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Une funeste renaissance [Reikan]

Ryûken
Ryûken

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Ven 25 Juin 2021 - 11:43
Loin de s’imaginer l’ampleur que prendrait une telle journée au sein de son encore courte existence, Ryûken laissait son regard épuisé voguer entre les nuages que faisaient apparaître la grande baie vitrée de sa chambre. La pluie, comme d’habitude, tombait avec rage et s’accompagnait d’un tonnerre grondant sans peine sur les habitants de la cité des Brumes. Seul, l’adolescent souvent explosif et imprévisible détonnait de son air habituel. Le sourire disparut pour laisser place à une moue bien terne, conséquence d’une solitude qu’il fuyait normalement à longueur de journée.

Mais il devait attendre les résultats de ses différents examens en conséquence d’un nouvel entraînement d’Honryu. Peau de Requin et son possesseur s’étaient lâchés, poussant le gamin dans ses derniers retranchements, jusqu’à ce que son physique encore en pleine croissance ne cède face aux multiples assauts du Torrent. Une violence qui égalait sa puissance à des années lumières de celle du Sabreur prodige. Trop jeune, dans la démonstration plutôt que dans l’efficacité, Ryûken avait encore un immense chemin à parcourir pour devenir un shinobi accompli.

Mais cela faisait aussi partie du personnage. Un instinct guidant chacune de ses actions, une témérité démesurée soulignant toute sa fougue, une animosité au combat qui rappelait celle des Bêtes. A l’opposé de la discipline de son Chef de Clan, la tête-brûlée brillait de sa fougue que certains qualifieraient de folie. Cela commençait par son art à manier deux sabres, une ambidextrie extrêmement rare et souvent délicate à assumer au combat, tant le fait de s’interdire les mudras pénalisait les shinobi. Mais le rejeton d’Ashikage n’avait que faire de tous ces artifices, préférant se concentrer sur son élégante capacitée à faire danser ses lames.

Un véritable fils de sabreur, voilà ce qu’il était. L’enfant d’un meurtrier et d’une inconnue, le bâtard d’un Nobuatsu. Dans ses veines coulaient donc le sang du Nanadaime Mizukage, Chef de son clan et Guide des siens, entremêlé à celui d’une femme dont il ne savait rien. Pas un souvenir n’accompagnait ses pensées, pas un sourire, pas une odeur, rien. Et dans ces moments, le petit roublard se transformait en un enfant perdu, abandonné de ses repères et des siens, un gamin sans héritage qui se cherchait encore une identité. Au quotidien, il préférait calquer celle de son mentor, un senseï de plus en plus absent depuis son arrivée au village, un homme qui lui rappelait son paternel et auquel il s’était accroché pour ne pas chavirer.

Toutes ces raisons le poussaient à fuir la solitude, le poussaient à errer dans le village jusqu’à point d’heure pour commettre de nouvelles bêtises ou faire de potentielles rencontres, affichant toujours une mine fière et sûre. Un masque bâti pour cacher les problèmes qu’il préférait cacher plutôt que combattre. Il soupira, essuyant en vitesse la larme qui vint dévaler sa joue. Le Chien Errant ravala un sanglot, fronça les sourcils puis se racla la gorge. Les hommes ne pleuraient pas.
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Yasei Reikan
Yasei Reikan

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Ven 25 Juin 2021 - 22:23
Automne de l'An 204, Hôpital de la Cité Brumeuse

shanti snyder - sóra

Le feu des dieux, il surmenait le ciel et, parfois, le déchirait de ses sabres blancs et difformes.

Mais ce fut autre chose qui ouvrit les portes de cette institution, mère des malades et des blessés de Kiri. Sous cette pluie battante, une silhouette en hâte se mit à pénétrer cette enceinte sèche des larmes de l'Empyrée, pour en réchapper et répondre au pressant appel qui lui avait tout juste été adressé. De ces petites flaques humides, l'ombre arrivante en délaissa une petite armée pour rejoindre l'accueil de l'hospice endormi et assombri non pas par la nuit, mais par la mélodie de la tempête qui s'abattait sur le cœur de l'Archipel de l'Eau. Armée d'impatience mais également d'inquiétude, à cause du sifflet de cette requête précipitée qui avait failli la rendre sourde, elle ne perdit pas de temps pour glisser sa capuche le long de ses cheveux de jais, de ses préciosités aux couleurs toutes les plus mirobolantes les unes que les autres. Face au personnel médical de la Brume, la Tigresse blanche ne tarda pas à ressortir ses éphélides de cette cape imperméable qui l'avait abritée de la peine du firmament, à la lumière artificielle de la maison de soins. Sitôt, ses pupilles éthérées eurent vite fait de s'accrocher aux deux infirmières tenues devant elle. Elles en qui, même après avoir connu les horreurs de la guerre intestine, semblait siéger une alarmante lueur, une frêle agitation comme celles qui avaient bercé d'une caresse d'effroi leur décision de faire appel à la Meneuse du clan Yasei. Ni hier, ni avant. Mais bel et bien aujourd'hui, et maintenant.

