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Regrets et remords [Reikan]

Sendai Hanae
Sendai Hanae

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Sam 19 Juin 2021 - 13:24







Regrets et remords



Quelque part dans Hi no Kuni, une semaine avant la démission de Sendai Yahiko…

Le vent soufflait dans l’ardente chevelure d’Hanae, alors qu’elle se tenait à l’endroit promis. Ici, la forêt était moins dense, dans ce qui s’apparentait à une clairière dont les feuilles des arbres commençaient déjà à s’échapper, annonçant les premiers jours de l’automne. La Kazejine appréhendait ce moment, tout comme elle avait appréhendé ses retrouvailles avec Chiwa Aimi. Il y avait néanmoins deux différences à cette situation. Premièrement, la jeune femme n’avait pas anticipé de revoir l’Iwajine, lors de cette mission en compagnie d’Aditya. Deuxièmement, le tempérament de la rubiconde était différent de celui de la tigresse blanche, et leur relation très différente, bien qu’emprise – dans le deux cas – de forts sentiments.

Lorsque la Porte-Parole avait fait déposer ce mot à son amie d’enfance, lui indiquant de marcher environ trente minutes vers le sud, après avoir franchi le pont Araho, jusqu’à tomber sur une clairière dont les arbres de multiples couleurs ne passaient pas inaperçus, elle avait envisagé plusieurs situations et s’était posé beaucoup trop de questions. La première de toute concernait évidemment ses parents. Bien qu’ils n’étaient pas ses géniteurs, ils l’avaient élevée comme leur fille, et elle ne pourrait jamais leur rendre ce qu’il lui avait permis de devenir. D’un autre côté, les revoir l’angoissait au plus haut point. Lorsqu’elle avait disparu, elle était une jeune fille naïve, pleine de vie et d’innocence, très gentille et un poil serviable… Aujourd’hui, et après toutes les épreuves traversées, que restait-il de cette Hanae ? Reikan saurait sans doute mieux y répondre que la principale intéressée en personne.

Le regard de la seconde de l’Empire scrutait les environs, espérant voir la silhouette de la Kirijine se former, au moins autant qu’elle espérait qu’elle ne vienne pas. La boule au ventre ne disparaîtrait sans doute qu’après une conversation… Et celle-ci pourrait être mesurée, ou mouvementée… Tout ne dépendait que des sentiments de la Jônin. Était-elle seulement contente de savoir Hanae en vie ? La jugerait-elle sur ses choix ? Comme… par exemple celui de ne pas avoir voulu la retrouver alors même qu’elle la savait à Kiri ? Ou bien celui de ne pas avoir cherché à retrouver ses parents, eux qui n’avaient jamais cessé de la chercher ? D’un point de vue extérieur, seul un profond égoïsme pouvait traduire ces actes, mais personne ne pouvait imaginer le tourments vécus par la flamboyante. Maintenant, alors que le vent se levait et se couchait assez régulièrement, il n’y avait que le silence pour tenir compagnie à la demoiselle, dans l’attente de l’arrivée de Yasei Reikan.


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Yasei Reikan
Yasei Reikan

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Sam 19 Juin 2021 - 22:43
➜ Automne de l'An 204, Pays du Feu

Plus qu'aucune autre en ce monde, la famille de Yasei Reikan se voulait bien généreuse. Tant avec ses enfants que ses aînés, l'amour qui avait toujours entendu se plaire parmi ses membres savait même dépasser les frontières du sang qui, pourtant, les liait par la toile de la fierté et de l'honneur. Ces enfants des Bêtes, prêts à tout pour se rendre dignes de leurs racines à l'épreuve des Hommes et des époques, aimaient la chaleur de leur convivialité au point de ne pas la garder pour eux seuls. À tel point que deux d'entre eux, forts et beaux de l'irrépressible envie de transmettre leur savoir à une descendance même étrangère à leurs chairs, n'avaient pas pu s'empêcher de laisser derrière eux une bambine rubiconde délaissée à son sort. Abandonnée par l'humanité, c'était alors la bestialité qui avait su se faire plus tendre que d'habitude pour lui accorder la chance de continuer à vivre au sein de la horde de la Tigresse blanche. Car Keikō* et Takeshi*, couple proche de la tête dominante d'antan qu'avaient incarné les parents de la féline, n'eurent pas hésité un seul instant avant d'ouvrir leurs cœurs et leurs bras à cette rejetée des Hommes qui ne portait qu'un tatouage à la place de porter un nom. Là se voulait donc crucial et cruel leur choix, pour avoir essayé de lui donner le nom du clan Yasei sans se douter du manque de reconnaissance qui voulait bien la dorer des années plus tard. Cette triste destinée et cet affront, qui poignardait les siens à travers celle qu'ils avaient pourtant sauvé, Yasei Reikan restait bien décider à la faire payer à quelqu'un.

Parce qu'à l'aurée de cette plaine embellie par les couleurs de la nature, ses pas venaient tout juste d'amputer le rythme de sa marche. Plutôt, de leur marche. Puisqu'à son dos, deux autres silhouettes suivirent son arrêt et se préparèrent à écouter attentivement les mots qui s'apprêtaient à sortir des lèvres charnues de la guerrière aux épaulières dorées. Celle qui, à force d'efforts et de luttes, avait pris la place et dépassé la renommée de son géniteur parmi ses pairs. Les paupières plissées sous le joug d'un jour tamisé par les feuillages, l'Héroïne de l'Eau attarda son attention sur cette seule chevelure rougeoyante qui dansait à découvert. Une attention qui ne fut blessée qu'au moment où l'une de ses épaules sentit le poids d'une paume sur son attirail, la poussant à tourner la tête vers le visage de cet homme qui avait eu le courage d'élever une petite fille puis femme indigne de son affection.

« La voici.
Tu n'es pas obligée de nous servir de bouclier après tout ce que tu as déjà fait, Reikan. Nous pouvons tout à fait rebrousser chemin, même maintenant. Après tout ce temps... il n'y a d'autre choix que de finir par accepter, malgré toute la difficulté de cette épreuve. Tu portes déjà tant sur tes épaules, nous sommes à mille lieues de vouloir t'alourdir plus qu'il ne le faut. »

Un silence sourd se mit à les écraser.

