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Un juste serment ? [Nobuatsu Saji]

Seito
Seito

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Dim 13 Juin 2021 - 23:34

Seito enfourna une bouchée de riz gluant, sans détacher son regard du théâtre de la rue. Voilà bien une chose qu’il avait découverte en sortant de son monastère : la ville, et ses artères animées. Jusqu’aux pavés qui l’habillaient étaient une nouveauté pour lui, qui avait surtout connu la terre battue nue du cloître. Mais ce n’étaient pas les dalles de pierre qui l’intéressaient le plus, bien sûr. A ses yeux, les passants étaient de bien plus intrigants personnages. Comme ce marchand de poisson avec sa roulotte, tiens ! Il lui rappela immédiatement un haïku. Il tira du geste leste de l’habitué son petit recueil de poche d’un ourlet de son vêtement, et, après une seconde de feuilletage, retrouva les vers :

Le vieux marchand de loches

Toujours vivant. Il crie

Voici des loches !

Mudô

Il n’était pas question de loches comme dans le poème, mais il fallait admettre que l’homme de chair et d’os se superposait bien à celui d’encre et de papier. Il n’était pas le seul à attirer l’oeil d’un observateur ingénu, comme l’était Seito : ils grouillaient, ceux qui attisaient sa curiosité, du plus commun des troufions jusqu’au riche marchand qui se pavanait dans son luxe.

Là, battant le pavé d’un pas pressé, son boulier dans une main, l’autre trop occupée à gratter son crâne échevelé, un vieux comptable courait à ce qui devait être une affaire urgente et complexe. Il croisait sans la voir une petite fille les épaules toutes chargées de babioles sans valeur mais attirant l’oeil. Là, à côté d’elle, derrière son étal, une vieille dame tout biscornue et son associé – son fils ? - régalaient un passant d’un bon bol de nouilles chaudes – par ce temps, quelle idée ! - et d’un brin de discussion. A l’étage d’une maison, un petit garçon bien silencieux jouait le même rôle d’observateur muet que Seito. Ses yeux se gorgeaient de toutes les images qui passaient à leur portée, comme une éponge sèche se remplit d’humidité. C’était rigolo.

Seito goba d’un dernier coup de cuillère le reste de riz dans son bol, et tira de sa poche un bout de papier sur lequel une des kunoïchis qui l’avaient contrôlé avait eu l’amabilité de griffonner un petit plan. Un plan pour le mener vers un Complexe shinobi. D’après les dires de la jeune fille – elle devait être plus jeune que lui, même, ce qui l’avait d’abord étonné – il devrait trouver là-bas toutes les informations utiles pour son enrôlement dans les rangs de la Brume. Mais ça ne serait pas sa première étape. Il avait prévu de faire un détour par un autre endroit, d’abord.

Il fit tinter les quelques pièces qui devaient payer son repas dans son écuelle, et demanda à son hôte :

« Excusez-moi ! Vous pourriez me dire où trouver le Mizukage, s’il vous plaît ? »

La question ne manqua pas de susciter un regard pour le moins circonspect chez l’interrogé. Il n’articula même pas une réponse, et se contenta de pointer le doigt vers un bâtiment. Enfin, un bâtiment. Un monument. Enfin, un monument. Un palais. Le Palais de la Brume. La bouche de Seito fit un « o » muet, sous le coup de l’étonnement, et on pouvait facilement le comprendre : pour un jeune homme qui n’avait connu de la grandeur de l’architecture que quelques dessins dans des traités, la confrontation avec le génie humain était subite.

Il glissa son sac sur son épaule, remercia son hôte d’un salut bien respectueux, et prit le chemin du palais. Si impressionné qu’il fût, il ne renonçait pas à son projet. Il lui semblait en effet parfaitement naturel d’aller à la rencontre de celui qu’il devait servir avant que de s’enrôler dans son armée. Après tout, que savait-il de lui, de ses ambitions ? Il aurait été un bien piètre élève du frère Muchi s’il avait suivi aveuglement les instructions de son maître, et s’était jeté dans la gueule d’un potentiel tyran, ou d’un fou. Son apprentissage militaire ne se ferait pas sous les ordres d’un tel personnage, et il était déterminé à sonder le coeur du Mizukage par lui-même. Il n’était pas trop confiant en son propre jugement, mais c’était tout de même mieux que rien.