« Tigresse blanche, je suis désolée de vous avoir fait venir aussi précipitamment. Mais je n'avais d'autre choix que de vous en faire part en personne. Suivez-moi, vers un endroit plus calme. »

Des premiers carrelages de l'édifice, la féline passa à ceux d'une salle plus reculée et effacée des yeux du monde. Et accompagnée de la voix de celle qui portait la tenue au nom de Sazanka et avait au bras une fiche médicale, elle put enfin chasser peu à peu la nébulosité des raisons qui cernaient sa venue en ce lieu de joies comme de drames.

« Je suis à votre écoute.
De par votre grade et vos connaissances dans le corps humain sous ses formes les plus bestiales, je ne doute pas du fait que vous en savez un minimum sur ce qui nous permet de marcher ou même de respirer. Le système des paires a toujours cerclé nos conditions humaines. Nous avons deux yeux comme deux narines, deux oreilles mais aussi... deux poumons. Les animaux, eux, ont bien su évoluer et se rendre parfois plus ingénus en s'éloignant de cette banale fatalité. Mais ce matin, nous avons reçu dans nos services un individu qui semblait avoir fait preuve d'une pareille prouesse. Au cours de son opération, il nous a été imposé avec force qu'il possédait une paire supplémentaire de poches à alvéoles, toutefois vides et creuses d'air car pressées par l'exercice de ses côtes qu'exige notre station debout.
Comment savoir si cela résulte d'une malformation de naissance ou non?
... »

Avec les sourcils froncés, la Jōnin de la Brume reçut le constat hospitalier tendu par les mains de son vis-à-vis. Les dessins gribouillés, ils ne passaient pas par quatre chemins pour mettre en lumière ce qui semblait être une anomalie dans le corps d'un Homme et la beauté de la nature dans celui d'une Bête adaptée aux rudes conditions éparpillées sur notre planète. Après avoir échoué ses cils de jais sur sa vision afin de cerner les contours de la problématique, Yasei Reikan remonta son regard myosotis sur la soignante à la chevelure saumonée.

« Je ne suis pas médecin, Reikan-sama. Mais je peux vous assurer qu'une pareille paire, aux jumeaux aussi similaires, ne peut être née d'une hasardeuse malformation ou tare organique. Je pense plutôt que ce garçon porte en lui le sang de vos ancêtres. Shinobi de son état, il m'a paru préférable de vous informer de son hospitalisation en votre qualité de Cheffe de clan.
Ne disposez-vous pas de ses antécédents sanguins? N'a-t-il donc pas une famille qui l'attend, ici à Kiri ou ailleurs?
Nous n'avons rien. Il ne semble avoir personne d'autre à ses côtés que son maître, qui a été à l'origine de ses blessures et de son salut sur un de nos lits. »

Ses fins doigts se serrèrent sur le papier, avant qu'il ne retourne aux mains de leur initiatrice.

« Merci d'avoir pensé à m'en informer, Sazanka. Où puis-je le voir?
Je... vous savez, son corps a été foncièrement malmené, il nécessite du repos et... »

Elle voulut l'apaiser et retarder l'échéance.

Mais il n'en était rien, pour celle qui obéissait constamment aux tambours de ses chairs. Salive ravalée, regard évité, l'infirmière se mit à céder.