Car nul n'avait le droit de faire du mal à son clan.

« ...Merci, mais vous n'avez pas à vous en faire. Faites-moi confiance. Je ne lui laisserai pas une autre occasion de vous torturer de la sorte. »

Doucement, ses fins doigts rassurèrent ceux de Takeshi avant de les retirer des mailles dorées de ses épaulières félines.

« ...Ramène-la nous, Rei. »

Les traits de la Jōnin du Brouillard subirent une parenthèse de sérénité, sous les yeux de Keikō. Et en combattant le souhait de la retenir pour ne pas voir de sang couler, la Yasei qui avait élevé la Sendai laissa la Meneuse de son clan se séparer de la pénombre de la jungle pour mieux rejoindre la lumière de la clairière. Dès cet instant, le sourire qu'avait arboré la Tigresse blanche sur son faciès partit en fumée. Dans cette herbe, chaque pas la rapprocha peu à peu de celle qui n'était jamais revenue vers ceux qui avaient réparé l'erreur de son abandon. Dans cette plaine, chaque respiration tempérait son poitrail qui nourrissait son calme pour ne pas céder à la colère. Mais malgré son impassibilité, le tableau de son portrait n'arrivait pas à se débarrasser de cette austérité qui terrorisait son habituelle douceur. Parce que c'était cette sévérité qui la faisait ressembler à son père et la rapprochait de lui, véritable poutre de la charpente de ses convictions et de ses valeurs. Et au-devant d'une amie d'enfance qui avait osé faire couler les larmes sur les joues de ces changeformes qui lui avaient appris à sourire, ses griffes de Tigre blanc se mirent à sortir de leur nid dans un bruit strident.

Le glas du jugement par la Tigresse blanche avait sonné.

« J'ai été soulagée d'apprendre que tu étais toujours en vie. De savoir que je pouvais, à défaut de punir tes ravisseurs et bourreaux, mettre un visage sur la vraie personne qui meurtrissait tes parents. Montre-moi... qu'ils n'ont pas eu tort en t'arrachant à la mort. »


*Keikō (蛍光, litt: Fluorescence)
*Takeshi (武, litt: Brave)
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Sendai Hanae
Sendai Hanae

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Dim 20 Juin 2021 - 1:08







Regrets et remords



Le silence fût brisé par l’arrivée de celle tant attendue. Mais l’appréhension de la Sendai prit une toute autre tournure lorsque Yasei Reikan sembla se présenter, non pas seule, mais accompagnée. Hanae ne pouvait clairement identifier les silhouettes l’accompagnant, et ne pouvait qu’espérer le deviner. Il pouvait s’agir des compagnons Kirijins de la cheffe du clan Yasei, mais cela ne ferait aucun sens. Se pouvait-il donc que... ? L’idée qui avait traversé l’esprit de la Porte-parole était inconcevable. Si son hypothèse était avérée, alors la rubiconde ignorait comme elle devrait réagir. Bien sûr, depuis tout ce temps… ces huit longues années, elle avait toujours voulu les revoir, mais pendant une longue période, elle ignorait où ils pouvaient bien se trouver. D’un autre côté, comment pouvait-elle présenter son visage après tout ce temps, et après avoir vécu toutes ces choses ?

Les pas de la tigresse blanche – et seulement les siens – ne laissaient pas le temps à la Kazejine de réfléchir à cela. La tension était presque palpable, alors que la brune brisait la distance entre elles deux. Hanae avait envisagé beaucoup de choses à propos de ces retrouvailles, mais lorsque les mots surgirent de la bouche de l’enfant des bêtes, son cœur se comprima en un instant. Des erreurs, elle en avait commis, mais l’intervention de son amie d’enfance lui semblait tout de même injuste et presque inappropriée.

« La… vraie personne ? »

Les mots résonnèrent dans cet espace dépourvu de vies à l’exception des leurs, à cet instant, prononcé d’une voix presque tremblante. Cela ne trahissait pas de la tristesse, sur le moment, mais presque de la colère. La Sendai ne comptait pas se cacher derrière quoi que ce soit concernant la façon dont elle avait fui, mais elle ne pouvait pas non plus accepter les accusations de Reikan… Pas aussi simplement, pas sans protester.

« Crois-tu que ma vie a été heureuse depuis que l’on m’a arrachée à eux ? Penses-tu que chacun de mes jours a été fait de joie et de bonheur ? T’imagines-tu que j’ai demandé à être enlevée, mutilée… ? »

Les poings de l’ardente kunoichi se serraient. Si le temps avait passé, elle n’avait jamais oublié aucun des Yasei qui avait partagé sa vie, avec qui elle avait ri, s’était battue. Parmi toutes ces personnes, il y en avait trois qui lui avaient manqué plus que tout, mais à l’heure actuelle, elle se sentait profondément blessée par les insinuations de celle qui lui avait jadis servi de modèle.

« Si tout était à refaire, si je pouvais changer le passé, je le ferai immédiatement. Ne pas m’éloigner du groupe en territoire inconnu… Tenter de les retrouver alors que j’étais sortie des griffes de mes ravisseurs… Mais le passé n’est pas à refaire. Je regrette, mais je ne peux pas accepter tes propos pour autant. Si tu penses que je suis responsable de leurs maux, j’en suis désolée, mais je ne l’ai pas choisi, je n’ai pas choisi de les abandonner. »

La flamboyante ne voulait pas laisser perler de larmes, et tentait de rester aussi fière que l’était celle qui l’avait inspirée, et qui l’inspirait toujours aujourd’hui. La seule chose qui coulait était le sang, de ces plaies qui entaillaient ses paumes. La colère en elle résultait probablement dans le fait qu’elle ignorait comment se racheter, comment se faire pardonner d’avoir été brisée, à tel point qu’elle avait fait souffrir ceux qu’elle aimait, en les ignorant par honte.

