétique humain… À un passable shinobi. Et maintenant, tu l’as trouvé, elle. »


L’Hayai fronça les sourcils, mais c’était davantage par sollicitude que par méfiance. Un peu des deux, peut-être.

« … Glouba ? »

Le Chasseur de Primes se retourna vers lui. Après un instant, il porta les ailes à sa tête pour retirer son casque, un symbole de respect mutuel qu’il ne montrait qu’à deux personnes en ce monde. Heaume sous son bras plumeux, les yeux globuleux de Glouba fixèrent l’Éclair Vert avec intensité.

« … Notre partenariat tel qu’il est ne peut plus continuer, Taishi. »

Le jônin se figea.

« … Je dois partir. »
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Hayai C. Taishi
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Mar 14 Déc 2021 - 14:55
L’Hayai resta là, silencieux, ne sachant quoi dire sinon de vivre sa surprise.

« Glouba… »

« Tu sais très bien qu’il est temps. »


Taishi se mit les mains derrière la tête en faisant quelques pas, puis s’arrêta.

« Pourquoi maintenant ? Le sommet… »

« Il n’y a jamais de bon moment. Mais celui-ci est venu quand même. Ça ne devrait pas te surprendre. »

L’Éclair Vert considéra la chose, hochant la tête lentement à contrecœur. Le dindon se détourna, replaçant avec habilité quelques plumes rebelles.

« … Tu as enfin trouvé ta voie, Taishi. Aussi pathétique soit les humains, je dois m’assurer de garder le rythme à mon tour. »

« … »


Le dindon secoua la tête. Ils avaient toujours eu une complicité des plus uniques, qui dépassait le cadre de leur partenariat. L’idée qu’il parte déchirait Taishi sur tous les sens. Mais il ne pouvait pas s’y opposer, et ils le savaient tous les deux.

« … Nous nous reverrons peut-être, si j’atteins le Glouvana nécessaire. »

Le dindon commença à battre des ailes mais Taishi sortit de sa stupeur et lui fit un signe de main.

« Attend ! Hum… »

Glouba secoua la tête – il avait remis son casque.

« Ne me fais pas perdre mon temps… »

« Non, ce n’est pas ça. Je veux dire, ce n’est pas que je ne veux pas que tu partes. Je sais ce que tu vas faire, et j’aurais préféré qu’on y fasse face à deux, mais je sais que certaines choses doivent être vécues par soi-même. »

« Alors pourquoi… »


Taishi se passa la main dans les cheveux.

« … Je voudrais que tu continues à veiller sur Iwa, sur Aimi… Si quelque chose m’arrivait. »

Le chasseur de primes resta immobile et silencieux, avant d’enfin croiser des bras plumeux.

« … Aimi est jolie, mais je ne fais rien gratuitement. Et puis… Que pourrait-il t’arriver au juste ? »

L’Éclair Vert considéra la question.

« Je ne sais pas. Juste un pressentiment de passage peut-être. Tu sais bien que la vie a tendance à prendre tout autant qu’à donner. »

Le dindon hocha de la tête.

« … Le paiement ? »

Taishi roula des yeux. Mais le symbolique avait sa propre force, peut-être. Il plongea une main dans son manteau, sortant la bourse qu’il avait prévu en cas… D’imprévus durant leur voyage. L’Hayai la lança d’un geste gracieux, Glouba l’attrapant avant de le secouer pour éprouver son poids, avant d’hausser ce qui lui servait d’épaule.

« … Ça suffira pour le moment. Et le trouver lui, je suppose ? »

Taishi soupira.

« Ouais. Il vit quelque part dans cette forêt. »

Le dindon hocha de la tête. Cette conversation, ils l’avaient déjà eu plusieurs fois. Mais jamais avec cette sensation de réalité, peut-être.

« Qu’il en soit ainsi. Adieu. »

Un moment plus tard, Glouba avait disparu dans un éclat de plumes, de gras et bien d’autres choses. Taishi resta assis sur un rocher, son regard émeraude cherchant le ciel, mais le dindon était déjà loin, plus rapide que son obèse morbidité pouvait le prétendre.

Juste un malaise de passage. Mais Taishi avait vécu assez de haut dans sa vie pour savoir que les bas pouvaient être encore plus vertigineux.