« Chambre n°22. Je vous fais confiance afin de ne pas l'épuiser davantage, Héroïne de l'Eau. »

Le vide de la porte fut son seul réconfort, après les remerciements et l'envol de la Tigresse blanche. Car déjà montée aux étages supérieurs, ses pensées ne gravitaient désormais plus qu'autour de ce fameux humain au souffle de Bête. Ce rejeton de la vie, dont Kiri paraissait être la seule mère. S'il avait été dans ses rangs depuis des années, comment avait-il pu passer inaperçu de la sorte aux yeux de l'enfant des Bêtes, à l'image d'un fantôme que nul ne souhaitait voir? Une fois encore, Yasei Reikan n'eut de cesse de maudire la faiblesse de ses ancêtres à ne pas voir plus loin que le bout de leurs pauvres intérêts, plus large que les formes de leurs ingrats égoïsmes. Abrutis par leur autolâtrie trop gangrène, aveugles de leur narcissisme trop obscène, ils avaient été, dans les anciens temps, ceux qui avaient ouvert la voie vers la grande déchirure du clan Yasei. Cette brèche qui, écartelée par les vices des Hommes et le poids des années, avait fait sombrer la gloire des métamorphes pour la poignarder de la dague de dissidence, de l'isolement. Ce sang qui demeurait si cher à la Tigresse blanche, il s'était tari et perdu aux quatre coins du monde, à tel point que même les plus beaux exploits permis par ses bouillonnements s'étaient atrophiés derrière les barreaux de la chair humaine. À tel point qu'à l'époque de retrouver la lumière, au bras de Yasei Reikan, les innombrables et innommables séquelles émiettées à travers le Yuukan ne faisaient que la blesser davantage et lui montrer tout le chemin qui lui restait encore à faire. Cet exode, il n'avait finalement été que la première montagne d'une longue crête que tous redoutaient, mais que la féline défiait déjà.

Parce qu'après, venait à son encontre le problème de tous ces frères et sœurs de sang égarés.

Comme celui qui se tenait derrière cette porte et ignorait tout de ce qu'il abritait.

Un instant, l'Éclair de la Brume fut saisie par la poigne de l'hésitation. Si son cœur avait ardemment accepté la violence des Hommes et la destinée des Bêtes, force restait de constater que ce fatum l'avait guidée aux sommets du courage pendant qu'il avait mené d'autres aux tréfonds de la lâcheté. Yasei Reikan demeurait un grand exemple de fierté et de puissance, parmi tous les changeformes. Mais tous n'auraient peut-être pas eu la bravoure d'accueillir à bras ouverts cette bestialité, qui effrayait l'humanité et la faisait fuir pour ne plus avoir à confronter ce qui ne résistait pas à son contrôle, ce qui ne fléchissait pas sous son joug. Qu'allait-elle bien pouvoir faire si ce combattant, à l'image de Kaguya Shitekka, ne voulait pas ouvrir les yeux sur sa véritable nature? Et s'il ne souhaitait même pas donner la chance à son potentiel bestial, au point de le renier et de le faire taire à jamais? Harcelée par le doute, tuméfiée par l'amertume, la Yasei aux éphélides fermait les paupières devant le plat de ce qui lui semblait être le vestibule d'un temple interdit. Mais les affres de ce monde, elle les avait combattus à feu et à sang ; alors cette porte, aussi titanesque lui paraissait-elle être, n'allait pas faire de plis face à cette confiance qui épousait ses pores.

N'allait pas l'empêcher plus longtemps de rencontrer un autre enfant des Bêtes.

Sa dextre s'était levée, pour frapper et prévenir de son arrivée.

Et ce ne fut qu'après avoir obtenu l'autorisation de venir que Yasei Reikan se laissa tenter.

Jusqu'à traverser le pas de l'entrée et la reboucher derrière elle, avant de se retourner vers le jeune homme alité par le mal du combat, de l'effort. Un moment durant, le silence maintint son emprise sur elle pendant que ses boucles d'oreilles griffues finissaient de se dodeliner. Pendant que les fulgurations du tonnerre éclairaient ses pupilles myosotis, rivées sur ce visage qui ne lui disait rien. Mais qui lui donnait envie de rester, malgré tout.

« Navrée de ne pas t'avoir prévenu de ma visite. Je suis Reikan, du clan Yasei. Puis-je m'asseoir pour te poser quelques questions? »

Son nom, comme sa réputation qui le précédait, elle ne le cacha pas. Et l'Héroïne de l'Eau n'espérait pas s'en servir pour se détacher de toute la politesse qui l'enrobait.