« J’ignore ce que tu attends de moi, mais si tu comptes régler cela comme par le passé, tu perds ton temps. Frappe-moi, tue-moi, fais comme bon te semble. »

Hanae ferma les yeux, signe qu’elle ne comptait pas se défendre des griffes de Reikan. Elle n’était plus qu’un instrument de paix rongé par son passé. Si elle était tuée ici, elle savait qu’elle pourrait faire confiance à Yahiko pour continuer à sa place. Et n’était-il pas plus agréable d’être tuée par quelqu’un que l’on respecte plutôt que par un inconnu avide de sang et de destruction ?



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Yasei Reikan
Yasei Reikan

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Lun 21 Juin 2021 - 18:53
[invisible_edit]Vision of Escaflowne - Arcadia

Porter sur le monde un regard sans haine.

Voilà quel était le credo de Yasei Reikan, depuis qu'elle avait pu en avoir un.

Mais que cela pouvait être acariâtre et épineux, que de ne pas céder à cette main vengeresse qui voulait tant enlacer son âme... et étouffer son courage. Puissante dans ses pattes tout comme du cœur, Yasei Reikan s'était rendue lumière pour les siens à travers tous ses efforts, tous ses combats, toute la parasite et folle ambition qu'elle nourrissait depuis son plus jeune âge à leur égard. Par les mots, par les crocs, chacun de ses actes n'avait été tourné que vers le clan Yasei pour lequel elle avait vu le jour. Ce terrible sentiment, ce furieux amour, il n'avait en son sein jamais envisagé la moindre limite, le moindre tempérament pour les enfants des Bêtes, pour ce sang qui lui permettait de se sentir plus vivante que n'importe quoi, n'importe qui d'autre en ce monde plat d'originalité et de valeurs. Monstre indocile et terrifiant pour les Hommes, la Tigresse blanche en était et en resterait un pour toute sa vie jusqu'à sa mort. Mais pour ses proches et ceux qui l'aimaient, elle n'en était un que pour tous les ahans qu'elle s'attachait à fournir dans leur protection et ses rêves les plus fabuleux et forcenés. Et cette fièvre, qui la brûlait pour le bien des changeurs de peau, ne savait trouver remède ni apaisement nulle part ailleurs qu'auprès d'eux et leur prospérité. Parce que sa dévotion et son attachement pour le clan la grignotaient, à petit feu, avec la même puissance qu'elle choyait ces sentiments. À tel point que sa tolérance envers les blessures qui pouvaient leur être infligées s'approchait presque de la nullité la plus totale.

Aveuglée par la peur de revoir ses pairs décliner, la mansuétude ne trouvait plus aucune place de choix dans le cœur de la Tigresse blanche et bataillait pour ne pas en disparaître, en choir. Car avec la même fureur des coups qui l'avaient élevée, Yasei Reikan voulait terroriser d'impétuosité ceux qui osaient s'en prendre aux métamorphes. Effeuillée trop tôt de son enfance, plus gavée de violences que de caresses, il était là l'affreux extrême de toute la figure de l'Héroïne de l'Eau ; celui qui l'avait aidée à tenir debout et à rester droite malgré tout, malgré tous. Ses si belles valeurs, sa si prodigieuse bravoure, la guerrière au teint hâlé par le Pays du Vent n'avait trouvé la force de les pétrir qu'au bras de cette ivre adulation pour les Bêtes et leurs enfants parmi les Hommes. Si bien que maladroitement, la petite fille du Désert, pas plus haute que trois pommes à l'époque, avait déjà commencé à laisser ces dévorantes émotions la lécher, la parcourir, la ronger jusqu'à la faire s'embraser de colère. Ces démons qui avaient tâché l'aube de son existence, de sa jeunesse, ils la terrorisaient encore et lui donnaient la poigne de fer qui l'avait rendue célèbre même au-delà des mers de l'Archipel de l'Eau. Et aujourd'hui, alors même qu'elle regrettait toutes les douleurs du passé, la changeforme craignait les voir rattraper son clan plutôt qu'elle.

Les sentir les supplicier, sous d'autres mains que celles de son père.

Au point d'en devenir sourde, face à celle qui avait plus de choses à se reprocher qu'elle ne l'imaginait.

Et de laisser la douceur qui dormait en elle se faire avaler par la rage de ses dépassements pour le clan Yasei. Car brutalement, la main de Shiroitora* vola à la rencontre de la gorge de Sendai Hanae afin de l'étreindre de toute sa poigne et la soulever bien au-delà du sol. Corps encore embrassé d'humanité et bras désormais bouffé par la bestialité, la Jōnin du Brouillard ne bougea pas d'un poil du reste pendant ce qui n'avait été qu'une pauvre clignement de paupières. Et pourtant, à son dos, la mûre Keikō qui avait élevé l'incandescente lutta contre ses poumons pour ne pas relâcher un hurlement à la vue de cette infame scène qui se profilait sous ses yeux, eux si lourds de gouttes. Retenue par son compagnon afin de ne pas dépasser la limite de cette forêt imposée par la Meneuse du clan, elle fut néanmoins incapable de refouler ses larmes et de regretter le cours des choses. Parce qu'elle avait remis toute sa confiance à Yasei Reikan pour leur rendre justice, l'adoptante d'antan devait désormais affronter et accepter son choix au même titre que Takeshi, dont les pleurs et la souffrance se mêlaient aux siens. Mais croire en une meilleure issue que celle se présentant, ils n'avaient pas cessé de le faire même agenouillés devant cet abominable tableau. Pendant que la Tigresse blanche, elle, voulait bien se laisser consumer par cette viscérale haine qu'elle s'était toutefois jurée de chasser de son regard et de ce monde. Dépassée par la colère, elle la laissa l'investir et l'empoisonner après l'avoir tant de fois combattue, tant de fois vaincue.

Ses phalanges griffues, elle les resserra insensiblement sur le cou de cette blasphématrice jusqu'à faire entendre à la clairière les plaintes de ses chairs et les grincements de ses os.