Si Glouba survivait à la prochaine étape de sa propre aventure, il reviendrait.

La vraie question, c’est si ça serait à temps.

Avant qu’il ne soit trop tard.
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Hayai C. Taishi
Hayai C. Taishi

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Mer 15 Déc 2021 - 6:57


D’abord, les arbres défilèrent sous le regard masqué du dindon, un océan émeraude qui rappelait le pelage d’un minable mammifère, du moins aux yeux globuleux et exorbités de Glouba. Le vent était favorable, il n’avait qu’à garder les ailes déployées pour planer. Contrairement à la croyance populaire, le Chasseur de Primes n’avait aucun mal à voler, mais son espèce n’était pas conçue pour l’endurance – mais plutôt pour leur grâce et noblesse démesurée – et ainsi, sauver de l’énergie n’était pas de refus, si tôt dans son périple.

Le cerveau de Glouba, enflé comme le reste de son corps, ne fonctionnait pas exactement comme celui d’un humain. Il était davantage obtus, focalisé, dénué des nuances qui faisait souvent hésiter l’homme. Un dindon était davantage un assemble d’idées et de valeurs directrices, plutôt qu’un mélange d’émotions et de perceptions. C’est ce qui faisait d’eux de redoutables chasseurs de primes. Et même de ceux-là, Glouba était le meilleur.

Ce n’était pas la seule voie empruntée par les membres de son espèce. Les dindons étaient naturellement portés vers le conflit, puisqu’ils considéraient tout autre oiseaux, animaux ou humains comme inévitablement inférieurs. On aurait pu appeler cela de l’arrogance, mais Glouba n’aurait jamais été d’accord, justifiant que si un dindon était clairement supérieur au reste du Yuukan, ça ne l’empêchait pas de reconnaître la valeur de ses alliés ou adversaires. C’est ce qui faisait la perfection de la dinde. La farce.

Ça ne changeait pas le fait qu’en général, ses congénères étaient relativement discrets sur le continent. La beauté du dindon était souvent une cause de jalousie, et Glouba l’avait compris tôt dans sa carrière. Et puis, la noble majesté de son espèce n’était pas due à tous les regards, quand on y pensait bien. Beaucoup des cibles de Glouba n’avait même jamais su que leur désespoir était né d’un mélange hirsute de gras et de plumes.

La forêt céda rapidement le pas aux montagnes escarpées qui caractérisaient le pays de la Terre. Il était de retour à Tsuchi, beaucoup plus rapidement qu’en voyageant avec Taishi, la douce Aimi et celui qu’on ne pouvait vraiment décrire que comme « Massacre ».

De retour au cerveau de l’oiseau, celui-ci s’était bel et bien égaré quelques instants sur le sujet de l’Éclair Vert, sa nouvelle – enfin, troisième – flamme et ce sommet de la coalition auquel ils allaient arriver ce matin. Glouba s’était surpris à se demander s’il était jaloux de la passion renouvelée de l’Hayai. Le lamentable humain n’avait pas été aussi serein depuis… Depuis ce temps perdu lorsqu’il n’avait été qu’un simple genin sous les ordres de Borukan Akimoto, collé aux sandales de Hyûga Sanadare, une autre très belle femme mais également une complète folle. C’était souvent le cas des jolies femmes. Aimi était l’exception, en plus d’être la personne la plus chaleureuse, brillante et bienveillante qu’il ait jamais connu, et c’est peut-être ce qui piquait la jalousie du dindon. Peut-être aurait-il dû la séduire avant qu’elle ne tombe pour Taishi… Du moins, si c’était vraiment ce qu’elle éprouvait pour lui. Elle ne savait pas tout de son passé, après tout. Et l’Hayai avait toujours cette tendance à vouloir suivre les causes les plus impossibles. À voir l’espoir là où il n’y en avait pas. Les exemples étaient multiples, depuis l’Hinoishi, jusqu’à cet imbécile incapable de draguer une simple Kirijine… Qu’était-il devenu, cette loque humaine, d’ailleurs ? Il avait entendu dire qu’il s’était évanouie comme une fillette lors de l’examen final, au pays de la Brume. Que Taishi pouvait-il bien lui trouver ?