*Sazanka (山茶花, litt: Camélia automnal)
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Ryûken
Ryûken

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Dim 27 Juin 2021 - 18:00
L’amas grincheux ne cessait de pourfendre le ciel de sa foudre crépitante, laissant l’esprit du jeune homme s’évader dans une paréidolie peignant différents visages de son passé. Les traits devinrent rapidement des histoires, puis des souvenirs, émergeant d’une imagination aux frontières du réel. Sans le vouloir, Ryûken plongea de plus belle dans une nostalgie qu’il n’embrassait que rarement, les yeux vidés de toute conscience.

~~~ Mizu no Kuni, quelques années auparavant ~~~

Le bois grinça sous les pas du maître des lieux. Pressé, il déambulait entre les différents couloirs du domaine à la recherche du premier larbin présent pour le servir. Au détour d’un mur en toile déchiré par ce qui semblait être une lame, une silhouette se présenta enfin au regard du shinobi masqué. Même ici, au sein de son propre campement volé à de pauvres fermiers, il ne se séparait pas de sa tenue d’un blanc nacré, toujours épargnée par le sang de ses nombreuses victimes.


- Oi, Satoru. Va me chercher Ryûken, dis-lui que je l’attends dehors. Et qu’il se dépêche, je n’ai pas beaucoup de temps.

- Tout de suite, Ashikage-sama.

L’ombre du maître disparut aussitôt, délégant sa tâche au serviteur qui ne perdit pas une minute pour s’élancer à la recherche du gamin. Trouver le Chien Errant s’avérait souvent compliqué, raison pour laquelle son père préférait envoyer ses hommes à sa place, et le sous-fifre savait ô combien le propriétaire des lieux incarnait l’impatience. Ainsi, il traversa et retraversa le domaine en vitesse, fouillant chaque pièce de fond en comble jusqu’à tomber sur l’accès au toit. Évidemment, la trappe mal fermée trahit le passage du jeune adolescent et conduit naturellement le larbin sur le bon chemin. Là-haut, ce dernier put découvrir un inconscient en équilibre sur le haut de la cheminée, cherchant à attraper un papillon qui semblait le fuir.

- Ryûken. Ton père est rentré, il t’attend devant.

Le sursaut causé par l’apparition soudaine d’une voix dans son dos menaça de faire chuter le garçon, qui se rattrapa à la cheminée tel un paresseux autour d’une branche. Ses sourcils s’haussèrent de surprise, de bonheur, puis d’une souplesse secrète à son corps il bondit jusqu’au rebord du toit pour vérifier les dires de son interlocuteur. Un gigantesque sourire vint étirer ses lèvres, puis il démarra en trombe pour aller chercher son katana d’entraînement avant de retrouver son père dans la foulée.

Ashikage patientait en seiza, déjà prêt à instruire son fils d’une énième session d’entraînement à l’art du sabre. Mais tandis que son enfant descendait les marches du pavillon, il put remarquer chez lui une légère forme d’hésitation, de gêne, un sentiment que le Renégat refusait de laisser apparaître sur le visage de son héritier. Ainsi, il haussa la voix tout en se relevant, armant déjà ses sabres assassins pour transmettre ses intentions.


- Tu n’es pas concentré, Ryûken.

- Père ! Je voulais vous demander quelque chose à propos de m-

Le déplacement du paternel, fulgurant, accompagna celui de sa dextre. Le pommeau de sa lame vint se loger dans le ventre du fils, stoppant sa phrase en même temps que son souffle. L’apprenti chuta sur les genoux.

- Tu veux parler ? Parlons, mais reste concentré.

L’héritier digéra lentement le coup, retrouvant de l’air tout en ramassant la lame qu’il avait laissé tomber sous l’impact. Il se releva, toussa un instant avant de se mettre en garde. Ryûken ne comptait pas se faire avoir une seconde fois.

- Parlez-moi de maman, s’il vous plaît.

Le silence s’installa tel un roi dans son trône. Ryûken fixa son père ranger ses armes dans ses fourreaux, il l’observa s’approcher sans qu’aucune menace ne soit faite, puis soudain sa main se raidit et se prépara à le frapper. Il l’avait vu, prédit, et engagea une parade à son encontre pour se protéger de l’assaut. Cependant, la gauche d’Ashikage vint intercepter l’épée mal aiguisée, laissant le champ libre à sa dextre pour affliger une vilaine claque à son fils.

- Ta mère était une truie, une traînée. Elle t’a abandonné parce qu’elle avait peur, car elle était faible.

L’adolescent luttait pour ne pas pleurer sous la douleur infligée par la paume de son père, hochant doucement la tête tout en se mordant les lèvres.

- Tu comprends ? Allez, en garde, je n’ai pas beaucoup de temps.

Il comprit, ravala ses questions et dégaina son arme. L’enseignement de son père passait avant ses caprices.

