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Aditya
Aditya

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Mer 22 Juil 2020 - 18:05
Lever le voile sur les nations

ft. Hyûga Toph & instances Iwajines


Printemps 204, Crocs Rocheux, village de la Roche.


Au cours des nombreux chemins arpentés par ses pas, dont l'écho allait et venait de concert aux côtés des envoyés de la Terre marchant sur ses flancs, le regard de l'ascèse suivit les courbes des paysages rocheux laissées à la dérobée de leur attention. L'éclat de pierres s'imposait peu à peu le long des sentiers, remplaçant la magnificence sylvestre que le pays du Bois gardait en son sein telle la plus précieuse des trouvailles.

Bien des jours plus tôt, quand l'astre solaire avait épousé les courbes de la lune à répétition, il avait laissé derrière lui cet héritage, ainsi que la silhouette de l'écarlate, dont la course du destin était vouée à trouver la sienne à nouveau, au-delà de l'onde incertaine d'un futur accordé aux survivants. En cet instant, celui qui l'accompagnait sur les traces de la Terre avait soulevé une question d'importance, dont il attendait l'arrivée depuis l'instant où il avait sciemment évoqué le Démon à Trois Queues. En guise de toute réponse, sa voix s'était parée de la même humilité que toujours, afin de prononcer les paroles qui mettraient un terme à leur temps passé auprès de la Forêt Millénaire ; Je pense que c'est une question dont votre Intendante aimerait également entendre la réponse, si vous pouvez attendre notre arrivée pour l'obtenir. Ni plus ni moins que l'engagement qu'il avait pris envers ces envoyés, dont la proposition avait, semblait-il, éveillé l'onde d'un espoir et d'un intérêt redoublé.

Depuis, l'ombre d'une nouvelle nation avait remplacé l'herbe fraîche sous leur pieds, rythmée par des nuits où les braises de feux de camps abritaient l'avènement de leur objectif commun ; et lorsque l'éclat obsidienne d'une myriade de statues se déversa dans leurs regards, Aditya comprit que les portes du village de la Roche venaient de s'ouvrir, du fait de leur présence. Forgées dans une intense matière volcanique, leurs orbites creuses semblaient darder, bien au-delà des montagnes, les silhouettes des impies tardant à s'en prendre à cette nation si chère aux yeux de ses comparses. S'il ignorait tout de la raison pour laquelle elles avaient été érigées, ou de l'importance qu'elle relevait pour les habitants, le blond fut loin d'être étranger à leur poids mystique, imprégné de douleur.

Quand bien même par le passé, les paysages rocheux de ce pays avaient trouvé place dans ses souvenirs, éloignés par les années, jamais ils n'étaient parvenus jusqu'à son cœur, ni croisé le regard pesant des gardes arpentant les frontières de ce village.

Pour avoir lui aussi formulé ce genre d’accueil aux envoyés désirant s'entretenir avec la Brume, il fut loin d'en être surpris ; bien au contraire, ses iris furent portées par le même calme et la même certitude que toujours. Il se garda bien d'éveiller le son de sa voix entre les discussions que cette rencontre éveillaient. La légitimité d'un tel événement revenait tant à la Chiwa qu'au Miyamoto, dont les paroles rassurantes quant à sa présence ne tardèrent pas à leur ouvrir la voie jusqu'à l'intérieur des remparts.

Néanmoins, ses pas se stoppèrent lorsque l'ombre d'une crevasse circulaire se réverbéra au sein de ses prunelles, là où la roche et la pierre s'étaient brisées sous le souffle d'un vent puissant, semblait-il. Tel un cratère forgé près des remparts, il semblait être fuit du regard par certains habitants, dont les mines déconfites s'efforçaient de retrouver la ferveur et la détermination qui faisait le propre de ce village.

Aditya était conscient que les affres du monde était le lot de chacun, et que chaque nation, à son image, essuyait les plus grandes douleurs que l'on plaçait sur son chemin.

Être témoin des vestiges qu'elles laissaient derrière elles était une tout autre chose.

Alors, doucement, son regard se détacha de ce spectacle en lui adressant une pensée sourde ; et le cœur cerné d'humanité, il rejoignit le flanc de ses comparses, dont la route ne tarderait pas à dévoiler les contours de la raison de sa présence.

D'un signe de tête respectueux aux sentinelles, il laissa les pas de ses comparses guider son avancée au sein du village ; et du coin de l’œil, il put percevoir l'ombre d'une rue marchande, dont les quartiers qui ne semblaient jamais trouver de fin ramenaient senteurs épicées et doucereuses jusqu'à lui. Un fin sourire se glissa sur son visage, lorsque la réminiscence du festival de l'Eau s'imposa à son esprit ; et bien qu'il fût effervescent, ce paysage semblait en redoubler davantage, à chaque heure que le jour gratifiait de sa chaleur.

Et finalement, guidée par une marche apaisée, l'Académie Hashira se dressa fièrement face à eux, dont ses dédales gardaient le secret du bureau du Tsuchikage et de bien d'autres instances que ses pas ne pourraient arpenter, tout du moins à l'orée de ce jour.

Ce ne fut que lorsqu'il se tint face à la silhouette de gardes, que, finalement, ce chemin arpenté sous le joug de plusieurs soleils se termina enfin. Dans un souffle, il accorda un remerciement chaleureux à la rougeoyante et à l'officier du Manazaru, avant de laisser ses paroles s'élever dans le silence renouvelé.

« Je me nomme Aditya, du village caché de la Brume. Je souhaiterai obtenir une audience auprès de l'Intendant de la Roche. »

Son visage trouva la courbure solennelle que guidait le profond respect bordant son cœur, sans pour autant dissimuler la franchise et la détermination que sa voix laissait transparaître. Lorsque les orbes azurés de son regard se plantèrent à nouveau dans son vis-à-vis, elles furent à nouveau parées de cette humilité, qui jamais ne semblait le quitter.



informations:


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Dernière édition par Aditya le Ven 24 Juil 2020 - 22:34, édité 1 fois
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Hyûga Toph
Hyûga Toph

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Ven 24 Juil 2020 - 22:10
Les yeux de Toph étaient constellés de chakra. Elle voyait l'endéans et l'en dehors de toutes les choses autours d'elle. Dans ses prunelles se reflétaient les chakras et les tenketsus de mille homme et au moins trois mille femmes, chacun tout aussi courageux et braves que les autres. C'était sa mission, la vigilance en ce moment de faiblesse temporaire, où elle évacuait les civils et préparait son village à l'épreuve la plus terrible qu'il était possible de concevoir.

Son Byakugan visitaient les endroits à risques, et l'entrée du village en faisait partie. Elle reconnut presque instantanément le chakra d'Aimi. Il avait une certaine musicalité. Il dansait en staccato dans ses différents tenketsus en un rythme calme et pourtant avec des échos de puissance parmi la sérénité. Elle reconnut aussi, mais pris plus de temps à reconnaitre celui de Teruyo. Un chakra imposant, fluide et flexible, et capable de soubresaut d'intensité presque aveuglant.

Enfin, un chakra les accompagnait et Toph pris presque une minute pour reconnaitre cette intensité mystérieuse, sombre. C'était Aditya, un kirijin qui avait discuté avec elle à Hikari lors du sommet. Son Byakugan l'avait perçu ce jour-là, et les pupilles avaient enregistrées son empreinte chakratique même si elle ne lui était pas aussi familière que celle des deux iwajins qui l'accompagnaient.

Toph comptait refuser les entrées au village, en temps normal. Néanmoins... Kiri était une alliée temporaire, aussi accepta-t-elle son entrée et la fit venir sur un promontoire en roche du haut duquel elle observait son village.

Bonjour, Homme de la brume. Je ne vous cache pas que je n'ai pas énormément de temps à vous consacrer. Le temps est un petit peu mal choisit pour une visite de courtoisie.

Elle montra de ses mains son village qui, malgré l'activité intense, semblait étrangement vide. Traversé de part en part par des murs, des tranchées et des signes pour diriger la population. Un oeil particulièrement avertit aurait même décelé des bunkers et des places fortifiées.

... nous évacuons la ville pour réveiller le dieu endormis.
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Miyamoto Teruyo
Miyamoto Teruyo

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Sam 25 Juil 2020 - 14:42

L’avenir. Avions-nous un avenir ? Quel futur étions-nous en train de léguer à notre jeunesse. Mais avant de se poser ces questions, il convenait d’en poser une, une question que je n’avais jamais entendu et qui pourtant, à mesure que je participais à ma nouvelle vie de shinobi, à mes nouvelles attributions et à tout ce qui avait trait au futur d’Iwa et d’ailleurs, méritait d’être posée. Pourquoi ? Un seul mot pour une réponse sûrement impossible ? Pourquoi en étions-nous là ? Qu’avions-nous fait pour en arriver à une telle situation ? Bien que ne faisant pas réellement partie de cette nouvelle jeunesse, absent de la vie militaire depuis longtemps, je pouvais encore décemment demander sans honte qu’avaient donc fait nos aînés pour nous laisser un tel legs, un tel poids, un tel fardeau. Pour autant, malgré le poids sur les épaules de chacun, certains ayant plus à supporter que d’autre, personne ne se laissait abattre et chacun faisait de son mieux pour qu’ensemble la destinée tragique qui était tracée devant nous ne se transforme en un torrent d’espoir.

Mais nous étions encore loin de ce fleuve d’espérance. Pour autant, chacun de nos actions, tel un ru venait petit à petit grossir le cours d’eau de nos vies et ensemble, petit à petit tracer les desseins d’un monde meilleur. Comme beaucoup d’autres, Aimi et moi faisions partie de ce rouage en équilibre. Nous avions œuvré avec d’anciens ennemis pour en affronter de nouveaux. Nous avions collaboré avec ceux contre qui nos pères s’étaient battus pour demain maîtriser la puissance dévastatrice d’un dieu qui d’un simple geste pouvait sans mal éradiquer toutes nos certitudes.

Si le chemin du retour s’était passé sans encombre, nos discussions traitant de tous et de rien, des échanges des plus classiques, tant pour faire connaissance que peut être pour avoir en tête quelque chose de plus léger que ce que nous venions de subir et de ce que nous allions affronter par la suite. Cependant, aux abords du village, la réalité nous rattrapa bien vite. L’œil du cyclone comme nous l’appelions venait frapper chacun la première fois qu’on le voyait, stigmate des affrontements passés et de la fureur des hommes. Aditiya, silencieux semblait lui aussi être happé par l’atmosphère que dégageait le cratère.

« C’est d’autant plus impressionnant et émotionnellement puissant lorsque l’on sait que c’est le fruit d’un seul homme qui a sacrifié sa vie ainsi pour nous protéger. Je ne serais sûrement pas là aujourd’hui à t’en parler s'il n’avait pas agi ainsi. »

Si notre entrée dans le village aurait pu poser problème compte tenu des relations que l’on pouvait avoir avec Kiri, me portant garant du jeune homme, les gardes nous laissèrent passer. Pour autant, cela ne voulait pas dire pour autant que nous ne serions pas surveillés, du moins Aditiya, jusqu’à son départ du village. Assistant sûrement pour la première fois au spectacle commerçant des lieux, il est vrai que pour les non-initiés, la capitale du commerce avait de quoi surprendre. Aujourd’hui, je n’y faisais plus vraiment attention, même si déambuler à travers étals et échoppes était toujours un émerveillement et un plaisir pour les gastronomes. Finalement, l’académie était notre destination, et alors que je saluais quelques personnes ici et là, le kirijin présenta sa requête d’une attitude certaine. Sortant de derrière sa longue et fine silhouette, je levais la main comme un écolier qui cherche à attirer l’attention de son professeur pour prendre la parole.

« Je sais que Toph doit avoir beaucoup à faire, mais dites lui que cela concerne la mission pour laquelle j’ai été envoyé avec Aimi, je suis certain qu’elle nous recevra. »

Sans grande surprise, la Hyuga accepta cette rencontre qui sonnait comme quelque chose de solennel, une rencontre qui pourrait sceller le destin de deux nations. Silencieux mais souriant, je me portais sur un côté de la pièce, écoutant les interventions des uns et des autres, attendant sagement que l’on me demande quelque chose, ou que je puisse apporter une information complémentaire. Cependant, même si je n’avais pas grand-chose à dire pour l’heure, j’étais surpris de la dernière remarque de la jonin concernant l’activité du village. Finalement, l’intendante avait décidé de faire évacuer les lieux ? Je m’étais donc quelque peu fourvoyé en quelque sorte. Même si de mon côté, j’avais mis en sécurité ma famille voilà des semaines, pour la cohésion du village et les mouvements de foule et de panique que cela pouvait provoquer, je ne m’attendais pas à ce qu’une telle décision soit prise. Je n’avais rien pu faire, rien sans passer pour un fou ou sans donner des informations confidentielles. J’avais seulement, égoïstement, protégé les miens, à mon grand regret.
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Aditya
Aditya

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Mar 28 Juil 2020 - 14:30
D'une révérence mesurée, l'ascèse laissa son visage se cacher légèrement dans l'ombre du soleil, courbant légèrement sa nuque ; tous deux n'avaient pas de temps à perdre en davantage de civilités, à l'aube d'une situation critique pour la Terre.

« J'en étais conscient lors de ma venue. Cela en est même la raison, à vrai dire. », il avisa un coup d’œil vers Teruyo et Aimi, restée en retrait. « La situation de votre village n'est pas passée inaperçue lors de l'apprentissage du Kinjutsu, désormais réussi. »

Ses bras se croisèrent sur son torse tandis qu'il sentait l'ombre d'une énième présence se glisser à leurs côtés, sur le sommet de cette acropole terrestre qui dominait l'esplanade du village. Le blond pouvait distinguer les fines veines s’épanchant sur les flancs des yeux de l'opaline, signe clair de l'usage de ce don si particulier. Ses bras se croisèrent sur son torse, sans signe de défi, et se rapprocha davantage de l'Intendant.

Sa main vint se dissimuler, brièvement, dans le pan de son sari ; et sans s'inquiéter que cela paraisse comme une attaque – après tout, n’avait-elle pas le pouvoir de voir à travers les matières pour s’en assurer ? – il en dégagea le papier granuleux d’une lettre, forgée par le sceau de l’Ombre de l’Eau. Bien qu’il eût été rompu pour faciliter sa lecture à son destinataire, il était clairement reconnaissable, à l’image du clan du sabreur et de la Brume.

