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Requête d'un vieux Suzuri

Suzuri Kyouu
Suzuri Kyouu

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Dim 8 Nov 2020 - 2:19
Un vent frais balayait les rues paisibles de Kumogakure qui s’érigeait fabuleusement sous la voûte gris pâle habillée de nuages épars, tant que la cité avait l’allure d’un hameau hors de toute crise. Régnait un sentiment de plénitude, une vague impression que tout allait bien, que la tempête était passée. Toute la population était pourtant à la manœuvre. Pour cause, le travail foisonnait comme dans une colonie de fourmis depuis que la cité des sciences avait retrouvé sa liberté, et qu’elle œuvrait à se reconstruire pour rabibocher ses murs et retrouver sa splendeur d’antan ; une beauté que leurs envahisseurs avaient écorchée, mais dont la population s’était emparée afin de se refaire une touche de modernité à la faveur d’une réorganisation totale. En cela, le Raïkage, appuyé par d’éminents alliés telle que pouvait l’être la Directrice de la Forge, rebâtie pour la plus grande fierté des kumojins dès lors relancés dans la course à l’économie mondiale, avait été un élément fédérateur ; multipliant les édits et les réformes, Meikyû Raizen avec dévouement redonna aux siens le droit d’y croire. D’espérer que tout s’arrange. De rêver d’une renaissance prospère.

La Grande Bibliothèque, à ce sujet, fit partie des points abordés par la nouvelle politique du chef de guerre, au grand bonheur des Suzuri ; et pourtant, bien que le monument eût été considéré comme un des points d’orgue de cette résurrection, cette attention particulière suscita paradoxalement chez les amoureux du silence certaines suspicions. Il était presque inutile de rappeler à quel point le clan des encreurs pouvait être reclus et à quel point il gardait jalousement ses secrets depuis que Kumogakure était Kumogakure, et même avant cela. Ce n’était pas de gaieté de cœurs qu’ils avaient appris à partager leurs savoirs. Ces ascètes, épousant presque un mode de vie monastique entouré d’ombres, avaient depuis des décennies appris à préserver ce qui faisait leur identité. Ils avaient fait cela avant que tout ne change pour eux, dans la Shitaderu qui s’était éteinte, avant que la Cité des Sciences ne devienne un village combattant. Avant que tous les autres n’arrivent. Avant que les autres n’empiètent trop près de leurs jardins interdits.

Des jardins interdits qui continuaient de jeter des ombres quant à ce qu’il pouvait se passer réellement à l’intérieur de ces récifs cabalistiques qui montaient autour de Kumogakure tel des épines dorsales géantes se dressant vers les cieux : des montagnes dans lesquels disparaissait le village de la foudre. Des montagnes qui protégeaient l’histoire de nombreux hommes qui n’avaient pas encore tout dit. En réalité, si renaissante pouvait-elle être, la cité des sciences portait encore en elle de lourds fardeaux hérités du passé.

Un passé que Suzuri Kyouu ne connaissait que trop bien.

« Toujours la même morosité dans mes vieux jours… oh, je regrette ma fougue d’antan… »


Ses yeux tutoyèrent ceux de son disciple, occupé à recopier des textes sacrés traitant du Culte d’Isonade : le travail consistait à reproduire fidèlement le texte, au moindre trait. Nulle erreur n’était possible pour les artistes de l’encre ; la moindre tâche signifiait d’immenses failles de concentration, et ne correspondait pas aux valeurs des Suzuri. Il fallait écrire avec une dévotion ascétique ; dans un silence religieux, il fallait continuer d’apprendre tout en développant la technique parfaite. Là était l’unique solution du progrès. L’étude était le cœur de la science.

Et la science était sa raison d’être.

Il continua de toiser son apprenti qui avait cessé d’écrire pour rendre à son maître cet œil inquisiteur. Le gamin tenta par prétention de sonder à l’intérieur de lui, mais en vain. Kyouu le dépassait encore de loin, c’était une armoire vieille de mille ans qu’on avait barricadé de cadenas. Il était inaccessible, presque inébranlable. Malgré tout, il ne fallut pas sur cet instant être capable de connaître les idées qui tapissaient le fond de l’esprit de Kyouu pour comprendre que ce regard insistant avait un quelque chose d’intentionnel.

« Tu n’es pas concentré. Cesse donc l’exercice. Tu vas me rendre un service.
- Je suis votre obligé, Maître. »



***

Quelques temps plus tard, le gamin revint au bercail. Il passa, au fond de la Grand Bibliothèque, une porte secrète qui menait aux coulisses de Suzuri Kyouu ; un des endroits défendus du clan des amoureux du secret.

Derrière lui, le Grand Général de la Foudre.

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Meikyû Raizen
Meikyû Raizen

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Lun 9 Nov 2020 - 5:23

Le rôle d’ombre et de corbeau était relativement particulier. Apprenant chaque jours les différents angles et aléas qui influençaient plus ou moins ses fonctions, Raizen demeurait fortement comblé par la chance et la confiance qui lui était confié. Lui permettant dès lors de découvrir les différentes facettes qu’il n’avait jadis pas pris avec autant de considération, le Meikyû ne pouvait s’empêcher d’être très heureux de savoir que sa présence avait un impact quelconque. Par contre, il était encore beaucoup trop tôt pour les réjouissances. Au contraire, il semblait y avoir encore de nombreux éléments à réaliser et à accomplir avant qu’il ne puisse être un minimum satisfait. Après tout, fallait-il se contenter de la croissance et de l’évolution quitte à se réjouir des petites victoires ou maintenir cette soif d’aller plus loin et de permettre à la fleur de fleurir jusqu’à attendre son paroxysme, une douce illusion qui était aussi loin, mais pourtant proche…

Quoiqu’il en soit, la réponse de Raizen demeurait la même : faire son possible. Qu’il savoure de temps à autre la victoire, le progrès et l’avancement importaient peu pour le Meikyû qui ne vivait que pour une chose : apprendre.