Mais à ces bruits dignes d'un cauchemar interminable, la crinière de jais ne put s'empêcher de laisser se rajouter les échos d'un lointain souvenir sur les dunes du Pays du Vent, martelant d'éclats les contours d'une promesse qui n'avait même pas été tenue. Ne crois pas que tu vas toujours me battre, comme cette fois. Je ne connais pas mes origines et je n’ai personne à honorer en devenant forte... alors je le deviendrai pour moi-même. Comme cela, Papa et Maman n’auront plus à s’inquiéter… et toi non plus! Cette inquiétude irrassasiable. Les proches de Yasei Reikan en avaient atrocement souffert, en partie à cause du choix de la rubiconde de préférer les ténèbres à leur compagnie. Et elle-même, encore plus. Si bien que se remémorer ses paroles lui rappela la cicatrice de ce déchirement et la peine à laquelle il avait donné naissance en son sein. Mais à l'instant même où la rupture de cette nuque entre ses doigts enflés de sauvagerie s'apprêtait à naître, son nez se mit à s'imprégner de nouveau de l'odeur de la rubiconde. Celle qui avait bercé une longue période de son innocence, au creux de l'enfer de grains. Et celle qui avait enivré ses sens sur le pelage du fameux Monstre venu de l'Ouest, accueilli sur les plages de la Brume. Les sourcils froncés, la métamorphe fut la proie d'un chaos de sentiments parfois contraires, qui se rejoignaient pourtant à la pierre angulaire d'une même voûte ; celle du dégoût. Espèce de pauvre lâche. Car d'une manière ou d'une autre, Sendai Hanae avait croisé le chemin de Yasei Kasuga sans pouvoir le brider de sa folie ni le préserver de ses ignominies laissées sur le Continent.

À force de pulser d'atrocité et de rancune, toute l'inhumanité de son sang se mit à hurler de vengeance dans les muscles de son bras.

Une vengeance contre laquelle il lui fallait combattre à feu et à sang, pour ne pas devenir tout ce qu'elle avait jusqu'à lors méprisé en s'abandonnant à la barbarie qu'elle voulait décimer du globe. Cette fierté maladive et outrancière pour son clan, elle avait voulu abattre des œillères sur les yeux de la Tigresse blanche et la pousser à l'irréparable. Mais Yasei Reikan refusa de lui obéir jusqu'au bout. Puisqu'avec autant de brusquerie, son épaisse patte rejeta l'échine de l'enfant du Chakra pour lâcher son corps sur le sol avec un déchaînement similaire à celui qui guerroyait derrière les barreaux de chair de la féline. La patte rendue difforme par la lutte contre ses démons, les ongles torturés par l'affliction de ses griffes qui ne voulaient plus que faire payer à celle qui n'avait de cesse de mutiler ses frères et sœurs, Shiroitora se servit de son autre bras pour ne pas autoriser à toute la noirceur de son cœur de se dévoiler au grand jour et de faire boire à cette herbe le sang de sa rivale d'enfance. Ainsi, les dents serrées, la changeuse de peau serra ses fins doigts contre la fourrure qui s'envolait peu à peu de son épiderme doré par le soleil.

La hargne dans ses perles myosotis, elle, ne s'était hélas pas dissipée.

« Dire que tu n'as même pas été en mesure de tendre une main à un enfant des Bêtes torturé et en quête d'aide, alors que c'est grâce aux miens que tu respires encore. Tu n'as pas changé, Hanae. Tu es toujours aussi incapable que lorsque nous étions enfants. »

Épuisée par la tension de son corps entier qui se purgeait de l'animosité de sa bestialité, la Fille du Désert expira doucement avant de retrouver toute la sévérité de ses traits. Une austérité héritée de son père qui, en l'absence de lutte décisive, ne savait que trop bien couvrir toute la tristesse qui lui crevait le cœur et l'esprit.

« Ne recroise plus ma route ou la leur. Sinon, je te tuerai pour de bon. »

Et aussitôt, la battante de la Brume tourna le dos à Sendai Hanae et marcha pour quitter la plaine, lui offrant ainsi pour seul réconfort le symbole du Tigre blanc qu'elle avait toujours cherché à atteindre et qui s'éloignait peu à peu d'elle.

Porter sur le monde un regard sans haine.

Voilà quel sera toujours le credo de Yasei Reikan, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus en avoir un.

Récapitulatif:

*Shiroitora (白い虎, litt: Tigresse blanche)


Dernière édition par Yasei Reikan le Dim 27 Juin 2021 - 17:57, édité 2 fois
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Sendai Hanae
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Lun 21 Juin 2021 - 22:07







Regrets et remords



Abandonner… Voilà tout ce que voulait Hanae, désormais, si même les êtres qui lui étaient chers la reniaient. Il y avait, chez l’humain, beaucoup de choses qu’un cœur pouvait endurer, mais les traumas et les désillusions de la rubicondes avaient sans doute atteint une sorte de point de non-retour, et lorsqu’elle prononça ses mots, implorant presque Reikan de la soulager de son existence, la réponse fût instantanée. Sans aucune contestation ni résistance de la part de la Sendai, la Yasei se saisit de son cou avec une force effrayante. Le visage de la rougeoyante ne trahissait ni sa douleur, ni sa peine, dans le seul but de ne pas risquer d’affecter le jugement de son… amie. Si sa vie avait été une erreur, alors cela ne hanterait pas les nuits de la tigresse blanche que de l’abréger. De sa position, l’adoptée du désert ne pouvait pas voir ce que cela faisait à ses parents de voir sa vie s’écourter de la sorte. Tout aurait été plus simple, s’ils s’étaient fait à l’idée qu’elle était morte il y a huit ans. Mais cet amour, elle l’avait bafoué, quoi qu’elle put en dire, et enfin le jugement arrivait…