Il la lui tendit, en toute simplicité, avant d’aviser l’onde rocheuse de cette nation vide, dénuée d’âmes innocentes.

« La Brume est en possession du pouvoir du Dieu de l’Eau, depuis l’été dernier. »

Il accorda une œillade à la jeune femme, avant de poursuivre.

« Il a été éveillé sur nos berges par l’une des Fanatiques, la Déesse, qui l’avait scellée en elle ; une hôte, en tout et pour tout. Le Saint Père était certainement au courant, mais a décidé d’en garder le secret – étonnant, pour un homme qui clame être notre allié. Nous avons réussi à endiguer le cataclysme qu’il a provoqué, non sans dégâts, et non sans pertes. »

Ses pas pivotèrent légèrement, afin de se placer face à elle, s’arrachant à la contemplation de l'horizon.

« Ni le Nanadaime ni moi ne souhaitons voir cela se redoubler pour Iwa, si l'une des informations en notre possession peut empêcher un quelconque problème. J'étais présent lors de sa libération, aux côtés de bien d'autres de mes pairs qui défendaient notre citée ; aussi, je pourrais répondre à tous vos questionnements à ce sujet, ainsi que ceux de vos comparses qui semblent s'être joins à nous. », glissa-t-il en observant du coin de l’œil les silhouettes attroupées, dont celle du Miyamoto. Il se replaça face au vide, sans plus de cérémonie. « Je ne m'attends pas à ce que vous croyiez mes dires sur parole lorsque tant de choses sont en jeu, c'est pourquoi je ne verrai aucun problème à ce que vous cherchiez à déceler des mensonges dans mes mots si cela peut vous rassurer, bien que vous les en trouverez exemptées. Toute confiance ne peut être forgée que par le temps et les actes qui la prouvent. »

Aditya était loin d'être ignorant face aux dessous diplomatiques qui se jouaient lors d'une telle rencontre, opportuniste de surcroît. Il représentait là une nation ayant entretenu les tensions avec la sienne, ayant fait prisonnier des hommes tout comme l'autre avait pu le faire. S'annoncer ainsi, en clamant détenir des informations cruciales dont dépendraient, peut-être, la survie d'hommes et femmes de la Terre ne pouvait être prise que de deux façons ; avec crédulité, ou prudence. L'intendante avait déjà prouvé sa défiance ; mais s'il était présent ici, entouré des ninjas les plus compétents de ce village, et seul, cela n'était pas dans le but d'un affront, mais bien d'une main tendue, une nouvelle fois.

Il pouvait seulement espérer que ses actes se fassent garants de ses pensées, afin que l'opaline ressente les intentions qui gardaient chacun de ses mots.

« À l'hiver, je vous ai fais part de notre volonté à apaiser les tensions avec la Roche, et plus encore. Néanmoins, j'aimerai que vous ne considéreriez pas ce geste comme un échange diplomatique. Si la Brume souhaite obtenir certaines choses de vous, il est hors de question de mettre en gage et en chantage la vie des hommes et des femmes de votre pays en retenant ces informations. Si nous devons poursuivre sur une voie diplomatique, cela se fera après cette discussion, si vous y consentez. »


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Dernière édition par Aditya le Mer 29 Juil 2020 - 14:53, édité 2 fois
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Hyûga Tsuyoshi
Hyûga Tsuyoshi

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Mer 29 Juil 2020 - 13:49
Lorsqu’un émissaire du village devait rencontrer la plus haute autorité d’Iwa, il n’était pas rare qu’un conseiller ou qu’un ou plusieurs représentants des clans influents d’Iwa soient présents. Réunissant ces deux conditions et étant également présent dans le village, Tsuyoshi fut informé de cette présence, d’un homme aussi beau qu’une femme lui avait-on dit, ainsi que de son entrevue avec Toph. Le motif de la visite n’avait pas été donné, cela dit, il n’était guère utile d’être devin ou dans le secret des dieux pour se figurer que le déplacement avait lieu concernant la coalition internationale et donc une des missions de ladite coalition. Quoi qu’il en soit, le sujet serait éminemment important.

Tout aussi étonnant que cela puisse paraître, la coalition shinobi avait permis de faire cohabiter les ennemis d’antan. Ceux qui avaient été en guerre et qui nourrissaient un lourd passif les uns envers les autres ou ceux qui n’avaient jamais véritablement été en relation que ce soit de façon historique ou tout simplement parce que leurs positions étaient bien trop éloignées pour qu’il y ait le moindre échange entre eux. Et pourtant… Cette guerre contre Kiri demeurait dans les esprits… Une guerre qui quelque part avait été initiée par Iwa. Des Kage étaient tombés, de morts en nombre. Tout cela était oublié aujourd’hui, à juste titre. Le souci premier de l’homme étant sa survie en principe, même en étant acoquiné d’un ennemi, l’on parvient à en faire un allié, ne serait-ce que temporaire lorsque nos existences mêmes en viennent à être menacées. Voilà ce qui avait poussé Kiri et Iwa dans les bras de l’un et de l’autre : la nécessité de survie face au double péril des dieux et de l’homme au chapeau et ses sbires.

Tsuyoshi était arrivé en retard. Il ne l’avait pas voulu, il avait au plus vite dès qu’il avait reçu l’information. Il n’était d’ailleurs pas le seul dans ce cas. De gestes de la tête, il saluait les uns et les autres dès lors que leurs regards se croisaient que ce soit les représentants de clan, ou autres personnes plus ou moins importantes ou Toph et Teruyo. Il n’avait pas pris la parole, faisant de son mieux pour ne pas déranger tandis qu’il s’asseyait. Par chance, le gros du discours de l’émissaire venait de débuter. Tsuyoshi écouta donc.

Le Hyûga avait son dojutsu activé également avant d’entrer dans la salle. Depuis l’épisode du conseil iwajin et l’irruption de Yanosa, il avait retenu la leçon. Pour ne pas être surpris et parce qu’après tout il était le représentant du divin clan des hommes à la blanche pupille, il pouvait et même se devait d’activer son Byakugan. A l’écoute, il ne perdit rien de ce qui se passait autour de lui. Il entendit l’information selon laquelle la Brume était en possession d’un dieu : le sanbi. C’était connu, ou du moins, il était connu que le sanbi y avait apparut. Un tel phénomène, au regard de son ampleur, ne peut demeurer inconnu des peuples environnants. Cependant ce furent les détails de l’apparition du dieu qui furent intéressantes. Raconté de la bouche même d’un kirijin, dans ces circonstances, l’information rapportée ne pouvait être que de tout premier ordre. Ainsi Tsuyoshi apprit que c’était une fanatique qui avait éveillé le dieu. C’était une des fanatiques qui l’avait éveillé d’ailleurs… Voilà qui était étonnant. Un fanatique porteur d’un dieu. N’étaient-ils pas censés préférer les voir à l’air libre ? Un coup c’était ça, un coup c’était le contraire. Les mots de l’émissaire frappèrent cela dit le Hyûga. Elle avait parlé de cataclysme à la libération du dieu. Un mot lourd de sens qui obligea le Hyûga à se tourner vers Toph. Un instant, tout juste le temps d’observer sa réaction. Il n’avait pas besoin de tourner la tête car sa vision périphérique lui permettait de voir l’Intendante sans avoir besoin de faire ce geste. Toph comprendrait…

Le Hyûga ne dit rien alors que l’émissaire avait fini son exposé initial et qu’elle s’attendait désormais à répondre aux questions de ses hôtes. Ce n’était pas à lui de poser la première question. Il savait se tenir un minimum. L’émissaire reprit pourtant la parole et évoqua des discussions diplomatiques.

*Evidemment… Ce serait dommage de s’arrêter en si bon chemin* Pensa le Hyûga. Il appartenait certainement désormais à Toph de répondre.
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Oterashi Yanosa
Oterashi Yanosa

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Mer 29 Juil 2020 - 14:58
L’ordre d’évacuation venait d’être donné, et partout retentissait le brouhaha du fourmillement continu des habitants et des shinobis qui, conjuguant leurs efforts, mettaient tout en œuvre pour vider entièrement la cité de toutes ses âmes en danger. Yanosa, bien sûr, faisait sa part, drainant les rues de ses retardataires plus ou moins volontaires, fortifiant les artères sensibles, dans le vain espoir que cela puisse faire la moindre différence dans la bataille qui ferait sans doute rage quand ils parviendraient à éveiller Yonbi de sa torpeur millénaire. En dépit de tous leurs efforts, un insecte particulièrement tenace continuait à ronger l’arrière du crâne de l’Oterashi, forant jusqu’aux tréfonds de son esprit l’idée que tout cela s’avérerait bien futile lorsque les torrents de lave gigantesques commenceraient à déferler. Mais, peu importe, se disait-il sans cesse, repoussant l’insecte : l’inaction était pire que tout, et il ne s’y laisserait pas prendre.

Durant l’évacuation, les rapports continuaient toutefois d’affluer et, en sa qualité de membre du Sazori, le guerrier aux cheveux rouges se devait d’y garder un œil attentif. Le retour de Tsuyoshi, parti en mission pour la Coalition afin de retrouver le cristal renfermant le chakra du Chapelier, lui arracha un soupir de soulagement. La mission, semblait-il, avait été un succès, et il ne se passerait sans doute pas longtemps avant que la Coalition ne mette à profit cette nouvelle source d’information dans le conflit qui les opposait tous à cet homme à la vision un peu trop péremptoire au goût des Nations. En parallèle, une autre information lui parvint : les shinobis envoyés auprès du Saint Père, le chef des Fanatiques, pour y quérir le savoir du Kinjutsu de Scellement, étaient enfin revenus. Et, sans équivoque, ils ne rentraient pas seuls. Aimi et Teruyo avaient en effet été vus aux Crocs Rocheux en compagnie d’un autre shinobi, et le trio se dirigeait vraisemblablement vers l’Académie. Vers Toph.

Sans se poser de question, Yanosa s’accorda donc une pause bien méritée après les moult préparatifs déjà effectués et se rendit également sur place. Aux abords de l’Académie, où se trouvait également le bureau du Tsuchikage, il retrouva ainsi le petit groupe qui s’était formé, et remarqua immédiatement la silhouette qui lui était inconnue. Un jeune homme, sans doute de son âge, aux longs cheveux blancs et au teint halé. S’approchant sans essayer de surprendre qui que ce soit, il s’approcha plus particulièrement de Tsuyoshi tandis qu’il prenait le discours de l’étranger en cours de route.

« ...Bon travail, à Wasure, murmura-t-il presque. Content que tu sois revenu en un seul morceau. »

Son attention se reporta ensuite entièrement sur celui qui s’avérait être un shinobi de la Brume, et plusieurs pièces de puzzle d’informations qui étaient jusque là restés insolubles trouvèrent alors leur explication, notamment concernant les rumeurs autours de Sanbi. Yanosa ne put toutefois s’empêcher de frissonner, à l’idée que cet homme était au service de Kiri. Ces shinobis, se rappela-t-il… étaient responsables de son coma, responsables de ses souffrances perpétuelles, de son amertume… Ils avaient, d’une façon certaine, forgé l’homme qu’il était aujourd’hui, pour le meilleur et aussi pour le pire. Sans l’interrompre, l’Oterashi écouta donc, sa colère endiguée par la bonne volonté manifeste de cet émissaire dont il ignorait le nom. Au terme de son discours, une seule question lui vint toutefois en tête, et il n’allait pas attendre pour la laisser se frayer un chemin au sein de cette petite réunion improvisée. Il fit un bref pas en avant.

« Le Dieu de l’Eau. Avez-vous tenté de le tuer ? »

Pragmatique, le Tellurique s’en tenait pour l’heure à la seule problématique qui avait du sens pour le village. Le reste… pourrait attendre encore un peu.
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Hyûga Toph
Hyûga Toph

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Sam 8 Aoû 2020 - 20:17
Le fait qu'un Dieu avait été scellé dans une fanatique n'avait rien d'extraordinaire pour Toph. Le Saint-Père avait clairement exprimé son point de vue là-dessus lors de la réunion. Non, ce qui était plus étonnant, c'était que la Brume n'avait pas cru bon de partager cette information pourtant capitale jusqu'à maintenant.

Enrageant.

Toph serra les poings. Ses forts sentiments envers la Brume ne datait pas d'hier. La Voie du Bushi était celle de la maitrise de ses émotions, et de viser l'efficacité avant tout. Elle regarda l'Homme de la Brume, à peine perturbée par l'arrivée de Tsuyoshi et de Yanosa.

... J'y consentirais si la Brume accorde un rapport exhaustif sur ces évènements. Comment la fanatique l'a-t-elle réveillé ? Le schéma de votre scellement. La puissance du dieu - était-elle semblable à celle du dieu du Désert ? Des faiblesses particulières ? Tout ce qui pourrait de prêt ou de loin nous être utile dans notre épreuve, je le désire par écrit pour l'étudier. Ainsi seulement nous pouvons être prêt à plusieurs angles d'attaque.

Puis elle se tourna vers le chunin tellurique. Sa demande n'était pas passée inaperçue. Et s'il y avait un certain avantage stratégique à savoir cela... Toph ne pouvait s'empêcher de sentir autre chose que de la simple logique derrière cette question.

Je calmerai tes ardeurs, Yanosa-san. Si les récits de Kaze sont fondés, même toutes les nations conjuguées n'arriveraient pas à tuer une de ces créatures. Autant tuer un volcan ou la marée. Cependant, avec ce démon scellé dans un shinobi, cela sera peut-être us facile a étudier. Et peut-être pouvons-nous trouver une nouvelle solution à ce dilemme, une fois la menace de l'homme au chapeau écartée.

Il ne fallait pas oublier que l'Homme au Chapeau était un mal à abattre, fusse-t-il nécessaire de chercher les pires démons et de les sceller dans des shinobis presque innocents.
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Hyûga Tsuyoshi
Hyûga Tsuyoshi

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Lun 10 Aoû 2020 - 0:53
Le Hyûga avait apprécié l’arrivée de Yanosa. Les propos de l’assimilateur de la terre étaient sympathiques et quoi qu’on en dise, cela mettait du baume au cœur que de se faire féliciter pour une mission qui sur le papier s’était révélée périlleuse et dont le résultat avait été important pour la Coalition, quoi qu’on en dise.