Se repérer dans le village n’était pas bien compliqué, quand on prenait le Palais comme ancre, et Seito ne mit pas très longtemps à en atteindre les portes. Il n’eut pas grand mal non plus à trouver une personne à même de le guider dans le dédale des corridors inconnus, mais qui respiraient un luxe qui le charmait. Il présenta à nouveau ses lettres de recommandation, celle de son père, d’abord, puis celle de son maître, le frère Muchi :

Citation :
Moi, Tokugawa Abe, recommande mon fils né Tokugawa Saburô et ayant pris le nom religieux de Seito aux bons soins de la Brume, en espérant qu’il pourra mettre sa force et ses connaissances au service du village.


Citation :
Moi, frère Muchi, prie le village de Kiri d’accueillir le jeune homme porteur de ces lettres en son sein. Ses qualités sont grandes, et sa soif d’apprendre l’est tout autant. Je suis certain qu’il pourra se montrer utile à la Brume, comme elle pourra se montrer utile à lui. Même s’il a beaucoup à apprendre, il apprendra, et le fera avec toute la perfection du monde. Ayez soin de lui. Je vous le demande bien humblement.


On lui dit de s’asseoir quelque part, qu’on reviendrait le trouver avec des nouvelles de sa requête d’audience. Il s’assit, donc, et reprit son observation tout en patientant. Déjà, la diversité des couleurs de Kiri flattait son esprit, et agitait son imagination …

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Nobuatsu Saji
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Dim 20 Juin 2021 - 15:04
Assis dans une pièce au milieu de plusieurs figurines en bois, il se rendit compte qu’il en manquait une, celle de son héros préféré avec lequel il adorait jouer. Il se doutait que son frère l’avait encore pris pour lui tout seul, sans se soucier de ce que lui pouvait vouloir, il avait l’habitude maintenant que ses jouets lui soient confisqués par son grand frère qui profitait de son âge pour lui imposer sa loi. Au fond de lui, il savait que ce n’était pas juste, qu’il avait tort de se laisser faire ainsi, et qu’un jour ou l’autre, il devrait lui tenir tête... pour ne plus jamais se faire marcher sur les pieds, surtout s’il espérait un jour rejouer avec sa figurine favorite. Il l’aimait beaucoup car il portait un masque et se battait pour protéger les plus faibles, il ne demandait jamais rien en retour pour ses services. Il l’admirait aussi parce que même quand il était en difficulté, il se battait pour la victoire mais sans jamais trahir ses principes. Ashikage disait que c’était stupide, mais au fond de moi, une petite voix me disait que non, ce n’était pas comme ça qu’un héros se comportait, quelqu’un sur qui les gens peuvent compter et se reposer en toute circonstance.

Le jour où il découvrit que son frère avait jeté son jouet dans l’étang, il se mit en colère et pour la première fois leva la main sur son frère qui s’énerva lui aussi et le jeta dans l’étang lui aussi, où il faillit se noyer… Son corps était emporté vers le fond de l’étang sans qu’il ne sache comment remonter à la surface, c’est alors qu’une main surgit et fut tendue dans sa direction, il attrapa alors le bras et se laissa remonter à l’air libre. Le regard encore flou, il tenta de distinguer le visage de la personne qui venait de le sauver de la noyade. Derrière lui, les fantômes de son passé l’observaient avec déception, de le voir échapper de nouveau aux abîmes de la torpeur.