Les minutes devinrent des heures. L’air devint plus rare, le vent plus violent et Glouba mit fin à ses réflexions inutiles pour se concentrer sur son vol. La nuit avait fait son chemin et il arriverait bientôt à ce qui serait le prochain chapitre de sa saga pour atteindre le Glouvana, le Glouvalla, cet endroit mythique que tout Gloufighter aspire à rejoindre une fois son temps au Yuukan dépassé. Réservé aux plus grands héros dindoniques de l’histoire, ceux qui transcendent le commun des mortels et dépassent l’existence de tout autre misérable vivant sur ce continent.

Mais d’abord, il devait faire face à une créature qui aurait fait trembler toute autre, même ce ridicule homme au chapeau, qui n’était pas plus capable d’arrêter une pâle copie de lui en argile qu’elle ne l’aurait été en face de la légende vivante qui attendait Glouba de pied ferme, son gras dépassant contes et mythes, son croupion mêlant science et religion, son glouglouton une cloche pour sonner le damne de la réalité.

Le Saigneur de Guerre des légions de l’empire royal du royaume des contrées des dindes sauvages.

Et surtout, son père.


« Tu as pris ton temps, Glouba. »

Des yeux si gonflés qu’ils semblent transpercer ton âme. Dix mètres de gras par-dessus des muscles juteux. Des plumes écarlates rappelant la dernière automne d’un monde perdu, entre les plaques d’une armure ancienne, dont les couleurs ne pouvaient être décrite que sous les termes de la victoire. Un croupion si gigantesque qu’il dissimulait le soleil naissant, une éclipse qui n’offrait aucun salut aux malheureuses victimes de l’ombre d’un véritable juggernaut aviaire. Un bec grisâtre, craquelé, marqué par la guerre, mais surtout par les conquêtes, incalculables et surtout incalculées, car les dindons ne sont pas doués en mathématiques.

Le glouglouton de Djanglou Fett se balança tel un astéroïde prêt à fendre le Yuukan en deux. Le Saigneur de Guerre considéra sa progéniture, ce jeune dindon au casque usé et dénué de couleur par endroit vissé sur sa tête. Le plus rebelle d’une longue lignée promise à la gloire, aux incalculables réussites. Parmi eux, cet enfant n’était qu’une plume de travers, prête à être arrachée.

Glouba avait peut-être la grâce, mais Djanglou avait la graisse.


« J’avais fini par croire que tu préférais ton esclave, cet humain, plutôt que ta propre famille. »

Un air de défi sur son faciès recouvert de métal, Glouba se posa en trébuchant à peine.


« Il sert, tout comme sa mère t’a servi jadis. Quelle est la différence ? »

L’immense serre de Djanglou fit craqueler le sol alors que le Saigneur de Guerre faisait un pas en avant, son regard de braise tel un inferno de Rei.


«… Oh, nous allons bientôt le savoir. »


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Hayai C. Taishi
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Ven 24 Déc 2021 - 7:25
Glouba se retint de faire un pas en arrière, même si ce n’était pas un instinct chez les dindons, habitués à faire face au danger dans un angle qui permettait d’exposer toute la gloire de leurs obèses traits.

« Je n’ai pas peur de toi. »

Les pas massifs de son père continuaient alors que le Saigneur de Guerre semblait se contenter de le considérer de tous les angles. Glouba était peut-être devenu plus gros avec le temps, bien plus massif et musclé que la plupart des dindons… Mais Djanglou était une colossale créature qui atteignait facilement les dix mètres. Il n’y avait aucune comparaison possible.

« Non, Glouba… Tu as toujours préféré craindre tes responsabilités au sein de la volée. »

Le casque du Chasseur de Primes resta immobile, mais le silence qui s’imposa un court instant prouvait que les mots avaient touché cible, à un degré ou un autre.

« Mes responsabilités, ou bien ce que tu voulais faire de moi ? Il y a une différence ? »

Glouba secoua la tête.

« Je fais mon propre destin. Et régner, surtout comme tu le fais, n’en fait pas partie. »

Le Patriarche s’était arrêté un court instant, son regard infernal et bouillonnant toujours aussi perçant alors qu’il inclinait latéralement la tête très légèrement.