_ Merci Yanosa… Ce n’était pas de tout repos, mais c’est chose faite. Répondit-il d’un air neutre avec un début de sourire amical. C’était seulement son visage qui s’était illuminé, sans plus. Ses lèvres n’avaient pas bougé et ledit sourire ne s’était pas véritablement dessiné sur son visage.

Sans surprises, l’Oterashi remit sur la table la question de la possibilité de tuer le dieu. Cette possibilité avait semblé intéressante au Hyûga, mais que pendant un court moment, le temps que Tenzin réponde à la suggestion de Yanosa, lors de la réunion du Sazori. Et les propos du Konran avaient été très persuasifs. Si les légendes disaient un tant soit peu vrai, alors les dieux étaient impossibles à tuer car ils étaient à l’origine même de la vie. Étonnant cela dit que toute cette puissance puisse être enfermée, scellée dans des objets ou même des gens. A ce stade-là, pourquoi est-il impossible de sceller un humain dans un autre ? Ou dans un objet ?

*Restons concentrés !* S’était tout de suite rappelé le Hyûga tandis que sa cousine s’exprimait, répondant à l’émissaire et à l’Oterashi. Toph posa des questions pertinentes mais ses suppositions ou affirmations concernant les possibilité de tuer un dieu étaient insuffisantes aux yeux de Tsuyoshi. Si le dieu pouvait être scellé, et donc affaibli, alors peut-être qu’il était possible de mortellement le blesser ? Et si cette possibilité était d’office exclue, alors tuer son réceptacle serait peine perdue car il resurgirait, libre… Oui voilà une hypothèse crédible.

_ Ahem… Fit le Hyûga pour se racler la gorge et indiquer qu’il souhaitait s’exprimer. Dès qu’il en eut l’opportunité, voyant que personne ne parlait, il dit alors : Si les dieux ne peuvent pas être tués alors même scellés dans un humain ou un objet, briser ledit objet ou tuer l’humain, le réceptacle reviendrait à briser le sceau et à les libérer… A mon humble avis… A ce propos émissaire de Kiri…

Il se tourna vers l’émissaire :

_ Je suis Hyûga Tsuyoshi, conseiller d’Iwa, représentant du clan Hyûga… Vous avez parlé me semble t-il de la libération du Sanbi par une fanatique, un hôte. Pouvez-vous nous éclairer là-dessus ? Comment un hôte a-t-il pu libérer ainsi ce dieu ? Et cette fanatique ? A vous entendre, elle aurait survécu ? Cet exploit est-il possible ?

Une courte pause, il continua :

_ Par ailleurs vous avez parlé de cataclysme à la libération du dieu. Il y a bien des légendes qui émaillent les récits de l’apparition de ces… dieux. Cela dit parfois entre la réalité et le mythe… Vous qui avez déjà vécu cette expérience, qu’en est-il réellement ? Quelle réalité se cache derrière ce mot que vous utilisez : cataclysme. Quelle a été l’ampleur des dégâts ?

Telles étaient les questions du Hyûga. S’il était parfaitement d’accord pour libérer les populations civiles d’Iwa, il préférait largement l’option de les recaser dans un nouvel endroit qui deviendrait une nouvelle ville, un ville marchande séparée de la tumultueuse Iwa guerrière, toujours assiégée. Cela leur donnerait peut-être la possibilité d’obtenir la position d’autres dieux et d’en affronter un avant de tenter le réveil du Yonbi. Telle était sa vision car pour lui, réveiller le Yonbi en l’état, avec si peu de connaissance sur ses capacités et possibilités, malgré la présence des Kinjutsus, était quelque part de la témérité.
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Aditya
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Mer 12 Aoû 2020 - 13:00
Le regard d’Aditya glissa sur les traits de l’homme s’étant rapproché, et dont la voix ne s’était élevée que pour darder une question claire à son attention. Il laissa survoler quelques secondes de silence avant d’y répondre, délaissant un soupir trahissant la réflexion.

« Ce but n’était pas explicite, bien que présent dans tous les esprits. », déclara-t-il en se retournant vers l’individu. « Aucun des enfants de l’Eau n’a retenu ses coups, dans la seule volonté de défendre notre nation, quoi qu’il advienne. Si les assauts conjugués de certains groupes ont pu immobiliser et blesser les trois queues du Dieu de l’Eau, l’être en lui-même n’en semblait que très peu affecté. Pouvoir le tuer, à mon sens, est une illusion dont il faut se défaire. À moins d’user d’un Dieu contre un autre, aucun homme ne pourrait prétendre à ce titre. », répondit-il en reportant un coup d’œil sur l’Intendante, dont la colère ne passait pas inaperçue.

Jusqu’au ton éveillé par sa voix, l’ascèse pouvait discerner la rancœur qui ravissait l’esprit et le corps de l’Intendante, bien qu’elle demeure décidée à lui refuser de mener la discussion en son nom ; un geste qu’il appréciait, contrairement à bien des dirigeants qui auraient préféré faire parler les sentiments au lieu du sang-froid que requérait une telle situation. Lui qui avait arpenté le monde à la découverte de seigneurs et de chefs, chacun si différents d’un autre mais tous portant le prix de l’ego, une telle fraîcheur était… pour le moins rassurante. Il n’était ni en position de juger sa haine, ni de lui demander de l’expier : tous deux en étaient conscients. L’apaisement des tensions ne fonctionnerait que lorsque le temps aura usé de son joug, car aucune douleur ne disparaissait par de seules bonnes intentions.

Aussi, lorsqu’il lui répondit, ce fut sans compassion ni pitié, ni agacement : il demeura posé, comme précédemment. Inchangé, tant pour lui témoigner un respect sous-jacent face à une réaction que tant d’autres auraient jugé comme un caprice contrairement au blond, que pour rester fidèle à lui-même et ses principes.

« Bien évidemment. Si vous m’accordez de demeurer quelques temps au sein de l’Académie après cette entrevue pour rédiger ce rapport sur un parchemin, ainsi sera-t-il. »

Son dos s’adossa sur l’un des piliers de terre de l’esplanade, en jonglant du regard entre toutes les personnes présentes. S’il était conscient d’être parmi les ninjas, peut-être, les plus puissants de ce village, il ne ressentait aucune angoisse ; non pas par suffisance, mais par confiance en ses intentions qui étaient loin de provoquer un tel revirement. Prendre sa vie leur serait aisé – il n’en aurait cure, il n’était qu’un homme parmi tant d’autres. C’était davantage la curiosité qui l’animait, plus que la peur ou la paranoïa.

« La Déesse de l’Eau avait été enfermée dans des geôles à l'extérieur du village avant que cela n’advienne. Elle n’a donc pu être en contact avec nul autre qu’elle-même, ce qui laisse penser que la libération du Dieu sur notre littoral n’est dû qu’à sa volonté, et qu’elle disposait d’un pouvoir suffisant sur lui pour convoquer sa présence et sa puissance sur son bon vouloir. Je n’ai jamais connu d’hôte, et demeure ignorant sur bien des choses les concernant ; mais comme toute chose, la maîtrise demande du temps. On peut donc supposer qu’elle avait scellé le Dieu de l’Eau en elle depuis longtemps, peut-être des années. », il s’accorda le temps de la réflexion, un instant, avant de poursuivre. « Quant au sceau, il a été réalisé par les hautes instances de notre village, en demandant le concours d’une de nos maîtres du Fūinjutsu, Yasei Akane, dont le devoir était de le maintenir assez longtemps pour l’amener jusqu’à sa conclusion. Cela laisse penser que notre Seigneur était conscient des risques qui pesaient sur la Brume, ou tout du moins, l’était suffisamment pour s’y préparer ; pour autant, ce sceau était relativement archaïque, bien différent du Kinjutsu que nous venons d’obtenir, car une seule personne suffisait à le maintenir. Ou plutôt, à lui offrir son chakra comme vecteur d’activation. Peut-être était-ce un sceau fomenté à l’avance ; cela n’est que théorie. Je vous adjoindrais une copie grossière de son schéma selon mes souvenirs au rapport, si dame Chiwa souhaite y jeter quelques coups d’œil. »

Son attention se recentra sur la silhouette du représentant du clan Hyûga, s’étant présenté à lui quelques instants plus tôt. D’un simple signe de tête respectueux, il répondit à sa présentation sans plus de cérémonie, conscient qu’aucun d’entre eux n’était présent ici pour échanger des banalités, bien que les apparences jouent de tout temps un rôle dans la diplomatie.

« Plus tôt, j’ai évoqué les appendices du Dieu, qui, contrairement au maître du Vent, étaient au nombre de trois. Je suppose que cela est changeant, en fonction de chacun d’entre eux ; mais comme l’a signalé le Saint Père en listant chacun d’entre eux dans un ordre précis au sommet – d’abord le Vent, puis le second sur les terres de Yuki, puis l’Eau, et finalement le Dieu Singe, il est logique de supposé que leur nombre dépend de leur… attribution sur cette échelle. Tout comme il est certain, qu’en éveillant le Dieu de l’Eau, la Fanatique ait provoqué l’éveil du Dieu Singe à son tour, à l’image des avances du Saint Père et du Charpentier. Il est possible qu'il ne déverse son courroux bien plus tôt que vous de l'aviez prévu ; cela fait presque une année, l'heure ne saurait tarder. »

L’écho du hurlement de l’être lui revint en mémoire lorsque la Hyûga envisagea la présence d’un point faible… celui-là même qu’il avait perforé, à regret. Mais chassant ces pensées, il adjoignit davantage de paroles aux précédentes, afin de détailler l’impact des conséquences qu’avait entraîné l’apparition de la Fanatique sur les terres de Mizu.

« Chacune de ses queues était à même de soulever la mer et la terre comme si elles n’étaient que des grains de sable au cœur du désert. Elles balayaient les littoraux et les vies qui s’y trouvaient avec une puissance inconcevable, chacune portant tant de fureur en elle que le Dieu lui-même ne pouvait en supporter, recouvertes d’écailles à l’image d’une tortue, à laquelle il ressemblait en forme. Bien que le pire ait été évité, le souffle des assauts du démon à queues et l’inondation nous ont demandé de lourdes reconstructions, depuis l’été. Mais plus que tout… »

Il délaissa un soupir lourd de sous-entendu avant d’échanger un regard avec l’Intendante, exempté de tout sentiment ; seulement pour s’assurer de son attention.

« Le Dieu de l’Eau était capable de forger au cœur de sa gueule une sphère d’énergie pure, dont la libération a créé un cratère au sein des cieux. Si elle avait été relâchée comme il le désirait sur notre village, je ne serais plus présent ici pour vous le raconter. Il est définitivement certain que Kiri, et l’archipel tout entier de Mizu, auraient été soufflé par son explosion. La Brume ne serait plus ; simplement. Sans le travail conjugué de l’ensemble du village, son pouvoir n’aurait-pu être redirigé vers les airs, le temps d’un instant. Ne serait-ce que s’en approcher était éprouvant, lorsqu’il fallut frapper son œil unique – seul point dépourvu de ses écailles protectrices. », finit-il avant d'aborder le nouveau sujet, redoublé par le second Hyûga. « Quant à la Fanatique, elle n’a pas survécu. Elle s’est retrouvée scellée en même temps que son Dieu au sein du littoral, puisqu’elle était rattachée à lui tant physiquement que par l’esprit. Son corps avait fusionné avec le sien, lorsqu’il fut libéré ; enfoncée jusqu’à la taille sur le sommet de son crâne gigantesque. Nul être humain ne peut survivre une fois enfermé dans un sceau. »

On long soupir s'échappa de ses lèvres tandis qu'il terminait ses explications, pour l'heure. Lui qui préférait de loin le silence aux abus de parole, il était aujourd'hui contraint d'échanger les rôles. Peut-être cela se redoublerait-il, si des questions subsistaient ; sûrement, après de telles révélations. Il leur apporterait des réponses, tout comme il venait de le faire. D'ici là, il rattraperait le prix du silence, en les écoutant avec intérêt.

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Miyamoto Teruyo
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Dim 23 Aoû 2020 - 14:52

Témoin privilégié de cette rencontre, guide d’Aditya jusqu’au sein de nos terres et à ce bureau où trônait fièrement Toph, intendante du village, j’étais restais silencieux jusqu’à présent, écoutant avec attention les paroles des uns et des autres. Si Aimi et moi étions présents de par la nature même des connaissances que nous avions acquises en partenariat avec le kirijin, je ne pu qu’être surpris de l’arrivée soudaine de deux protagonistes que je n’attendais pas. Si Tsuyoshi se présenta rapidement comme le représentant de son clan, malgré la présence de sa cousine, et membre du conseil, Yanosa, comme à son habitude, ne prenait que peu de pincettes et ne prit même pas la peine de se présenter. Chassant rapidement ces deux interventions de mon esprit, je me focalisais sur le discours de mon pair en matière de fuinjutsu, essayant d’analyser son discours afin de compléter de ses paroles, les informations que nous avions déjà en notre possession. Alors que l’ascète terminait ses longues explications, quelques interrogations et remarques se faisaient dans ma tête avant de les partager à l’ensemble des protagonistes présents.

« Bien, je t’ai écouté Aditya, et cela fourmille de questions et remarques. Je vais essayer d’être le plus clair et le plus ordonné possible. Excuse-moi si ce n’est pas le cas. »

Debout, derrière tout le monde, je m’étais finalement avancé, me mettant sur le côté du bureau afin d’être visible de tous. Si un certain charisme s’échappait de cette salle, alimenté par la présence envoûtante d’Aimi et d’Aditya, par l’impression de puissance de Toph et Yanosa, mais aussi par le côté singulier et intriguant de Tsuyoshi, il y avait aussi moi, du haut de mon mètre soixante et à la bedaine apparente qui faisait plus anomalie que noblesse dans ce tableau. Pour autant, cela ne m’arrêtait guère.