Ainsi, quoi de mieux que de visiter la bibliothèque. Ayant certains éléments à régler au regard du rôle qu’il désirait voir Anzu entreprendre, il se demandait si celle-ci saurait passer le test qui allait lui être confié. Or, avant toute chose, il était primordial pour lui de discuter avec ceux-ci afin de confirmer ce qu’il pensait.

Lors du passé, les Suzuris étaient plus ou moins le premier clan avec lequel il avait pu réellement tissé des loins. Imprésionnés par leur savoir et la littérature, le côté inné pour l’éducation et l’apprentissage avaient été fortement comblé par la richesse de leurs ressources. Toutefois, un peu comme plusieurs, ceux-ci avaient tendance à rester dans l’ombre, une facette beaucoup trop cachée pou rles nombreuses qualités qu’ils avaient à offrir à Kumo, mais aussi au Yuukan.

Ainsi, s’il ne résidait aucun pilier réel avec qui il avait le moindre contact ou la moindre relation suite à la disparition de Suzuri Takara, ce n’était pas pour autant qu’il comptait abandonner le développement des relations avec ceux-ci.

Ayant notamment discuté à quelques reprises avec Suzuri Takeshi, c’était notamment cet homme qu’il s’apprêtait à visiter afin qu’il ne soit interpellé par un jeune homme sur son trajet. Se faisant convoqué, par un dénommé Suzuri Kyouu, était-ce une coincidence ou simplement l’ordre naturel des choses qui forçaient les différents esprits à s’Unir pour se rencontrer.

Trouvant cela relativement intéressé d’être le convoqué au lieu de faire venir les gens à lui, Raizen n’aurait eu aucun mal à se déplacer même s’il n’était pas en route vers la Grande Bibliothèque. Après tout, il n’avait aucun intérêt réel à décliner une invitation, surtout pas lorsqu’il pouvait y voir une première réelle tentative d’ouverture qu’il n’initiait pas de sa propre main.

Ainsi, il se présenta en compagnie du gamin , parcourant la Grande Bibliothèque jusqu’à se rendre vers ce qui servait d’habitat pou rle Suzuri.

Appréciant par le fait même les nombreux mystères que préservaient la bibliothèque dans son architecture qu’à travers ses secrets, il s’y sentait là chez lui, lieu dans lequel il avait passé beaucoup trop de temps pour renier du jour au lendemain.

La science étant le remède de tout mal, elle était aussi la source de plusieurs maux. Son contraste faisant d,elle une source aussi particulière qu’intéressante, c’était la raison même pour laquelle Raizen vibrait sur la même longueur d’onde que celle-ci.

-Suzuri-san, ravi de vous revoir. J’étais justement en route pour visiter Maître Takeshi lorsqu’un gamin m’a interpellé.

Souriant tandis qu’il observait l’homme d’un regard quasi malicieux, le regard du corbeau était aussi vif qu’attentif. Déployant ainsi un charisme quasi sourd, les plus observateurs pouvaient aisément voir que Raizen posait un regard inquisiteur sur l’homme en question. Après tout, bien qu’il maintenait tout le respect qu’il lui devait, il ne pouvait cacher ou prétendre que cette rencontre était anodine.

-Que me vaut la convocation d’un des illustre gardiens du savoir ?

Accordant un respect très important à ses ainés, à titre de messager, mais aussi d’héritier, il savait admirer et respecter le passé, surtout que bien souvent, le présent et le futur pouvaient nettement bénéficier de ce qu’il avait à dire. Ainsi, pour quelqu’un comme Suzuri Kyouu qui avait un passé fort probablement plus lourd que son présent et son futur, il était primordial pour lui de témoigner tout son respect face à cela, quel que soit son poste.

Ne changeant jamais, l’ombre était présente et à l’écoute, n’attendant qu’une seule et unique chose : connaître la source des pensées de cet homme pour savoir de quelle manière il pouvait orchestrer certaines ficelles pour aider un des mécanismes clé du village.

Anodin ou non, Raizen faisait ce qu’il savait faire de mieux. S’il était connu pour parler, aujourd’hui, il était prêt à écouter.

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Suzuri Kyouu
Suzuri Kyouu

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Lun 9 Nov 2020 - 8:59
La lourde porte du fond de la Grande Bibliothèque s’ouvrit dans un grincement tendre, presque paradoxal étant donné la masse de la paroi qui séparait une sorte de tunnel secret des étagères emplies d’ouvrage. Le gamin qui escorta Raizen avait posé sa main sur un sceau qui empêchait l’accès à ceux qui ne maîtrisaient pas l’art de ce fuinjutsu gardé secret ; un fuinjutsu que l’on pouvait briser, mais qui exigeait toutefois une grande maîtrise.

La porte se referma derrière eux. Raizen et le quidam avancèrent dans ce couloir et passèrent un coude. Des flambeaux brûlaient en jetant des ombres sur les murs, comme s’il y avait là des esprits qui dansaient. Peut-être les fantômes d’un passé révolu.

Poursuivant leurs marches, ils arrivèrent dans une vaste pièce souterraine qui continuait de s’enfoncer presque dix mètres dans la montagne sur laquelle était bâtie la Grande Bibliothèque. Un escalier permettre de descendre vers le centre de celle-ci ; un autre, sur le mur d’en face qui se situait à plus de cinquante mètres, permettait de monter à des couchages qu’on avait installé sur de petites plateformes créées grâce à taillage de la pierre, juste sous l’escalier, dans la continuité de sa diagonale, comme si on avait échelonné la paroi pour en exploiter toute les strates, lui donnant une apparence semblable à celle des rizières avec des plateaux toutefois bien plus réduits, et plus hauts.