« Et de quelle façon je le fais ? »

« Impitoyablement. »


Un bruit grave, répété, qui faisait s’agiter les rares buissons. Un glougloutement qui résonnait dans la vallée rocheuse, qu’on entendrait à des lieux à la ronde.

Le rire d’un conquérant.

« Tu as définitivement trop passé de temps avec ton servant. Les forts règnent, Glouba. Les faibles servent. Cela en sera de même entre cet Homme au Chapeau, et la civilisation des hommes sur le Yuukan. S’il est fort, il les mènera. Et tôt ou tard, il portera son regard sur mon royaume… Depuis le sien, en ruines. Il sera tenté, comme tous les rois le sont. Et quand il viendra ici, j’aurai besoin de tous mes sujets, et tu ne fais pas exception. »

Les plumes de Glouba s’hérissèrent, montrant une certaine colère.

« M’avoir donné la vie n’en fait pas de toi le propriétaire. Personne ne me contrôle, ne me possède, ne me dirige. Je suis mon propre dindon. »

« Un dindon seul ne peut espérer faire la moindre différence face aux réalités d’un monde comme celui-ci. »


Glouba secoua la tête.

« C’est un seul dindon qui a privé l’Homme au Chapeau de son bras. Et il n’en faut pas plus pour changer le monde, parfois. Père, je ne suis pas en absolu désaccord ; sans les dindons, l’humanité est condamnée. Sans nous, ils retourneront à cet état de ver de terre dont ils sont à peine sortis. »

« Je n’ai rien à gagner de vouloir les sauver. Non, le vrai problème ici est surtout que tu sembles les confondre avec ta vraie famille. »

Le dindon sembla considérer la question.

« Si je suis devenu Chasseur de Primes, c’était avant tout pour observer l’humanité. L’étudier. Chacune de mes cibles m’amenait à un individu unique. Chaque mission, à une nouvelle culture. J’ai vu la brume des pêcheurs de Mizu, les nuages de Kumo, la terre de ce pays si vaste. »

Le casque se secoua, décisif.

« Et j’ai rencontré des gens d’exception. Plein de cœur, et d’espoir. De rage contre l’ordre du monde. Ils sont incroyablement imparfaits, mais c’est leur combat contre leurs défauts qui les fait grandir. J’envie ce duel d’une vie, inexistant chez les dindons qui sont parfaits depuis leur naissance. Les hommes, aussi misérables et inférieurs soient-ils, méritent d’être sauvés. De l’Homme au Chapeau… Mais aussi de toi. »


Djanglou garda le silence, comme s’il attendait de Glouba qu’il précise sa pensée. Et celui-ci le savait pertinemment.

« Tu pourrais aisément tuer l’Homme au Chapeau. Et la seule raison pour laquelle tu ne l’as pas fait… C’est que tu penses prospérer de ses actes. C’est la seule manière qui te pousserait à ne pas remettre à sa place un humain qui ose prétendre être essentiellement un dieu. »

Un silence de mort.

« Tu ne prépares pas ton armée pour défendre ce royaume… Mais pour l’agrandir. Par conquête… Ou alliance. »


Djanglou était-il un allié de l’Homme au Chapeau ?

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Hayai C. Taishi
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Jeu 6 Jan 2022 - 4:15
Glouba observa l’Hayai poser la sculpture sur le sol, examinant son ouvrage avec attention, avant de faire progressivement des pas en arrière. L’oiseau observait de son œil méfiant habituel, mais avait l’impression d’être distrait, sans pouvoir vraiment l’expliquer.

« Si l’argile peut retenir davantage de chakra, et… »

« Taishi. »

« Il faut que la densité soit d’un facteur plus positif. Plus de poids, plus de chakra. Plus de… »

« Taishi ! »


L’Éclair Vert s’interrompit, somme toute absorbé dans ses pensées. Soupirant, il se retourna vers son comparse casqué, le postérieur vissé sur un rocher qui bordait la clairière.

« Glouba, ça peut attendre ? C’est une foutue bombe et – »

« Comment tu sais ? »


Surpris, l’Éclair Vert suspendit sa phrase et son geste, considérant le dindon avant de se redresser plus normalement. L’oiseau gras se remit sur pieds ou plutôt sur patte, son regard globuleux d’un sérieux mortel.