« Comme tu le laisses entendre, Sanbi aurait été scellé dans la Déesse grâce à une technique de scellement. Pour autant, lors de nos échanges à Hikari, nos brefs échanges me laissaient plutôt à penser à une fusion entre les deux. Cela me laisse à penser que le type de scellement n’était pas le même que celui que nous maîtrisons aujourd’hui. Pour preuve, le silence du Saint-Père face à mes questions concernant la faiblesse commune à cause du lien qui unit le démon et son hôte. J’ai le sentiment que la technique n’était pas la même. »

Tapotant rapidement ma besace, je cherchais ma gourde de thé avant de me souvenir que le voyage avait été long et qu’il ne me restait plus rien à boire. Habitué à ponctuer mes interventions de quelques collations, j’étais un peu comme nu devant mon impuissance à m’humidifier la gorge. Pour autant, cela ne stoppa nullement ma volonté de connaissance.

« Si cela n’avait pas été le cas, il n’aurait eu aucune raison de ne pas partager ses informations. Bien que cela lui ait sûrement beaucoup coûté en termes de convictions que de nous aider, il n’en reste pas moins l’ennemi de notre ennemi et à ce titre, nul doute qu’il garde quelques informations dans sa manche. Mais je m’égare un peu, je crois. Tout cela pour dire que même si on scelle nos démons, je pense que les résultats seront différents. »

Laissant planer la fin de ma phrase, je réfléchissais quelques instants à la suite à donner à mon discours, essayant de suivre tant bien que mal un fil conducteur que j’avais moi-même du mal à entrevoir.

« Pour revenir au sceau qui retient actuellement Sanbi, nous savons désormais, du moins, je pense qu’aussi bien toi, qu’Aimi et moi, savons que ce n’est qu’un pansement sur une jambe de bois. La connaissance des Gardiens est telle que le sceau que vous avez utilisé ne vous a pas permis de sceller votre démon dans un objet ou dans un hôte, mais directement sur vos terres. Je me trompe ? Vous avez certes réussi à stopper une catastrophe au prix de nombreuses vies, mais aujourd’hui, tu sais que ce n’est pas suffisant. J’enfonce sûrement une porte ouverte, mais si tu en es consciente et les kirijins aussi, à Iwa ce n’est sûrement pas le cas. Si Yonbi est notre menace, Sanbi l’est tout autant de votre côté. En cela, prendre le temps de venir discuter de tout cela est une marque de respect que … pardon … encore une fois, je parle trop. Je parle comme si j’avais une quelconque autorité et raison de le faire. »

Quelque peu gêné par la situation, je me frottais la tignasse en rougissant légèrement. Si pour certains cela pourrait paraître anodin, Aimi, elle, comprendrait sûrement toute la gêne que cela impliquait en moi. Pour autant, me ressaisissant rapidement, je reprenais tout aussi vite le fil de la discussion.

« Pour en revenir aux Dieux en eux-mêmes, si aujourd’hui nous avons la possibilité de les enfermer dans un hôte ou un objet, cela est quelque chose d’important que nous nous devons d’évaluer. Je regrette qu’Hanae ne soit pas là pour partager avec nous ces discussions, mais aujourd’hui, les décisions à prendre sont capitales. »

Me tournant vers Toph, je la regardais d’un air maussade, triste presque, compatissant aussi d’une certaine manière.

« Je suis navré que tu aies à prendre ce genre de décision. Personne ne devrait avoir à faire un tel choix. »

Puis, balayant l’ensemble des protagonistes du bureau, je complétais ma tirade de manière plus claire et compréhensible de tous.

« Aditya l’a dit, la puissance que sont capables de libérer ces Dieux est cataclysmique. Aujourd’hui, nous avons les capacités de sceller ces mêmes Dieux. Pour autant, nous avons le choix quant au réceptacle. Il est possible de le faire dans un objet ou bien dans … un hôte vivant. L’idée même de cette dernière option est un non-sens à mes yeux. La logique, le bon sens et l’envie de protéger les nôtres et notre avenir nous imposent de sceller nos démons dans un objet que l’on pourrait protéger. Pour autant, tous autant que nous sommes, nous savons que la décision, la pire qu’il soit, est d’offrir son pouvoir à un shinobi. La volonté n’est pas une escalade de la puissance entre nation, ce qui risque d’arriver inévitablement, mais de contrer l’Homme au chapeau. Il détient aujourd’hui en lui la puissance d’un Dieu et comme l’a dit Aditya, il n’y a qu’un équivalent pour espérer offrir une résistance. Rien ne nous dis qu’il ne mettra pas la main sur d’autres démons, et à ce titre, nous devons nous préparer. Je n’aime pas cette option, malheureusement, elle me parait inévitable pour la sauvegarde de notre future proche. Pour autant, pour notre futur à long terme, c’est une aberration et nos choix nous impacterons à jamais, car le jour où le premier pays à sceller un démon en lui, sera le jour où la balance des pouvoirs sera rompue, à moins que chacune des autres nations ne se dote d’un pouvoir équivalent. C’est une escalade inévitable, nous le savons, et nous ne pouvons rien y faire. »

Appuyant mon regard sur Aditya et passant furtivement mes yeux sur Toph, je continuais mon laïus.

« J’espère juste que les bons choix seront faits. »

Sortant de ma besace une tasse en terre cuite quelque peu difforme, mais fonctionnelle, cadeau d’une fille qui avait découvert l’art de la poterie grâce à un Jurô aux abois devant une petite fille, je triturais ma babiole toute en continuant mon palabre.

« Cela m’en vient à parler des effets du scellement. La Déesse et Sanbi étaient liés, mais partageaient-ils leurs pouvoirs ? Du moins, arrivait-elle à utiliser la force de son démon ? Outre cela, avez-vous pu remarquer quelques conséquences physiques, mentales, chakratiques ou autre à cause de ce lien ? Par exemple, le Dieu avait-il une emprise sur son hôte ou inversement, la bête était-elle totalement soumise ? »

Finalement, rangeant ma tasse, je croisais les mains devant moi, comme un enfant sage, ou un enfant grondé, qui attendait la réponse de ses parents.

« Bref, j’ai sûrement oublié des choses, aussi sûrement que j’ai dû enfoncer des portes ouvertes, mais cela me semblait important, nécessaire même. Ah ! Oui, j’oubliais une question. Tu disais que vous aviez lutté contre la déesse et le Dieu, mais combien de personnes avez-vous opposé à ce duo ? Quelle a été la force de frappe et défensive nécessaire pour contrer une telle puissance ? Pour le coup, cela me semble judicieux pour pouvoir préparer efficacement nos défenses. »

Sur ces paroles, convaincu du bien-fondé de mon intervention, j’attendais sagement mes réponses, offrant un sourire amical à Aimi, ainsi qu’un regard grave et concerné aux autres participants à cette discussion.

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Oterashi Yanosa
Oterashi Yanosa

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Ven 28 Aoû 2020 - 15:33
Comme à son habitude, l’Intendante tâcha de tempérer les ardeurs du guerrier tellurique, dont le regard darda en sa direction un bref instant. Toujours avec un cran de retenu de plus, songea-t-il en son for intérieur. Toph était, malgré son âge, une kunoichi d’exception et capable de prendre des décisions drastiques, il s’avérait simplement qu’elles ne l’étaient jamais vraiment assez aux yeux de l’Oterashi. Difficile, dans sa position minoritaire, de faire réellement valoir son point de vue autant qu’il l’aurait voulu. L’alternative ? Il en avait eu une forme d’exemple sous les yeux, en la personne de Luna. L’opposition, directe quoi que toujours sous le couvert du bien commun : la méthode avait ses avantages, mais recelait également de nombreux défauts et inconvénients.

Quoi qu’il en fut, et en dépit de la frustration latente qui lui labourait les entrailles et ce depuis un long moment déjà, Yanosa écouta attentivement le retour qu’il reçut de son interrogation de la part de la Hyûga et de l’émissaire de Kiri. Des nations et des villages entiers, ligués contre une seule de ces entités, sans le moindre résultat probant : soit la cause qu’il poursuivait était effectivement vouée à rencontrer un écueil majeur et incontournable, soit personne n’avait jamais adopté la bonne approche. Sans pour autant se targuer d’avoir la science infuse, le Chûnin aux cheveux rouges avait déjà entamé moult réflexions dans ce sens, et le dénommé Aditya lui apporta au coeur de son récit des informations importantes, qu’il mit rapidement en rapport avec celles qu’il détenait déjà à propos du Dieu du Désert.

Sa première conclusion fut assez évidente : si les différentes divinités qui jalonnaient le monde dans l’ombre des souterrains millénaires qu’il comportait disposaient chacune d’une quantité d’énergie relative à leur nombre de queues, elles se distinguaient également les unes des autres par leurs attributs. Elles n’étaient en ce sens pas différentes de races animales primordiales et, quelles qu’aient pu être leurs origines ancestrales, elles demeuraient des formes de vie à part entière. Des formes de vie durables au-delà de toute mesure, pour leurs pauvres esprits humain : mais qui disait vie, disait inéluctablement mort. Ichibi, une créature de sable scellée au milieu du désert. Sans aucun doute imperméable à n’importe quelle attaque physique directe, de par sa simple nature. L’Oterashi faisait facilement l’analogie, lui qui pouvait à son échelle également devenir un élément naturel pur et s’affranchir des limitations du corps humain. Sanbi, une tortue aux queues recouvertes d’écailles et dotée d’un œil unique. Une forteresse inexpugnable, à entendre parler l’émissaire, qui rendait peu surprenant l’échec des forces de la Brume à causer le moindre mal à la créature. Un échec qui n’était que bien trop compréhensible, à l’écoute du récit de leur bataille pour la survie de leur village par son représentant, tant le focus et la tension avaient du se focaliser sur le scellement de la divinité dans leur île plutôt que sur l’idée folle d’en venir à bout.

Les questions, plus nombreuses et étoffées que les siennes, arrivèrent de tout côté, de la part de Tsuyoshi et Teruyo notamment. Ce dernier, comme à son habitude, mettait au jour les interrogations qui avaient le plus de sens, qui revêtaient l’importance la plus capitale, mais le Tellurique ne pouvait s’empêcher de ressasser. Retourner dans son esprit, encore et encore, les outils qu’il avait à sa disposition, et se demander si ils pouvaient s’avérer même relativement efficaces dans la poursuite de cette cause qu’il s’était fixée. Car des luttes de pouvoir, il y en aurait effectivement. Les bonnes intentions d’une poignée n’avaient jamais empêché les exactions des autres de façonner le Yuukan, d’une façon ou d’une autre, et Yanosa ne pouvait pas écarter, aussi optimiste que cela pouvait sembler, les réflexions incontournables qui devraient être menées après la défaite de l’Homme au Chapeau. Car à en juger par la direction que prenaient les choses, craignait-il intérieurement, les shinobis étaient en passe de se débarrasser d’un potentiel problème… tout en s’octroyant eux-même les armes dont ils auraient besoin pour s’entre-tuer dans des proportions inédites dans la foulée.

Un âge nouveau pointait à l’horizon, indécis, incertain. Et c’était, se dit-il avec une certaine lasse anxiété, lui et les gens autours de lui à cet instant précis, entre autres, qui allaient décider de quoi il serait fait. Vivraient-il dans un monde fait pour les Hommes… ou dans un cauchemar de destruction régressif ? Les bras dissimulés dans ses manches opposées, Yanosa se tut, reculant d’un pas pour manifester son retrait. Aditya. Autant pour les qualités d’être humain que pour son appartenance aux forces armées de Kiri… il retiendrait ce nom, et le ferait sans faillir.
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Hyûga Toph
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Jeu 1 Oct 2020 - 21:52
Le visiteur intéressait ses compatriotes qui ne tarissaient pas de questions à son encontre. Toph en était en vérité un peu agacée - a quoi bon poser des questions puisque tout serait écrit dans des rapports d'ici peu ? Elle avait hoché de la tête quand le kirijin avait demandé un peu de parchemin et d'encre. Elle aurait tout le temps d'étudier ce document par la suite. Les mots parlés, par contre, n'avaient pas la gravité pour les retenir sur terre.

Foncièrement, les informations étaient intéressantes, troublantes, et même un peu terrifiantes. Toph avait bien fait de décider de réveiller un tel danger sous ses pieds. Elle avait peut-être même sous-estimée l'urgence de la situation.

Teruyo prit la parole et avait des analyses, des questions, et même de l'empathie pour son Intendant qui devait prendre le choix de sceller un démon dans une personne spécifique. Et qui choisir ? La question était vaste. Difficile. Elle se serait bien sacrifiée pour la cause, mais la condition de porteur de démon était inconnue, et elle ne pouvait pas prendre le risque de donner un pouvoir politique trop important à quelqu'un qui serait considéré comme potentiellement "corrompu".

Car si porter en soi un démon interférait avec la personnalité de son hôte, alors cela serait tout Iwa qu'elle mettrait en danger de sa vanité de surprotection.

L'avenir de ceux qui portent en eux le démon est incertain, ce kinjutsu semble à la pointe de la sophistication et bien différent de l'exemple kirijin. Quand à leur dangerosité en eux-même... Mokko et le Saint-Père avait l'air de dire que leur pouvoir ne seraient pas aussi important que cela. Le choix de celui qui en portera le fardeau sera important. Pour autant, si nous affrontons un dieu qui maitrise le temps, utiliser la force des démons est la moindre des choses.

Elle leva sa main où cicatrisait tant bien que mal une entaille, signe de sa détermination.

Mais cette force sera utilisée pour le village uniquement, j'en ai fait le serment, et ma vie s'éteindra si j'en deviendrait parjure. J'aurais voulu que Kiri fasse le même genre de promesse, mais le Mizukage n'a pas jugé utile d'envoyer quelqu'un pouvant véritablement décidé en son nom, semblerait-il. Difficile de leur faire totalement confiance. Enfin, eux au moins ne sont pas partit en trombe en montrant des élans égoïstes.

Kumo, Kiri... Toph était certainement désappointée des différents villages. Même le Teikoku... était loin de l'idéal qu'il se prétendait être. Dire que Toph n'en avait cure serait un mensonge. Cela la blessait profondément de la voir seule et unique à suivre la véritable voie du Bushi.

Enfin, je suppose qu'un partage d'information est un bon début pour remédier à mon opinion négative, Aditya-san. Si vous avez d'autres sujets, profitez-en tant que ma présence n'est pas requise ailleurs.