Quelqu’un frappa à la porte, il se réveilla de son songe de manière assez brutale, comprenant qu’il venait de revivre un souvenir d’enfance, si vivace dans son esprit que tout avait été reconstitué à la perfection. Même s’il était de nature relativement tenace, le travail au bureau lui demandait une concentration telle qu’il finissait par s’assoupir quelques secondes, ressenties comme des heures lorsqu’il était au milieu d’un songe. La monotonie du travail de Mizukage l’amenait parfois à laisser cours à son imagination pour ne pas tomber progressivement dans la désuétude. Heureusement, il était encore pleinement décidé à poursuivre le rôle qu’il avait accepté d’endosser depuis près d’un an maintenant, surtout quand on savait que ses prédécesseurs eurent moins de succès en termes de longévité. Il se devait de ne pas perdre le cap, et garder à l’esprit que ses décisions influenceraient le destin de tout un village voire du monde, et pas seulement le sien.

Il s’intéressait donc à chaque individualité qui apportait sa pierre à l’édifice, chaque individu quel qu’en soit l’origine ou ses motivations avait son histoire et sa manière de contribuer à la grandeur de la Brume. Le Nobuatsu n’était guère du genre à discriminer quelqu’un sur son passé mais à considérer chaque recrue selon ce qu’elle peut apporter dans le présent et l’influence qu’elle peut avoir sur le futur du village, l’idéal qu’il cherche à atteindre pour la communauté. On lui fit part de la venue d’un genin souhaitant le rencontrer visiblement, il accepta sans hésitation bien que son esprit soit encore embrumé par une certaine neurasthénie qui restait contenue derrière son masque. Il invita le genin à s’asseoir, déplia les lettres de recommandation que lui tendit le jeune homme. En parcourant rapidement le contenu de ces messages, il leva son regard sur lui et lui demanda sans passer par quatre chemins:

Très bien, en quoi peux-tu nous être utile?



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Seito
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Dim 20 Juin 2021 - 23:56

Et voilà qu’il avait atterri en face du Mizukage lui-même. Sa nervosité atteint un bon pic, tandis que l’Ombre elle-même faisait la lecture silencieuse de ses lettres de recommandation. Il les savait bonnes, sans même les avoir lues lui-même. Et sans doute son maître n’avait-il pas manqué de préciser qu’il était un parfait novice dans tous les domaines des arts shinobis. Ce n’était certainement pas la meilleure chose, pour quelqu’un qui prétendait revêtir le bandeau de la Brume …

Mais il fallait garder la foi, et croire en ses capacités. Il savait en faire, des choses, après tout. Quoi, par exemple ? Eh bien … Il était excellent lecteur, et avait une bonne culture générale. C’était un premier bon point, non ? Ensuite … Il savait penser, plutôt bien. Il connaissait de la poésie, aussi. Ah, le voilà son secours dans ce moment de douloureuse attente : un haïku. Il fouilla rapidement sa mémoire.

J’ai emprunté ma chaumière

Aux puces et aux moustiques

Et j’ai dormi

Issa

Il sourit légèrement, le regard dans le vide. La légèreté des vers avait le donc de remettre les choses en contexte, et de faire relativiser.

Et sans doute est-ce à cause de ce léger sourire qu’il put paraître un peu benêt, quand le Mizukage leva le regard vers lui pour l’interroger. Enfin, il dut deviner que Nobuatsu Saji avait levé le regard, car, bien évidemment, pour tout ce qui se trouvait derrière la visière opaque, on ne pouvait rien émettre d’autre que des hypothèses.

« Euh … Eh bien, hm … »

Première réponse paniquée, typique des interrogations du genre. Il eut le bon sens de se rendre compte de sa propre hésitation, et de réaliser aussitôt combien il pouvait paraître malhabile, voire même pire, pour un futur soldat : manquant d’assurance. Il s’éclaircit la gorge, et s’efforça d’ignorer son palpitant qui se sentait pousser des ailes de hard-rocker.