A plusieurs niveaux, des torches continuaient d’agiter des flammes illuminant cette enceinte fantasmagorique ; l’on remarquait, en s’y attardant, que des accès avaient été tracés en frappant la paroi pour atteindre ces lumières de feu à tout niveau. Ainsi, trois couloirs à trois niveaux différents permettaient d’accéder à toutes les hauteurs de la pièce. Au centre s’étalaient des rayons de savoir ; sur le mur de droite, un énorme parchemin avait été déroulé ; sur celui de gauche, un autre était en train d’être écrit dans ce qui ressemblait à un atelier de peintre. L’espace était vaste, très vaste ; et très bien agencé. On y flirtait avec toute la sagesse des Suzuri, qui pour certains avaient choisi d’élire domicile ici.

C’était le cas de Suzuri Kyouu, qui peignait des symboles pour composer un nouveau rouleau de parchemin afin d’y sceller des techniques, ce qui prenait un temps énorme et demandait une dévotion totale. Lorsque ses invités descendirent jusqu’à lui, il trempa son pinceau dans un petit verre d’eau pour le vider de son encre puis le posa sur un tissu étalé près de son espace de travail. S’étant arrêté de travailler, il répondît à son invité.

« Tout l’honneur est pour moi, Votre Excellence. Je ne suis que votre humble serviteur. Vous trouverez Maître Takeshi dans la Grande Bibliothèque. Cette pièce n’est malheureusement pas celle de ses favorites ; il en a choisi une autre, accessible depuis une autre porte scellée. Mais je vous en prie, je ne vous retiendrais pas longtemps. Je vous invite à me suivre, si vous le voulez bien. »

Il croisa ses mains dans son dos, courbé un peu vers l’avant. Son visage avait un quelque chose de très souriant, tant qu’on y lisait une certaine ruse. Il y avait sous ses vieux traits un jeune enfant qui vivait encore, et qui trouvait une poésie à ce monde. Il commença à marcher en prenant la route inverse.

« Vous savez, je ne suis qu’un serviteur. Tout ce je suis est dévoué à notre cité ; je ne suis rien, sinon ce que j’offre aux autres. Veuillez bien croire par là que tout ce que je m’apprête à vous dire va dans le sens de Kumogakure ; de notre précieuse Kumogakure. C’est pour honorer mon allégeance à celui qui guide et défend les nôtres que j’ai demandé à pouvoir vous rencontrer, de sorte que nous puissions aborder un sujet qui me préoccupe énormément : les Dieux. »

Il jeta devant lui des yeux pensifs. Il avait déjà longuement médité sur la chose, mais son regard trahissait certains scrupules. Kyouu ne disait pas, car il n’aimait pas tout dire. Il continua d’avancer en contournant une armoire dans laquelle était stockée des instruments secrets ; mais sans pouvoir les voir, on ne savait dire quoi. Il s’en dégageait pourtant une certaine aura, bien gardée derrière des chaînes elles-mêmes verrouillées par un papier sur lequel on avait apposé un sceau.

Encore un sceau.

« Je crois que nous pouvons envisager de grandes choses, Votre Excellence. Après tout, point n’est assez haute la montagne que nous devons franchir, pour peu que nos esprits soient trempés dans le fer de l’ambition. Nul n’ignore désormais quel genre d’entités nous serons amenés à côtoyer. Ainsi la foudre doit-elle envisager de s’abattre sur des monstres antiques que notre ennemi commun aspire à réveiller pièce par pièce, pour nous délester du bien qui est le nôtre : le chakra. Me voyez-vous venir ? »

En passant près d’une table, il laissa sa main traîner dessus comme s’il la caressait ; il se bloqua un instant en la scrutant. Il repensa à toutes les longues heures où il s’était assis à cet endroit, pour étudier tous les mystères de ce monde.

Puis il reprit sa marche, faisant résonner sa voix dans l’enceinte pour être entendu du Raikage toujours derrière lui.

« Les kumojins ont été capables, honorant leur pacte avec la Coalition, d’éteindre la puissance réveillée du Dieu du Désert. L’acte par lequel nous avons renvoyé aux frontières du vivant cette créature trahit une hypothèse que nous formulions avec doute, et qui se trouve vérifiée : les Dieux sont mortels, tout autant que les hommes. J’ignore comment la nouvelle a été prise dans le monde ; et pour ne rien vous cacher, je m’en moque. Toutefois, puisque nous avons réalisé l’impossible, il tombe à l’évidence… »

Ses yeux paraissaient s’arrêter sur chaque chose, comme si tout était à sa place. Il était curieux, et en même temps singulier. Mais pour exprimer ce qu’il avait au bout de la langue, il s’immobilisa, sans même se retourner. Son regard sonda les hauteurs.

« … que l’impossible est réalisable. L’Homme au Chapeau se prépare. Son ennemi n’est pas uniquement dressé sous les drapeaux de la Coalition : il est immatériel, il est en chacun de nous. Voilà qui m’intéresse. Raïkage-sama, si je puis me permettre d’avancer une opinion qui n’engage que mon modeste avis, j’aime à penser que le chakra dont on veut nous priver peut, et doit être protégé. A ce sujet, s’il est vrai que l’Homme au Chapeau attente aux Dieux pour nous priver de son essence, alors il nous reste une solution : frapper là où nous ne sommes pas attendus, au moment où nous ne serons plus attendus. »

Il remboîta le pas, passant derrière un rayon d’ouvrages scientifiques traitant d’anatomie. Au loin apparaissait déjà le plus grand parchemin de cette pièce : le titre au centre était rouge et cerné de motifs noirs, et des symboles dessinés eux aussi à l’encre noir.

De loin, on ne pouvait encore s’en rendre compte. Mais le titre de ce parchemin, qui figurait en haut, avait été écrit avec du sang.

« L’objectif que je vous propose est vaste, et pourrait exiger une dévotion absolue si l’on tend à le réaliser, mais je puis toutefois vous soumettre une suggestion ; quelque chose qui, peut-être, pourrait être dans nos cordes. »

Approchant de son objectif, il commença à ralentir.