Elle avait fort à faire et à préparer. Elle ne comptait pas rester trop longtemps ici.
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Aditya
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Mar 6 Oct 2020 - 15:18
L’ascèse accueillit l’intervention du Miyamoto avec bienveillance, d’autant plus que ses paroles bordaient en leur sein tous les sous-entendus que sa présence impliquait et qui, pourtant, semblaient être passées sous silence aux yeux de l’Intendante. Le fait d’un temps dont sa nation serait dépossédée pour l’offrir à une autre. Un temps, dont elle aurait pu faire usage pour se préparer à l’avenir ; un temps, devenu précieux, lorsque son retour signerait indubitablement le début de l’apprentissage de cette technique interdite pour ses pairs. Un manque, qui, si le futur tournait en leur défaveur, pourrait s’avérer plus fatal qu’il n’aurait dû. Et si comme il l’avait souligné, l’individu ne disposait d’aucun poids dans ces discussions, cela n’empêcha pas Aditya d’apprécier ses dires, et plus encore, la sollicitude qui s’y trouvait. Il répondit à ses mots par un léger signe de tête, respectueux, mué sous l’ombre d’un sourire dissimulé dont il ne pouvait se permettre plus d’effusion que raison. Un signe simple, afin de lui faire savoir que sa réaction dépourvue de la rancœur que ses pairs partageaient, trouvait en l’esprit du blond plus de valeur que toute autre.

Néanmoins, il tâcha d'apporter une réponse à ses remarques, loin d'être dénuées de bon sens.

« En effet. Après avoir suivi les enseignements du Saint-Père, il semble évident que ces deux sceaux sont fondamentalement différents. Celui qui retient actuellement le Dieu de l'Eau est bien plus faible. Le choix ne nous était pas donné, quant à sa localisation ; nous n'avions comme seule solution que de l'emprisonner sur nos berges. Envisager ne serait-ce que la possibilité d'un hôte, à l'époque, aurait été de la folie. Ce Fūinjutsu n'aurait pu l'enfermer dans une prison de chair. Pour autant, certaines de nos équipes ont tenté de l'étudier, de l'améliorer, afin de le déplacer. Mais il est apparu évident que le moindre déséquilibre risquerait de le rompre, et de libérer à nouveau le Dieu de l'Eau, ce que nous ne pouvions nous permettre. »

Son prunelles migraèrent sur les traits de l'Intendante, à laquelle s'était adressé le Miyamoto plus tôt, avec tant de gravité que supposait un tel sujet. Il reporta son attention sur l'intéressé, une fois apte à poursuivre.

« Je partage ton avis, au sujet des hôtes ; non par pour le déséquilibre de pouvoir que cela engendrerait, mais pour l'aspect humain. Nous ne connaissons ni ce qu'implique une telle cohabitation, ni les règles qui la régissent, ou l'impact que cela aura sur l'être désigné. Cela représente en tout et pour tout un sacrifice à mes yeux, en considérant que cette vie choisie n'aura que moins de valeur qu'une autre, ou, à l'inverse, qu'elle en disposera d'avantage. Ce n'est pas comme cela que j'entrevois le monde. »

Son regard s'attarda un instant sur chacun des membres de l'assemblée, conscient que ses paroles à venir pourraient en choquer certains, ou tout du moins surprendre. Il délaissa un soupir, avant de laisser sa voix guider à nouveau la discussion.

« Bien que je ne puisse parler au nom de l'Ombre, utiliser ces mêmes hommes et femmes comme des armes me semble invraisemblable. », déclara-t-il. « Pour bien d'entre nous, suivre aveuglément les ordres d'un chef est un devoir, presque un honneur. Ce n'est pas mon cas. La valeur et le respect d'un dirigeant ne devraient pas être innés, mais acquis, au fils du temps. C'est pour cela que si je n'avais pas placé ma confiance en Nobuatsu Saji, et en sa volonté de poursuivre le pacifisme de dame Watanabe, je ne me tiendrais pas devant vous en tant que Kirijin. La place que je revêt dans ce village n'est pas tenue par un enrôlement aveugle poussé par la fierté ou le devoir de faire partie de ces ordres, mais par un choix, que je reformule chaque jour. Bien que je ne considère pas ma vie comme ayant plus de valeur qu'une autre, je ne me résoudrai jamais à l'offrir à un chef par simple devoir hiérarchique. L'Ombre le sait. C'est pour cela que bien que si d'aventure il avait prononcé, à un quelconque instant, sa volonté d'attiser les flammes de la guerre sans aucune raison ; s'il avait formulé l'idée d'imposer le pouvoir des Dieux comme une arme cataclysmique contre autrui, la Brume aurait été dépossédée de ce Kinjutsu. Seule l'aube de mon retour pourra amener d'autres membres de l'Eau à accéder à cet enseignement ; je n'entends pas le donner à la légère. Si je ne peux rien promettre au nom du Nanadaime, vous pouvez être assurés que ses aspirations sont loin des conflits inutiles et ravagés par la vengeance ou le goût du sang de la Shodaime, tout comme devront l'être celle de l'hôte à venir, si nous réussissons. »

Son attention revint sur le Miyamoto, dont bien des remarques étaient demeurées jusqu'ici sans réponse. Entre elles, trônait encore celle se dédiant au lien unissant la Déesse et son Dieu, qu'il avait évoqué brièvement lors de l'apprentissage de cette technique interdite. Ses bras se croisèrent sur son torse, poussé par la réflexion. Il décida, néanmoins, de réagir sur la dernière question du rouquin.

« Nous avons dû mobiliser le village entier. Certaines unités étaient dédiées à la défense, au scellement ; d'autres, à l'immobilisation de ses trois appendices, qui érodaient les littoraux et les vies civiles. Deux membres de l'ordre des Fanatiques étaient également présents ; l'Érudite et son hôte, la Déesse de l'Eau. Une unité fut attribuée à chacune d'entre elles. La dernière était dédiée au précédent Daimyo de ces terres, Raonaka Ao, désormais devenu l"un des Lieutenants du Chapelier. », il fit une courte pause. « Sanbi n'était pas la seule menace à laquelle nous devions nous opposer. Nous ne pouvions nous permettre de lésiner sur les moyens. »

Son regard se reporta sur l'Intendante, puis sur le Miyamoto.

« Quant à la Déesse, je ne saurais dire si elle pouvait utiliser la puissance du démon, mais il est indéniable que tous deux partageaient un lien. L'unité qui lui était détachée avait pour mission de la tenir éveillée ; car en souhaitant s'endormir, elle formulait également le vœu d'offrir à Sanbi pleine possession de sa puissance, et la liberté de la déchaîner. Lorsqu'elle était blessée, le Dieu réagissait, et inversement. Dire qu'ils étaient en communion est un euphémisme. Néanmoins, il demeurait clair que seule la Déesse pouvait lui offrir l'opportunité d'apparaître, car c'est en lui offrant l'occasion de prendre possession totale de son corps qu'il a pu survenir sur les berges, comme si des restrictions mentales avaient été levées. Quant au chakra, ils semblaient partager la même signature, ou tout du moins suffisamment proche pour les confondre. »

L'ascèse finit par tarir le flot de ses paroles, en préférant laisser au silence toute la majestuosité de son règne sur cette esplanade. Pendant bien des instants, nul ne sembla éveiller le ton de sa voix ; surtout l'envoyé du clan Hyûga, aux côtés de l'Intendante, qui, jusqu'ici, s'était muré dans un mutisme certain, à l'image de l'homme qui avait formulé la possibilité de tuer un des neufs Dieux.

Pour autant, la réponse de l'opaline ne se fit pas attendre ; et si ses premières paroles semblaient une conséquence évidente de ce qu'il venait d'attester, il fut évident qu'au sein des secondes trônait une amertume pour la Brume, muée sous le joug d'allusions déplaisantes à son égard. Plus que tout, elles semblaient baser sur une certaine ignorance de sa part. Il haussa un sourcil, surpris, avant de répondre de ce doux mélange qu'imposait la diplomatie ; la fermeté, gage de ne pouvoir laisser de telles paroles s'éveiller, et la sagesse de ne pas la transformer en rancœur ou rétorque plus mordante que la première, sans fondement.

« Peut-être ne l'avez-vous pas réalisé, mais si je suis venu ici en possession du Kinjutsu tout comme vos envoyés, cela signifie que la Brume a offert une réponse positive à la Coallition, auquel cas je n'aurai pu en apprendre les arcanes. J'aurai pensé que vous l'auriez déduit par ma simple présence. », déclara-t-il en dissimulant son étonnement. Son ton se fit plus affûté pour ses mots à venir, afin de faire comprendre à l'Intendante que ce genre de sous-entendus falsifiés par l'ignorance n'étaient pas les bienvenus, sans jamais tenter de la ridiculiser devant ses plus proches confidents. « Des erreurs d'inattention comme celles-ci sont communes, d'autant plus lorsque l'on considère son vis-à-vis avec le dédain que vous prêtez à l'Eau. Je ne vous en tiens pas rigueur. »

Son regard s'ancra pendant quelques instants dans les prunelles opalines de la jeune femme, afin de faire peser le poids de ses paroles, tout comme ce qu'elles signifiaient. Accuser de malveillance un pays sur les fondements d'informations que l'on ne réalisait pas encore, d'autant plus lorsque celui-ci même dérobait son temps à sa nation pour l'offrir à une autre n'était certainement pas l'aspect le plus diplomatique de cet échange, ni le plus légitime. Soit. Aditya passerait sur la chose.

« En ce qui concerne la suite de cette discussion, j’aimerai poursuivre la demande que je vous ai formulé au sommet ; celle de se pencher sur des accords commerciaux entre la Roche et la Brume, étant donné l’intérêt de votre village pour ce genre d’échanges. Cela semble être un bon début, tout comme vous l’aviez déclaré il y a quelques mois. Afin d’ériger des bases équivoques à l’apaisement de ces tensions, la libération des prisonniers de chaque nation semble nécessaire. Mais peut-être cela pourrait-il être un sujet évoqué plus tard, à l’occasion d’une nouvelle rencontre entre nos deux pays. L’urgence de votre situation, tout comme la nôtre, n’a échappé à personne. »

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Hyûga Toph
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Lun 12 Oct 2020 - 22:28
Toph écouta les paroles attentivement. Il y avait une certaine sagesse dans ces propos qui n'était pas pour lui déplaire. Néanmoins, son hôte fit une erreur. Elle confondit la promesse et la coalition. Une erreur qui crispa la rage de l'Intendant. La température de son corps semblait presque augmenter. Pourtant, n'avait-elle pas montré sa cicatrice ? Celle qu'elle avait faite en se tranchant la paume pour montrer à tous les adultes présents qu'elle prenait véritablement au sérieux tout cette histoire.

Peut-être était-elle même la seule.

Je crois que vous n'avez pas compris le sens de mes paroles, Aditya-san. Quand je parlais de promesse, je ne parlais pas de cette coalition. Non, je parlais de quelque chose de plus important. Je parlais de ceci.

Toph montra sa paume, scarifiée. De sa promesse que les porteurs de démon ne seraient pas utilisés contre un autre village, à part pour se défendre. Cette promesse là que seul le Teikoku avait deigné annoncer également.

Et que ni Kiri ni Kumo ne s'était engagé à tenir.

Pour autant, l'Homme de la Brume n'était pas entièrement tombé dans son estime et de sa mauvaise compréhension, car il s'était épris d'un élan de pacifisme. Toph serait son poing. Où était-il en 201 quand son village "pacifique" avait attaqué le sien ? Etait-ce de la naïveté, de la bétise, ou de l'hypocrisie ?

J'attends toujours une promesse similaire à celle que j'ai faite, pour le bien du Yuukan. Le passé est dépassé. Je prends votre annonce de pacifisme comme un serment, une promesse faîte au futur, et si un jour je me vois juger Kiri comme des guerriers sans foi ni loi, je viendrais vous en tenir personnellement responsable, Homme de la Brume. Ceci est le poids de votre propre promesse, même si c'est un engagement que je respecte personnellement et qui vous honore.

De quoi finir sur une bonne note, donc, et ce malgré les retenues et implications de Toph - qui n'était pas véritablement diplomate quand l'entité qui lui faisait face lui avait causé des griefs de par le passé, vous l'auriez compris, ô lecteur perspicace. Il appela à la libération des prisonniers et un échange de commerce. Evidemment, Iwa n'ayant jamais attaqué Kiri, ils n'avaient pas véritablement de prisonniers à échangé, mais Toph était prête à laisser passer cette erreur de bonne grâce.

Faites toujours un inventaire des parchemins dont vous seriez intéressé par la vente. Ce sont des choses dont nous autre iwajins avons facile à faire. Je vous souhaite un agréable voyage de retour, Homme de la Brume.

Elle le salua, et s'en alla. Elle avait, après tout, fort à faire.
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Miyamoto Teruyo
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Dim 18 Oct 2020 - 21:50

Silencieux depuis mon intervention concernant l’avenir que l’on pouvait entrevoir pour les Dieux Scellés, je n’étais pas une seule fois intervenu dans l’échange entre Toph et Aditiya. Si le sujet avait son importance, et même si j’avais pu donner moins point de vue, somme tout importante à mes yeux, je n’étais personnes et de fait, il n’était pas de mon devoir d’échanger davantage avec l’envoyé de Kiri. Heureusement, en tant qu’accompagnateur et membre du Manazuru, ma place était tout logique dans cette réunion et je me permettais finalement d’intervenir à la suite des échanges.

Si la discussion avait été des plus sérieuses, nécessaire aussi compte tenu des informations glanées de l’expérience et du passé vécu par Iwa lors de son affrontement face au Démon à trois queues, l’ambiance, elle, aurait sûrement pu être plus sereine. Malheureuse, à ms oreilles, il en était tout autre et les interventions de notre intendante semblaient refléter une certaine animosité. Bien que je déplore quelque peu ce genre de comportement, d’autant plus de la part de celle qui dirigeait notre village, d’autant plus en accueillant un émissaire officiel d’un village de la coalition, je ne pouvais nullement juger la Hyuga sur son discours. Si j’avais réintégré les forces armées depuis quelques mois seulement, la jeune fille elle, avait fait ses preuves depuis bien plus de temps et avait sûrement vécu bien plus de tragédies que moi et ma petite vie presque tranquille.

L’intendante quittant finalement les lieux à la fin de la discussion, une sortie sans effet grandiloquent, je tentais de détendre l’atmosphère tant bien que mal, malgré la lourdeur de la discussion, usant d’un ton chaleureux en me tournant vers le kirijin à la chevelure dorée.