« Dans l’immédiat, je ne pense pas pouvoir vous servir à grand-chose, à vrai dire ... »

Dans son esprit, cette déclaration était dite sur un ton théâtral, et suivie d’une démonstration dans une parfaite rhétorique, qui parvenait, mieux encore qu’à l’effacer, à sublimer la première surprise. Malheureusement, ses talents oratoires étaient repartis se terrer dans ses chaussettes dès son premier coup d’oeil à l’intimidante Ombre. Tant pis, il s’était lancé, alors …

« Enfin, je veux dire que je ne sais encore rien faire. J’ai lu beaucoup de choses au sujet de la manipulation du chakra et du combat, mais c’est seulement de la théorie. C’est parce que j’ai été élevé dans un monastère, avec des mœurs un peu atypiques pour des religieux, certes, mais où la violence, et même l’entraînement au combat, n’étaient pas permis. C’est pour ça que … Enfin, vous comprenez. Du coup, voilà … »

Et voilà que sa voix allait se perde avec son talent oratoire, au fin fond de ses talons. Diable, il n’aurait su dire si c’était la combinaison intégrale ou le masque qui faisaient le plus peur. Comme bien souvent dans ces cas-là, c’était sans doute un mélange des deux. Mais tudieu, il en imposait ce Mizukage.

« En tout cas je suis bon élève, et je ne demande qu’à apprendre. J’avais dans l’idée de prendre conseil auprès des meilleurs, qui voudraient bien d’un novice comme moi en guise d’apprenti. Je ne veux surtout pas déranger l’élite de Kiri dans sa besogne, que j’imagine très pénible, bien sûr … Non pas que je pense qu’il soit pénible d’être un soldat ! Mais, euh, je voulais dire que … Enfin, vous m’avez compris, non ? Je voulais dire que c’était le travail en lui-même qui était pénible. Mais je ne suis pas paresseux pour un sou ! C’est simplement … Euh … Que … »

A mesure que la panique s’était imprimée dans ses paroles, ses mains s’étaient mises à s’agiter en tous sens, comme pour essayer de rattraper le fil perdu de ses pensées qui devait bien flotter quelque part par là, dans l’air. Il laissa retomber ses bras, avec lassitude, et poussa un léger soupir.

« Je crois que je vais me taire maintenant, ça vaut mieux ... »

Ca pour une catastrophe, c’en était une. Après tout, si excellente que fût son éducation, elle était restée très théorique, et cantonnée à cet enclos monastique qui l’avait vu grandir. Se confronter au monde, et à ses personnalités, c’était un excellent exercice pour se faire déflorer la candeur.

Il attendit donc en silence, que Nobuatsu Saji veuille bien le dépuceler.

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Dim 27 Juin 2021 - 22:33
Après avoir lu attentivement la lettre de recommandation remise par la jeune recrue, le chef du village ne doutait pas de la véracité de ces moines qui avaient semble-t-il la certitude que cet individu était digne de travailler au service de la Brume. Pour autant, le Nobuatsu n’était pas de ceux qui se reposait uniquement sur des mots ou des paroles de personnes qu’il n’avait jamais eu de visu, ou qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Son interlocuteur semblait bien candide pour s’enrôler ainsi dans les rangs d’un village militaire où l’on imposait une certaine discipline et qui portait toujours cette image de guerriers sanguinaires. Pourtant, ils avaient eux-même des temples au sein du village, et un de leurs plus grands ninjas avait adopté un mode de vie religieux à défaut de monastique, et continuait à le faire tout en développant une unité spéciale afin d’aider Kiri à répondre un besoin d’améliorer la formation de ses médecins ninjas. Face au regard quelque peu désorienté du genin à sa première question, le Nobuatsu se montra patient et continua de le dévisager tandis qu’il réfléchissait à l’élaboration d’une réponse suffisamment convaincante pour se faire accepter dans les rangs de la Brume.

On pouvait dire que ses premières paroles étaient loin de faire leur effet sur l’Ombre du village, qui plutôt que de commenter se contenta de rester silencieux et laissa son interlocuteur poursuivre son monologue qui perdait de plus en plus d’assurance à mesure que le moine tentait de justifier son utilité. Il parlait d’avoir des notions en matière de combat et de chakra, de vouloir apprendre à perfectionner ses techniques, même s’il avait encore une manière très maladroite de parler de ses motivations. Ainsi un long silence s’installa entre les deux tandis que le Nobuatsu pesait le pour et le contre: il n’avait pas affaire au plus éloquent des orateurs, mais ce n’est pas ce qu’ils cherchaient chez un shinobi de la Brume… Il leur fallait des individus aussi loyaux que compétents, des ninjas capables de protéger les civils et de servir leur patrie qu’importe la difficulté et le danger qui leur est présenté. Enfin, l’homme en noir ne bougea pas de son siège, relisant les lettres qu’il avait dans la main avant de les replier. Il leva sa tête vers le dénommé Seito pour lui demander:

D’accord. Et bien on va voir ça.