~~~

Le tintement d’une main sur le bois de la porte permit de repêcher l’Ambidextre à ses pensées. Alité car mal en point depuis son dernier entraînement échangé avec Honryu, Ryûken rattrapa vite le fil de la situation et s’empressa de répondre. Était-ce enfin les résultats de ses examens ? Depuis son arrivée au village de la Brume, quelques mois plus tôt, jamais les ninjas médicaux n’avaient insisté pour le garder aussi longtemps en observation, le laissant la plupart du temps quitter les lieux et terminer sa réhabilitation à domicile.

L’étonnement se mêla aux différents sentiments qu’exprimaient son visage. Cette inconnue ne ressemblait à aucune infirmière présente dans l’établissement, et ses parures immanquables détonaient de l’ambiance générale de l’hôpital. Il se demanda un instant si la jeune femme aux pupilles myosotis ne s’était pas simplement trompée de chambre, mais les paroles de Reikan suivirent et ne firent que soulever une tonne de questions supplémentaires.

Ryûken avait l’étrange sentiment d’avoir fait une bêtise. Pourtant, du mieux qu’il se souvienne, ces derniers jours avaient été plutôt tranquilles et jamais son chemin n’avait croisé celui du domaine des Yasei. Son senseï lui en avait parlé brièvement, lui détaillant ce que foutait une montagne au milieu de la cité des Brumes et qui en étaient les bâtisseurs. Que pouvait bien lui vouloir un membre du cercle des Bêtes ?


- Bonsoir… Oui, allez-y, t’façon j’ai rien d’mieux à faire.

Il soupira, se demandant si son mentor ne l’avait pas encore mis dans une situation compliquée. Allait-il devoir travailler pour eux ? Le Torrent avait-il inventé quelque chose pour le tester ? Toutes ces hypothèses ne le menaient pas bien loin, et sa voix n’attendit pas longtemps avant de reprendre face à la Tigresse Blanche trempée de la tête aux pieds.

- Écoutez, si c’est Honryu qui vous a dit que je cherchais une nouvelle équipe c’est faux, il cherche juste à se débarrasser de moi. Pareil s’il vous a dit que je cherchais une mission, ou même du travail.
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Yasei Reikan
Yasei Reikan

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Dim 4 Juil 2021 - 22:21
devilman crybaby - beautiful silene

Le Lion de l'Atlas.

Qu'il était grand et fort, à côté d'elle.

Au-dessus d'elle.

Car de là où la petite enfant des Bêtes au teint hâlé se tenait, le faciès à moitié rongé par l'eau des pluies qui s'écoulait presque à torrent, elle n'arrivait même plus à discerner correctement les rustres traits de ce visage qu'elle aimait et craignait tant. Celui qui lui avait donné la vie, mais qui désormais la terrorisait jusqu'au plus profond de ses entrailles, de ses chairs. Étendue par terre, même la plus insignifiante de ses modestes forces avait refusé de l'aider à se recroqueviller sur elle-même, afin de répondre à ses plus bas instincts de survie. L'odeur du sang et de son fer, elle en restait imbibée de la tête aux pieds, si bien que ses lèvres et ses narines n'arrivaient même plus à s'en séparer, à s'en libérer afin de lui faire profiter d'un air moins nauséeux. Moins fiévreux que toutes ces souffrances qui froissaient son corps et scandalisaient ses chairs, entre les murs de son silence. Entre les parois de sa résipiscence. Sa main, Yasei Reikan aurait voulu la sortir de cette grise boue qui la nécrosait, la dénaturait pour avoir eu cette répugnante faiblesse de s'y accroupir, s'y blottir comme l'aurait fait n'importe quelle progéniture face à la menace. Mais ses phalanges, elles lui hurlèrent de ne plus les solliciter, de ne plus leur en demander davantage. De les laisser un peu en paix sous les gouttes des tempêtes, pendant que celles de son père s'approchaient d'elle au gré de leurs orages.