« Eh bien, au moins, la discussion ne se sera pas éternisée. Rien de pire qu’une réunion qui s’enlise. Nous avons pu échanger sur l’essentiel. Autant dire que désormais, nous avons tout le temps qu’il faut pour te faire découvrir les richesses de notre village. Et bien sûr, quand je parle de richesses, je n’entends pas seulement te faire découvrir le cœur commerçant, mais avant tout, te faire découvrir les meilleurs plats que l’on puisse déguster ici. »

Sortant de ma besace un carnet malhabilement manuscrit, je commençais à feuilleter le carnet et tournais les pages au fur et à mesure, dévoilant toujours la même structure au fil des pages.

« Je me suis d’ailleurs attelé à rédiger un guide de restaurants et échoppes du village et des alentours, pour que chacun puisse profiter des meilleures spécialités que nous avons à offrir. »

Remballant mon calepin, j’ouvrais la porte que Toph avait refermée derrière elle, invitant l’ascète à quitter les lieux.

« Et sinon, qu’as tu pensé de cette rencontre et de ces échanges ? Et pour ce qui est des échanges commerciaux, nous pourrons en discuter également. Après tout, nous avons tout le temps, tu ne vas pas rentrer tout de suite, je suppose. »
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Aditya
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Lun 19 Oct 2020 - 14:46
Le regard de l'ascèse vint de parer d'une profonde gravité à l'entente des paroles de l'Intendante, conscient que par ses mots précédemment prononcés, il avait forgé une promesse bien loin d'évoquer les attentes de la Roche envers l'Eau, mais qui tenait au yeux de l'opaline tout autant d'importance. Je viendrais vous en tenir personnellement responsable, Homme de la Brume. Ceci est le poids de votre propre promesse, même si c'est un engagement que je respecte personnellement et qui vous honore.

Son échine ploya une nouvelle fois face à la jeune femme lorsqu'elle lui intima son départ, laissant sa silhouette s'éloignant comme seule trace de sa présence passée. Un fin soupir s'échappa de ses lèvres, porté par le poids de l'appréhension et de la difficulté d'un tel échange diplomatique. Lui qui n'avait jamais désiré laisser sa marque dans l'Histoire, il venait, désormais, de se porter garant des agissements d'autrui. Ainsi soit-il.

Plus que tout, il se refusait à voir le monde qu'il connaissait balayé par le souffle de l'égo et de l'humanité. Les Dieux n'y feraient pas exception.

Sa main vint trouver les détours de son sari, pour empoigner la surface lisse d'une missive dont le sceau avait été rompu ; celle-là même qu'il avait reçu de la part de l'Ombre, avant sa venue. Et tandis que ses pas rompirent la distance qui le séparait du représentant du clan Hyûga, sa voix s'éleva à nouveau dans le silence laissé par le départ de l'opaline ; calme, posée. Égal à lui-même.

« Voici la missive que j'ai reçue de la part du Nanadaime, m'engageant à évoquer le sujet du Dieu de l'Eau et des Yuki avec votre Intendante. Néanmoins, je suis conscient de la certaine réticence qu'elle éprouve au dialogue avec les Kirijins. Aussi, je vous serais reconnaissant si vous pouviez le lui soumettre de ma part lorsque vos préparations seront terminées. Je ne pourrais retarder mon départ davantage pour évoquer cela de nouveau avec elle, et cela me semble être un sujet que la Roche doit tenir avec ses membres plutôt qu'avec un étranger. Il n'est pas nécessaire d'évoquer une quelque décision à ce sujet ; simplement une réflexion à prendre en compte d'ici la venue de l'Examen International. », souffla-til en tendant l'objet au Hyûga.

Son attention fut cependant rappelée par l'écho de la voix du Miyamoto, dont le ton chaleureux tranchait avec la gravité de la situation ; une chose que l'héritier du bois ne pouvait qu'apprécier. Contrairement aux apparences, cet échange avait trouvé en lui des égards de doutes et d'incertitude, malgré les enseignements de la Sanjikan sur le plan diplomatique.

Il se rapprocha de lui, après avoir salué les deux autres membres de cette assemblée, ainsi que la Chiwa, demeurée en retrait. Un sourire se glissa sur son visage lorsqu'il l'entendit évoquer les différents mets faisant la réputation de ces lieux. Il se souvint, des odeurs épicées qui avait assaillit ses sens lors de son arrivée : et bien qu'il soit loin d'être un de ceux dédiant tout leur intérêt à la nourriture, il ne pouvait démentir l'appétit qu'elles sous-entendaient.

Le blond glissa un remerciement à son vis-à-vis lorsque la porte précédemment refermée s'ouvrit à nouveau sur son passage, avant de poursuivre.

« Quelques jours, tout au plus, afin de finaliser le rapport et les échanges. Je ne peux me permettre de demeurer longtemps parmi la Roche ; cela déposséderait la Brume de cette technique interdite. »

Il soupira une nouvelle fois, en prenant le temps de la réflexion face à la question du Miyamoto.

« Instructif, je dirais. Je suis conscient que les relations entre nos deux nations ne s'arrangeront qu'au fil du temps qui écoulera les rancœurs, peut-être même cela prendra-t-il des années. Mais bien que votre Intendante se montre ouverte à la discussion, elle n'en oublie pas pour autant le passé. C'est quelque chose de nécessaire, auquel cas, elle ferait affront à tous vos pairs qui ont donné leur vie pour défendre une cause qui leur semblait juste, à l'époque, tout comme l'Eau porte son lot de fautes et qu'elle ne doit pas le négliger, à son tour. », il accorda un coup d'œil à son interlocuteur. « Néanmoins, j'ai espoir qu'elle et le Nanadaime trancheront le début d'une entente plus profonde. Un retour sur des bases cordiales est inévitable, si l'on souhaite que la menace des Dieux ne nous emporte pas vers un passé que nul d'entre nous ne désirerais. Il y aura toujours des hommes et des femmes corrompus par le pouvoir ou désirant déployer le feu de la guerre ; mais tant qu'au commandement de nos nations trônent des êtres qui en sont dépourvus, l'occasion est à saisir. »


précisions:

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Oterashi Yanosa
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Jeu 22 Oct 2020 - 0:48
Le passé, la rancoeur, ses désirs de vengeance. Le guerrier tellurique n’avait jamais trop su comment concilier les urgences du présent et les souvenirs enfouis et douloureux liés aux événements les plus marquants de sa vie, sinon en reléguant ces derniers au second plan pour avoir l’esprit le plus clair possible au quotidien. L’Oterashi était connu pour son tempérament en apparence impulsif, colérique et, pour le présenter gentiment, « très autonome » : tous ces traits relevaient en réalité d’une seule et même caractéristique du jeune homme qui, ironiquement, avait trouvé échos dans le sobriquet que les masses lui avaient trouvé. Le Clairvoyant. Yanosa sans cesse se projetait vers l’avenir pour tenter de s’assurer qu’il puisse demeurer comme il l’entendait, pour tenter de changer ce qui lui déplaisait. L’attention, la concentration et les efforts qu’il devait déployer pour ce faire l’empêchaient donc, de facto, d’aller ressasser comme il avait pu le faire auparavant ses propres mémoires des traumatismes vécus.

Il devait son coma d’un an et demi à des soldats de Kiri en mission tout ce qu’il y avait de plus officielle. Avait-il pour autant le luxe de se mettre en chasse des individus responsables ou, à défaut, de se lâcher sur le premier shinobi de l’eau qui se présentait pour décharger toute cette rancoeur enfouie ? Indubitablement que non, et les exemples de ce type pouvaient s’égrener longtemps avant de tomber à court. Le guerrier de la roche fit donc taire ses instincts primaires, comme souvent. Et pour autant… il n’oublia pas. Il ne pourrait jamais oublier, même si il avait voulu essayer, les scènes qui défilaient sous ses yeux rien qu’en repensant vaguement à son coma, à ses causes, à ses coéquipiers pourfendus. Et constater que la jeune Toph, l’Intendante de son village, était à la fois tout aussi prête que lui à aller de l’avant qu’elle n’était pas prête à démordre du passé le rassura.

Il écouta en silence la suite des échanges, notant mentalement les informations, les classant, les catégorisant au fil de l’eau pour juger de ce qui pourrait lui être utile, de ce qui pourrait nécessiter d’être passé à nouveau au crible pour vérification ou non. Puis aussi rapidement que cette réunion improvisée avait commencé, elle se termina officiellement lorsque la jeune Hyûga tourna les talons, non sans avoir réaffirmé la force de sa promesse concernant l’utilisation hypothétique des Dieux auxquels ils étaient voués à être confrontés. Une utilisation que l’Oterashi aurait bien aimé pouvoir limiter à celle d’un décorum exotique une fois leurs appendices et leur tête à tous coupés pour orner les plus riches demeures du Yuukan, mais il savait désormais que pour espérer en arriver là, il allait devoir travailler dur. Très dur, dans l’élaboration d’une nouvelle combinaison pour laquelle il ne lui serait pas aisé de s’entraîner.

Teruyo, en grand diplomate, poursuivit la discussion, la redirigeant sans vergogne sur son sujet de prédilection, à savoir la nourriture, ce qui faillit arracher un franc sourire passager sur le visage autrement impassible de Yanosa resté en arrière. Sans un mot, il leur emboîta le pas, jetant un regard qu’on aurait pu croire carnassier à l’encontre de l’émissaire de l’Eau.

« … Au lieu d’espérer, allons plutôt tous faire ce qu’il faut pour assurer notre avenir. Si ces bêtes disparaissent de l’équation… Nous aurons ça de moins à nous préoccuper. »

Il dépassa sur le côté le Chûnin à l’embonpoint certain et l’émissaire longiligne, les laissant dans son sillage pour aller poursuivre les préparatifs de la cité. Une fois de plus, il laissait le passé là où il était… et ce n’était pas plus mal.
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Hyûga Tsuyoshi
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Lun 26 Oct 2020 - 13:37
Le Hyûga après avoir posé ses questions relativement aux dieux et à leur puissance n’intervint plus dans la rencontre. Les autres participants posaient suffisamment de question, qui plus est pertinentes, pour ne pas qu’il ait besoin d’y mettre son grain de sel. Il avait beau aimer parler et marquer son accord ou son désaccord, lorsque tout va dans le sens qu’il jugeait le meilleur, alors le Hyûga ne pipait mot. Il se taisait, dans ce type de circonstances et observait tout simplement. Cette attitude lui permettait de mettre à profit ses silences pour mieux analyser les scènes et réfléchir sur les non-dits de ces échanges.

Il était d’accord, mais alors parfaitement d’accord, sur la position de Toph. Elle n’était pas nécessairement contre des discussions avec la nation de l’Eau, mais elle n’oubliait pas le passé douloureux. Qui pourrait l’oublier ? Jusqu’il y a peu, dans les rangs des soldats du pays de la Terre se murmurait qu’après avoir réglé le problème de Tetsu et il fut un temps d’Hayashi no Kuni, le suivant sur la liste serait Mizu no Kuni. Seulement, les circonstances internationales et les enjeux nationaux bien souvent poussaient certaines ambitions à être revues à la baisse ou tout simplement mis en stand-by. Un jour viendrait probablement où l’appel de la guerre résonnerait à nouveau et où il faudra solder par le fer et le sang les litiges du passé à moins qu’une diplomatie pacifique et réaliste vienne freiner tous ces noirs projets.

Tsuyoshi n’était pas de ces gai pacifiques débonnaires par essence. Il pensait être un réaliste, capable du meilleur comme du pire pour peu que les intérêts qu’il défend soient en jeu et que le jeu en vaille la chandelle. Non, il n’était pas d’une bienveillance béate telle que celle de l’excellente médecin Aimi, ni de la bienveillance de façade et fourbe d’un Teruyo. Pourtant, des deux caractères, il préférait de loin celui du fourbe, plus adapté à la réalité shinobi.

Le Hyûga se leva à son tour lorsque la réunion se fut terminée. Il n’allait guère s’attarder car il avait d’autres chats à fouetter auprès des siens. Il sourit après les mots de l’Oterashi, toujours aussi attaché à son idée de tuer les dieux, puis emboîta les pas de l’émissaire vers la sortie. C’est alors que le kirijin, contre toute attente, lui remit un parchemin. De ses propres mots, il était inutile d’en parler à Toph maintenant, dans ces circonstances. Tsuyoshi porta le regard sur l’androgyne au corps tout de même musclé, puis accepta l’objet qu’on lui remit. Il avança alors et disparut dans une pièce non loin. Il prit alors le temps, à l’abri des regards –mais probablement pas du Byakugan de Toph- de lire les informations contenues dans ledit document.

*Pour si peu, pourquoi n’avoir tout simplement pas remis ce parchemin directement à Toph ou à un de ceux qui lui ont sourit pendant toute la séance ? Pffff… Ces diplomates de pacotille…* Pensa le Hyûga.

Il s’en alla par la suite pour revenir une heure plus tard lorsque les uns et les autres auraient fini de coller l’Intendante pour diverses raisons, afin de lui remettre ce que le Kirijin lui avait donné. Sans rien attendre d’autre, après avoir remis le parchemin à Toph, Tsuyoshi s’en alla prétextant qu’il avait à faire, ce qui n’était pas faux.
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Miyamoto Teruyo
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Mar 3 Nov 2020 - 12:58

Attendant mon invité, je ne cachais pas une certaine curiosité quant au courrier que le kirijin remit en mains propres à Tsuyoshi, expliquant à ce dernier qu’il émanait directement du Mizukage en place. Le micro étonnement passé, je me demandais rapidement plusieurs choses. Pourquoi ne pas avoir remis le courrier directement à Toph au cours de nos discussions ? Pourquoi le remettre maintenant à l’autre jonin Hyûga ? Et surtout, quel est l’intérêt de ce courrier si effectivement il justifie qu’Aditya évoque les Dieux, dans la mesure où il venait de le faire juste avant. Cette missive contenait-elle finalement d’autres informations que nous n’aurions pas abordées et qui nécessité une plus grande discrétion que les rares personnes déjà présentes ici ? Laissant finalement de côté mes interrogations, certain que notre intendante saurait faire appel aux bonnes personnes en cas de besoin, j’ouvrais la voie à notre diplomate invité pour découvrir le village sous un jour nouveau, une escapade culinaire qui, je l’espère, saurais l’émerveiller.