La douleur se faisait de plus en plus grande, et le sang coulait là où les griffes s’enfonçaient dans la chair, jusqu’à un point où la vie de la Porte-parole ne tint plus qu’à un fil… Fil qui fût solide, sans doute, car la Kirijine finit par relâche son emprise, non sans une certaine brusquerie, en envoyant valser la flamboyante au sol. Alors elle ne valait même pas la peine d’être tuée, à moins que Reikan n’ait finalement compris ce qu’elle avait pu ressentir lors de sa captivité ? Non, il était inconcevable que quiconque puisse comprendre ni même avoir une infime idée de ces deux années. Mais les mots qui suivirent eurent l’effet de multiples poignards dans le cœur de la jeune femme. Si elle ne comprenait pas la référence de la Yasei, lorsqu’elle mentionnait un enfant des bêtes torturé, la suite sembla l’achever. Des adieux, ponctués par une mise en garde. Tout était terminé, sur ces simples mots…

Le temps semblait aller au ralenti, alors que la brune quittait les lieux. Se tenant le cou à cause de la douleur, celle qui subissait un courroux plus douloureux même que ses deux années en enfer essayait de comprendre le sens des mots, telle une enfant ne comprenant pas ce qu’il lui arrivait. « Ne recroise plus ma route ou la leur. » Cela résonnait dans son esprit… Pourquoi maintenant ? Alors qu’ils étaient si proches ? Alors qu’elle pouvait les revoir, enfin ? Maintenant qu’elle voulait, plus que jamais, la chaleur des bras de son père, les caresse de sa mère dans sa chevelure de feu ? Non, non… Non…

« No…n »

Sa gorge accusait le coup de la poigne de la tigresse, mais sa voix parvint à se frayer un chemin :

« NON ! ARRÊTE TOI ! »

Son corps se dressait, tant bien que mal, dans le dos de la reine des bêtes.

« Maintenant qu’ils sont là, tu veux encore m’en priver ? Me séparer d’eux alors que leur absence était encore plus dure que tout ce que j’ai subi dans ces cachots ? Si tu le fais… c’est toi qui mourras, Yasei Reikan. Cesse de te mettre entre eux et moi. »

Elle qui ne voulait pas se battre avait finalement passé ce cap, formant des signes incantatoires. Elle qui plaçait la vie d’autrui avant toute chose en ce monde avait proféré une réelle menace de mort… Il n’était plus question d’abandonner sa vie lâchement, pour Sendai Hanae. Ses yeux foudroyaient désormais Reikan du regard, alors que des flèches de chakra pur se formaient tour à tour dans ses mains pour prendre la brune pour cible. Il faudrait la tuer pour l’empêcher de retourner auprès d’eux, pour la priver de sa chance de s’excuser, et de pouvoir récupérer cette famille. Si Reikan ne pouvait le faire, alors il se pourrait bien que sa vie soit menacée.




résumé:
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Yasei Reikan
Yasei Reikan

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Dim 27 Juin 2021 - 17:34
yoko kanno - chain

Sous leurs yeux brouillés de larmes, la Meneuse Yasei revint sur ses pas, sur sa colère. Réfractaire à l'écoute, ce fut comme si les paroles de cette rubiconde ne savaient plus comment s'accrocher à ses oreilles, comment investir ses pensées pour se nouer en leur creux, pendant que l'enfant des Bêtes se rapprochait de la forêt, s'écartait de la plaine. Convaincue de toute sa bienfaisance, persuadée que faire couler le carmin de cette femme ne serait jamais à la hauteur pour gommer la peine ni de Takeshi ni celle de Keiko, notre féline avait réfréné ses ardeurs avec brio, respecté ses valeurs face à ce sentimental imbroglio. Les bras de la sédation, qui allaient servir à apaiser sa hargne bestiale à l'ombre de l'extérieur, ils cherchèrent à enlacer ses entrailles, à réconforter son esprit après avoir fait face à ses tourments, à ses démons. Après avoir surclassé cette hideuse fleur de haine, qui avait essayé d'éclore en son sein pour répandre son délirant pollen. Pour empoisonner ses organes et pervertir son cœur, de la plus laide des manières ; celle qu'elle avait toujours détesté, en l'observant trop souvent se couronner de succès chez les Hommes. Ses épaulières dorées, aussi bien que son image de boussole et de guide pour son clan tout entier, elle les méritait plus que n'importe qui dans le Yuukan. Et rien que pour cette cruciale raison, l'Héroïne de l'Eau avait refusé de se laisser abattre par le torrent d'abomination qui essayait de la submerger, de la diaboliser. Qui tentait de salir ses mains, d'un sang qui n'était pas le sien.

Yasei Reikan avait triomphé, face au désir de vengeance.

Mais Sendai Hanae, elle, venait de capituler devant lui.

Telle la pauvre impuissante qu'elle avait toujours été.

Le temps, il venait de s'arrêter. Car ses mots, ils dégringolèrent enfin comme des pierres dans son cœur. Et ses lames, comme des coups de poignard dans ses chairs. Plus alertée par les visages de ses pairs martyrisés sous le heurt de cette vue que par la souffrance qui glissait ses crochets contre sa jambe, la Tigresse blanche se mit à écarquiller les paupières. À ne plus bouger d'un poil, pendant que la sève de ses veines s'écoulait comme les ramures d'une belle bruyère sur le teint hâlé de ses jambes. Leurs expressions tordues par la torpeur, par la terreur ; c'était tout ce que la Yasei aux éphélides ne voulait plus accepter de voir. Ne pouvait plus tolérer, tant qu'elle vivait encore. Arrêtée par le choc, percée par l'assaut. Mais elle n'osa rien voir, à part ce qui torturait encore les faciès d'autres enfants des Bêtes. À part ce qui s'extirpait silencieusement des lèvres de celle ayant élevé cette pourriture qui avait osé lever la voix et la main sur elle, dans son dos.

Vas-y.

Combien de fois, la Tigresse blanche en devenir, s'était-elle jurée de ne jamais laisser quiconque faire du mal à ses proches, déjà? Combien de féroces prédateurs avait-elle terrassé, de sournoises vipères avait-elle éviscéré, dans l'espoir de les tenir à l'écart des siens? Bon nombre. Bien trop pour recevoir avec une large insensibilité et une franche apathie ce que la Sendai qui n'avait plus rien de Yasei venait de lui porter, en abusant de sa gentillesse. En mordant dans sa mansuétude, comme un chien errant dépourvu de bon sens. Comme une ingrate adoptée rendue combattante aux agissements guidés par son égoïsme, aveuglés par sa mésestime envers la douleur éprouvée par des parents à qui elle avait tourné le dos pour les ombres, sous le poids de sa honte. Sous le poids de toute sa médiocrité.