Il se décolla finalement de son fauteuil pour l’inviter à le suivre à l’étage supérieur, où il accéda à une terrasse offrant une vue imprenable sur les toits du village de la Brume. En contrebas, on pouvait voir les habitants circuler et vaquer à leurs occupations quotidiennes. Le Nobuatsu avait l’habitude de se rendre ici pour se changer l’esprit et s’offrir un moment de répit de toute la paperasse. Le vent était un peu plus fort en hauteur, et la moindre chute depuis le haut du toit était probablement mortelle. Il y avait suffisamment d’espace là-haut pour y tenir une grande réception d’une cinquantaine de personnes, même si le Nobuatsu préférait garder cet endroit pour être tranquille et isolé du tumulte habituel.

Je veux que tu cours jusqu’à la porte principale puis que tu reviennes, en moins de deux minutes. T’en sens-tu capable? Non oublie, fais-le c’est tout.

Cette course contre la montre avait pour but de tester si le genin avait les capacités athlétiques et la maîtrise de chakra nécessaires à se prétendre véritable ninja. Après tout, la marche sur les arbres était considérée comme une technique basique, un exercice démontrant qu’il avait passé un cap élémentaire de contrôle du chakra, tandis que sa vitesse de course indiquerait qu’il pouvait se déplacer d’un point à un autre sans difficulté, comme cela est souvent le cas lors des missions, où l’on traverse notamment des forêts, des villes, des lieux escarpés, etc.


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Seito
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Mar 17 Aoû 2021 - 18:53

Moment de blanc. Seito restait bouche bée, comme une carpe hors de l’eau.

« En moins de … deux minutes ? »

C’était peu. Très peu. Trop peu ? Oui, ça c’était certain. Et à peine cette pensée lui traversait-elle l’esprit, à peine les premiers plans de vol commençaient-ils à s’échafauder dans son cerveau qu’une idée plus forte que les autres s’imposait à lui : il perdait déjà du temps. Et le moment n’était pas à la cogitation, mais à la course, pure, dure, bête et méchante. Il tourna les talons, et quitta le bureau d’un pas aussi vif que possible tout en restant décent : il n’allait tout de même pas se mettre à courir devant le Mizukage comme devant le premier des pécores.

Par contre, une fois dans le couloir, il activa sa chevilles, et sérieusement. Il se mit à courir comme un dératé vers la sortie du Palais. Mais là, que ferait-il ? Il se rappelait le chemin pour atteindre les portes du village, mais la distance lui paraissait astronomiquement trop élevée pour ne faire ne serait-ce que l’aller en moins de deux minutes. Sans compter que …

A peine sorti en pleine lumière – combien de temps avait-il pris pour quitter le Palais ? - il se rendit compte de l’horreur : les artères du village bouchées par le trafic des marchands de toutes sortes et des badauds qui faisaient fleurir leur commerce. Impossible de courir comme il faut dans une telle tourbe, même en poussant tout le monde d’un coup d’épaule.

D’instinct, il connaissait la solution. Mais comment ? Il ne l’avait jamais fait. Tout ce qu’il en savait, c’était la théorie. Etait-ce le moment de s’y risquer ?

Si ce n’était pas maintenant, ça serait jamais.

Il prit ses appuis, et fit le bond le plus prodigieux de son existence …

Avant de retomber sur ses pattes deux mètres plus loin.