« Que tu fais ce que tu dois faire. Que tu prends les bonnes décisions. Comment tu sais ? »

Un moment de silence et enfin l’Hayai se posa une main derrière la tête.

« … Je pense qu’une fois qu’on a une cause, il suffit de faire ce qui nous semble juste. »

« Mais tu n’as pas toujours eu une cause. Après Iwa… »

« … Je dirais que même un simple sentiment comme l’instinct de survie, ou bien un truc moins honorable comme l’égoïsme, ce sont des causes. Ce ne sont pas celles que tu liras dans les romans ou les livres d’histoire. Pas celles qu’on enseignera aux enfants. Mais c’est un but. »


Taishi semblait tout à coup pensif et ferma les yeux, comme s’il cherchait des bribes de souvenirs, des mémoires du passé.

« … Je ne l’aurais jamais avoué à ce moment-là, mais à bien y penser, j’ai passé une grande partie de ma vie centré sur moi-même. Même avec Sanadare, c’était surtout mon bonheur, mon confort, mon plaisir que je cherchais. Je suis resté loin des démons qui l’habitait, des conflits de son clan… Parce que ce qui m’importait, c’était ma personne. »

Il hocha de la tête, comme pour lui-même.

« Beaucoup parleront de la force que tu trouves dans une famille, une équipe, un groupe. Mais il y a une force dans la solitude, aussi. Seul, tu n’as qu’à penser pour toi-même, sans autre paramètre. Tout devient si simple, si clair. C’est la seule manière que j’aurais pu réussir à rester en vie durant ma désertion. À jouer entre les lames d’Iwa, de Kumo et du Teikoku. Certes j’avais ce sentiment d’impunité que me donnait le Jikkukan, mais il y avait davantage que ça. J’étais… Libre. Inaffecté. Indifférent. Et j’étais fort. Sans regrets, sans remords. Sans hésitation. Je pouvais regarder le monde entier comme une falaise qui surplombe la mer. Invincible et immortel. »

Il rouvrit les yeux en haussant des épaules.

« Que je prenne la mauvaise décision m’importait peu. Si la seule personne qui puisse te tenir responsable de tes actes est dans ta propre tête, alors tu n’en as qu’une seule à convaincre du contraire. Tu peux vivre toute une vie ainsi. Tu seras du mauvais côté de l’histoire, mais pour ce que ça t’importera, tu seras du seul ayant une valeur à tes yeux. »

D’un petit bond, le Dindon sauta sur le sol, faisant quelques pas vers son partenaire.

« Qu’y a-t-il de mal à vivre ainsi ? Cela me semble une vie satisfaisante, où tu ne peux causer malheur qu’à toi-même par tes actions. »

« Tu croirais ! Mais le temps m’a montré autrement. La vérité est que ce monde est un journal, et celui-ci s’écrit chaque jour, que tu y contribues ou pas. Ce que je veux dire, c’est que même l’absence d’action a ses propres conséquences. Si tu as de la chance, tu y restes aveugle suffisamment longtemps pour te convaincre que tu n’y pouvais rien. Mais les moins chanceux, comme moi… Ne peuvent s’empêcher de créer des liens avec les autres, et au final… avoir une conscience. »

***


« Tu n’es pas le premier à mettre en doute mes actes, Glouba. Ni le dernier. Mais tu n’as rien de différent des autres venu avant toi, ou ceux qui viendront après toi. »

Le gigantesque déploya lentement chacune de ses titanesques ailes pour les étirer, une montagne de plume écarlates comme un nuage de tempête qui menaçait de s’abattre sur son fils.

« Tu n’es qu’une autre geignarde progéniture, qui ose mettre en doute mes actes comme si nous étions des égaux. Je n’ai que faire de tes mots. C’est mon empire ! Mon royaume ! J’ai eu la force pour le mener à sa gloire actuelle, étendre notre territoire et propager la domination des dindons. Nous laissons les humains s’entretuer, les autres pathétiques créatures une espace où survivre. Nous prospérons, et nous prospérerons avec ou sans chakra. Et avec, ou sans toi. Tu n’es rien ni personne, Glouba. Juste un de mes nombreux fils, adepte de dicter ma conduite mais incapable de prouver sa valeur. Le plus talentueux d'entre eux ou non, tu restes misérable dans mon ombre. »

Un bruit sec, presque aussi vif que celui d’un éclat de tonnerre alors que Djanglou portait une gigantesque aile à son croupion pour détacher une grande plume, presque aussi longue que lui, d’un rouge qui rappelait le sang de tout vivant sur terre. Celle-ci serait plus tranchante que le plus exquis des Katanas.