Cette chenille de la rancune, elle essayait de l'étouffer, de la grignoter, de l'entortiller. Mais avant que ses neurones ne partent en vrille comme lui demandait toute sa bestialité, avant qu'ils ne s'abandonnent à toute la frénésie de ses chairs qui lui hurlaient de rompre ce qui venait de la marteler, Yasei Reikan s'imprégna une dernière fois de leurs minois apeurés et suppliciés par l'issue de cette lutte. Elle qui bataillait pour vaincre sa haine, elle se retrouvait maintenant enlacée, par elle. Asphyxiée, par elle.

« C'est seule, que tu t'es démunie de leur présence jusqu'à aujourd'hui. Et maintenant, tu oses demander des comptes? M'exiger de m'arrêter, après tout le mal que tu as subi et que tu n'as pas su empêcher de se propager à travers eux? Tu es là derrière moi, à porter à bout de bras tes peines et tes châtiments. Pourtant, tu n'as jamais été aussi peu digne de respect. Aussi peu digne de les revoir. »

Sa chevelure bestiale, elle se fit plus épaisse. Plus hostile et endémique.

Car l'encre de ses lettres n'allait pas suffire à Yasei Reikan, pour tourner la page.

« Mon feu, je ne le tourne que vers ceux qui guettent les miens de leurs menaces, de leurs ombres. Que leur as-tu apporté d'autre que cela, depuis ta disparition, toi? Comptes-tu leur redonner le sourire que tu leur as volé?! ENVISAGES-TU ENFIN DE NE PLUS ÊTRE UNE INCAPABLE?! »

Une porte vers la rédemption, vers l'explication.

Voilà ce que Yasei Reikan laissait à Sendai Hanae, en guise de dernière parole.

En guise de dernier barrage, avant tout le fléau bestial qui s'apprêtait à se libérer sur elle pour éteindre sa vie et que la Tigresse blanche cherchait désespérément à contenir.

Récapitulatif:
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Dim 27 Juin 2021 - 19:51







Regrets et remords



Frapper une amie dans le dos. Voilà ce que venait simplement de faire Hanae. Les deux flèches étaient parties, laissant ses sentiments prendre le dessus – encore une fois – frappant la Yasei au niveau de la cuisse. La jeune femme ignorait pourquoi Reikan n’avait rien fait pour s’en prémunir, alors qu’elle était si forte, si agile et possédait tant de réflexes, même étant une enfant. Est-ce que la Sendai avait mal jugé les intentions de la brune ? Avait-elle mal interprété ses premiers propos ? Son esprit ne savait plus faire la différence, et son cœur battait la chamade tant elle était tiraillée par la situation. Pouvait-elle réellement en venir à tuer quelqu’un ? Tuer une personne chère, qui plus est ?

Si l’on revenait quelques mois en arrière, cette question aurait trouvé une réponse évidente, et peut-être même une réprimande à l’adresse de la personne qui la posait. Bien entendu, la réponse était non. L’idée même de le faire n’aurait pas traversé l’esprit de celle qui avait dû aider son camarade, Sendai Yahiko, à voir clair au travers des actions de Shinrin Hanzô et lui ôter l’idée de l’abattre froidement à la première occasion. Pourtant, aujourd’hui, plus que s’être posé la question, Hanae avait blessé la Kirijine sans une once d’hésitation, et se demandait même si elle n’avait pas tenté de la tuer, tout simplement. Il lui était difficile de raisonner, de juste oublier ce qu’il venait de se passer, et le pire était peut-être à venir, selon la réaction de Yasei Reikan.

Si le combat débutait désormais, alors cela condamnerait l’issue de cette rencontre, ainsi que l’esprit de la rubiconde – si toute fois il en restait quelque chose après l’affrontement. Les mains tremblantes, la jeune femme ne pouvait plus s’écouter, elle qui avait sciemment frappé une personne qui ne lui était pas physiquement hostile. Les mots de la brune, suite à cela, résonnèrent dans son esprit. Elle avait raison, sans nul doute. Elle n’était qu’une incapable, prête à causer plus de souffrances encore, une incapable… irrécupérable… Personne ne devait se fier à elle, et pourtant, elle demandait sans cesse aux autres de lui faire confiance, annonçant haut et fort que c’était elle qui ramènerait la paix dans le Yuukan. Au fond, elle avait beau lutter, contre Reikan et ses mots durs, elle savait que tout était avéré. Ses mains ne tremblaient plus, elle le savait.

« Je veux… les retrouver. Je veux devenir quelqu’un… en qui l’on peut avoir confiance… Je veux me racheter, peu importe le temps, peu importent les efforts. Mais je ne sais pas… Tu l’as dit, je ne suis qu’une incapable. Ils m’ont tout donné et j’ai agi égoïstement. »

Les larmes coulaient, désormais – enfin, pourrait-on dire – alors que la rougeoyante s’approchait de la brune. Plus question de l’attaquer, elle n’avait maintenant plus la force de se battre. Le problème n’avait toujours été qu’elle-même.

« Je ne veux pas mourir. C’était idiot de te demander cela, et peut-être que cela illustre cette incapacité dont tu parles. J’ignore si mon comportement les a blessés au point que ma mort soit toujours douloureuse pour eux, mais quoi qu’il en soit, renoncer à cette vie qu’ils ont sauvée serait une autre trahison, un autre poignard dans leurs cœurs. Je veux qu’ils ne souffrent plus, plus jamais. Que ce soit par ma faute ou non, ils sont ce qui m’est le plus précieux, et je ne pourrais supporter de reproduire les mêmes erreurs. Mais ce n’est plus mon choix que de décider si j’ai le droit de me racheter, et je doute que ma parole te soit réellement suffisante… »

Sa famille, ce n’était pas les Sendai. Au fond, son seul lien avec ce clan était Yahiko…

« Laisse-moi une dernière chance d’être une Yasei. Même si je ne peux changer de peau, même si la chaleur du désert m’est difficilement supportable… Je n’ai jamais été plus heureuse que quand je vivais comme l’une des vôtres. »

Si cela ne comptait pas pour la brune, alors peut-être que cela voulait dire qu’au fond, elle ne l’avait jamais considérée comme l’une des leurs. Peut-être que ce procès était biaisé. Mais sur ce point, Hanae ne se faisait point de doute : sa confiance à elle, à l’égard de Yasei Reikan, restait intacte.