« Diable ! »

Un miracle aurait été parfaitement approprié, mais c’était sans doute en demander un peu trop au destin. A nouveau, il prit ses appuis, et essaya de mobiliser cette force silencieuse à laquelle il était resté indifférent jusque-là. Son chakra … A quoi ressemblait-il ? Comment pouvait-il se le représenter ? La première image qui lui vint à l’esprit fut celle de son sang. Il se figurait son chakra comme quelque chose qui parcourait son corps. Une force mystique, simplement, qui n’utilisait pas ses veines comme autant de véhicules et qui faisait fleurir en lui une myriade de capacités qu’il ne soupçonnait pas. Un flot, une rivière …

Il sentit le vent lui caresser la peau, et un instant plus tard manqua de peu de tomber le cul sur les tuiles. Du pavé, il était passé aux toits en un simple bond. Et quel bond … Il devait représenter quelque chose de plus important qu’un simple bond dans la course contre la montre dans laquelle l’Ombre l’avait lancé.

Mais il était trop tôt pour s’en réjouir, encore. Il fallait courir, à présent. Plus vite que le vent. Il lui sembla que ses foulées étaient plus grandes que de coutume, que la distance qu’il avalait, d’un toit à l’autre, était anormale. Manipulait-il inconsciemment son chakra de façon à se propulser ? Peut être. Si c’était le cas, c’était en tout cas un acte aussi hasardeux que naïf, car, à plusieurs reprises, il faillit perdre ses appuis en glissant sur une tuile. Son coeur battait un peu plus vite à chaque piège mortel qu’il évitait. Et sa respiration commençait à se faire haletante … Tiendrait-il seulement le coup pour faire l’aller-retour ?

Il arriva aux portes en sautant d’un toit. C’était stupide : il se rattrapa en tombant sur une pile de caisses qui crevèrent sous son poids. Fort heureusement, elles étaient vides. Mais il ne manqua pas de s’attirer les cris des gardes proches. Et puis, il s’égratigna violemment en roulant sur le sol poussiéreux. Un goût de fer lui indiquait que ses lèvres saignaient. Mais il n’avait pas le temps de s’attarder sur ce détail. Il ne savait pas les secondes qui restaient à son chronomètre. Peut être avait-il déjà épuisé tout son temps ? Tout son corps lui criait de rester là, à terre, et de se reposer. Ses poumons étaient en feu.

Mais quelque chose qui devait ressembler à de la détermination prit alors le dessus. Dans un effort motivé par cette force, il se mit sur ses genoux et repartit en sens inverse, ignorant superbement les soldats qui s’approchaient de lui ainsi que les passants qui s’inquiétaient de son sort ou du leur, à voir un individu au comportement si étrange.

Ses premières foulées après sa chute furent en boitillant. Sa cheville lui faisait affreusement mal. Pourtant, il se gavait à nouveau des mètres, mais sur le pavé, cette fois. Quelque chose lui disait que s’il s’essayait à répéter l’exploit de son bond prodigieux, il ne ferait qu’accroître les dommages qu’il avait déjà subis. Il fallait garder cet ultime atout, mais périlleux au possible, pour le dernier recours.

Le sang battant à ses tempes lui faisait oublier le temps. L’adrénaline brouillait sa perception. Les secondes auraient pu être des minutes, des heures. Il lui paraissait qu’il allait vite, mais à chaque fois qu’il pensait ça, il se rappelait de la fraction d’instant que représentaient deux pauvres minutes, et se disait que son sablier était vide depuis longtemps déjà.

Le Palais se profilait. Et avec lui, le barrage des marchands. A nouveau, le choix s’imposait. Mais cette fois, il était plus périlleux encore. Seito prit son élan …

Le bruit de trois petits coups frappés à la porte du bureau du Mizukage résonna comme celui des tambours de guerre à ses oreilles. Le visage déchiré de trois rus de sang, son vêtement déchiré par endroits et couvert de poussière là où le tissu était intact, il avait sans doute l’air d’un pauvre bougre. Et puis, il y avait aussi sa fatigue qui troublait sa vision et lui donner une nausée terrible. S’il arrivait à ne pas vomir sur les chausses de l’Ombre, ce serait sans doute un miracle digne des annales …

Pour le reste, il s’en remettait au destin et, plus encore, à la clémence du Nobuatsu. Car, pour ce qui était de son temps, il ne pouvait que deviner qu’il l’avait dépassé.

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