« Transformer le chakra, de sorte qu’il ne dépende plus des Dieux. »

Sur cette révélation, il se figea devant la banderole. C’était une sorte de mathématique étrange, les symboles s’y mêlaient en vrac et paraissaient presque illisibles. Pourtant, lorsqu’on s’y attardait, on y trouvait certaines maximes. L’une d’entre elle évoquait le secret d’une longue vie : le désir d’en savoir plus sur ce monde permettait de vouloir encore le fréquenter. C’était là un des dogmes du clan Suzuri ; et Kyouu semblait l’avoir bien compris.

Il se retourna vers Raizen. Le gamin avait disparu. Ils n’étaient plus qu’eux deux dans ce vaste univers.

« N’y voyez-vous pas là une façon de se mettre à l’abri de notre ennemi ? Notre cité est le bastion du savoir ; et bien avant que Kumogakure naisse, nous étions réputés sous le nom de Shitaderu pour notre illumination. Une époque bien lointaine, où il n’y avait naguère que notre clan pour faire le prestige de ce village caché. Je crois que les enfants de la Foudre sont ceux qui peuvent transformer la face du monde. Je crois que nous pourrions, sous condition de nous y prendre assez tôt, mettre une cloche d’argent autour des murs de notre cité pour nous abriter de ce que prépare l’Homme au Chapeau ; dès lors, il ne s’attendra plus à ce que nous frappions, et c’est à cet instant où, sa vigilance endormie, nous pourrons lui asséner le coup fatal. Si toutefois ce dernier ne lui est pas porté avant. »

Il continua de parler, et pourtant ses yeux ne quittèrent pas à un seul instant ceux du Raikage. Il guettait sa réaction.

« Bien entendu, cette ambition exige rester secrète, Raïkage-sama : veuillez je vous en prie concevoir l’expression sincère de ma crainte si l’Homme au Chapeau apprenait ce que nous préparons, si d’aventure nos esprits se tendent vers les mêmes espoirs. La Coalition ne doit dès lors pas être informée, de risque que notre secret soit exporté et se dilate comme une bulle prête à éclater. Le vent des commérages irait contre nos voiles, et nous ne ferions alors que retarder l’échéance. En vérité, il nous faut songer à être les uniques survivants du fléau, si l’Homme au Chapeau réussit effectivement à faire disparaître le chakra de ceux qui le possèdent grâce aux Dieux. Egoïste, me direz-vous. Pragmatique, vous répondrais-je. »

C’étaient là des recommandations ; une manière de bien faire, selon lui. Mais la force des mots ne désemplissait pas dans sa bouche, qui après avoir marqué une courte pause poursuivit ses arguments.

« Quoique vous en pensiez, je ne reste que votre obligé. Je soumets cette idée à votre approbation, mais ne puis à votre place décider de sa concrétisation : seul celui qui gouverne sait ce qu’il faut pour son peuple. Je ne suis qu’un vieillard déjà presque enterré derrière les limbes des rayons de savoir ; un simple spectateur de la vie qui respire autour de moi, alors que je m’éteins bientôt. Mais il me reste à vous préciser une chose que je n’ai pas dite, et qui pourrait attiser votre curiosité : de vieilles rumeurs racontent qu’il existe un homme, à Matsu, qui aurait perdu la faculté de parler à avoir de trop près étudié les Dieux. Comme si on l’avait bâillonné pour empêcher qu’il ne trahisse certains secrets. »

Il eut un petit ricanement enfantin.

« Et si je puis vous faire une confidence, aucun langage ne m’est inconnu très longtemps. »

Confia-t-il, assuré.
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Meikyû Raizen
Meikyû Raizen

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Sam 14 Nov 2020 - 21:56

Impressionnée par la stature et le développement même de la bibliothèque, l’attention de Raizen à ses débuts était légèrement diffuse tandis que sa curiosité remplissait soudainement la totalité de ses pensées chaque fois qu’il entrait en ces lieux. Pourtant, un sujet important l’attendait, plus important qu’il ne l’aurait cru même.

Rencontrant ainsi Suzuri Kyouu qu’il suivait avec attention, pour une raison inconnue, son sourire l’apaisa, mais le mit indirectement sur ses gardes. Ayant pour nature de ne pas juger les gens par leur apparence, ce n’était pas pour autant que les iris de Raizen ne se baladaient pas en quête d’indices. Ainsi, alors que celui-ci parlait et s’introduisait calmement, les iris du corbeau naviguaient en quête de quelque chose d’étincelant sur lequel s’accrocher.

Or, Raizen n’eut aucun mal à trouver ce qu’il cherchait en ses paroles. Si aux premiers abords, les fioritures de titre et de cadre étaient de trop pour le Meikyû qui n’aimait pas se faire attribuer un titre ou être placé dans une case, il admirait tout de même la direction qu’empruntait le sage qui partageait son point de vue actuel sur le Yuukan et l’ennemi commun.

Lui donnant dès lors des signaux comme lesquels la sagesse de cet homme allait au-delà de sa connaissance, tous deux semblaient partager le même avis sur ce que représentait le chakra. Or, il ne s’attendait pas à se voir communiquer un objectif militaire lors de cette visite, surtout pas d’un homme aussi souriant.

Apprenant à voir au-delà des apparences, mais aussi au sein des différents axes de perception, Raizen était très attentif, sondant les paroles, l’apparence, mais aussi l’âme qui lui partageait quelques mots qui furent relativement marquants.

Observant par le fait même le fameux parchemin qui lui faisait étrangement penser aux écritures à base de fuinjutsu que le Saint-Père avait composés pour élaborer son premier Kinjutsu, plus Raizen y pensait et plus il réalisait à quel point la bibliothèque regorgeait d’encore plus de mystères qu’il le pensait.