« Prosterne-toi, et plaide pour ta vie, Glouba Fett. Implore que je pardonne ton insolence. Fais-moi entendre une supplique digne de ne pas effacer ton existence. »

Le dindon casqué considéra son paternel quelques instants, puis secoua la tête, portant à son tour une aile vers son croupion pour en tirer une longue plume verdâtre.

« Je ne suis pas là pour ma propre vie. J’ai des êtres chers et toute une civilisation à protéger. De toi s’il le faut. Ton égo est ton point faible. »

Les deux oiseaux commencèrent à se contourner dans la carrière rocheuse, les plumes devenant les outils d’un duel qui allait s’amorcer dans les prochains instants.

« Et ta foi envers tes amis est le tien, Glouba. Aucun d’entre eux ne viendra te sauver, à présent. »


Le Chasseur de Primes fit tourner la plume entre ses mains, assumant une posture de combat.

« Je n’ai pas besoin d’être sauvé. Je suis exactement là où je dois être. Je suis mon propre dindon. Mais ici, dans cette poitrine… C’est le cœur d’une légion entière contre toi. Une famille. »

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Hayai C. Taishi
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Jeu 6 Jan 2022 - 5:23
Le dindon secoua la tête.

« Une conscience ? Ne sois pas si ridicule. »

Taishi considéra, accorda le point.

« Bon, peut-être que ce n’est pas le bon mot. Nous sommes des tueurs, des créatures violentes. Mais une fois que tu mets d’autres personnes dans l’équation, que tu les considères avec le même regard que ta vie, alors tu prends beaucoup plus de fardeau sur tes épaules. Le poids des conséquences de tes actes. Du jour ou lendemain, tout prend une signification différente. »

« Et pourquoi tu ferais ça ? Qu’est-ce que ça te donne au juste ? »

L’Hayai eut un léger rictus, se détournant pour retourner inspecter la bombe sur laquelle il travaille.

« Qu’arrive-t-il lorsque tu prends plus de poids sur tes épaules ? Tu ralentis. Tu as mal. Tu t’épuises, mais… »

« … Mais tu deviens plus fort. »


L’Éclair Vert d’Iwa eut son éternel sourire en se penchant, vérifiant que les traits de sa création d’argile restaient stable en dépit du chakra surchargé dans sa matière.

« Ce poids que tu acceptes, ils ne pourront jamais le porter pour toi, Glouba. À la fin, c’est toi qui doit savoir pourquoi il est là, et ce qu’il veut dire. C’est toi qui dois en tirer courage, persévérance. Et paix, peut-être. Je n’ai pas pu sauver Sanadare, vieil ami. Ni d’elle-même, ni du monde qui l’entourait. J’ai dû accepter que mon monde est différent de celui de Katsuko, que je ne pourrai pas être là pour elle à toutes les étapes de son parcours. J’ai participé à la chute d’un village, à l’émergence d’un autre. Ces choix, ces échecs et ces abandons, la liste est longue. Mais tout a une signification, et chacune de ces décisions, j’aime penser qu’elles m’ont aidé à progresser, un pas à la fois. »

Secouant la tête d’une légère frustration, puisqu’il pouvait déjà sentir le chakra s’échapper de la statue, l’Hayai soupira.

« … Sauf dans le cas de ces foutues bombes. Peu importe ce que je fais, leur potentiel maximal me semble impossible à augmenter davantage. Elles sont trop fragiles structurellement. »

Le dindon, resté silencieux jusque-là, s’approcha pour observer son alter-ego en argile verdâtre, puis croisa les ailes sur son poitrail plumeux.