« Ils seront à tes pieds comme tu es aux miens. Tôt ou tard, ils te vénéreront.
P-Pourquoi, père...? Je ne veux pas... »

Ces doigts contre lesquels elle aurait voulu presser sa joue, ils empoignèrent sa crinière de jais pour arracher au lit de la rivière l'autre moitié noyée de son corps. Afin d'afficher fièrement, à ce ciel en peine, ce que la fille de Yasei Ragna était tout juste en train de payer pour ne pas avoir été à la hauteur.

Pour ne pas avoir donné assez de labeur, au goût de son tourmenteur.

Ce supplice, il lui creva le cœur sans l'épuiser entièrement. Ses dents, elles se serrèrent jusqu'à en faire hurler sa mâchoire de douleur, sous tous les petits ruisseaux de sang qui en dégoulinaient. Tirée par les cheveux, même ses bras ne trouvaient plus la fougue pour aller contre ce choix. Mais ses perles, elles, eurent assez de courage pour ne plus trembler de peur et se relever sur cette ombre qui l'écrasait de toute sa dominance, au rythme du tonnerre. Pour regarder dans les yeux cet homme qui voulait faire d'elle celle qui refaçonnerait, à la seule puissance de ses mains, toute la gloire des métamorphes du Yuukan.

« Trouve-les, Reikan. Trouve-les, avant qu'ils ne soient tous perdus! »

Yasei Reikan écarquilla les paupières, jusqu'à ne plus voir que son père.

Jusqu'à ne plus percevoir que les menaces du clan Yasei et tout ce qui pouvait lui être mortifère.

***

Cette lueur de témérité, elle n'avait jamais quitté la Tigresse blanche.

Et elle allait se soumettre à la vue de ce combattant de la Brume, alité par les ahans.

De ce jeune frère de sang, éloigné d'elle par les erreurs d'antan.

Le bruit de ses pas, il voulut se rendre aussi glacial qu'était en train de s'annoncer le prochain hiver, à travers les déluges automnaux abattus contre l'Archipel de l'Eau depuis peu. D'une main, l'enfant des Bêtes se permit de reculer la seule chaise en bois de la piaule d'hôpital pour la tourner vers le lit de repos. Et dans la mélodie de ses bijoux, de ses épaulières dorées encore bien cachées, elle vint y prendre place afin de ne pas tapisser de ses humides empreintes toute la pièce. Les gouttelettes rescapées se mirent à dégouliner petit à petit sur le plancher de bois depuis son nébuleux imperméable de ninja, qui ne savait toutefois pas cacher toutes les parures exotiques et les préciosités lumineuses qui jonchaient ses mèches d'ébène. Le temps dehors, il demeurait pluvieux et embrumé, en l'honneur du Brouillard en personne. Mais celle qui venait d'entrer dans la chambre de Ryūken se trouvait à mille lieues de cette froideur, de cette bruineuse pleurnicherie des cieux. Le visage couvert d'éphélides, l'épiderme doré par le soleil, nul doute que même le plus grand des abrutis du village ne se mette à douter des origines de l'Héroïne de l'Eau en entrevoyant ses traits que seules les dunes avaient pu forger, que seuls les astres du Vent auraient pu ambrer.

« Ma visite n'a rien à voir avec un travail ou une mission. Je ne suis pas venue ici pour te recruter. Seulement pour discuter. Discuter de toi et de qui tu es vraiment. »

Ses yeux azurés, ils n'obtinrent même pas une parenthèse devant l'éclair qui marbrait le ciel, pour ne plus se détacher du visage du jouvenceau. Du minois d'un autre enfant des Bêtes, qu'elle devait trouver et rallier pour satisfaire la raison de sa venue au monde et répondre à la pérennité du clan Yasei.

« Tu as vu le jour et grandi au Pays de l'Eau, toute ta vie. Pourtant... nul ne t'a rendu visite avant moi. Pas même ton maître. Comme un fantôme, tu agis pour te faire une place dans le berceau des combattants que ton pays cache. Mais ce n'est que maintenant, que tu décides de te révéler. De qui es-tu le fils, Ryūken? D'où viens-tu exactement? »

Cette détermination, elle la dévorait.

La grignotait jusqu'à la rendre peut-être maladroite, à l'ombre de toute la tact qui d'habitude la dorlotait si bien.
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