Étant un réel théâtre en fuinjutsu, le clan Meikyû était certes réputé pour sa maîtrise du fuinjutsu. Toutefois, le clan Suzuri, aussi discret soit il était possiblement à des années-lumière quant aux autres aspects du fuinjutsu grâce à leur manipulation de l’encre assez avancée…

Puis, alors qu’il poursuivait sur une lignée des plus sinueuses, des aspects beaucoup plus sombres de son discours firent soudainement surface. Tentant ainsi de positionner de tels objectifs à l’abri de la Coalition pour militer à la survie et la préservation unique de Kumo dans un scénario utopiste, Raizen ne put s’empêcher d’avoir un léger sourire.

Réalisant par le fait même la vraie nature du caractère du Suzuri, il appréciait qu’il n’ait eu aucun mal à dévoiler sa part d’ombre sans qu’il n’ait eu à la forcer. Après tout,bien qu’il ne l’avait en aucun cas témoigné, de vives échos en provenance de son ancêtre de la gloutonnerie faisaient surface, comme si elle s’animait à un degré surdimensionné pour communiquer avec Raizen. Malheureusement, leur symbiose était limitée par l’empreinte d’Hachiman et du prince de la mort, le laissant ainsi seul face à cette discussion qui risquait d’être corsée.

-Les Kumojines est un bien grand mot. Sairyo Hiko, un dénommé Mitsuhide et un homme qui m’est inconnu ont d’un commun effort su se synchroniser pour interrompre la vie du Dieu du désert. Même si nous étions tous présents, 3 personnes et une tactique spécifique ont été nécessaires pour accomplir cela. Le reste, nous nous occupions d'un autre adversaire.

Rendant à César ce qui appartenait à César, Raizen désirait clarifier certains éléments d’entrée de jeu sur la puissance des Dieux, mais aussi les éléments qui avaient contribué à la disparition du Dieu du Désert et des possibles autres Dieux restants.

-Je tenais à le préciser sachant que cela démontre qu’en dehors du nombre, bien des choses sont réalisables s’il y a une cohésion adéquate, réaliste et que l'exécution y est bien déployée.

Souriant alors qu’elle allait en venir aux motifs de ce détour, il poursuivit :
-Ainsi, s’il est vrai que de ne penser qu’à nous dans la piste de transformer le chakra pour en ressortir comme les uniques vainqueurs serait intéressant et adéquat, dépendant les conditions et le climat qui s’installe avec la Coalition, je verrais s’il serait viable et plus adéquat de partager certains éléments au regard des possibles répercussions que cela peut avoir sachant que l’enjeu réel est notre survie collective.

N’étant pas un amant des secrets, Raizen savait toutefois qu’il y avait des éléments qu’il fallait garder à l’ombre jusqu’à ce que ce soit leur moment… il le savait à titre d'ombre et de messager.

-Toutefois, à titre d’ombre, je me porte garant de ce genre de décisions et d’arbitrages au regard de la vue d’ensemble que j’ai sur tout cela. Toutefois, vos conseils et votre point de vue à ce sujet sont excessivement appréciés et très enrichissants, quel que soit mon rôle ou votre rôle.

Poursuivant, il contribua de nouveau à la discussion après avoir remises les bases de la discussion sur un même pied d’égalité. Après tout, lorsque venait le temps de discuter du futur, tous étaient plus ou moins sur un pied d’égalité. Seules l’ingéniosité et la maximisation du bien-être de la nation prenaient le dessus accompagné du contexte. Ainsi quelle que soit la provenance de l’idée, Raizen n’avait aucune prétention à la mettre de côté en fonction de sa provenance sachant qu’il valorisait surtout et avant tout ce qui pouvait amener du changement positif.

-Je suis toutefois du même avis que comprendre la résonance et la manière dont elle a influencé notre chakra nous permettra possiblement d’inventer un moyen qui nous permettra de nous prémunir d’une nouvelle résonance moyennant la réussite de ses études. C’est notamment pour cela qu’il est primordial d’étudier les assimilateurs qui ont eu et été beaucoup plus frappé par la résonance que les autres.

Nuançant certains de ses propos, il ajouta :

-Bien que ses études servent surtout à nous assurer qu’ils soient bien dans leur peau au regard des changements que leur esprit et leur âme ont possiblement subis, en comprendre les effets est une priorité tout aussi importante, que l’impact soit mental, physique ou même psychique.

Étayant ainsi la science de sa réflexion sur le sujet et les motifs derrière la mise en perspective de tels enjeux, Suzuri Kyouu comme plusieurs confirmait un nouvel angle au positionnement qu’ils avaient par rapport à l’homme au chapeau.

-Si nous sommes réellement honnêtes, avec ou sans chakra, la nature humaine , que les gens soient d’anciens shinobis ou non trouvera toujours une manière de développer des armements quelconques permettant d’initier de nouveau certains conflits. La vision de l’homme au chapeau de mettre tout le monde sur un même pied d’égalité vise simplement à diminuer le conflit sur son envergure. Or, bien que le chakra soit une entéléchie puissante à part entière et injuste, car tous n’ont pas été dotés de celle-ci, la supprimer ne fera que faire ressortir d’autres axes d’injustices, sur lesquels, sincèrement, nous serions en grande avance au regard de nos avancés scientifique et de notre monopole sur la production d’armements grâce à nos forges…Autrement, la richesse, l’influence et le pouvoir représentant des variables modérées pour le moment prendront plus d’ampleur, remplaçant très rapidement le chakra pour créer un monde encore plus conflictuel et dangereux que c’est le cas en ce moment.