Après tout, ce n’était pas la Kirijine qui avait mal agi.


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Yasei Reikan
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Mer 30 Juin 2021 - 21:32
[invisible_edit]Je ne veux pas mourir. Ces mots. Ils résonnèrent, s'écrasèrent avec force à l'intérieur de son esprit qui s'était surpris à perdre la raison qui la rendait d'habitude si sage, si exemplaire. Toute son existence, la vie avait refusé à Yasei Reikan de lui faire une fleur en lui donnant la mort, en apaisant ses souffrances, en l'épargnant de cette belliqueuse destinée qui l'attendait. Si le trépas ne voulait pas d'elle, ainsi ne le prendrait-il pas mal que de la voir se rebuter à l'idée de penser que les siens pouvaient souhaiter de partir, de périr sans même essayer, sans même de se battre. Les justifications, elles importaient peu aux yeux de la guerrière aux épaulières dorées qui n'avaient eu de cesse de s'agripper au dos de ses espoirs et de le taillader de ses griffes, à force de ne pas vouloir le lâcher. Si elle n'avait pas encore eu droit au repos éternel, quelle ne pouvait être sa peine que d'envisager cette offrande à ceux qu'elle chérissait et qu'elle ne voulait pas voir partir? Qu'importe la puissance ou la faiblesse, qu'importe la vieillesse ou la jeunesse, la féline jurait plus par la vie que par la fierté dont elle avait hérité. Au nom de cette seule et suffisante explication, nul doute que la Tigresse blanche ne finisse par se battre et lutter contre ses propres sangs et leur tyrannie, afin de ne pas céder à ses plus instincts et répondre au cycle de colère et de rancœur qu'elle cherchait tant à épuiser, tant à briser. C'était ce contre quoi la féline s'était toujours dressée, depuis qu'elle s'était trouvée en mesure de se mettre debout.

Maintes fois, ses ancêtres avaient ployé le genou face à leur cruauté, leur férocité.

Mais pas une seule fois, elle comptait s'y abandonner.

Même dans ses cauchemars les plus fous, elle ne voulait les laisser prendre le pas sur elle et gagner.

Du sang, la Meneuse du clan Yasei ne supportait pas d'en faire, d'en entrevoir couler inutilement. Si bien que même la perte du pire des tortionnaires de ses pairs du Désert, le Scorpion noir, n'avait pas pu s'éponger correctement à l'égard de celle qui ne savait se rendre entièrement insensible, totalement imperméable d'émotions au sort du clan Yasei et à ceux qu'il aimait, ou qui l'aimaient. Car les regrets de ne pas avoir vu naître la résipiscence de ce tyran, la féline n'arrivait plus à s'en défaire, plus à les faire taire. Enfant des Bêtes, l'Héroïne de l'Eau le demeurerait jusqu'à la fin de sa vie. Or, combien de fois les gens autour d'elle avaient pu se méprendre, se tromper sur toute la ligne en crachant sur son humanité et en n'avançant que l'argument de sa férocité? Combien de temps avait-elle passé à donner plus d'espoir, plus de confiance aux autres que d'effroi, que de peine à côté du plus banal des Hommes? Proche et digne de son animalité, elle l'était assurément et ne songeait même pas à ne plus l'être, un jour. Mais jamais cette dernière n'avait fait devenir Yasei Reikan moins humaine qu'un autre, même derrière toute la densité de son pelage et toute la solidité de ses furieux crocs. Belle de sa sévérité comme de son indulgence, le moindre de ses actes souhaitait obéir à ce qu'elle entendait comme juste et bon. À ce qu'elle espérait comme droit et légitime, dans ce monde qui voulait nous gouverner par la terreur, par la rancœur. La collectivité profitait d'une âme et d'un cœur bien fragiles, au point de perdre le moindre de ses plus beaux moyens face à l'appel de la vengeance, face à ses armes et sa sournoiserie. Et la Jōnin du Brouillard, elle, refusait d'accepter les avances de ses caresses et se débattait, pour ne pas finir écrasée sous ses ruines. Pour ne pas finir submergée par ses bruines.

Yasei Reikan se mit à inspirer profondément.

Avant de relâcher tout son discret souffle, en même temps qu'elle se libérait de toute sa hargne.

Des cieux aux visages de ses proches, ses pupilles éthérées descendirent pour s'en nourrir.

Et d'une approbation de l'échine, paupières closes, elle leur intima de sortir des ombres de l'absence pour rejoindre la lumière des retrouvailles.

Renversés par cette déchirante opportunité, Takeshi et Keiko n'en revinrent pas. Mais bien assez vite, la mère de substitution de Sendai Hanae fut la première à initier la marche dans l'espoir de se dédouaner de l'obscurité des ramures, suivie de près par son compagnon. Sans détacher leurs brillantes perles de la silhouette de l'enfant du Chakra, ils passèrent même à côté de celle des Bêtes pour ne voir plus qu'elle. Pour n'enlacer plus qu'elle et sécher leurs larmes sur cette longue chevelure qu'ils avaient tant rêvé de revoir depuis qu'elle leur avait été arrachée. Ce moment d'intimité, de liberté, de sublimité, Yasei Reikan continua de lui tourner le dos pour le leur laisser. Des parents à aduler, à choyer et à mignoter, la rubiconde en avait toujours eu même à mille lieues d'eux, même d'un sang étranger à eux. Même après avoir laissé le goût de l'abandon et de la peine, bien en leur creux. La féline, elle, n'en avait plus. Voilà pourquoi le choix de la rougeoyante lui était apparu si aliéné, si pouacre. Ainsi eut-elle à cœur de se tenir, là, devant le soleil couchant qui s'apprêtait à tirer sa révérence. Qui comptait fermer les yeux, sur celle que Takeshi était en train d'adopter dans le dos de la Tigresse blanche, en vue de rendre honneur à sa décision.