« … Ça manque de graisse. »


***

La lame de plume s’abattit tellement vite que Glouba n’eut qu’un instant pour se jeter sur le côté, son obèse silhouette évitant de justesse l’autre qui fit éclater le sol de roc sous l’impact. Mais Djanglou était extrêmement rapide en dépit de sa masse presque surnaturelle, ramenant la lame pour raser le sol, obligeant son fils à bondir en parant le coup, le choc si raide que Glouba sentit ses os creux vibrer sur une déflection pourtant partielle.

Son père avait tous les avantages, avec une lame-plume bien plus longue et beaucoup plus lourde, mais compensée par sa force extrême. Mais Glouba pouvait voir une légère faille. Tant que Djanglou aurait l’impression d’avoir l’avantage, il aurait peut-être davantage tendance à prendre des risques superflus. Ce que Glouba avait besoin, c’était une ouverture dans sa garde, une occasion de causer des dégâts.

Mais Djanglou n’était pas simplement titanesque, il était également expérimenté, ancien. Le colosse avait foulé des champs de bataille bien avant la naissance de Glouba, et il savait comment utiliser sa graisse pour frapper avec force sans se fatiguer inutilement. Il était sage, avisé… Et mortel.

Mais Glouba gagnait des centimètres, se rapprochant très légèrement tout en manœuvrant entre les parades de Djanglou. Il était une cible beaucoup plus petite, et ce même si les muscles de son père compensaient son poids démesuré.

L’opportunité vint alors que Djanglou l’acculait vers les bords rocheux de l’escarpement creusé à même la montagne. Glouba fit mine de trébucher en faisant un pas en arrière et le Saigneur de Guerre n’hésita pas un instant à chercher l’avantage en abattant la plume horizontalement. Le Chasseur de Primes s’écrasa à plat au sol, la lame naturellement effleurant son casque pour laisser une longue striure dans l’acier du heaume. Mais les pattes du dindon vert creusait déjà le sol pour le pousser vers l’avant, le faisant bondir direct au visage de son père.

Djanglou essaya de ramener son arme, mais celle-ci s’était enfoncée profondément dans la paroi rocheuse, et il ne parvint sur l’instant que de ramener sèchement le pommeau vers l’arrière pour tenter de frapper et repousser Glouba. Le prétendait tourna sur lui-même dans son bond, déviant le bout de la plume rouge à l’aide de la sienne tout en ramenant son aile libre vers l’arrière alors qu’il arrivait au niveau du visage aviaire de Djanglou.

La main plumeuse de Glouba se déploya avec toute la force qu’il pouvait rassembler, et il gifla son père avec une violence dont il ne serait jamais senti capable auparavant. Djanglou lâcha son arme momentanément pour balayer l’air, mais fut visiblement secoué par le choc. Glouba fut repoussé une dizaine de mètres en arrière sous le vent causé, et se réceptionna au sol, les griffes de ses serres creusant des sillons dans la pierre sous eux.

La poussière retomba. Djanglou se secoua la tête, avant de cracher une gerbe de sang sur le sol par son bec. Mais loin d’être affaibli, il semblait encore plus en colère, arrachant son épée-plume de la colline avec un grognement qui fit écho dans la montagne.


« Tu n’as pas la force pour faire une différence. »

« Tes épaules sont peut-être plus larges, père… Mais le poids sur les miennes est bien plus élevé. Et ainsi sera mon impact sur ce monde… Et le tien. »


D’un bond respectif, ils franchissaient le court espace les séparant, et l’assaut du siècle reprenait avec une vigueur renouvelée…

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Hayai C. Taishi
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Mar 15 Mar 2022 - 3:02


“…uff, uff…”

L’air semblait s’engouffrer, paraître et disparaître, dans un cimetière de granite qui s’étendait autour d’eux comme une épave qui épouse une supernova.

Combien de temps avait passé. Des minutes, des jours, des heures, peut-être. Ou bien c’était les jours, avec les étoiles, qui les avait rattrapés. Cela n’avait pas d’importance.

Les plumes brisées gisaient ça et là. Des pièces d’armure, mais aussi des éclaboussures d’un sang divin, qui n’appartenait qu’à un animal sur terre. Une éclipse entre les coups titanesques qui avaient régnés.

Mais ils étaient encore debouts, vivants et morts à la fois. Invaincus face à des impacts qui auraient signés la ruine de pays entiers. Les assauts qui démarraient et terminait toute guerre.