Se permettant de partager certains axes de réflexion très stratégique dont peu de gens comprenaient, Raizen laissait aller sa pensée créative et stratégique :

-Or, même si nous étions en mesure de protéger tous les kumojines d’une perte de chakra et que nous décidions de ne pas partager le tout, je ne suis pas certain que ce serait sage étant donné que rien ne nous indique que certains ne succomberont pas d’une seconde résonance sans protection tout comme cela voudrait possiblement dire que nous deviendrions une force suprême sur le Yuukan, un peu comme le rôle d’un arbitre ou ...d’un Empire…

Libérant ses pensées avec une nonchalance et un intérêt contradictoire, on pouvait nettement voir qu’il maintenait un pied d’égalité avec le dénommé Kyouu, se demandant ainsi quelle serait sa réflexion à cet égard.

-Le tout pourrait très bien faire nous transformer en cible de choix et faire de nous le centre d'un objectif commun visant à l’extermination des derniers shinobis, qui malgré leur puissance réduite, nous transformerait en paria. Ce ne serait donc qu’une question de temps avant d’être dominé ou de dominer, ce qui n’est pas forcément la meilleure solution si nous gardons le progrès commun en tête comme objectif principal…

Soupirant, il décida de clore temporairement ce chapitre :

-Tout dépendra au final du comportement de la collectivité. Or, jusqu’à ce que ce soit nécessaire et dépendant l’atmosphère dans laquelle nous serons, je ne partagerais pas l’idée si elle risque de faire échouer sa réalisation par soucis pour la collectivité et Kumo.

Évidemment, ses paroles pouvaient sembler floues et absentes de clarté. Pourtant, il était clair pour Raizen qu’il allait attendre de jauger la situation et la viabilité de la Coalition pour mettre sur la table certaines pistes si elles se révélaient plus que fructueuses, ni plus ni moins. Ainsi, il n’était pas malhonnête, il voulait tout de même voir les prémisses d’une réussite pour bâtir sur du solide et non du vent.

-Toutefois, soyez rassuré, je vois généralement au-delà des perceptions ce qui me permet de supposer que vous êtes bien plus qu’un simple vieillard déjà presque enterré derrière les limbes des rayons de savoir… Autrement, nous ne nous parlerions pas en ce moment. Le corps peut vieillir, mais l’essence même du potentiel et de l’évolution n’a pourtant pas d’âge et l’information que vous me partagez en est la preuve.

Très curieux sur la présence d’un tel homme à Matsu, Raizen ne serait pas surpris qu’une telle personne ait été victime d’un scellement quelconque ou d’un sceau divergeant son système de communication. Au regard des nombreux fanatiques, ceux-ci auraient possiblement pu tenter de le faire taire, qui sait… Qui plus est, la situation lui disait vaguement quelque chose, comme s’il avait possiblement lu un rapport sur un homme particulier à Matsu en provenance de la paperasse de Kumo d'avant la conquête.

-Si je puis me permettre, les émissaires du savoir ne sont généralement pas bien loin des émissaires des rumeurs voire même des secrets. Par quelle voie avez-vous entendu parler d’un tel sujet ?

Se remémorant quelques rapports qui annonçaient des demandes de sécurisation à Matsu dans une région de la forêt, se pouvait-il que ce soit corrélé ? Qui sait. Dans tous les cas, l’idée et le phénomène même que représentait cette opportunité ne semblaient pas être quelque chose qu’il pouvait positionner de manière anodine. Toutefois, avant toute chose, il devait confirmer le motif ou plutôt la provenance d’une telle information pour en évaluer le degré de risque…

-Avez-vous d’autres informations sur ce sujet et diriez-vous que vous êtes suffisamment apte à décrypter des langages au point de braver les écritures du Saint-Père ?

Faisant apparaître la copie du livre qui représentait les écritures au sujet du Kinjutsu du scellement, Raizen avait fait cela principalement pour tester la moindre réaction. Après tout, sa confiance bien que subtile semblait quasi impénétrable, surtout en fin de monologue comme si ses aptitudes étaient un acquis connu de tous.

Quoiqu’il en soit, Raizen demeurait attentif, absorbant la moindre information qui pourrait orienter sa décision ou non d’envoyer des hommes à la recherche de la fameuse personne en question afin d’en apprendre davantage sur les dieux, mais aussi s’assurer qu’il était intégré à la société au regard de sa différence. Bien que les autres conseils du Suzuri étaient intéressants, l'heure de devenir conservateur n'était pas idéal. Or, il comptait sécuriser les facteurs de succès pour Kumo, car si le pragmatisme était utile, il n'était pas toujours la réalité absolue. Ainsi, si Suzuri Kyouu avait de bons conseils, Raizen comptait faire ce qu'il faisait de mieux : être l'ombre qui orchestrait les mouvements visant à l'épanouissement de la lumière du potentiel que représentait Kumo, mais aussi le Yuukan dans cet univers.

Devant l'échiquier, plusieurs semblaient aussi oublier que rien ne portait à croire que l'homme au chapeau ne conserverait pas son chakra... Le cas échéant, si Kumo était les seuls à s'en sortir par égoisme et devaient affronter l'homme au chapeau et ses troupes, l'échec du Yuukan reposerait sur leur égoisme, ni plus ni moins... Ainsi, il était important de penser aux nombreuses subtilités même lorsque la tentation pouvait nous diriger dans une direction semblant magnifique... Il fallait donc voir au-delà des façades et par conséquent, voir au-delà des perceptions...

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Suzuri Kyouu
Suzuri Kyouu

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Ven 25 Déc 2020 - 15:24
Le visage de Kyouu se figea dans l’attitude d’une réflexion muette, mais à le voir on pouvait aisément concevoir que son cortex vibrait d’une intensité folle d’introspection. Le Suzuri voyagea à l’intérieur de son propre esprit, sonda les parties les plus enfouies de sa mémoire, esquiva les déboires de naguère et se focalisa sur ce qu’il avait appris, piocha dans les bribes de nostalgie les pièces détachées des plus pertinents souvenirs. Autour de lui, le chakra se mit à se dissoudre dans l’air tel une vapeur diffuse s’échappant d’un point d’eau en ébullition. Comme pour mieux méditer, le sage ferma les paupières et s’enfonça toujours plus loin sur les sentiers perdus de la connaissance : il plongea dans un univers tellement vaste et magnétique qu’il sut, en s’y évadant, qu’il risquait d’y perdre sa raison.