Désormais seuls, délaissé par Tsuyoshi et Yanosa, tous deux occupés à faire je ne sais quoi d’habituel, mais sûrement étrange à n’en pas douter, je poursuivais la conversation d’un ton bien plus chaleureux et détendu, tentant au mieux de mettre à l’aise mon invité après cette réunion parfois tendue.

« Quelques jours ? C’est bien suffisant pour découvrir quelques spécialités. » dis-je en souriant.

Pour la suite, même si nos échanges se voulaient plus cordiaux, plus détendus, il n’en restait pas moins important ou intéressant d’un point de vue diplomatique. Je faisais certes partie du Manazuru depuis plusieurs mois, avec des rêves de voyages, d’expéditions et d’explorations, mais je n’en oubliais nullement la part diplomatique de ma position. Au final, c’était sûrement l’une des premières fois, si ce n’était la première fois que je participais à une réunion de cette importance. Si cette dernière était belle et bien terminée, d’expérience, je savais également que rien n’était forcément terminé tant que le kirijin n’avait pas quitté le village. Dans ce genre de situation, j’étais persuadé que tout ce qui pouvait se dire en dehors des réunions officielles était tout aussi important que ce qui pouvait se dire en dehors. Pour autant, je ne cherchais pas à faire parler particulièrement notre invité sur un sujet ou un autre, mais je savais qu’il me fallait garder une oreille attentive au cours de nos échanges.

Ainsi, pendant que nous déambulions dans les rues de la ville, guidant notre duo, j’écoutais avec attention les paroles de l’ascète avant de poursuivre la discussion.

« Le passé est le passé. S’il ne faut pas l’oublier, encore plus dans de telles circonstances, il est tout aussi important de ne pas s’y raccrocher pour ne pas s’ancrer dans un esprit de revanche, de haine ou tout autre sentiment délétère. Je suis d’accord avec toi, oublier est difficile, mais les efforts doivent être fait par les deux parties pour améliorer les choses. J’ai le sentiment que ce renouveau a été amorcé aujourd’hui. »

Stoppant finalement ma marche devant une échoppe, je tournais mon visage aux joues charnues vers celui bien plus gracile qui m’accompagnait et lui offrait un regard gourmand.

« Kunsei Ishi, un restaurant de grillades qui s’est spécialisé dans la cuisson sur pierres de lave. Tu ne trouveras ce genre de chose qu’ici. Ça donne un petit goût particulier. »

Ouvrant la voie, je reprenais la discussion, une fois installés, carte en mains.

« Si les efforts de ton Nanadaime et de Toph sont nécessaires, voire primordiaux, ils ne sont qu’une amorce à ce qui doit être fait. Ils sont les exemples que l’on doit suivre. Si nous autres, je parle des shinobis des deux bords, n’acceptons pas cette vision et ne nous y engouffrons pas, leurs décisions et leurs efforts n’auront servis à rien. Il y aura toujours des moutons noirs, même ici, il ne faut pas se leurrer, mais j’ai bon espoir que le ciel s’éclaircisse sur notre avenir commun. »

Refermant la carte sans même l’avoir lue, connaissant par cœur son contenu, je bavais presque devant mon invité, subjugué par les odeurs qui se mélangeaient dans le restaurant.

« Je te conseille le poulet Kaj-Unn. C’est du poulet mariné dans pas mal d’épices, peu piquant, mais avec beaucoup de goût qui est dévoilé grâce à la cuisson sur pierre. Et sinon, qui est donc Aditya ? Je suis curieux de connaître un peu plus mon invité. Il faut dire que l’on n’a pas vraiment eu le temps ni l’opportunité de discuter tranquillement depuis notre première rencontre. »


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Aditya
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Lun 30 Nov 2020 - 19:57
Aditya laisse un fin sourire s’éveiller sur ses lèvres face à la remarque du Miyamoto, qui semblait tenir un intérêt particulier pour la nourriture et ses diverses variantes pouvant seoir au palet de chacun – et s’il devait être tout à fait franc avec lui-même, les senteurs et épices qui avaient assailli ses sens dès son entrée en ces terres avaient tout à fait tâcher d’amener l’ombre de la faim dans ses entrailles.

Son regard glissa sur les détours du visage de son vis-à-vis lorsque ses paroles emplirent à nouveau l’espace. J’ai le sentiment que ce renouveau a été amorcé aujourd’hui. L’intéressé délaissa un soupir dissimulé dans l’écho de sa marche, en accordant une œillade au Clairvoyant qui à son tour, avait tâché de quitter les lieux.

On ne peut que l’espérer.

Au gré de leurs dires, leur marche, elle, avait guidé leurs silhouettes aux abords du quartier marchand ; et à nouveau, ces teintes épicées et fumées vinrent titiller les narines du blond qui ne put que se réjouir de ce frêle moment d’existence, de découverte. Si les sillons du pays de la Roche n’avaient que peu de secret pour l’adolescent qu’il était autrefois à l’aube de ses voyages, les dédales de ce village niché au sein des montagnes, eux, avaient tous traits de nouveauté. Le temps avait passé, amenant davantage de créations que les temps flous de ces quelques années précédant la venue des shinobis en ce monde avaient empêché les hommes de construire ; et si l’on pouvait voir en l’existence des ninjas une tare, Aditya n’y voyait, aujourd’hui, que l’avènement d’un autre monde. Un tournant dans l’histoire, qu’il ne demeure qu’une poignée d’année ou ne forge la réalité des générations à venir. Teruyo n’avait pas tort sur ce point. Les changements ne viendraient qu’avec les années écoulées ; peut-être les rancœurs ne disparaîtraient jamais vraiment. Ce n’était pas de son ressort, encore moins son but. Tendre la main au renouveau, c’était là son seul désir, qu’elle soit empoignée ou délaissée.

Son regard glissa sur les arches boisées du lieu tandis que le rouquin l'invitait à s'asseoir près de lui – chose qu’il ne tarda pas à faire. Un sourire amusé vint se glisser sur ses lèvres à l’entente de sa remarque au sujet d’un certain met ; aussi, il se munit d’un feuillet de parchemin laissé à leur disposition et entreprit de lire son contenu avec attention. Un rire léger échappa à son mutisme habituel, bien qu’il fût bref.

« Je me souviens avoir arpenté les dédales de Tsuchi lorsque j’étais plus jeune, mais aucune de ces recettes n’était encore en vogue. », glissa-t-il. « Je ne connaissais que la cime des armes de la Forêt Millénaire à l’époque, et sa gastronomie propre à Hayashi. »

Enfermé dans ses pensées, l’ascèse arqua un sourcil à la question de son vis-à-vis, bien qu’elle soit toute naturelle ; au-delà de la rencontre diplomatique qui s’était imposée plus tôt, il s’agissait désormais d’une rencontre de deux âmes. Qu’un vent de curiosité l’empare était attendu – et en tout et pour tout, Aditya espérait ne pas le décevoir. Il n’était pas avare de paroles lorsqu’il s’agissait de parler de soi, encore moins qu’à son habitude.

« Un homme comme tant d’autres qui sont donnés d’arpenter ce monde, je suppose. », murmura-t-il en déposant la carte à plat, le visage peint d’un sourire humble.

Un air détaché, apaisé. Comme si cette vérité prononcée n'était nullement une absence d'ego, de considération envers soi-même, mais ce qu'il était réellement. En vie, ni plus, ni moins. Dépourvu de toute l'avidité, que des hommes cherchaient à obtenir au cours de la maigre existence que le cours du temps pouvait leur offrir sur cette terre. Désir de pouvoir, volonté d'écraser autrui, prestance poussée par l'idée infime d'être un dieu parmi les hommes... non, rien de cela n'existait chez le blond. Il en était l'antithèse parfaite ; la plus pure des indifférences quant à sa vie, sans que cela ne l'empêche d'éprouver une profonde gratitude d’arpenter ce monde chaque jour.

« J’ai eu la chance de pouvoir voyager avant de rejoindre la Brume, d’observer le soleil réchauffer les dunes des Sables ou se coucher sur les hauts monts de Tetsu. Être témoin des villages acculés par la guerre civile du Feu et les reliques de vies qu’ils avaient laissé derrière eux. Observer le monde et son arc inarrêtable, d’un simple point de vue d’éphémère… cela a quelque chose d’apaisant, à mon sens. D’attirant. Cela permet de comprendre les autres… ou tout du moins d’essayer. », finit l’ascèse en tâchant d’évincer la confession à cœur ouvert qu’il avait fait à Junko de son esprit. Il avisa à nouveau son comparse, avec ce même air d’humilité. « Je crains que mon existence ne soit pas un sujet qui satisfasse votre intérêt. », dit-il, amusé. « Peut-être êtes-vous curieux à propos de quelque chose en particulier ? »

Une invitation à poser quelque question que ce soit ; voilà ce que se reflétait dans les paroles du blond.

« Quant à vous, êtes-vous au service de la Roche depuis longtemps ? J'ai eu la sensation que votre point de vue était relativement différent de celui de vos pairs, plus tôt. Quant au fameux met Kaj-Unn... et bien je vous porte toute confiance. »

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Miyamoto Teruyo
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Lun 21 Déc 2020 - 23:15

Énigmatique personnage que cet Aditya. À l’écouter, ce n’était pas la première fois qu’il venait au sein de notre village et à l’écouter, j’avais le sentiment que cela faisait déjà de nombreuses années. Mais du coup, quel âge pouvait donc avoir mon interlocuteur ? Lui qui paraissait si jeune. Avait-il un secret particulier ? Si je comparais nos gabarits, je pourrai facilement dire que l’un de nous deux avait bien profité de ce que la vie avait à offrir culinairement parlant, là où l’autre devait faire preuve d’un peu plus de sérieux. Amusé par la situation, je continuais à écouter le kirijin tout en intervenant de manière ponctuelle.

« Ah bah, effectivement, le village a quelque peu évolué au fil du temps. Cela fait maintenant de nombreuses années que nous sommes une place commerciale, importante, si ce n’est la plus importante. Il est normal de trouver autant de diversité finalement. »

Quant à la suite du discours, j’étais fasciné par le récit qui m’était fait. Aditya me racontait là tout ce que Yui et moi rêvions de faire, tout ce pourquoi j’étais à nouveau ninja. C’est empreint d’une certaine nostalgie que déambulait en écoutant ce flot de paroles.

« D’une certaine manière, c’est une vie bien remplie que tu as eu jusqu’à aujourd’hui. Tant de voyages, tant de découvertes, c’est ce à quoi j’ai toujours espéré. Pour l’heure, je ne suis pas allé bien loin hormis Hayashi, mais je ne désespère pas de mettre mes pieds dans de nouvelles contrées et rencontrée de nouveaux peuples. Ce serait pour moi un hommage que je pourrais enfin rendre à mon épouse. »

Installés à table à attendre notre commande, avalant une gorgée de thé chaud pour faire passer la sécheresse qui régnait dans ma gorge, je poursuivais la conversation entamée dans les rues avant de rentrer dans le restaurant qui nous accueillait.

« Je suis au service de la Roche et je l’ai été. J’ai parlé de ma femme tout à l’heure et lorsqu’elle est décédée peu de temps après la naissance de notre fille, j’ai décidé de tout mettre de côté pour l’élever comme il se doit. Désormais, qu’elle est plus grande, j’ai voulu accomplir enfin les rêves que Yui et moi nous étions fixés. C’est peut-être pour cela que tu as cette impression que je ne partage pas les mêmes points de vue que mes pairs. »

Salivant à l’arrivée des plats fumant dégageant un fumet délicieux, j’en dégustais quelques bouchées toutes aussi savoureuses qu’elles avaient l’air. Agitant doucement, une pique sur laquelle un morceau croustillant attendait d’être sublimé, je poursuivais mon discours.

« En revanche, ne te méprends pas. Comme mes pairs, j’ai à cœur de défendre les intérêts d’Iwa. La différence est que j’ai une approche qui tranche avec ce que l’on est habitué à rencontrer. C’est ce qui peut donner ce sentiment de point de vue différent, même si effectivement, d’une certaine manière, c’est le cas. Mais je pense que c’est une bonne chose que de voir les choses avec un œil nouveau. Cela nous permet d’éviter d’avancer avec des œillères et de se contenter d’une seule version en ne voyant pas les autres possibilités à notre disposition. »

Si le repas était conforme à mes attentes, toujours aussi délicieux, le temps fila rapidement et la journée semblait filer bon train. Une fois à l’extérieur, revenus à la civilisation, je proposais à mon interlocuteur quelque chose que je proposais rarement, et que je proposais sûrement pour la première fois à un shinobis extérieur à Iwa.

« Bien. On raconte souvent que l’on ne connaît vraiment une personne qu’en se dévoilant à l’autre. Je n’irais pas jusqu’à proposer de partager un bain rassure-toi, mais en revanche, que dirais-tu d’un petit échange entre nous ? Un petit entraînement ? Je dois avouer que je suis curieux de voir tes talents, d’autant plus après la démonstration face au Saint Père. »
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Aditya
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Dim 17 Jan 2021 - 20:45
Les sourcils du blond se froncèrent avec légèreté à l'écoute des mots de son vis-à-vis, dont le regret éveillé par le manque d'aventure semblait éprendre la voix, laissant l'amour de sa nation à l'un des sujets enterrés par cette conversation. Pour autant, lorsqu'il évoqua avec évidences la Forêt que tous deux avaient arpentés il y a quelques jours de cela pour parvenir à détenir l'un des secrets bercés par les Fanatiques, il ne put retenir les traits de son visage de s'apaiser, et de recouvrer cette tendresse mélancolique qui le trahissait chaque fois que sa terre natale trouvait place dans un échange tel que celui-ci. Ses mots s'attardèrent peu à répondre à ceux du roux ; au contraire, ils furent prononcés dès lors que, d'un murmure adressé à une ombre, leur commande ne fut passée.