Pour peu qu’ils ne soient pas l’un ou l’autre, du moins.

Le paysage ravagé, le berceau de leur duel, renvoyait leur triste état, mais d’autres y aurait vu la gloire de guerriers inrepantants. D’aucuns humains n’auraient pu tout y comprendre, mais il fallait bien un tige pour écrire leur histoire.

Ils étaient les dindons.

« … »

Glouba porta une aile à son casque et le jeta sur le côté. La visière était brisée, la surface du heaume bossée et craquée. Du sang coulait à fine gouttes de son bec, qu’il cracha sans cérémonie sur le côté, s’essuyant du revers de son aile.

La pointe de sa plume-épée tourna alors qu’il la plantait dans le sol, le souffle court et son plumage fébrile. Mais le regard globuleux de l’oiseau restait indompté, plus perçant qu’un malheureux aigle ou tout autre rapace misérable.

« … C’est la fin, mon fils. »

L’immense Saigneur de Guerre ramena sa propre arme sur ce qui lui servait d’épaule. Il n’était pas sans dommages, son armure perforée de toute part. Il était le colosse, mais Glouba était la guêpe l’ayant touché cent fois. Mais même des milliers de piqûres ne pouvaient empêcher un ours de guetter son miel, et ils le savaient l’un et l’autre.

« … Que saurais-tu de la fin? »

***

« Et c’est quoi la fin de tout cela ? »

« … La même que toutes les autres. Boom, quoi. »


Glouba soupira.

« Pas la bombe, bordel. La fin. La fin, la conclusion. »

L’Hayai, qui n’en finissait d’ajouter davantage d’argile à sa bombe-dindon qui commençait à prendre des allures d’obésité morbide, sembla réfléchir.

« Ah ça… Avec un monde sans chakra, peut-être. Ou ruiné par des dieux. Ou en guerre. Ou en paix. Ou peut-être un peu de tout cela. Qui sait ? »

« Mais à quel moment on peut dire, voilà la conclusion. L’épilogue. La fin du bouquin. »

L’Éclair Vert croisa les bras en restant silencieux un moment.

« La fin ne nous appartient pas. Le destin, à partir du moment où il nous met sur le trajet de l’existence, il nous met aussi sur un passage pour nous en retirer éventuellement. Mais ce n’est pas ce que tu veux entendre. »


Glouba secoua la tête.

« Je ne sais pas ce que je veux entendre. »

Mais Taishi lui, hocha de la tête.

« Je pense que nous, humains vivons avec ce dilemme toute notre vie. Chaque jour, on meurt un peu en espérant trouver ce que la vie est censée nous donner. Donner un sens à nos épreuves, à notre souffrance. »

« Mais quoi ça sert, si c’est simplement pour mourir ensuite. »

« Pour avoir une fin… »


***

« …Sans regrets. »

« Hmm…? »


Glouba se redressa malgré les coupures, la fatigue de jours entiers à combattre ce monstre qu’était son père. Il était brisé. Mais pas vaincu, pas encore.

« Tu n’es rien, père. Rien sur ma route, une pierre sur laquelle je dois trébucher. Si je dois tomber ici, c’est en connaissance de cause. Et sans le moindre regret. Si je ne peux te vaincre maintenant, après tout ce que j’ai traversé, alors ma fin est venue et je l’accepte. J’ai fait tout ce que j’ai pu. »

Il ploya sa plume-épée, mais celle-ci était trop endommagée et se brisa alors qu’il la retirait du sol. Pas du tout affectée, il pointa la pathétique brindille acérée dans l’ombre du dragon qui lui faisait de l’ombre.

« Mais tu n’es rien. Juste une autre étape, avant la fin. Tu n’es pas la fin. Je la choisis, je la rejoints sur mes propres termes. Je suis… Je suis… MON PROPRE DINDON ! »

Dans un glougloutement de guerre retentissant, malgré la douleur, la courbature, l’épuisement et tout le reste, Glouba fonça.

Vers la gloubapocalypse.

Vers le glouvahalla.

Peu importe.

Il avançait en connaissance de cause.

Djanglou secoua la tête en ployant sa prochaine attaque.

« Une fin digne d’un dindon ! Et j’en serai le messager. Adieu, Glouba. »

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