Il vola ainsi des dizaines d’années en arrière. Sur le chemin de sa mémoire, il retrouva les noms anciens, ceux des premiers Nara, des premiers Metaru venus s’installer à Shitaderu ; ceux des plus vieux Suzuri qu’il avait vu s’étendre naturellement, emportés par le temps ou par la maladie, et dont il avait hérité tout un sac lesté de savoirs cachés qu’il avait la responsabilité de conserver et de porter sur ses épaules étiolées par l’âge. Combien de secrets avait-il gardé pour lui ? Trop pour un seul homme. Il sentît, en s’éclipsant de sa réalité mortelle, qu’il était toujours plus inexorablement par l’idée de vivre dans cette mémoire : il s’y sentait si bien qu’il n’appréciait guère d’en ressortir.

Son âme s’attarda sur le visage de sa bien-aimée qu’il revit dans ce songe, ses lèvres douces et souriantes, son nez retroussé se pliant sous les courbures positives d’un éclat de joie qui le ramena aux heures les plus candides de sa vie ; malgré son teint maladif, elle rayonnait comme le jour. Il y traîna un instant, flâna en déposant ses fragiles mains sur sa nuque avant de déposer un baiser sur son front. Rien ne l’obligeait à quitter cet endroit.

Rien, sinon le sens du devoir. Deux sanglots roulèrent sur ses joues. Il vit, derrière elle, la réponse à ses questions. Aussitôt, son esprit fut aspiré par un vortex terrible, avalé tout entier et broyé par la torture d’un pénible retour à la réalité.

Il rouvrit des yeux mouillés par les larmes qui s’étaient écoulées dans ses pensées. Le Raikage lui faisait face. Ils avaient évoqué ensemble des choses bien sérieuses : mais cette réalité était-elle seulement aussi séduisante que son évasion spirituelle, dans le berceau des souvenirs candides ?

« Je le puis, Yondaime-sama. Les écritures du Saint-Père sont certes encore un secret pour moi, mais bien des énigmes ont affronté mon esprit. J’ai toujours su les faire céder. Toutefois, je ne puis négliger les efforts que demanderait un tel effort de déduction. Voyez-vous, chaque décryptage vole un peu de notre âme et aspire un morceau de ce qu’il reste de notre énergie vitale. Inutile de vous décrire à quel point cela pourrait m’être fatal. »

Le paysage de la connaissance avait un coût pour quiconque s’y enfonçait avec profondeur : et certains ne revenaient jamais des périples qu’ils entreprenaient. A avoir trop marché sur les récifs de toutes ces énigmes, le Suzuri se savait désormais guetté par la promesse d’une mort probable.

« Mais il faut bien mourir de quelque chose, n’est-il pas ? »

Il annonça cela avec une sorte d’ironie : il offrait sa mort entre les mains de son Kage pour un important décryptage, mais cela lui déplaisait-il vraiment ? La façon qu’il en avait d’en sourire dénotait d’une certaine distance avec la notion d’existence : avec la vieillesse qui était la sienne, il côtoyait la mort de si près qu’il était prêt à l’accepter sans se débattre. Comme il manquait de le faire à travers chacune de ses méditations.

Il marcha encore un peu, sonda autour de lui le prestige de cette pièce cachée. Une dizaine de Suzuri étaient là : Raizen put les sentir, un par un. Des jeunes et des vieux, des femmes et des hommes. Cette petite population de troglodytes était hétéroclite, mais tous paraissaient se délecter d’une lecture ou d’un tableau.

Il revint sur le sujet principal.

« L’homme dont je vous parle et qui se terre à Matsu était autrefois un ami très proche. J’ai eu vent, naguère, qu’un certain Inuzuka Shoda était à sa poursuite. Mais Shoda est mort en voulant le retrouver. D’autres Kumojins, enquêtant sur le trépas de cet Inuzuka, ont pisté et trouvé l’homme de ma convoitise sur une île proche de Matsu ; ils l’ont ramené sur le continent, avant de le laisser sur place. C’est là une grossière erreur. J’ai besoin de redonner à cet homme sa faculté de parole. »

A l’intérieur, son coeur se mît à battre la chamade.

« Il ne se laissera sans doute pas faire, car il a perdu beaucoup de ses notions de civilité. Il est devenu primitif. Mais je puis vous assurer que si c’est celui auquel je pense, alors il se pourrait bien qu’il nous apporte quelque chose d’exceptionnel en ce qui concerne notre étude des Dieux. Allons, Raikage-sama… acceptez-vous ma requête ? »


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Meikyû Raizen
Meikyû Raizen

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Sam 26 Déc 2020 - 7:27

Patient, Raizen observait le vieil homme alors que celui-ci semblait s’être plus ou moins égaré dans ses pensées. Appréciant une personne qui prenait le temps de réfléchir et de peser ses mots avant de répondre de manière précipitée, en aucun cas il ne s'attendait à y voir les prémisses de quelques larmes couler le long de ses joues.

Puis, alors qu’il s’attendait à ce que celui-ci lui révèle un mal plus important, il comprit plus ou moins rapidement que ses larmes n’étaient pas comme ce qu’on pouvait croire. Beaucoup plus profond, si elles représentaient quelque chose qu’il n’arrivait pas à décrypter pour le moment, il se voyait rassuré de voir Suzuri Kyouu reprendre le dialogue de plus belle sans aucune difficulté.

Or, poursuivant sur la lignée des éléments inquiétants, le Suzuri fit mention de cette fameuse recherche qui saurait possiblement lui être fatale. Relativement suicidaire aux premiers abords, Raizen se contenta d’être silencieux, préférant observer pour tenter de comprendre où il voulait en venir. Reconnaissant de ses aptitudes d’écoute, mais aussi de ses aptitudes à voir au-delà des frontières, un délicat sourire compatissant s’afficha sur ses lèvres au regard de sa toute première question.