À son abnégation.

« ...Merci. Merci d'avoir écouté ton cœur et agi avec sagesse, Reikan. Shizuka et Ragna... ils seraient fiers de voir ce que tu es devenue. De voir que le clan Yasei qu'ils ont tant aimé est entre de bonnes mains. Les tiennes. »

Son dos, il semblait frêle et gracile. Mais ils savaient y voir toutes les ambitions qu'il protégeait.

Toute la détermination qu'il portait.

Sitôt, la Tigresse blanche tourna les talons et revint une autre fois sur ses pas pour s'arrêter devant celle qui s'estimait plus Yasei que Sendai et qui, déjà, pouvait profiter de la chaleur d'une famille. Ses boucles d'oreilles griffues, ses épaulières écaillées d'or, ils cliquetèrent tous pour marquer son arrêt, le teindre d'une symbolique toute particulière. Sa main, vierge de tout le sang qui coulait à l'une de ses jambes, elle s'éleva et s'engouffra dans celui du cou de la rubiconde, avant de remonter ses doigts dans sa nuque. Leurs fronts, elle les fit se coller en vue de témoigner de toute sa rémission, dans une étreinte que peu d'enfants des Hommes comprenaient et que tant d'enfants des Bêtes affectionnaient. Et sans un mot, elle s'écarta du trio rallié avant de reprendre sa marche vers la forêt.

Yasei Reikan avait été à la hauteur de son titre de guide, parmi les ombres.

Au tour de Sendai Hanae d'en sortir, pour devenir quelqu'un.[invisible_edit]

Fin du RP pour moi.


Dernière édition par Yasei Reikan le Jeu 2 Sep 2021 - 13:46, édité 1 fois
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Mer 25 Aoû 2021 - 20:41







Regrets et remords



Depuis aussi longtemps qu’Hanae pouvait s’en rappeler, la remise en question n’avait jamais été son fort. D’abord du fait d’une innocence et d’une naïveté presque choquantes, cela fût vite remplacé par une pseudo confiance en elle, que la rubiconde avait tenté de reprendre à une amie en qui elle plaçait tout son respect et qui lui servait de modèle depuis sa tendre enfance, même après toutes les épreuves traversées. Mais ce jour marquait un tournant majeur de sa vie. Sa personnalité n’en serait pas changée, néanmoins, les propos de Reikan lui avait fait comprendre plus d’une chose. La première était que si elle voulait vivre sa propre vie, il lui fallait commencer par se la créer par ses propres moyens, sans dépendre de visions de son passé auxquelles se raccrocher en tant que guide quelconque.

Aucun autre mot ne fût prononcé par la Tigresse Blanche, qui se contenta de s’éloigner, laissant les parents de l’adoptée du désert franchir la distance les séparant de leur enfant, qui, bien que plus grande que lors de leur séparation brutale, resterait toujours leur petite fille, rebelle et naïve. Les mots de Takeshi à l’égard de la brune n’échappèrent nullement à la rougeoyante, qui se demandait si ce fait – d’une importance majeure – n’avait pas à voir avec le degré de colère de la cheffe des Yasei. Mais cela n’était pas le plus pertinent, dans l’absolu. D’une façon ou d’une autre, la Kirijine avait été séparée de ses géniteurs, et cette nouvelle ne réjouissait pas du tout la flamboyante, bien au contraire. Quels mots lui faudrait-il prononcer ? En ignorant ce qui leur était arrivé, faire une gaffe serait bien trop risqué, surtout à cet instant.

« Reikan… tu m’as permis de revoir ceux qui comptent le plus pour moi. J’ai une dette éternelle envers toi… S’il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour toi, aujourd’hui, ou un autre jour… je répondrai présente. »

S’il lui fallait à son tour retrouver ses parents, ou les venger dans le cas où un sort funeste les aurait frappés, Hanae répondrait présente. Mais s’il s’agissait d’autre chose, alors elle ne se défilerait pas pour autant. Désormais, la Porte-Parole de l’Empire se contenta d’oublier jusqu’à tout ce qui l’entourait pour simplement retrouver ceux qu’elle chérissait du fond de son être. Peu de mots furent échangés, mais pour la première fois depuis des années, les larmes venaient à la Kazejine avec une grande facilité. Parmi le peu de mots qui s’étaient retrouvés prononcés, nombre d’excuses de la jeune femme s’y trouvaient. Malgré leurs années de peine, à la chercher sans relâche, ses parents insistèrent pour que leur fille cesse de se blâmer, invoquant que tout cela était désormais du passé.

Au terme de ces retrouvailles émouvantes, la Sendai finit par reprendre ses esprits, n’ayant probablement plus grand-chose à pleurer dans son corps. Il lui fallait dire certaines choses, et surtout évoquer certains faits logiques.

« Je veux… rattraper le temps perdu… Mais je ne peux vous rejoindre à Kiri définitivement… du moins, pas pour l’instant. De votre côté, je ne peux vous demander de quitter le clan qui s’est enfin réuni sous l’égide de Reikan, d’abord parce que votre place est à leurs côtés, mais aussi parce que l’Empire n’est pas un endroit sûr pour ceux qui ne sont pas Hijins… »

Ces mots ne laissèrent ni Takeshi, ni Keiko indifférents. Si ce lieu représentait un danger pour les étrangers, cela impliquait forcément leur fille.

« Je me doute de ce que vous pensez… Mais je saurai me tirer de là, si les choses venaient à mal tourner. Dès lors que j’aurai du temps, je me rendrai à Kiri. Il n’est plus question que je vous laisse de côté par honte de moi-même. Je ne laisserai plus les erreurs du passé se reproduire. »

Cette promesse, elle comptait la tenir, peu importe à quel point les moments à venir pourraient être difficiles.



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