« Hayashi est une terre de bien des merveilles et des secrets. Elle porte avec elle son lot de légende ; celle d'Hikari était contée, autrefois, aux enfants qui arpentaient ses bois comme le tombeau d'une civilisation ancienne. J'aurai aimé que vous puissiez voir tout ce que cette forêt a à offrir à nos regards, mais le temps nous pressait tous, j'imagine. »

Ses prunelles s'écarquillèrent doucement lorsque l'envoyé de la Roche étendit davantage les raisons l'ayant amené auprès de cette douce cité, et celles ayant guidé son engagement envers elle – davantage, lorsqu'il mentionna le décès de son épouse, duquel il ne put davantage chérir l'enfant qu'ils partageaient avant son trépas. Aussi bien qu'il le voulu, l'ascèse ne put empêcher ses pensées de trouver le souvenir de la rougeoyante, dont la tendresse étouffée à son égard la rapprochait davantage du lien que décrivait le Miyamoto que tout autre âme en ces terres. Qu'il s'agisse de sa perte ou de celle de la Tigresse Blanche, le blond ne pouvait se résoudre à l'ignorer ; toutes deux lui feraient, sans aucun doute, éprouver le plus grand des chagrins. Lui qui craignait de ne pouvoir comprendre l'être humain entrouvrait en cet instant le prisme d'émotions qu'engendraient un tel événement, celui-là même que dans son enfance, il trouvait dénué de sens, de logique – pourquoi s'adonner à l'amour de la vie, lorsque sa fin étendait son ombre sur soi ou même autrui ?

« Toutes mes condoléances. », murmura-t-il.

Aditya adressa un regard à la silhouette qui se glissa sur leur flanc, apposant au creux de chacun de leur bras un plat forgé de lignes boisées entremêlées, où trônait ce met que son a vis-à-vis lui avait tellement conté les bienfaits. Un sourire poli se glissa sur son visage lorsqu'il remercia l'individu, avant de rapporter son attention sur le roux qui avait mené la conversation sur un sujet autrefois écourté ; celui de son engagement envers la Roche, et qu'il ne devait nullement se fourvoyer à l'idée qu'il ne mettrait pas ses intérêts au cœur de chacune de ses actions. Heureusement pour lui, Aditya n'était pas l'un de ces idiots.

« Cela est rassurant de voir que nous avons le même point de vue sur la chose., glissa-t-il. Si je ne me considère pas comme étant au service de la Brume et de ses intérêts, je peux néanmoins... imaginer le sentiment que vous éprouvez au sujet de la Roche, et il n'est ni ma place, ni mon désir, ni en ma possibilité de le changer en quoi que ce soit, soyez-en rassuré. »

Son sourire prit des teintes amusées lorsqu'il entendit la proposition de son vis-à-vis, sur laquelle il ne se retint pas de rebondir, avec une once de considération envers leur présence au sein de ce restaurant.

« Que dis-tu de demain, à l'aube ? Je crains d'avoir quelques obligations envers l'Intendante pour la soirée, et je ne voudrais pas faire affront au cuisinier en engloutissant son met sans prendre plaisir à le déguster, comme tu me l'as conseillé. »



[…]


Les doigts de l'ascèses se muèrent sous le joug de mudrā peur de temps après avoir échangé l'ombre de banalités avec le Miyamoto, dont la compagnie se trouvait redoublée aux prémices de l'aurore. Leurs silhouettes toutes deux érigées sur l'esplanade intense des Hauts Plateaux se faisaient face, prêtes à étourdir par leurs échanges l'air encore rafraichi de la nuit ; et à défaut d'imprégner ses poumons de ce doux vent et de l'expirer à nouveau à l'onde de son passage, Aditya souffa les détours de deux orbes enflammés prenant place sur son flanc.

Leurs traits, révélés à la lumière du jour sous ceux de ces démons du folklore, semblaient s'agiter, s'affoler d'une impatience qui ne saurait être tarie qu'une fois qu'elles auraient infligé leur morsure à quiconque se trouvant sur le chemin de cette brise.

Un désir, qui selon Aditya, ne pourrait trouver de satisfaction ; car tandis qu'elles fusaient sur les deux côtés de son adjuvant, l'homme, lui, ne se flouait pas. Ce n'était là qu'une ouverture à cette valse dont tous deux ne pouvaient point prédire la conclusion.


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Miyamoto Teruyo
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Mar 26 Jan 2021 - 23:53

A chaque jour sa peine et aujourd’hui était un jour nouveau. L’adage allait-il se vérifier alors qu’un entrainement avec l’envoyé de Kiri avait été décidé la veille après un repas copieux dans le cœur d’Iwa. Si la soirée avait été agréable, les discussions basiques mais intéressantes, surtout lorsqu’il s’agissait d’écouter mon compagnon gastronomique raconter ses voyages moi qui rêvais de pouvoir faire ne serait que la moitié de ce qu’il avait déjà vu, aujourd’hui, aux premières lueurs de l’aube l’heure n’était plus à la discussion, mais à un tout autre style de découverte. Avant de commencer, alors que nous avions gravi la montagne à la fraicheur matinale, le kirijin pouvant surement profiter pour la première fois d’une telle vue, même si cela coulait de sources, je préférais assurer mes arrières.

« Eh bien, allons-y. Soyons sérieux tout en ménageant nos efforts. Après tout, nous ne sommes pas là pour nous envoyer l’un l’autre à l’hôpital, ce serait mal venu et surtout mal vu je pense ahaha. »

Dans la foulée, les cheveux valsant dans la brise, une fois débarrassé de mon barda habituel, je me tenais devant Aditya à une distance raisonnable qui démarra les hostilités de son propre chef. Cela démarrait fort, surement un peu trop à mon gout lorsque ce ne fut pas une, mais deux boules de feu qui d’une trajectoire remarquable prenaient pour cible chacun de mes côtés. Pragmatique dans la réalisation de mes techniques, je pouvais au passage noter l’effet de style des attaques qui ressemblaient toutes deux à des visages d’oni. Pour autant, c’était là le cadet de mes soucis. Que pouvais-je faire face à cette attaque double ? Bloquer cet assaut ne me semblait pas pertinent, la seule option étant alors l’esquive. Pour autant bien que n’étant plus sur la trajectoire, une fois les deux masques en contact, ils détonèrent dans un fracas de flammes, le souffle me repoussant légèrement tout en laissant quelques marques de roussi sur mes vêtements et sur quelques mèches de cheveux.

Que pouvais-je faire désormais ? J’avais développé de nombreuses choses depuis peu, pour autant, si Aditya semblait une personne raisonnée avec qui je partageais certaines visions des choses, il n’en restait pas moins quelqu’un d’un village qui fut autrefois notre ennemi et à ce titre, il ne me semblait pas nécessairement opportun de trop en dévoiler. Dans cette optique, combattre « à l’ancienne » me semblait une bonne idée.

D’abord, la bombe fumigène pour me cacher de la vue de mon partenaire. Dans un second temps, utiliser l’une de mes sacoches de makibishi et mon parchemin explosif pour faire détoner ma grenade artisanale au-dessus de la tête du blondinet, projetant alors les pointes dans toutes les directions sur une zone conséquente dont il était l’épicentre. Et enfin, le temps que mon paquet surprise n’atteigne sa cible, devenir invisible, caché par ce nuage violet qui faisait parfaitement son office.

Ma bombe libéré de ses obligations, mon subterfuge gazeux se dissipant petit à petit, pour ma part, je n’en restais pas là et profitais de l’occasion pour commencer à me déplacer sur le côté droit du kirjin en suivant une courbe me gardant à une distance toujours identique qu’à notre situation de départ. J’étais curieux de voir ce qui allait se passer désormais.

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Aditya
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Jeu 28 Jan 2021 - 19:18
Les paupières du blond se plissèrent face à la réplique de son adversaire, loin d'être toutefois surpris ou embêté par son usage ; au contraire, c'était presque attendu de sa part. Il ne suffisait que d'un coup d'œil pour remarquer que l'angle de ces deux orbes ne tarderaient point à s'embrasser à nouveau, et d'un bond bien placé, s'épargner leur chaleur. Un fin sourire se glissa sur ses lèvres tandis qu'il avisa le rouquin – si ses paroles étaient pleines de sens, elles étaient d'autant plus vraies pour un homme de sa stature entrant à l'intérieur de ce village pour la première fois en tant que diplomate, et en tant qu'émissaire d'une nation autrefois en conflit avec la Terre.

« Le contraire n'était pas dans mes intentions, rassurez-vous. », glissa-t-il, légèrement amusé.

Dans les quelques instants précédant leur échange, une purée de poids violacée emplit le terrain de sa présence, forçant l'héritier du bois à presser la seule manche de son sari contre son nez ; déjà, il pouvait sentir les odeurs âcres agresser ses yeux et ses sens... avant que finalement, le bruit d'une explosion ne retentisse au-dessus de sa silhouette. Surpris, son bras se délia de son visage lorsqu'il avisa le ciel d'un regard alerte, encore couvert de ce linceul poudré.

Le bruit d'une lame fendant l'air siffla sur ses côtés, attirant de nouveau son attention sur cette dernière. Qu'est-ce que... Et répliquant au quart de tour, l'ascèse mua ses doigts sous le joug d'un mudrā unique, jusqu'à recouvrir la peau de son avant-bras d'une couche d'écorce propre à ses dons. Le bois vint s'entrechoquer avec la prochaine lame qu'il vit tomber du ciel en perçant les nuages mauves qui, déjà semblaient se dénouer. L'une d'entre elle cisailla légèrement son épaule, et d'un bond sur le côté, Aditya tenta de s'offrir davantage de visibilité ; et enfin, il lui sembla que cet assaut avait pris fin.

Mais lorsqu'il avisa de nouveau l'esplanade où se trouvait autrefois son adversaire, il avait disparu, dénuée de sa présence. Ses sourcils se froncèrent sous le poids de la réflexion, dardant son regard sur sa gauche, sa droite ; y compris à l'arrière de ses flancs, sans que jamais il ne puisse trouver sa trace, tandis que doucement, l'écorce de désagrégeait de son membre. Aurait-il quitté les lieux ? Il avisa à nouveau ses côtés. Non, ça semble peu probable...

Sa mâchoire se contracta en réalisant à quel point la situation actuelle pouvait être en sa défaveur, lui qui était plus que conscient que ses sens, loin d'être développés au même point que ceux de la tigresse blanche, auraient pu lui être d'une grande aide. Ne serait-ce qu'en observant le sol, aucune ombre ne pouvait trahir sa position. Où soit-il, que ce soit hissé au sommet d'un rocher ou d'un arbre pour qui connaissait les lieux, il pouvait l'assaillir d'assauts sans qu'il ne puisse répliquer.

Un soupir fendit ses lèvres – et glissant l'ombre de sa main dans le pli de son sari, l'ascèse empoigna les détours d'une même bombe fumigène entre ses doigts avant d'éclater sa surface souple sur le sol sous ses pieds. Et ce ne serait qu'une fois complètement assuré que ce manteau opaque recouvrirait sa silhouette qu'un nouveau mudrā appellerait sur ses flancs deux doppelgänger, forgés depuis le sol où résidaient racines et nature à foison.

Les pas des trois êtres se pressèrent sur les détours de l'esplanade, les poussant à s'extirper d'un bon vers l'extérieur du nuage, chacun dans une direction différente ; l'un trônerait à l'arrière, l'autre sur la droite, le dernier sur la gauche. Et ainsi, de leurs trois regards attentifs, ils observeraient en silence les détours du nuage en espérant que les contours de la fumée révéleraient ceux d'une silhouette en glissant sur son corps, à défaut de pouvoir la distinguer avec leur vue seule.


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Miyamoto Teruyo
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Mer 3 Fév 2021 - 23:30

Agir de cette manière était pour moi comme un retour aux sources, une manière de me rappeler qui j’étais avant et de voir le chemin que j’avais parcouru jusqu’à aujourd’hui, voir à quel point mon panel technique s’était étoffé et voir aussi à quel point je réagissais désormais dans un combat où je maitrisais davantage mes capacités. Si mes premières fois furent laborieuses, surtout en termes de consommation de chakra, désormais, j’avais bien plus de libertés vis-à-vis de cela, et surtout, j’avais bien plus de possibilités quant à savoir quoi réaliser. Comme je le disais souvent, un entrainement n’était pas là pour gagner et afficher sa toute-puissance, mais avant tout pour identifier ses forces, ses faiblesses et agir ainsi en conséquence. J’avais d’ailleurs toujours bien plus appris de mes défaites que de mes victoires et voilà qu’aujourd’hui, je mettais à profit de nouvelles choses, tentant une combinaison de technique que je n’avais jamais mises ensembles.

Mais avant toute chose, poursuivant mon déplacement circulaire autour de ma cible, cette dernière réagissait peu ou prou comme la plupart des adversaires que j’avais affronté jusque-là. Tout comme moi, Aditya usa d’une bombe fumigène. Malheureusement, si j’étais un fervent utilisateur de cette petite boule, j’en était aussi souvent victime, mes adversaires espérant se cacher alors qu’ils ne trouver. Tout cela pour dire qu’au final, il n’y avait nulle surprise pour moi de voir apparaitre à nouveau cette couleur violette. La surprise n’était pas plus présente quand je vis surgir deux silhouettes, surement un clone à n’en pas douter et compte tenu du positionnement des deux blondinets, je ne pouvais que supposer qu’il me cherchait. Là encore, rien de nouveau. Mais sa position m’indiquait quelque chose de clair, tout comme l’absence de réponse offensive de la part du kirijin. Par expériences celles et ceux qui restaient passifs devant ma disparition étaient aussi celles et ceux qui n’étaient pas en mesure de me détecter. Cette information me permettrait donc de mettre à profit un prochain test que je souhaitais réaliser. Mais pour l’heure, place à la réalisation de mon mélange de techniques toutes simples mais aussi surement très efficaces. Fouillant dans ma besace d’une main, alors que cette dernière était toujours invisible et cachée dans la poche, j’attrapais un kunai et réalisant quelques mudras d’une main, j’y apposais deux sceaux bien distincts et pour ce qui était de l’un d’eux, je l’activais directement, rendant mon arme totalement invisible.

La suite était fort simple, face aux deux ennemis qui me faisaient globalement face, je lançais entre les deux ce kunai qui ne pouvait être vu et une fois l’arme entre les deux protagonistes, le deuxième sceau entrait en action, déployant sur une zone de moyenne envergure une explosion conséquente. Si l’original ne risquait pas de subir de trop graves blessures, surement quelques sévères brulures, le clone lui n’aurait surement pas cette chance.

Désormais, j’attendais le boum et le résultat que cela pouvait engendrer.


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