Y voyant étrangement plus de passion que de sacrifice, il respectait la dévotion du Suzuri qui semblait avoir signé un pacte avec la connaissance elle-même. Lui laissant par conséquent deviner que s’il mourait, il préférait le faire en élucidant un mystère, rien ne laissait toutefois sous-entendre un réel enjeu permettant de justifier un tel sacrifice jusqu’à ce qu’il fit mention d’un récit provenant de Matsu…

Réfléchissant quelque peu, Raizen avait cru lire un élément à ce sujet lorsqu’ils avaient repris Kumo. D’autres rapports un peu plus récents avaient par la suite révélé la présence d’un primitif spécial à Matsu, ce qui corroborerait les rumeurs et les quelques informations qu’il avait survolées à ce sujet.

Se disant qu’il devrait s’y pencher en retournant à son bureau quitte à fouiller dans les archives qu’ils avaient récoltées datant d’avant et d'après la reprise, un autre élément capta son attention : la mention des Dieux.

-Vous semblez drôlement en savoir beaucoup à ce sujet Suzuri Kyouu.

Quelque peu sur la défensive, les iris du Meikyû dévoilaient une concentration sans faille, signe qu’il tentait de lire à travers les lignes. Or, aucune malice apparente ne se lisait par rapport à ce sujet. Malgré tout, elle demeurait possiblement sous-entendue en fonction des courants de pensée.

D’un côté, Suzuri Kyouu avait tout d’un passionné de savoir qui tentait possiblement d’utiliser ses dernières réserves pour démystifier un mystère qui saurait aider tant la Coalition que Kumo. D’un autre côté, il semblait drôlement investi et connaissait étrangement bien la situation. Or, pouvait-il réellement reprocher à l’un des gardiens du savoir de connaître autant d'informations ? Pas forcément…

Laissant planer un long silence, Raizen essayait de connecter les nombreux fils concernant le sujet afin d’y déceler des éléments particuliers.

-En temps normal, je pense que j’aurais bel et bien refusé un moindrement de mettre votre santé et votre vie à risque. Bien que plusieurs soient trop jeunes pour le réaliser, vous êtes un pilier du savoir très important pour Kumo et le clan Suzuri même s’il existe une relève…

Poursuivant, il ajouta quelques éléments :

-Or, je viens d’un clan dans lequel les générations ont respectivement hérité de l’héritage légué par leurs ancêtres et dans lequel léguer ses aptitudes aux générations futures est quelque chose d’important. Que ce soit le savoir, les secrets, des valeurs ou le pouvoir, je comprends donc mieux que quiconque qu’il serait mal placer de ma part de vous empêcher de consacrer votre énergie à un dernier héritage. Or, dans la mesure du possible, nous nous assurons de vous maintenir en santé si vous participez à cette enquête.

Soupirant de manière sourde, il plongea son regard dans les iris de celui-ci avant de poursuivre :

-Au regard de notre devoir d’en apprendre davantage sur les Dieux, mais aussi d’en savoir davantage sur cet individu, je compte probablement déployer quelques shinobis pour cette mission. Les communautés autochtones de Kumo étant tout aussi importantes que les villageois déjà établis et accoutumés à notre société, je pense qu’arriver à le comprendre et communiquer, au-delà des possibles informations que nous pourrons obtenir, sera important pour lui, mais aussi pour savoir s’il existe d’autres gens comme lui dont, à titre de village nous devons encadrer et protéger.

Réfléchissant instinctivement aux enjeux qu’il devait considérer pour une telle mission, il poursuivit :

-S’il s’avère à connaître certaines informations sur les Dieux, il pourrait possiblement confirmer certaines de mes questions sur une théorie qui me trotte dans l’esprit depuis quelque temps.

En effet, depuis que Raizen s’était posé à Kiri dans le but de supposer à quel endroit se situait possiblement l’homme au chapeau, il en avait aussi profité pour examiner de quelle manière en cas de guerre ou d’invasion ils pourraient accéder à Kumo sans se faire repérer. Ainsi, en examinant les cartes d’officiers qui étaient légèrement plus précises et à jour que celle qui était disponible un peu partout, il s’était épris d’interrogation concernant une zone de Kaminari qui semblait inexploré voire même une rumeur.

-Des shinobis seront fort probablement mandatés à le retrouver et le ramener en sécurité à Kumo. Nous nous assurons de choisir des gens un minimum compétent dans des situations délicates comme ceux-ci. Par contre, avez-vous plus d’information à son sujet étant donné qu’il est un être primitif ? Dans tous les cas, je fouillerais dans les rapports en provenance de Matsu pour en savoir davantage, mais n’hésitez pas si la moindre information capitale peut nous aider…

Toujours concentré, Raizen balada temporairement son regard sur la pièce cachée de la bibliothèque dans laquelle se trouvait une dizaine de Suzuri. Ressentant dès lors un certain pincement au coeur, il réalisait plus que jamais à quel point cela lui faisait penser à sa propre famille et au clan Meikyû… une histoire de richesse, de connaissance, mais aussi de secret dans lesquels les ancêtres léguaient à travers différents éléments à leurs héritiers connaissance et puissance...

-D'ailleurs, si je peux me le permettre : Parmi tous les mystères que vous pouvez élucider, pourquoi celui-ci?

Le questionnant par simple curiosité sur ce cas particulier, Raizen se demandait pour sa connaissance personnelle de quelle manière le Suzuri en était venu à se dire qu'il était prêt à léguer son héritage à travers cette mission. Curieux, on pouvait dès lors y voir une facette beaucoup moins formelle du Meikyû, signe pertinent qu'il s'intéressait aux citoyens de Kaminari en dehors de ses intérêts personnels.

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